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University of Ottawa
littp://www.arcliive.org/details/nouveaudictionnaOOaube
'"^iaae
/atey// 1 J/MYr/ .
NOUVEAU
DICTIONNAIRE
DE
®
A I.'USAGE DE TOUT I.E MONDE :
ludiquaDt les moyens de se conserver toujours en
bonne sanlé,ou de se guérir facilement
si l'on était malade :
PAR M. PARENT AUBERT,
Médocin de la Faculté de Paris,
Membre de plusieurs Sociétés savantes,
Honoré de médailles par la ville de Paris,
A l'occasion de l'épidémie du clioléra-morbus
F,t pourla propagation de la vaccine, etc.
PARIS.
Librairie de liERlCHi:, EDinut
Place de la Bourse. 13,
1845.
FAC SIMILE
DE LA
MÉDAILLE
DÉCERNÉE
PAR LA
VILLE DE PARIS
PRÉFACÉ.
De tous les biens , le plus précieux est,
sans contredit, la santé : riches et pauvres,
tous en conviennent; mais ce dont on est
aussi forcé de convenir^ c'est que de toutes
les sciences la plus ignorée des gens du
monde est précisément celle qui a pour but
de conserver ce bien, si précieux quand on
le possède, et de le recouvrer quand on a le
malheur de le perdre.
Et d'oii vient ce contraste si choquant en-
tre le besoin si impérieux de la santé et l'i-
gnorance générale des moyens de la conser-
ver? C'est ce que nous ne prétendons point
discuter ici; qu'il nous suflise de signaler ce
fait, dont les résultats doivent être si déplo-
rables , et tout le monde comprendra que
nous a} onscherché à y apporter remède par la
publication de notre Dictiojiuaire de santé.
Il existe déjà en France divers ouvrages
de médecine populaire; quelques-uns même
ont obtenu un véritable succès, mais aucuns
cepetidant n'ont atteint le bul (jue nous nous
proposons aujourd'hui , et il n'en pouvait
être autrement. Les uns publiés dans un but
de spéculation et d'intérêt privé , n'ont été,
par cela même , d'aucune utilité' publique ;
les autres, trop volumineux, trop scienti-
4 PREFACE.
liques OU d'un prix trop élevé, ne pouvaient
convenir qu'à un petit nombre de personnes
qui, par Jeur position de fortune et l'ins-
truction qu'elles avaient reçue , pouvaient
seules acheter et comprendre des ouvrages
semblables.
Et cependant, on ne peut nier qu'il est
une maltitude de choses relatives à la mé-
decine dont la connaissance peut être ac-
quise utilement et facilement par tous les
hommes et sur lesquelles des notions sim-
ples et justes peuvent les mettre en état d'é-
viter des erreurs, de se soustraire à des pré-
jugés, de porter utilement des secours dont
la promptitude est souvent essentielle dans
les accidents et les maladies qui menacent ou
atteignent, eux, leurs enfants, ou leurs pro-
ches.
C'est surtout aujourd'hui, où le charla-
tanisme et la spéculation levaient plus queja-
mais la tête et prônent effrontément de pré-
tendus spécifiques propres à guérir toutes les
maladies, qu'il est important de répandre de
bons livres. Grâce à eux, le public fera en-
fin justice de ces panacées appliquées à tous
les maux, de ces remèdes, ou plutôt de ces
drogues, qu'on fait louer sans pudeur, à tant
la ligne dans des journaux complaisants, à
côte' des chiens perdus ou volés.
Conçu et écrit sous l'inspiration d'idées
toutes philantropiques, rédigé sur le plan et
PRÉFACE. 5
avec les matériaux de notre Grand Almanach
de santé, accueilli de tous avec tant de fa-
veur, le livre que nous publions aujour-
d'hui plus complet, surtout sous le rapport
hygiénique, physiologique et pharmaceuti-
que ne méritera nous l'espérons aucun des
reproches que nous venons d'adresser à ceux
de nos devanciers, et obtiendra au contraire
un légitime succès , en même temps qu'il
rendra les plus grands services à toutes les
classes de la société.
En effet, désirant être compris de tous,
nous nous sommes attachés surtout à éviter
les termes scientifiques ou techniques et à
décrire en langage ordinaire, simple et clair
les divers signes ou symptômes auxquels il
est facile de reconnaître chaque maladie,
ainsi que les moyens de s'en préserver ou de
s'en guérir si l'on avait le malheur d'en être
atteint. De plus, nous avons terminé par
un Appendice pharmaceutique^ indiquant la
manière de préparer soi-même et à peu de
frais une foule de remèdes ou médicaments
simples ou composés.
L'ordre alphabétique et la forme de dic-
tionnaire que nous avons adopté, sont, sans
contredit, bien préférable à tout autre et
notamment à l'ordre scientifique. Dans un
ouvrage de cette nature il faut, en effet, que
toutes les notions que veut recueillir la per-
sonne qui le consulte sur une maladie quel-
t> PREFACE .
conque s'offrent à elle sans recherche et sans
fatigue, et avec une facilité telle qu'aucune
instruction médicale préliminaire ne puisse
être jugée nécessaire.
Désirant, enfin, rendre notre ouvrage po-
pulaire, sous tous les rapports, et lui donner
la plus grande publicité possible, nous avons
mis de côté toute idée de spécolation, et
malgré son étendue, 1 importance de son con-
tenu, et les frais que nous a nécessité sa pu-
blication, nous n'avons pas hésite' à l'établir
à un prix si modéré qu'il ne pourra être re-
gardé comme un sujet de dépense pour per-
sonne.
Puisse donc, pour prix de nos efforts, no-
tre Dictionnaire de santé, obtenir l'accueil
bienveillant accordé à notre Grand Alma-
nacli de santé, et devenir le complément in-
dispensable de la bibliothèque du riche
comme du pauvre.
PARENT-AUBERT.
Médecin consultant, rue Borda, 3,
Quartiar Saint-Martin.
lîlTEODUCTIOlT.
L'homme a éié placé par l'auleur de la nature à la
tèie des élres animés ; son esprit et son adresse le ren-
dent leur roi; mais ainsi qu'eux tous, il est subor-
donné aux lois de la mère commune, il naît, jouit de
la vie et en éprouve les souffrances ; enfin il meurt.
L'espèce humaine se reproduit elle-même, et la bien-
faisante nature , pour eu assurer la conservation, a
attaché d'mtfl'ables voîupiés à sa reproduction , en
«■orte que toujours les sexes tendront à se rappro-
cher et à procréer de nouveaux êtres.
Avant de nous occuper des maladies f t des nom-
breuses causes de mort qui déciment l'espèce hu-
maine, nous allons esquisser à grands traits les di-
verses phases delà vie, depuis le sein de la mère jus-
qu'au tombeau.
VIE UTÉRINE.
L'enfant , alors qu'il est encore dans le sein de sa
mère, est désigné en médecine sous le nom de fœ-
tus, et tient le milieu entre le Dé.'.nt et la vie, c'est le
passage de l'un à l'autre. L'eniant existe bien , mais
d'une vie qui ne lui est pas propre. Être parasite, il
ressent toutes les phases qu'éprouve la famé de sa
mère; il dépérit si elle est malade ou languissante, il
est fort et robuste si elle se porte bien. Le même
coup qui frappe les jours de l'une atteint aussi les
jours de l'autre ; leurs cœurs, presque au même instant,
cessent de battre à la vie.
Mais lorsque l'enfant a traversé heureusement l'i^-
poque de la vie intra-utérine, au neuvième mois, ses
organes ont atteint tout le développement nécessaire à
l'existence, continuant de croî're , il irrite la matrice
qui, par ses contractions, le chasse bien!<')t hofs
d'elle-mémo.
8 INTRODUCTION.
ENFANCE.
L'enfant , dans le sein de sa mère, flottait dans un
liquide d'une température douce et toujours uniforme;
à sa naissance il passe dans un milieu bien différent
où il est frappé par l'air et la lumière. Ces fluides ,
par leur action sur la peau et les autres organes des
sens externes, forcent en quelque sorte, la machine
humaine à sortir de l'état d'inerlie où elle s'est tenue
jusqu'ici, c'est alors que la véritable vie commence.
A peine l'enfant est-il né qu'il pousse des cris , ce
n'est pas la douleur qui les excite comme on pourrait
le croire, mais bien le besoin de respirer; ses pou-
monsj jusque-là refoulés dans un coin de la poitrine,
se dilatent alors et remplissent toute celte cavité.
Avec la respiration qui ne doit cesser qu'à la mort,
commencent encore d'autres phénomènes de la vie.
Ainsi, pour la première fois , l'enfant éprouve le be-
soin de prendre de la nourriture, et pour la première
fois aussi, les excréments sont chassés des intestins et
les urines de la vessie.
La plupart des animaux viennent au monde les yeux
fermés, et restent dans cet état quelques jours après
leur naissance; l'enfant , au contraire , naît les yeux
ouverts, mais ils sont fixes et ternes, ne s'arrêtent sur
aucun objet et ne distinguent rien. Les autres sens ne
sont guère plus avancés que celui de la vue , et ce
n'est qu'au bout de quarante jours que l'enfant com-
mence à voir, entendre, rire ou pleurer : jusque-là, les
cris qu'il pousse ne sont que des vagissements sans
larmes.
La longueur ordinaire d'un enfant à terme est de
quarante à cinquante centimètres, son poids varie en-
tre trois à cinq kilogrammes. Son accroissement a été
prodigieux durant le temps qu'il a passé dans le sein
de sa mère ; car il n'était , dans le principe , qu'une
INTRODUCTION • 9
bulbe presque imperceptible. Sa têle est plus volumi.
neuse que les autres parties, et celte disproportion ne
disparait qu'après la première enfance.
La peau de l'enfant qui vient de naître est rougeâtre
et enduite d'une substance blanche, grasse et onctueuse,
qu'on enlève avec des lotions d'eau tiède: La forme
du corps et des membres n'est pas encore prononcée;
toutes les parties sontgonflées et n'arrivent à l'état nor-
mal qu'à mesure que l'accroissement fait des progrès.
Le premier lait de la mère , appelé coloslrum ,
purge l'enfant et lui fait rendre le méconinm , qui est
un excrément noir, visqueux et ressemblant à la poix.
11 n'a d'abord besoin que d'une petite quantité de
nourriture qui doit être répétée fréquemment et aug-
mentée gradcellement.
Les enfants nouveau\-nés dorment nuit et jour ; ils
semblent n'être éveillés que par la douleur ou par le
besoin de prendre de la nourriture.
La première dentition commence ordinairement au
septième mois, vingt dents , nommées dents de lait ,
viennent successivement et dans l'espace des deux ou
trois premières années, garnir les deux mâchoires. A
sept ans environ, elles tombent, chassées par les dents
définitives qui les remplacent immédiatement.
Pendant ce temps, l'enfant s'est développé rapide-
ment au physique et au moral. A un an, il a com-
mencé à bégayer et à se tenir sur ses jambes ; puis
les forces allant toujours en croissant , bientôt sont
survenus l'amour de l'exercice et des jeux, l'êlourde-
rie, l'inconstance, la témérité, l'irascibilité, plus tard,
le discernement du bien et du mal et celte heureuse mé-
moire, partage ordinaire de l'enfance et de la puberté.
Les maladies qui menacent l'enfance sont fréquentes
et dangereuses. Un quart des enfants qui naissent
meurent pendant la première année de leur existence :
U) INTRODUCTION,
110 assez grand nombre par asphyxie et pendant If-
travail de l'accouchement. Divers catarrhes, l'œdème.
Pendurcissement du tissu cellulaire, des maux d'yeux
purulents, les maladies éruptives, etc.,contribuf-nf aus^i
à cette mortalité. Pendant celle première année et les
suivantes, le travail de la dentition est une source d?
dangers pour l'enfant , qu'emporteot cpjelqiiefoii en
peu d'heures des convulsions et diverses allections cé-
rébrales. Depuis deux ans jusqu'à sept, il est surtout
exposé aux attaques du croup, dont la maiche insi-
dieuse doit tenir sans cesse éveillée l'attention des
parents. Les autres affections de l'enfance sont surtout
le carreau, les scrofules, diverses nialadies des os,
l'épilepsie, la danse de Saint-Guy, la gourme, la teigne,
ia petite vérole et la rougeole. Durant les premières
années de la vie, la mortalité est considérable, et un
tiers des enfants n'atteignent pas l'âge de deux ans ;
mais elle diminue ensuite, cl dix ans est l'époque de
la vie oîi il nieurl le moins de personnes.
PUBERTÉ.
A l'enfance succède la puberté : ceile-ci est le
printemps de la vie et la saison des plaisirs. Jusqu'alors,
la nature n'avait travaillé qu'à la conservation et à
l'accroissement de l'homme ; maintenant elle multiplie
les principes de la vie. Il a non-seulement tout ce
qu'il lui faut pour être, mais encore de quoi donner
l'existence. Cette surabondance de vje s'annoiire par
(les signes non équivoques.
Chez l'honmie, les traits et les contours mous de
l'enfance disparaissent ; la voix devient pliis mâle et
plus forte; la taille «'élance; un léjjer duvet, puis de
la barbe viennent recouvrir !e menton et quelques
parties de la figure et du corps; la poitrine prend nu
développement remarquable, et les organes qui y sont
contenus un surcroil d'activité quelquefois funeste.
INTRODUCTION. 1 1
Eulio les organes de la génération, muets jusqu'alors,
ou dont les influences ont été peu marquées, devien-
nent le siège de sensations, de besoins luui à fait nou-
veaux en même temps qu'ils augmentent de volume et
s'ombragent de poils plus ou moins épais.
Chez la jeune fille, la peau acquiert un éclat , une
blancheur particulière; tous les coniours deviennent
arrondis et gr.icieux ; la poitrine et le bassin , ainsi
que les organes de la génération, se développent et
prennent une nouvelle vie; les seios se gonflent et
présentent un mamelon rose et alongé; mais le carac-
tère spécial de la puberté chez le sexe, est l'appari-
tion des règles {Voyez ce mot).
Outre les signes physiques que nous venons de dé-
crire, l'activité de toute? les fonctions est un des ca-
ractères principaux de la puberté ; le sang circule avec
rapidité et répand sur les joues du jeune homme ce
vif incarnat, indice d'une bonne santé, ses sensations
sont vives et promptes, sa mémoire et son imagination
deviennent plus brillantes, plus riches et plus étendues,
son esprit est plus posé, plus atleolif , mais le juge-
ment et l'expérience lui manquent encore.
La jeune fille dont le caractère avant la puberté
diflérait peu de celui du jeune gar<jon, change loul-
à-coup, ses penchants et ses goùls, ne sont plus les
mêmes, elle devient plus réservée en prenant de nou-
velles grâces et acquiert dès-lors celle délicatesse, cette
pudeur qui ne doivent plus la quitter.
Enfin, chez les deux sexes, s'est développé le doux
penchant qui les attire irrésistiblement l'un vers l'au-
tre et le besoin d'aimer devient quelquefois si fort qu'il
fait braver et violer la morale et les convenances.
Dans nos climats, la puberté à ordinairement lieu
de douze à seize ans> elle e>t généralement plus pré-
coce chez les filles que chez les garçons; dins les pavs
ii INTRODUCTION.
chauds, ce teinp9 est bien avancé, dans le nord, il est
au contraire relardé. La puberté est aussi moins pré-
coce dans les campagnes que dans les villes, ou les bals,
les spectacles, les plaisirs, une nourriture plus recher-
chée, plus stimulante, etc., hâtent et accélèrent l'épo-
que fixée par la nature.
Les changements brusques qui surviennent dans
l'organisation à l'époque de la puberté peuvent don-
ner naissance à un assez grand nombre de maladies ;
mais d'un autre côté aussi, ils peuvent smener la gué-
rison de plusieurs affections qui affligeaient l'enfant :
telles que les scrofules, l'épilepsie, la danse de Saint-
Guy, etc., l'accroissement trop rapide, joint à une
prédisposition particulière qui s'annonce par une poi-
trine étroite, a souvent pour effet le développement
de la phthisie pulmonaire, terrible maladie contre la-
quelle on ne peut apporter trop de surveillance. Enfin,
chez la femme, l'époque de la puberté est générale-
ment plus dangereuse que chez l'homme, presque
toujours, des dérangements ou des maladies plus ou
moins graves, viennent en entraver le développement;
les mères de famille ne sauraient trop donner de
soins et prendre d'intérêt à leurs jeunes filles pendant
cette époque orageuse.
VIRILITE OU AGE MUR.
Après la puberté vient la virilité ou l'âge mûr, ca-
ractérisé par l'entier développement des forces phy-
siques et morales de l'homme jusqu'à vingt ou vingt-
cinq ans, presque tous les jeunes gens sont minces de
corps, ont la taille, les cuisses et les jambes menues,
mais peu à peu, les membres se moulent et s'arrondis-
M'tit et le corps de l'homme est vers trente ans à son
point de perfeclion pour les proportions de la forme.
Celui de la femme y parvient plus tôt; le premier,
pour être bien fait doit avoir les muscles durement
INTRODUCTION. 45
exprimés, le contour des membres fortement dessiné,
les traits du visaf;e bien profioncés. Chez les femmes
tout est plus gracieux, les formes arrondies et les traits
plus fins. L'homme enfin, a la force el la majesté eu
partage , les grâces et la beauté sont l'apanage de
l'autre sexe.
La taille moyenne est comprise pour l'homme entre
un mètre soixante-dix centimètres et un mètre qua-
jre-vingt.cin(| centimètres. La femme est générale-
ment plus petite, sa taille ne passe guère un raèlre
cinquante à sojxantedix centimètres probablement,
dit Haller, aliu que force restât aiuc maris.
L'enfance était l'âge de la mémoire, la pubertéce-
lui de l'imagination, la virilité a pour attribut le
raisonnement. L'homme réfléchit , médite et com-
pare. Mais aussi, à l'amour succède l'ambition, l'a-
mour des richesses et des honneurs. L'homme est à
l'apogée de sa puissance physique et morale , c'est
alors qu'il aioulre ordinairement tout ce dont il est
capable.
Les maladies les plus fréquentes, pendant l'époque
delà virilité, sont toutes les affections de l'estomac,
des intestins, du foie, de la rate, des reins, de la
vessie, les fièvres bilieuses , les maladies nerveuses,
oinsi que les affections goutteuses el rhumatismales.
Les femmes sont de plus exposées à toutes les mala-
dies qu'entraîne l'accouchement et l'allaitement.
VIEILLESSE.
Le corps n'a pas plutôt atteint son point de per-
fection , il n'est pas plutôt parvenu au solstice de la
vie, qu'il commence à décliner. Le dépérisssemenl est
d'abord insensible mais peu à peu, la peau se dessèche
el se ride , les cheveux blanchissent , les dents tom-
bent, le visage se déforme , les facultés générativcs
s'affaiblissent el s'éteignent, en même temps que le
14 IMKODUCTIO^'.
corps perd graduellement de sa taille, de sa flexibi-
lité et de sa reclilude. Outre celte détérioraiiou phy-
sique que nous venons de décrire, les sens et le moral
subissent également de grands changements; la vue
s'obscurcit, l'ouïe devient dure, l'intelligence s'affai-
blit, la mémoire se perd ; Enfin, presque toutes les
fonctions de la vie ne s'exercent plus qu'imparfaite-
ment et avec difûcullé, en sorte que beaucoup de
vieillards, forcément étiaugers pour ainsi dire à tout
ce qui les environne, rapportent tout à eux et devien-
nent ainsi, sans s'en apercevoir, avares, égoïstes, im-
périeux, grondeurs el chagrins.
Les premières nuances de cet étal se font ordinaire-
ment sentir de quarante à cinquante ans, elles aug-
menlent par degrés jusqu'à soixante, et dès lors, la
vieillesse faii des progrès rapides, jusqu'à soixante-dix,
époque où commence généralement la décrépilude,
que la mon lermine à quatre vingt ou quatre-vingt-
dix el quelques fois cent ans.
Outre les dangers de l'âge critique ou suppression
des règles, époque spéciale aux femmes et qui a lieu
ordinairement de quarante à cinquante ans {Voyez âge
CRiTiQCE),la vieillesse est exposéeàde nombreuses ma-
ladies : Le cerveau et les organes du bas ventre sont
le j)luà souvent le siège de ces alfeciions; l'apoplexie
trappe un grand nombre de vieillards; les maladies
de la vessie el de l'anus les alleig^enl aussi forl sou-
vent. 1,'élat L;cnéral de relâchement et de faiblesse les
rend atissi forl sujeis aux hernies , aux varices, aux
anévrismes du taui cl des artères. Enfin, la puuUe,
le rhumatisme, le^daJlres, ie-. catarrhes achèvent de
les tourmenter.
Ce n'est pas tcul : il existe encore une idée fixe (jui
» inpoisonne, qui torture cl abrège les jours d'un grand
îKinibio de \icil!ards, c'est l'appréhension de la mort
i>TRODUi:rio>. 15
Vaiuemeut, la bienveillante nature cherche à nousdé-
tachfr (Je la vie en nous dépouillant successivement
des faveurs qui pouvaient nous la rendre chère, pres-
que lous, nous ne la quittons qu'avec regret et déses-
poir; mais cependanr, et cela est consolant pour l'hu-
manité, combien la pensée de la mort esi moins af-
freuse, combien même elle est douce et consolante
quand, l'ame pure et la conscience tranquille, on
peut regarder en arrière, s;ins apercevoir le hideux
cortège des remords et des crimes. Inspiré par le gé-
liie du christianisme , béni tt regretté des siens ei de
tous ceux qui le connaissent , le juste voit la mort sans
crainte et sans effroi, pour lui, c'est le passage à une
vie meilleure , c\sl la Divinité qui l'appelle à elle,
c'est enfin la récompense promise à ses vertus et sea
belles actions.
La médecine, proprement dite, a généralement peu
do chu<e à faire cht-z les vieillards, son intervenlion
trop énergique serait presque toujours plus nuisible
qu'utile. Soutenir les forces, appaiser les souffrances,
relarder le moment fatal, voilà son rôle et c'est à l'hy-
giène, pluiôt qu'aux médicaments et aux lemedes, qu'il
laul deii.ander un pareil résultat.
Une vie simple, sobre et régulière est nécessaire
avant toutdansla vieillesse, lesexcèset leschangements
d'habitudes sont très dangereux à cet fige; aussi, le
genre de vie une fois adopté doii-il être conservé. It
laul avoirsoiu aussi d'éditer toutes espèces d'émotions
vives. Retiré du monde, retiré des alfaires , le vieil-
lard ne doit point se livrer à un travail fatigant ou
ii.ttUecluel, suiioul pro'ongé, mais il doit cependant
f e créer quelques petites occupations qui l'amusent ,
le distraient et l'empêchent de tomber dans cette apa-
thie qui n'est qu'utic existence intermédiaire entre la
vie ei la mort et le prélude d'une fia prochaine.
1 G INTRODUCTION.
MORT.
Tout s'use dans la nature vivante , tout s'altère,
tout périt, et l'horame liiî-même malgré sa supériorité
sur tous les autres cires vivants, ne peut échapper à
cette loi inévitable; quelque soin, quelque précaution
qu'il prenne de sa santé et de son existence, tôt ou
lard il lui faut mourir. La mort est une condition né-
cessaire de la vie, elle en est la conséquence immé-
diate et la fin inévitable. C'est une dette, dit Bacon,
qu'il nous faut tous payer à la nature, aucun âge, au-
cune condition ne peuvent s'y soutraire.
Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
IN"eu défend pas nos rois.
La mort se divise en naturelle et en accidentelle ;
la première est celle qui survient à la fin de la vieil-
lesse et résulte de l'usure de la vie ; c'est la moins dou-
loureuse et l'on peut comparer l'homme qui meurt de
vieillesse à la lampe qui s'éteint faute d'huile, La mort
accidentelle reconnaît au contraire toujours pour cause
une détérioration survenue accidentellement ou par
Suite de maladie dans les organes, et qui arrête le mou-
vement de la vie avant l'époque fixée par la nature.
L'époque de la mort vraiment naturelle est commu-
nément fixée à cent ans. Mais qu'il est peu d'homme
dont la vie se prolonge jusqu'à un âge aussi avancé ;
rien n'est plus rare que la mort naturelle chez l'homme
et ce n'est pas par elle que succombent le plus souvent
les vieillards eux-mêmes, c'est presque toujours une
maladie qui les emporte. Eu effet, doué de facultés
plus nombreuses, plus parfaites et plus sensibles que
tous les autres cires animés, l'homme se trouve par
cela même livré à un plus grand nombre de causes
destructives, aussi la presque généralité périt-elir
d'une mort prématuré*'.
NOUVEAl'
DÎCÎI0H1UIP.S Ds zmt
ABCÈS. — Colleclion de pus qui se forme acci(îen-
tellement dans les diverses parties du corps. Les abcès
sont ordinairement la suite d'une action extérieure :
un coup, un corps étranger, une petite plaie. Le point
où ils se forment se gontle, la peau qui le recouvre rou.
git , el>e devient le siège d'une chaleur vive. Les dou-
leurs sont pulsatives, c'est-à-dire accompagnées de
battements analogues à ceux du pouls. On observe, en
outre, de l'agitation, de la soif, del'insomnie. Au bout
de quatre à six jours, les symptômes changent, le cen-
tre de la petite tumeur blanchit , s'élève eu pointe, la
douleur est moins sensible, et la chaleur moins vive.
Si on presse la tumeur aliernativement sur deux points
opposés de sa surface, on y sent plus ou moins distinc-
tement l'ondulation du liquide. Ce phénomène, carac-
léristique d'un abcès parvenu à sa maturité, est ce que
l'on appelle fluctuation.
Pour diminuer les douleurs qui précèdent et accom-
pagnent la formation d'uu abcès , il convient presque
toujours de faire sur la partie malade des applications
tièdes et relâchâmes. Les calapkimes émoUients qu'on
doit préférer sont ceux de farine de lin ou de mio de
pain^ cuites daus l'eau de gtùmar ç. Il cit bon de les
18 ABC
ciianger souvent, afiii d'éviier le refroidissement et
riiri'ation qu'ils poutraient causer en s'aigrissant ;
ceux fails avec la farine de riz sont encore moins su-
jets à ce dernier inconvénient^ aussi les emploie-ton,
de préférence aujourd'hui pour la figure.
Lorsque, comme or.. le dit vulgairement , l'abcès est
arrivé à maluiité, il faut s'occuper de l'évacuation du
pus , qui peut être abandonnée aux seul? efforts de la
naîure, si l'abcès est superficiel, la peau liés mince et
le foyer peu vaste, Pour favoriser le travail de la na-
Uirc, on fera bien cependant de placer sur le centre de
la tumeur un petit emplâtre d'onguent de la mère ; une
fois le pus écoulé , l'applicalion d'un peu de cliarpie
sèche, une légère compression pourront suffire, dans la
généralité des cas. Quand, au contraire, l'abcès est si-
lué prûfondcmeni ou que ses dimensions sont grandes,
il faut alors avoir recours aux causîiqTies ou à riijeiru-
nient tranchant. Ordinairement une simple incision
Buffil; on doit avoir soin de la faire dans l'endroit de
l'abcès le plus favorable à la sortie du pus, et, autant
que possible, dans la direction des plis ou, cuninit" on
le dit , des fibres de la peau aun de rendre la cica-
'trice moins apparente. Dès que le pus est écoulé, ou
met sur l'ouveriure un peu de charpie fine à l'état bnit
et sans aucun airaugenienl des brins, afin que le pus
la pénètre plus facilement à mesure qu'il s'écoule, par
l'action du retrait des parois de l'abcès et par sa pro-
pre pesanteur. Si la région est très cnllamméeet dou-
loureuse, on peut mettre pour tout pansement un
iirge eaîapiasnie émoliienî, couvert ou non d'une cou-
che de ptîmmaJe napolitaine v\ui rc(joil le pus à sa sur-
l'ace. Ce caia[ilasrac est clian^c deux à trois fois par
pur, ei co!,ti'"ié jusqu'à ce que l'état diiritfilion soit
tombé. Alor? la charpie seule suffira pour favoriser la
déiersion ri a-, \ciicr la gué'ison.
ACC 19
ABEILLE [Rernùdes contré la piqiire de i'). —
immédiatement il faut presser les chairs doucement
a"tour de l'endroit blessé, afin de faire sortir l'aiguil-
le et la goiiltelelte de venin qu'il a déposée dans la
plaie; puis M. Jules Gloquet conseille des onctions sur
\a piqûre avec de l'huile d'olive, du laudanum liquide,
de l'eau de Luce, pour prévenir ou calmer les acci-
dents. «Si ces moyens ne suffisaient pas, on plonge-
rait, dit-il, la partie piquée dnns un bain huileux , ou
ov. ferait dissoudre de l'opium et de la thériaquo , et
on mettrait le malade à un régime délayant plus ou
moins sévère, suivant l'intensité des symptômes. »
Mais un moyen qui réussit très bien aussi quand lu
piqûre à lieu à un membre, c'est d'exercer uneccns-
triciion au dessus de la plaie et détenir quelque tenijs
la partie plongée dans un bûiu d'eau aussi froide que
possible, ( Voyez piqûre. )
ACCOUCHEMENT. — Ce mot, synonyme de par-
lurilion , exprime les différenls actes par lesquels l'en-
fant et ses dépendances sont expulsés du sein de la
mère. L'ensemble de ces actes , qui est un phénomène
naturel j et ne peut, par conséquent, être considéré
comme une m'iladie , est aprelé travail de l'accou-
chement , et s'ac;^oraplit généraU^ment sur la fm du
neuvième mois delà grossesse, fouvect y-lus tôt, mais
rarement plus lard. On l'appelle prématuré ou -pré-
coce, s'il se fait passé la septième mois , l'eîvfant pou»
vaut alors nvre : mais, au-dessous dcr celte époque,
il prend le nom à'auoriement, l'enfant n'étant pas re-
gardé comme viable. On l'appelle, au contraiie, înrdif^
s'il a lieu quelques jours ou quelques semaines après le
neuvième mois : cet accouchement est rare et difficile
à consta^-^r; la loi l'admet cependant , et porte à dix
moiî le tCTme avant lequei le pèpe ne peut coule:.ier
la légiiimité de '' • font.
50 Acc -.^-^
On est g<''néralemenl Jaocord sur ce poiot qwe sur
tent accouchements, quatre-vingt-dix-neuf au moins
s'accomplissent par les seules forces de la nature, eu,
pour mieux dire , sans rinlervention de l'art : la
femme n'en a pas moins, pour cela, besoin de soins.
Or ces soins sont de nature différenlc , «uivant qu'ils
s'appliquent h chacune des trois principales périodes
auxquelles se réduit- tout l'accouchement, et qui sont
la période de préparation , celle d'eapulsiou de l'en-
fant et celle de la délivrance.
1o La période de préparation est pressentie de la
femme non seulement parce que sou époque est airi-
vée, mais encore parce que son ventre a tcmbc , sui-
vant l'expression ordinaire , que les mouvements de
son enfant se manifestent plus bas que de coutunje, et
qu'elle éprouve un senliaient de poids plus marqué
dans le bas-ventre et de pUis fréquentes envies duri-
ner ; mais ce qui caractérise le début du travail , c'est
la douleur, résuliat iriélu able d'un commencement
de contraction de la matrice. Celte douleur est d'abord
légère, divisée et peu durable : on la ï\onnxie.motiches^
parce qu'elle imite les piqûres incommodes que ces in-
sectes produisent. Ces mouches se fout ressentir aux
reins, sur les flancs, mais plus particulièrement en
avant , à l'ombilic , pour s'irradier vers le bassin; si,
dans le moment où elles existent, on applique la maia
sur le ventre de la femme, on sent la matrice globu-
leuse et plus dure au loucher; c'est Ih surtout ce qui
les distingue des fausses d.>ulturs qui 5e perdcn! au-
tour do la ceinture. Les mouf hes devenant de plus en
plus prononcées, se converiisscnt en véritables coli-
ques qui partent de la ceinture et se dirigciU vers le
fondement. La femme les expriuie par des plaiiitcs in-
^lonlaiies, des conlorsi()n.<;, des llexions du tronc et
des cuisses, et par d;S changomonis apprécialles dau.1
lea traits ci la colyra'.ioo de la face, . ,,,,
ACC fil
Dès ce moment , q-.u Itim-fois même des le début , il
se fait pnr les pailics {;c'iiilales un croulcmoiit de
glaires mncoso-screuscs aualugiirs à du blanc d œuf, et
qui deviennent b o;i!Ô'. sanjpiinulenler, ce (jui fail incs-
scutlrque le tiavail s'avaiicf. Ausi-i doiî-on se mciire
en devoir d'assister cfficafcmenl la femme. La pre-
mière chose à faire est Je préparer h lit sur k'qutl elle
doit accoucher, en même temps qu'on fait retirer lis
personnes inutiles, et suriout celles dont la présence
ne lui serait pas agréable. Ce lit e^l ordinairen.ent un
lit de sangle qu'on appuie centre le mur par une de
ses exlréniiiés, et sur lequel on place d'abord un ma-
telas dans sa longueur, jniisnn «econd matelas plié ea
double, et recouvert de p!u>iciîrs drap* plies en alcze;
on fail très bien de fixer avec une curde un morceau
de bois à l'exlrcmilé libre du lit pour <pie la femme
puisse, dans le? foiles douleurs, y arquebout; r ses
[lieds. On dispose en mêir.e temps des ciseaux pour
couper le cordon ouibilical qui tien! l'eufanl uni à la
mère, deux fds pour lier ce cordon, une petite com-
presse pour l'envelopper, et une bande pour le tenir
iixé au corps. Pendant ces piéparalifs, les cho>es ont
nccessaircmejit marché : les douleurs ont pris un n.)u-
veau caractère; non seulement elles sont plus aiguës,
plus fortes, plus rapprorhre.s , mais elle^ s'aceampa-
gnent d'une sorte de cris de détresse qui anuoiîcent in
spa<^mc géuv-^ral du système muscnlaire, qui met la
femme presque hors de laiicn A chacune de ces dou-
leurs , que séparent dvi iulirvalles bien manpiés de
caliuo , le col de la matrice s'eut r'ou vie; la puehe des
eaux s'y engage et vient fo:mer dans rin'trieur du \a-
gin une tumeur d'autant pliis prononcée que l'aciioa
expulsive est plus foitc et que le col cA plus dilaté ,
jusqu'à ce qu'enfui , ne pouvaat p'us résister, elle se
rompe et laisse échapt;cr a\cc U!:î' espèce de bruisse-
22 AGC
aient, le /"uiualc qu'elle conlenait. Si celte pocbe ne ja
roinj)! pas d't'lie-niêrne, on l'ouvre soit avec l'ongle,
soit avec une pointe de ciseaux conduite adroitement
h- long du doigt indicateur.
2o Jusque là on a laissé la femme se promener, s'as-
seoir et se mouvoir à son gré ; mais le moment est ve-
nu où il est indispcasab'e (ju'eile se melte sur son lit.
Elle doit s'v plarcr do manière que son siège appuie
fur le bord intéiieur du matelas plié en double. Si ce
rebord n'est pas assez haut^ on l'élève par un coussin
dur ou un traversin, afin que tout le siège reste élevé
et au-dessus du plan du pren.ier matelas , ce qui est
1res important. Il est bien entendu que la femme a eu
le joiu de desserrer les cordons de ses vêtements; elle
a bien fait aussi de prendre un ou deux lavements
pour débarrasser l'intcsiin. C'est alors qu'on peut l'eo-
gager à faire valoir ses douleuis, sans toutefois dépas-
ser certaines limites. Dans le cas où elles seraient peu
actives ou do trop courte durée , on cliercherail à les
activ(>r par quelques légères frictions faites sur le ven-
tre, et on ea aiderait l'effet en comprimant le bas-ven •
Ire au moyen d'une nappe plice en cravalle, en môme
temps qu'on bumec'e les parties génitales avec du
beuire. A chaque effort, la tête de lenfanl avance,
franchissant l'orifice de la matrice, et descend dans le
vagin où le doigt la distingue aisément; c'est alors qu'il
est prudent de soutenir fortement avec le bord de la
main le périné sur lequel cette tète vient faire effort
et qu'elle peut déchirer. Enfin une douleur plus vive,
et composée de deux douleurs successives et souv(;nt
accompagnée d'un tremblement convulsif, chasse la
tête de l'enfant en dehors des parties de la génération.
Après un calme plus ou moins long, une nouvelle
douleur, mais moins forte, survient; le corps de l'en-
fant est pouss-é eu dehors , et avec lui le reste de Teau
Acc 23
que contenait ia poche dans laquelle il élait ren*
f«rmé.
Il faut alors s'occuper de le séparer de sa mère.
Pour cela, on coupe le cordon ombilical avec des ci-
seaux, à cinq travers de doigls environ du nombril, et
sans s'inquiéter autrement de l'écoulement de sang qui
a lieu, on enlève Tenfant, et on le confie aux soin:.
d'une personne attentive qui l'enveloppe dans une
serviette chaude, l'essuie, le nettoie, et le tient près du
feu pour peu que la température de l'air ne soit pas
très douce. Quelquelois, surtout lorsque le travail a été
un peu long, que les eaux se sont écoulées de bonne
heure, que le cordon est passé autour de son cou et
l'élreiat, il arrive que l'enfant vient au monde dans un
étal de mort apparente.
Dans ce cas , il faut le couper avant même que l'en-
fant soit entièrement sorti. S'il est violet, livide, on
laisse saigner le cordon , et on cherche , par des fric-
lions faites sur la région du cœur, et en lui insufûant
de l'air dans la bouche, à exciter la circulaiion et la
respiration. S'il est pâle et d'apparence faible , on lie
de suite le cordon, on le frictionne avec de la laine, on
le plonge dans un bain tiède et même animé avec du
vin ou de l'eau-Je vie.
Enfin , avant de l'eramaillolcr , on lie le cordon
à sa partie moyenne avec un fort fd doublé, on en-
toure ce cordon d'une compresse douce qu'on retient
fixée par une bande de deux travers de doigt environ
de largeur cousue sur le cdié. Mais revenons à la
mère que nous arons laissée sur son lit de travail; car
une fuis l'enfant sorti , tout n'est pas absolument fini
pour elle , il lui reste à être délivrée , c'est-à-dire à
être débarrassée de l'arricre-faix ou placenta qui for-
mail le lien par lequel elle clail unie à son enfant.
3« En effet , une demi-heure s'est à peine ccoulde
24 A€C
dcp'ais la -orlie ilc renfaiii , que le caLnc qui a s»r-
cciié esî de noiivrau Iroubié par quelques J uilems
.{îîi se ronouvellenl dans !c bas-venlre. Si on porte la
in«jin sur celle rôi;ion, on sent une Uimeur ferme el ar-
rondie que forme le globe de la mairice se conlractant
pour cliasi;er le ddiure. La nature pourrait asiuré-
menl, dans la plupart des cas, suffire à ce travail, mais
il est néanmoins lo plus souvent utile de l'aider eu ti-
rant avec précaution sur le cordon qui sort de la vulve
et qu'on roule autour du doigt indicateurde la maiû
droite; la main gauche restée au niveau du périnée re-
çoit la masse et la soutient. Après son extraction, on
examinera si elle est intacte et accompagnée de ses
membianes, puis on s'assurera de nouveau, en passant
la maia sur le ventre, que la matrice forme une tumeur
globuleuse ferme et résistante, et qu'ainsi il n'y a paa
d'hémorrbagie à craindre. Enfin on enlève les linges
placés sous le siège , on lave les parties avec de l'eau
tiède, et après quelques minutes de repos , on trans-
porte lacconchéesur le lit où elle doit passer le temps
de ses couches, et qu'on a préalablement garni déplu-
sieurs draps plies en alèze ; on entoure son ventre
d'une serviette pliée en banJa^e de corps, et on place
entre ses cuisses des Huttes doux destinés à recevoir le
sang et la matière d'un écoulement qui va s'établir,
pour durer plusieurs jours sous le nom do lochies , ei
qui provient du dégorgement de la matrice revenant
sur e'Ic-mcme; ce dégorgement est toujours accompa-
gné de douleurs , espèces de colicjues qu'on nom uie
irnnchces; il doit cire i^oigiieuscmeni respecté et rap-
pelé par des cataplasmes chauds, s'il venait à se suppri-
mer. Si la femme est épuisée, on pourra lui accorder
uu bouillon , mais jamais ces vins cLauds dont o« est
dauî 1 habitude , en certains pny^ , do faire s^ùvrc im-
médiutcmeul raccouthcuiçm.. Le li;ndomaiu , on lui
ÂGE S5
fca hulre tvae llsanc de (leur (!e lillt^ul, et on lui per*
Pii-llia un polagc pour revenir à lu dicle la troisième
four, époque de l.i ficvie de lail (voyez ve niot): puis,
celte fièvre passée, on permet une alimenlalion c^ui
augmente graducllemeul jusqu'au huilicme jour, épo-
que à laquelle ta ]»hiparl des femmes se lèvrnl ei com-
mcucenl à reprendre leurs occupalious habituelles.
Nous n'avons décrit l'accouchement que dans son
mode le plus habituel, celui , par exemple qui se fait
parla présentation de la l^te, le plus fréquent et le
pluF heureux-, mais l'enfant peut se piésenter par toute
autre partie , par les pieds et par U siège. Dans la plu-
part de ces cas, la nature se suffit à elle-même et s'en
acquitte avec assez d'habileté pour qu'on puisse établir
en principe qr.e la première qualité que doit avoir
toute personne assistant une. femme dans le travail de
l'enfantement, c'est la patience.
AGE CRITIQUE. — Aje de retour, cessation des
régies. De même que les phénomènes delà puberté ne
ic montrent pas chez toutes les femmes au même âge,
de même aussi la cessation du /lux menstruel , qui est
le signe caractéristique de la puberlé, s'effectue plus
tôt ou plus tard chez les unes que chez les autres.
Celte différence lient au climat qu'elle* habitent, au
genre de vie qu'elles mènent et à leur constitution.
Dans nos climats, c'est ordinairement de la quarante-
cinquième à la cinquantième anrite que les règles ce»-
sent de paraître.
Les signes les plus consîanis de ceux qui annoncent
leur cessation est leur inégul irité. Cetie irrégularité
porte siu' répofpio à laquelle elles viennent ordinaù^e*
ment, sur leur durée et iur la quantité de sang qu'elle»
fournissent. Ainsi, arrivées à ce moment , les femmet
sont doux, trois, qu trc et même six mois fans perdre
de sang; ou bien <llcs en rt'J'dcul tjuî les dix, quinze.
26 AGE
vingt jours. Elles ne sont réglées que pendant un ou
deux jours seulement , ou bien au conlraire pendant
huit , dix et douze jours. Souvent au lieu de perdre la
qiianlité de sang habituelle , elles n'en laissent échap-
per que quelques gouttes; souvent aussi elles éprouvent
de véritables héraorrhagies qui réclament les secours
les plus prompts et les moyens les plus énergiques.
Os signes ne sont pas les seuls : très souvent en effet
révacuatiou mensuelle est remplacée par une perte en
blanc.
Vers cette époque aussi la plupart des femmes éprou-
vent dans la figure des chaleurs et des feux qui revien-
nent plusieurs fois dans la journée. Elles sont mal à
l'aise après leurs repas, dans une chambre échauffée,
au milieu des assemblées , dans leur lit. La nuit elles
agitées et ont des rêves pénibles. Tout , en un mot,
sont chez elles annonce que le sang, cessant de se por-
ter vers un point où sa présence était nécessaire, tend à
se répartir plus uniformément. Mais ce qu'il importe
bien de savoir et de répandre comme une vérité at-
testée par un nombre de faits suffisants pour être éri-
gée en axiome irréfutable , nonobstant l'avis de bien
des médecins, c'est que l'âge critique, la cessation des
règles, en un mot, est infiniment moins fatal aux fem-
mes qu'on ne le pense généralement. ( Voyez les preu-
ves qu'en dpnne le docteur C. Lachaise dans son
lîyniéne philosophique de la femme ^ 1837. )
Leur principal soin doit alors avoir pour but de
prévenir cette espèce de surabondance sanguine qui
tend à s'établir dans toute réconomie par suite de la
disparition des règles. Elles doivent donc se soumet-
tre à un régime assez séveie, rejeter les viandes fortes
ou excitantes, les ragoûts épicos; éviter les boissons
giimulanlcs, le café; faire autant d'exercice que jossi-
t>ie en plein air, ne rester au li! que 'e temps néces-
AGO 27
saire, car un somaieil trop prolongé, surloiu dans un
lit inou, favorise la pléthore sanguine u», uispose aux
perles ; se tenir le corps dôjjagé de tout auirail de
contrainte. Si, malgré ces précautions, quelques si-
gnes d'irritation se manifestaient, elles ne doivent poirrt
hésiter à se faire i"aire une saignée au bras, et même
à y revenir à peu jjrès k 1 épocjueoù les régies parais-
saient habituellement, et insensiblement à des inter-
valles plus éloig(tés suivant la gravité des circonstan-
ces, qui doivent aussi régler la quantité de sang à en-
lever chaque fois.
Les femmes qui, dans leur jeunesse, ont été sujettes
à des éruptions à la poau, à des maux d'yeux , à des
engorgements de glandes et chez lesquelles ces diverses
affections avaient disparu au momcut où leurs règles
se sont établies, agiriMil très prudemment, lorsqu'elles
s'a|)erçoivent que les organes qui avaient souffert à
l'époque de la puberté deviennent irritables à l'âge
critique , en ?e pla.ant au bras un vésicatoire ou un
cautère, sauf à le supprimer quand rien n'en justifiera
plus la nécessité. Quaut aux maladies qui peuvent se
déclarer à l'époque criliqi:e , rien n'epgage à déroger
pour elles aux moyens de traitemeut qui leur sont gé-
iréralemeut applicables.
AGOXIE. — Dernière Uitle du malade contre la
mort, cet étal n'a lieu que dans les cas où la vies'é-
trint par degrés. Dans diverses affections^ il n'y a pas
d'agonie. Celle-ci est ordinairement marquée par une
altération profonde dans la physiouoiuie , la faiblesse
extrême des mouvenu nis et de la voix , raboliWoa
progressive du senlinieut^ le trouble de la respiraiioa
qui devient inégale et râleuse, la diminuliou delà
clialeur, qui s'éteint graduellement des extrémités
vers le tronc, etc., etc. Dans les domicrs moments de
cette scène pénible, letnourant, froid, insensible , eu
diffère plus d'un cadavre que par les mouveinccts de
la respiration qui ont lieu encore par iuierva)'e3 jus-
qu'à ce qu'fîÇ cessent complètemenl avec la vie. Cet
état peut ne durer qu'un petit nombre d'heures ou se
prolonger plusieurs jours ; quelquelois on l'a vu per-
sister pendant plusieurs semaines. Sa durée ordjn.^re
est de douze à vingt-quatre heures.
La mort n'est pas toujours le dénouement inévitable
de ce dernier effort d'une organisation qui ai prél de
s'éteindre. Il s'est trouvé des cas , malheureusement
fort rares , où l'art a pu , à force de persévérance ou
l^ar d'heureiises tenfalives, ramener des bords de la
tombe le moribond qui semblait sur le point d'y des-
cendre.
il est donc important que les gens du monde sa-
chent qix'il ne faut pas se hâter de regarder comme
voué à une mort certaine un malade qui parait ago-
nisant , cl par conséquent qu'il faut jusqu'au dernier
moment lui prodiguer les soins de l'amitié et les se-
cours de la médecine. Il est encore bon de saroir que
bien des gcn<, arrives à cet étal extréuie , conservent
jusqu'au dernier moment la faculté d'entendre et de
comprendre, cl que non seidemenl on doil craindre
de laisser échapper auprès d'eux quelque parole indis-
crète, mais encore qu'on doit toujours espérer qu'ils
ressentent les dernières consolations qu'on leur
donne.
AIGREURS. — On nomme ainsi les éructations
aigres (pie quelques personnes éprouvent avant ou
ajTès les repas. C'est une véiitahle régurgitation de
liquides acides de l'esioinac d;ins la gorge et dam» la
boi:chc, el qui est l'on désagré;ible. Ce phénomène
se rattache ordinairement à des maladies diverses de
l'estomac. (Vielqiu'fois cependant les aigreurs ont lieu
saub que rcslumf^c soit maljJc : c'est ce au'on ôbaerve
ALL 29
àjiH's iî s fi i>aî irop ci.jtioux ou à ia Si.iu- trit?<îigos-
tioui tr;»liiu(;t5is îiciJvs. Dans les iciùigcsiitiiis diiianl
lisyuvics de vomir^ cîî Oprouvc cgalenicnl des renvois
aigres
Lorsque les aigreurs ne se ratlachcnl poiul à isne
maladie, on prcsciii ordinairement, pour les combat»
trc, des substances alca'ines. La uKigncsie pure dé*
la)ée dans un peu d'eau, ou quelques gouUes d'am-
moiiiaque dans un verre d'eau paraissent remplir l'in-
dicatiou. L'eau froide , des morceaux de jjiace qu'on
laisse fondie dans la bouclie répondent souvent au
tnème but. On peut quelquefois prévenir les aigreurs
en évitant les aliments que l'expérience a démontrés
propres à les produire : chez les uns, ce sont les ali-
ments végétaux; chez les autres, ce sont les substances
animales.
Los aigreurs qui dépendent des maladies diverses de
l'estomac seront étudiées ailleurs (ro^ez estomac,
maladies de).
ALLAITEMENT. — La femme doit nourrir «.n
enfant : la nature le veut ainsi , cl ce n'est pas toujours
impunément qu'une mère parvient à se soustraire à
ce devoir. On est parfaitement d'accord aujourd'hui
sur ce point ; mais à quel moment une femme qui
\ieiit d'accoucher doit-elle donner le sein à son en-
fant : les uns disent le lendemain , d'autres disent
inmiédiatement, ou mieux- aussitôt que l'agitation qu'a
occasionnée raecouclicment a cessé, c'est-à-dire qua-
tie ou ciu([ heures après. Ceux-ci ont raison : en
prenant le sein de boniie home, l'enfajU y trouve
plus de facilité; le sein n'étant pas encoi-e luméfié, la
niamel'.n est sailhnt et se prête mieux à l'applicatinn
de ses lèvres, et ce premier lait contient un principe
léj^èioéueul purgatif qui débarrasse l'inicstin du me-
€oniiim doul il esl toujours rempli La qicmc elle-
30 ALL
môme en retire des avantages : ton sein élant dcgoig
et slimu'.é à la fois par la succion , se trouve pK'pnrc
de bonne heure aux fonctions qu'il doit remplir. Ce: Ip
première qnestion rcsoluG , il est impossible de rien
firéciser relativement au nombre de fois que le sein
doit être présenté à l'enfant; c'est la voix de la na-
ture <|u'il faut écouler à cet égard, et, règle générale,
*il doit être mis à la mamelle loules les fois qu'il s'é-
veille et que, par ses cris, il réclame la saiisfacticn de
son appétit. A mesure qu'il prend de la force, ses be-
soins augmentent et ses repas deviennent de plus en
plus copieux ; le lait subit aussi des changements en
iiarmonic avec ces circonstances, il devient de plus
en plus substantiel; et ce n'est guère que vers le troi-
sième mois qu'il est ntile d'en fortifier les effets par
quelques bouillies , dont la cjuanlité sera réglée par la
pliis on moins grande consistance du lait de la mère.
I Quelque utile que puisse être l'allaitement muter-:
ncl pour la mère et l'enfant, il est cependant des cir-
constances physiques et morales qui force nt une mère
à y renoncer. Le plus communément., dans ce cas^ cllo
confie son enfant à une nounice. Or voici les qualités
qu'Userait à désirer qu'on lenconlAt dans cette nour-
r.ce : qu'elle fût forte et bien porianle, Inune plutôt
que blonde, plutôt gra?se (|ue m;iif;re , de dix-huit à
trente ans^ d un caracièrc calme et gai, accouehée de
dix mois au plus; qu'el c eût de belles dents, des gen-
cives vines et vermeilles. Ses seins doivent être d'uue
grosseur médiocre, exempts d'engorgcmen's et de
ganglions, ornés d'un mamelon bien formé et sans ger-
çures. Son lait doit être doux , légèrement sucie ,
l)lanc, assc7. épais et cièmeux. Ver.sc en petite (pn-n •
tité sur un corps pi.li , il doit, étant répandu, laisser
après lui une tiace bhnche asî-ez jirononcée. 'a
femme maHee est ^ <m.' tv''i*^'i!, nrércr^hle .i la nouri-
ALL 3i
ricc fille-mère; on préférera égalemeBl celle qui &»t à
son second et même à son troisième enfant. Une nour-
rice ne doit pas être réglée, doit éviter soigneuseuieni
tous \>'i excès ^ se nourrir d'aliments succuleulj, cl se
soustraire autant que possible aux grandes secousses
morales. Les femmes de la campagne sont, en général,
sous ce rapport , dans de meilleures conditions que
colles des villes.
Quand une mère ne veut ou ne peut nourrir son
enfant, ni le confier à une nourrice élrangère, ou que
i'allailement naturel , déjà employé , devient tout à
coup impossible, on a recours à Talaitement artificiel.
Cet allaitement se fait de deux manières : en donnant
directement à l'enfant la momelle dun animal domes-
\iqtie, ou en lui donnant le lait de cet animal dans un
vase quelconque. Le premier moyen était fori usité
autrefois, et c'est la chèvre qui avait généralement la
préférence. Comme ce genre d'allaitement est fort
asnijétissant , on préfère donner le iait de vache. Ce
lait doit cire pris sur un animal bleu portant et trait
trois lois par jour. Les premiers jours, si l'enfant n'a
pas encore tété, ou le donnera coupé par moitié avec
de l'eau, au bout de quinze jours on le coupera seu-
lement au tiers, et après celle époque, on pourra le
donner pur; mais il faul toujours préalablement le faire
chaufter au bain-marie, et on pourra, chaque fois, y
ajouter un peu de sucre. Quant à la manière de le
présenter à l'enfant, le biberon est préférable à tout
autre moyen, parce qu'en exigeant une succiou, il dé-
termine une légère sécrétion de salive qui rend le lait
plus facile à être digéré. Les forces de l'eLfaul 3'.;g-
menlanl, ou arrive peu à peu à une, deux, liois et
quatre crèmes de liz, de fécule, de gruau dans les
vingt-quatre heures; mais on doii éviter h. s bouillies
épaisses dont les nourrices ont la mauvaise habitude
32 ASA
de gorger lei enfants Enfin, quo.upi-â à*:u\t c.mmeii».
çanl à paraître, des aliments {^ius subslanUels dcvicii-
nojil nécessaires.
AM.iIGRlSSEMENT. — On désigne par ce mot
«ne diminution succes.-ive du volume du corps, c'osl
le passage d'un éiat quelconcpie d'embonpoint à celui
de maigreur. Ce phénomène qui a lieu louies les fois
que l'oii perd plus que l'on ne repaire , accompagne
un grand uombre de maladies^ et son élude se raitaclic
alors à celle de leurs symptômes; mais très souvent il
a lieu sans altérer sensiblement la santé.
Les circonstances qui , dans ce cas , lui donnent le
plus fréquemment lieu , sont ; l'époque de l'aioles-
cenceou de la décrépitude, un accroissement rapide,
des habitudes vicieuses, notamment celle de la mas-
turbation (voyez le mot owakisme), les affections
morales profondes et surtout concentrées, ou bien des
veilles prolongées, l'excès des plaisirs, etc., etc.
Dans l'amaigrissement, comme dans tout autre phé-
nomène morbide qui n'est qu'un symptôme, c'est donc
contre la cause elle-même qu'il faut diriger tous ses
efforts. Des moyens purement hygiéniques ou qui s'a-
dresseraient uniquement à l'effet, n'obtiendraient au-
«•un succès tant qu'une cause incessante perpétuerait
Ea divrée; mais une fois cette cause détruite, il con-
vient d'observer un régime fortifiant , varié dans ses
éléments , suivant les diverses circonstances et la dis-
position des sujets. Les aliments doivent être choisis
parmi ceux d'une facile digestion, et qui renferment,
proportionnellement à leur masse, beaucoup de sucs
nutritifs, mais toujours approj)rici dans leur nature cl
leur quantité , au degré d'énergie des organes; car co
n'est pas ce que l'on mange qui nourrit, mais bien ndi-
quement es que l'on digère ; cl une indi^'Cstion épuisa
toujours plus le5 forces d'uo convalciccnt qu'un o\x
>
AME 33
deux jours de la diète même la plus absolue. Les bains
d'amidon sont fort avaolageux , lorsque les forces des
malades permettent d'y recourir, en rappelant vers la
peau la vitalité qu'elle avait perdue. Mais e'est plu»
particulièrement dans la maigreur provenant de cau-
ses d'une nature purement neryeuse : ils agissent de
plus alors comme moyen calmant et adoucissant.
AMERTUME ( bouche amère, avoir de la bile. ) —
Ondésigne sous ces dénominations cet état d'indisposi-
tion dans lequel nous trouvons un goût amer à toutes
les substances que nous goûtons ou que nous soumet-
tons à la mastication.
La sensation d'amertume à laboucbe est quelquefois
spontanée j elle se fait surtout sentir le matin à jeun ;
la langue est couverte d'un enduit blanchâtre ou jau-
nâtre; on éprouve un peu de pesanteur au creux de
l'estomac, d'embarras dans le ventre, de malaise et de
lassitude dans les membres ; elle est ordinairement un
indice de cet état de surchage de l'estomac qu'on dé-
figue en médecine sous le nom d'embarras gastrique
[voyez celmot). Le repos, la diète ou un régime sobre,
une boisson délayante, telle que le bouillon aux herbes
ou une légère limonade, des lavements à l'eau d'her-
bo5 émollienles, telles que la mauve, la pariétaire, etc.,
doivent être opposés à cet étal. S'il s'y joint de la cons-
tipation, on peut même , sans inconvénient , recourir à
lin léger purgatif, et quelques jours suffisent presque
toujou* pour faire disparaître complètement toutes
traces de cette indisposition.
AMPOULE. — On donne familièrement le nom
d'ampoule ou de cloche à ces petites vessies aqueuses
que forn - '" ;dcrme soulevé par la sérosité, et spécia-
lement à ceiles qui viennent aux pieds et aux main»
après une marche forcée ou des travaux pénibles.
Dans la plupaat des cas. cc->> anapoules, abandonnées
34 ANÈ
àcilcs-mème?, sescclioiit et se guérissent assez promp»
icmeni; si la partie est rouge et douloureuse , on dis-
sipe aisément riuflaannaiiou aîl moyeu d'un léger ce-
taplasme avec de la mie de pain , les feuilles de n^auve
ou îa fariue de lia. Il est inutile et toujours nuisible
d'enlever la peau ; il sufût de la percer pour donner
issue au fluide épanché.
Des ampoules plus ou moins volumineuses se formenl
quelquefois d'elles-mêmes et sans cause connue, dans
certaines espèces ùe maux d'aventure , par exemple,
chez les enfants ; les soins locaux sont les mêmes dans
ce cas que dans les précédents; quelques bains sim-
ples se montrent alors fort utiles.
ANÉVRISME. — On donne ce nom soit à une Itt-
meur formée par !a dilatation d'une artère ou par da
sang qui s'est épanché dans les tissus voisins d'une ar-
tère ouverte; soit à un épaississement des parois du
cœur ou à une dilatation de ses cavités. Voyons d'a-
bord le premier genre.
Toutes les circonstances capables d'augmenter la
force d'impulsion dii sang dans les artères, ou de dimi-
nuer la résistance des parois artérielles, sont suscepti-
bles de déterminer la formation d'un anévrisme. Mais la
cause la plus commune de celle maladie est assurémenl
la lésion de l'arîcre par un instrument vulnérant.
Le caractère propre aux anévrismes, au moyen du-
quel oii peut les reconnaître , c'est de former une tu-
iteur préseniant au toucher des battements comme
ceux du pouls. Malheureusement ce symptôme n'existe
pas pour les anévrismes placés dans la profondeur du
corps, et mémo dans les ancvrisines situés à l'exlérieur
du eorp5. Il peut y avoir des circouslaucts qui jettent
beaucoup d'obscurilé sur ce symplôrac, en sorte que la
diagnostic des anévrismes est souvent UQ des points !e»
^ilusdifuciks de la cbiriiri^ic.
ANÉ •}
La mala.'Jie qui fait le siijcl de cet ariiile esl loujoi'.i
fort grave, et par les complicalious di\tT os qui vii-n
neiit »7 joindre. Son traileinent diffère beaucoup sui
vani (jue la lumeur siège sur une arlère placée super
ficiellemeiil^ ou qu'elle esl logée dans la profcDieui
des organes.
Lorsqu'elle est siluée de manière à pouvoir être
mise à nu , la chirurgie lui oppose une opéiation qui
consiste à oblitérer Tarière par une ligature et à em-
pêcher ainsi le sang d'y circuler, opération délicate
cpù demande de la part de l'opérateur des connaissan-
ces anatomiques bien précises et une adresse toute chi-
rurgicale.
L'n traitement palliatif employé aussi avec quelque
succès, consiste dans une com])ression permanente tl
rcguliércmeul appliquée selon les surfaces: celte com-
pression a pour but de contrebalancer l'effet dilatant
des baltciiit-'nts arlériels.
Quawt aux anévrismes placés hors de l'alleinle des
niu)eu5 chirurgicaux , co n'est qu'en diminuant la
masse du sang et l'impulsion qui lui est communiquée
par le cœur, quand on peul espérer d'en arrêter les
progiès ou d'eu retarder la marche. Le succès esl bien
moins certain que j'ar le traiiciiient chirurgical. Ce-
pindaut on a obtenu quel-'Uts guérisous par des sai-
gnées très répétée.-, uue diète excejsivemenl sévère,
un repos absolu el rem|)loi de substances qui eut ta
propriété de retarder les battements du cœur, 'n digi-
tale, par e:scmple5 à cela il faut joindre le calme de
l'esprit le plus comj;Iel et arrêter icut ce qui peut pré-
cipiter la circula. ;sn.
Ou donne aus-i, toiiime nous l'avons dit en expli-
quant ce qu'où entend par ce aol, le nom irauévrisme
à une maladie du cœur qui ronsisie dans l'éjtaississï^
mcnl de ses parois ou dans l:ur aailntisscmea*.
36 ANE
II y a deux cs[ièces d'anévrkmes du cœur. Dans la
première, qui porte le nom d'anévrisme actif , le cœui
tsi dilalé , ses- parois sont épaissies , et la force de son
ai îiun est augmentée. Daws la seconde espèce , l'ané-
vrismepa^s?/, il y a aussi dilataliou, maii avec amin-
cissement des parois cl diminution de force dans l'ac-
lion de l'organe.
Les tempéraments sanguins, les constitutions robiis-
Ics, la vigueur de l'â.-e , un caractère violent peuvenf
prédisposer à l'anévrisme actif qui est déterminé daiïS
ce cas, le plus souvent par un etïorl violent, un exer-
ci>'e immodéré, le port.des fardeaux, l'usage des iiis-
trunients à veut , la danse forcée , les affections vives
de l'ànie, 'abus des liqueurs, etc , etc. Les malados
qui en souî. alteiuts, ont la figure roug-e et sensible-
ment gonflée , les yeux injectés ; les battements du
cœ«ir sont brusques, secs, violents, souvent sensibles à
la vue, ils soulèvent la main posée sur la région qu'il
occupe , quelque soit la force de la pression qu'on
exerce.
L'anévûsme passif a plutôt lieu chez les individus
lymj>haiiques dont le caractère est sans énergie ei la
constitution généralement faible. Il survient à la suite
de maladies chroniques, d'aiftc-iions morales triples
telles que lesrhagiins pî.jiuiiiî , cachés , Ijuglcnip»
soufferts. La figure est | à?'» fciguée , quelquefois ce-
pendant injectée et violette; k's palpitations sont fai^
bies, même rares ; en a];pliijuant la main sur la ré-
gion du cœur, on ressent limpression d'un corps mou
qui vient soulever les côtes , et non les fiapper d'uu
coup vif et sec , comme cela a lieu dans l'auévriàintt
actif.
Ces', à la ru[)ture des anévi ismes du cœur et des
grosses artères de la poitrine et du Las-ventre qu'oa
(ioit attribuer, daus beaucoup de cas, ces niu/l5 su-
ANK 37
faites qui surprennent inopinément deî individus doues
en apparence, d'une santé Ilorissaute.
Le traitement des anévrismes du cœur ronsis'.e à
diminuer la masse du sang par des saignées j^lus ou
moins répétées , et à s'opposer ainsi à l'engorgement
des cavités du cœur par ce liquide. On joint aux éva-
cuations sanguines un régime très sévère et des prépa-
rations de digitale ; ces moyens produisent ordinaire-
ment une diminution notable des accidents; on r>--
commande le repos le plus parfait, le calme de l'espvii.
Des cautères ou des moxas.Je la glace appliquée sur
la région du cœur produisent également il'heureux ré-
sultat;.
ANGINE (voyez ESQtrr:<*Ncia).
ANKYLOSE. — Perle du mouvement dans une ar-
ticulation mobile.comme celle du coude, du genou, etc.
Les plaies pénétrantes des articulations, les frac-
tures des extrémités articulaires des os, la goutte, le
rhumatisme, la longue inactivité des membres comme
celle que nécessite parfois le traitement des fiaotures,
telles sont les causes les plus ordinaires des fractures.
Les ankvloses qui ont leurs causes iunnédiaies dans
les tissus articulaires extérieurs, sont ordinairement
incomplètes et susceptibles de guérison , ou du moins
d'une grande amélioiation. Celles qui dépendent d'ad-
hérences membraneuses intérieures peuvent encore,
bien que plus difûcilement, être, en grande partie,
dissipées. Mais celles qui succèdent aux inflammations
aiguës durant lesquelles les surfaces osseuses ont cré-
pité les unes sur les autres par la destruclioc des car-
tilages, sont incvuables.
S'opposer au développement et au progrès de l'in-
flammation dans les lésions articulaires , e^t un des
moyens les plus sûrs de prévenir l'ankylose dont elles
menacent ies partie?. .Après le» luxaticms, les entoises,
''•"*
aKU
les fraoturiss voisines des arlicu.atioiis , ii conviop» do
faire exécuter qiitlijues inonvcrncî;!? , aiissitù? (juo îa
«olidilédu cal el la ces;^aiioii du goiillciuonl itifiaiunia-
toire le peniieileiit. Dans îoiis les cas , on doil é\itc''
de proiongorrimmobiliic absolue au-delà de ce qui Cst
rigcureuscnient nccessaire.
L'ankylose e\iste-l-cllc? Les bains lièdes proloiigcs,
les fiiciioiis onctueuses, les doucbes , le massage, hs
immersions des menibies dans les décodions gélati-
neuses, dans le sang des animaux récemment lues, les
eaux minérales suUurcuses cbaudes, et surtout des
mouvements incessamment répéics , avec ratlenliou
do les ctendiede plus en plus par de continuils ef-
forts, tels sont les moyens qu'il convierit d'emj)loy(r.
Enfin on donne cpielqucfois le nom d'ankylose
à une immobilité d'une articulation, celle du genou ,
par exemple, occasionnée non jiar la soudure des os ,
mais par le raccourcissement lie queUiucs uns des
muicles (|ui les l'ont mouvoir. La section des mu cl s
est un moyen que la cliirurgie njotlenie oppose cliica-
cernent à ce genre d'aiik\loso. [Veyez OiniiopÉniF.. )
ANLS {maladies del'). — C]es maladies sont gé-
néralement d'une assez grande importance et réclament
presque toujours les secoins de la cliirurgie : a'.andon-
nées à elles-mêmes, loin de marcher vers la guérison,
elles finissent presque toutes par occasionner des dou-
leurs atroces et laisser dos infirmités incurables :
quelquciois même elles se terminent par la mort.
Des articles spéciaux devant être consacrés aux mots
htntorrhoïdes , Jiniules , réincissement, cancer^ etc.,
nous nous bornerons ici à renvoyer à ces divers arii-
cles, afin de ne pas faire double en)plui.
j AniOME (//'oj/c: Yoix , exiivciiou de ).
\ APHTLS. — On donne ce nom a de petits ulcères
luperficicls blan<b:'lrcs rpii se dévcloppniet suiis
parties intî'rieures Je la boucho et str la iangue , e! qui
Sont accompagnas d'une chaleur brùlanle. Le Muguet
des nouveaux nés , n'est qu'une espèce parîiculiàre
d'apliles confluents et rapprochés, {Voyez ce moi).
La pousse des dents chez les enfants, celle des dcnîs
de sagesse chez les adultes, l'arracheraenl d'une dent
gâtée, des écarts de régime , l'abus des stimulants des
spiritueux, les préparations mercurielles , le froid,
riiuuiidiié, les variations alhmosphériques , les pro-
duisent assez facilement chez les personnes qui y sont
disposées. Les femmes en sont plus souvent atteintes
que les hommes; ils surviennent principaltnient eu
automne^ et sévissent d'une manière plus dangereuse
sur les enfants élevés dans les lieux bas, privés d'air
et de soleil.
Chez nous les aphtes sont presque toujours une ma-
ladie légère et passagère. Elle cède promptemeat à un
régime sobre, la diète aux potages et aux bouilliesp
une tisane d'orge, un gargarisme à l'eau d'orge avec
un peu de sirop de mures, quelques bains de pieds ,
un peu de repos.
S'ils sont plus considérables et plus opiniâtres, un
gargarisme fait avec une décoction de ronces et de
quinquina, un gramme de borax pour 3O0 grammes
de liquide ( un grand verre ) , 60 grammes de miel ro-
sat et une quiuzaiuede gouttes d'acide sulfurique réussit
à merveille.
Lorsqu'ils s'excorient, on les touche avec un petit
pinceau de charpie trempée dans du miel rosat addi^
lionne de qiielques gouttes de laudanum et d'acide
sulfuriqve : il tst même quelquefois nécessaire de les
toucher avec la pierre infernale.
APOPLEXIE. — L'apoplexie, généralement dési-
gnée sous le noîn de coup de sang , est une maladie
du cerveau qui consiste efTcclivcment en une congés»
40 Apo
tion sanguine , avec ou sans héniorrLagie dans cei or--
gane, et que caractérise une privation subite, violente^
plus ou moins complète du sentiment et du mouvement,
sans toutefois , si l'attaque n'est pas mortelle , que la
respiration et la circulation soient su^endues.
Cette affection , une des plus terribles, puisqu'elle
peut tout à coup et sans signes précurseurs , frapper
de moit l^homme qui jouit de la meilleure santé, et ,
quand elle ne le tue pas , le priver de l'une de ces trois
facultés , penser, sentir, se mouvoir, et quelquefois de
toutes les trois à la fois , est plus propre aux hommes
qu'aux femmes , compte les trois quarts de ses victimes
de trente-cinq à soixante ans, et attaque de préférence
les sujets d'une constitution sanguine, à tête volumi-
neuse, à cou court, à larges épaules, à cœur volumi-
neux et rebondissant. Les causes prédisposantes s.
trouvent ordinairement dans l'étude, les chagrins, le
défaut d'exercice, une nourriture succulente, la goutte,
une perte sanguine subitement arrêtée , le passage
brusque d'un air vif et froid à un air chaud et concen-
Iré.
D'après la définition que nous avons donnée de cette
grave affection, on voit qu'elle peut offrir deux for-
mes qui ne sont, à vrai dire, que deux degrés du même
état ; l'une de ces formes est la simple congestion cé-
rébrale ou coup de sang , l'autre est une véritable hé-
morrhagie avec rupture de la substance même du cer-
veau, c'est V apoplexie proprement dite. Lo premier
dlleint oïdinairemenl les personnes sujeltes à des ver-
tiges : tout à coup un ciourdissenient plus fort que de
coutume se manifeste et est suivi d'une perte de con-
naissance et de labolilion des mouvements volontaires
auxquelles s'ajoutent quelquefois des convulsions ;
état qui se dissipe souvent au bout de quelques lieu-
rci. La véritable apoplexie frajipe au contraire, dans
A PO 4i
la jiUiparl des cas, d'une manière Ijnisqne et instanta-
née y ses progrès sont rapides ; elle arrive en peu d'ins-
tants à son plus haut dc;;ré dinlensilc , et s'accompa-
gne toujours d'un trouble quelcon(jue du seniimeni cl
d'une paralysie y.lus ou moins complète qui , dans
quelques cas, peul èlre compliquée de convulsions,
sans qu'il s'amasse aucune écume autour delà bouche,
Oe qui la dislingue essentieilemenl de l'éplepsie.
La première chose à faire pour une personne fiap
pcc d'apoplexie, c'est de la débarrasser des vêlemenis
qui pourraient gêner la circulation, de la placer à un
air libre sur un plan incliné , la tête plus élevée que le
tronc , de lui placer les pieds dans l'eau chaude et de
lui ouvrir immédiatement la veine du pied ou du pli
du bras, ou de lui appliquer des sangsues derrière les
oreilles , mais mieux encore au fondeuieni , de lui ap-
pliquer des ventouses scarifiées au cou , de lui appli-
quer sur la tète des compresses trempées dans l'eau
froide ; enfin de lui administrer un fort purgatif comme
un verre d'eau de sedlitz double , mais jamais de vo-
mitifs qui déterminent des secousses plus propres à
aggraver le mal qu'à en atténuer les effets.
Ces divers moyen? réussissent quelquefois, mais très
souvent aussi ils soûl infructueux , et le malade suc-
combe ou reste paralysé. {Voyez pour le traitement
de cet effet consécutif, le mot Paralysif.). Quant aux
moyens propres à empêcher ou à diminuer l'afllux du
sang vers le cerveau , en im mot de prévenir l'apo-
plexie, ils consistent, pour ]es persoijnes pléthoriques
sujettes aux élourdissemenls , à pr^.liquer de temps à
autre , une saignée au bras ou à appliquer fréquem-
ment des sangsues au f jnd.^ment , U vivre sobrement,
à tenir le ventre libre par des lavements ou des bois-
sons purg itives, à entretenir soigneusement les liémor-
rbagies naturelles, à se modérer dans Iss travaux du
cabinet et à éviter tous les excès.
[t2 ASP
ASPHYXIE. — L'asph)xie est la mort apparei)ie
ou réelle occasionuée par la suspension ou rabolitiou
de la respiration, ou pour parler plus correclemeul ,
par la privation d'air respirablc; ce môme état , occa-
sionné par l'inspiration de gaz impropres à l'enlrelicn
de la vie , constituant plutôt un empoisonnement
qu'une asphyxie.
L'asphyxie survient lentement ou tout à coup. Dan»
le premier cas , l'individu privé d'air, éprouve une
{^cnc plus ou moins grande de la respiration , de là
des bâillements, un étal d'angoisse difficile à suppor-^
ter, un malaise général , un aflaibliïsement de la fa-
culté de sentir, de mouvoir cl même de penser, et
bientôt perte de connaissxmce ; la respiration nocon-
iisle plus alors qu'en mouvcmenis peu sensibles de
de resserrement et de dilatation de la poitrine , et la
circulation qu'en battements du cœur que la main per-
çoit à peine ; de là , un affaiblissement considérable du
pouls, et la cessation de tout phénomène propre à
l'acte de la respiiation.
C'est alors qu'apparaissent les effets d'un commen-
cement de plénitude des viiisseaux sanguins : la face ,
les mains elles pieds se colorent en rouge violet, il sur
vient souvent un écoulement de sang par le nez, ou de
larges taches violacées sur la longueur des membres ;
enfin la circulation s'arrête, la chaleur du corps baisse
et s'éteint tout à fait s'il y a mort réelle. Dan» le cas
d'asphyxie subite, la respiration étant complètement
suspendue de jirime abord, les fonctions du cerveau
et du cœur s'airétent prcsqu'aussitûl et la mort suit
de près ; dans ce cas, la figure s'injecte immédiatement;
l'individu se livre à de violents effort» respiratoires ,
est dans une anxiété extrême et bientôt tombe dans
raffaisfcment îe plus complet.
La première cb'^c qui frappe dans une pcrgonno
ASP 43
■ (|ui vieol d'être nsphyxRo, c'est ia coloration rose, on
tiulacée des divcises parties de son corps, et qci ne
peut pas être expliquée par la posiiiou déclive qu'elle
aurait prise eu tombant. Ses yeux sont ordinairement
très salllanis, brillants et fermes; la bouche est tantôt
dans i'cial naturel , tantôt exprimant la souffrance, et
souvent remplie d'écume sanguiuolenle. Quand elle es\
suivie de la mort, le cadavre se raidit bieniôl et le
reste longtemps, ilais ce qu'il importe de savoir pour
Secourir uue personne asphyxiée, c'est que plus elle l'a
été lentement plus ou doit avoir l'espoir de la rappeler
à la vie. Quant à la nature des secours à donner, ils
varient nécessairement suivant la cause de l'asphyxie ;
examinons les cas les plus fréquents.
Asphyxie par le froid: On dépouille l'individu de
tous ses vètemeuls; on le frolle dans la neige , puis ou
le place dans un bain froid dont on élève peu à peu
la température, jusqu'à ce qu'il soit chaud. Une fois
que le corps commence à se réchauffer, on le place
dans un lit bien sec, on administre un lavement irri-
tant , c( des boissons acidulées et toniques aussitôt que
la déglulilioJi est possible.
Asphyxie par la chaleur : On place la personne
dans un lieu frais, on la déshabille , on hii administre
un lavement salé , des boissons acidulées, on lui fait
une saignée soit au bras, soil mieux au cou ; ou bien
on lui applique force sangsues derrière les régions tem-
porales.
Aaphyxie par le charbon : On enlève d'abord la
personne du lieu où elle a été asphyxiée; on rex[0?e
au grand air, la tête cle\.?e; on as[;erge le visage et
la poitrine d'eau vinaigrée froide ; on Iricîionne tout
)e corps avec des llanellcs imbibées de liqueurs alcoo-
liques; on irrite la plante des pieds, la paume des
mains €l tout le trajet de la eolonne vertébrale a ce
4V ASP
une forte l)iosse de ci in. On fail respirer du fort vi-
naigre et même de l'ammoniaque, on lui insuffle de
lair dans la poitrine. Si les moyens sont insuffisants ,
on pratique une saignée au pied ou au cou ; s'ils sont
fiuctucux , on place la personne dans un lit chaud . on
lui donne quelques cuillerées d'un vin généreux ei
quelques lavements d'eau salée.
yîiphifxie par submersion (noyés) : On fait d'aljort;
afporter le corps dans un lieu plus commode s'il es?
pusstble que le bord de la pièce d'eau de laquelle il a
été extrait ; là on le deshabille, on le couvre de laine
de la lèle aux pieds; on le couche la léle haute tou-
jours un peu sur le côté droit. On se garde bien de
chercher à lui faire rendre en le suspendant par les
pieds, leau qu'il pourrait avoir avalée; on le réchauffe,
mais lentement et progressivement en ])ron)enant sur
ses diverses parties, une vessie remplie d'eau tiède ,
ou ries sachets remplis de cendres chaudes ; on lui in-
suffle de l'air dans les poumons en exerçant de légères
compressions sur la poitrine et le bas-ventre ; on titille
les fosses nasales, et si le corps se réchauffe, et que la
(l_;ure reste rouge et injectée , on pratique une saignée
au bras ou au cen ; on donne un lavement irritant et
quelques boissons acidulées. Le galvanisme et l'éleclri-
Cité peuvent aussi être employés.
Asphyxie par slrangulaiion ( pendus , étranglés ) :
.\prèî avoir coupé le lien qui a servi à la strangulation,
-n se comporte comme nous \ enons de le dire pour les
noyés ; mais la saignée au cou est plus iudiquée que
ilans aucun autre cas.
Asphyxie par suffocation : C'est celle qui arrire par
la pi csence d'un corps étranger dans les voies aérieu-
'K's. Si le corps est dans Tésophoge , on tâchera de le
I c usser dans l'estomac au moven d'une baleine garnie
d'une éponge Hne et huilée dnn porreau. S'il est daos
^ST 45
l3 larynx on tachera de l'extraire ou on l'enlèvera par
une opération qu'on appelle Laryngo-Trachéotomie ,
mais qui offre toujours peu de chances de salut.
Voir pour l'cisphyxie des nouveaux-nés , le mot ac-
crAi chement ; pour celle que déterminent les gaz déic-
tè es , comme celui des fosses d'aisance, etc. , le mot
cmp oisennement ; enfin pour celle qu'occasionne la
i'au die , commotion du cerveau.
ASTHME. — L'asihme est une maladie des voies
respiratoires dont les plus opiniâtres recherches n'ojit
point encore lévclé la nature, mais qu'on croit êlre
nerveuse, que caraclérise une suffocation avec convul-
sion des muscles respirateurs, sans lièvre et revenant
d'une manière inlermiltenle , souvent irrégulièrement
et toujours sous forme d'accès. Les véritables cause»
de l'asthme sont presqu'aussi inconnues que sa nature.
Tout ce qu'on sait, malgré la fréquence de la maladie,
cV.st que son développement coïncide souvent avec
l'iiilluence d'un air froid et humide, qu'elle est plus
commune dans les lieux élevés dont l'air est plus ra-
viîié et dans ceux où se dégagent soit des vepeurs, soit
des poussières irritantes, qu'elle affecte de préférence
It's vieillards aux adultes , les adultes aux enfants , et
ii-'s hommes aux femmes, enfin que les accès en sont à
la fois beaucoup plus fréquents et plus intenses la nuit
tjue le jour.
L'invasion de l'asthme est ordinairement, assez brus-
que ; mais ciiez certains sujets l'accès par lequel elle
nianifcste. son exiotence et par lequel elle débute quel-
quefois tout d'abord, est précédé d'un sentiment d'op-.
pression au creux de l'esLOiiiac. D'autres fois c'est une
iriviatson, un picoltemenl daus les voies aériennes;
dans tous les cas , c'et ordinairement le soir de dix
heures à une heure ou deux heures du malin que les
accidents se maaifcslcnt | la personne est surprise par
'IS AST
une difaculié de respirer porléa bieuiôl au plus haut
degré : louiesles puissances musi-u'aircs de la poiirine
Eonl en jeu pour faciliter l'introducMon de l'air dans
les poumons; la tète est renversée, la bouche large-
ment ouverte, les épaules et les br. s portés en arrière;
la respiration est rauque et sifllaute, la face pâle , li-
vide, couverte d'une sueur froide et visqueuse, les yeux
semblent vouloir Fortirde la tête ; une toux sèche, pé-
nible, saccadée s'ajoute à ces phénomènes dont la durée
varie de quelques minutes à une heure ou deux.
EnOn , la respiration commence à devenir plus fa-
cile, la toux s'humecte, ta parole est plus libre et le
pouls de petit qu il était dans l'accès , se développe.
Une expectoration des matières visqueuses et filantes
ne tarde pas à se déclarer ; dès -lors un sentiment de
détente, de cil me el de bien-être \ient remplacer
l'anxiété indicible dans laquelle était j^longée quelques
moments aupui avant la personne ; quelquelois le même
appareil de symptômes se rcpioJuit dans la nuit sui-
vante, la journée ayant été calme; d'autres fois Ls ac-
cès ne se renouvclienl que tous les mois ou même que
deux, trois ou (pialre fois par an. Ce qu'il y a de re-
marquable el qui sert à reconnaître l'asthme de toute
autre maladie des voies respiratoires, c'est que d.:ins les
intervalles des accès, quelque courts qu'ils soient, la
»anlé n'est en rien allés ée el se maintient ainsi jusqu'à
l'arrivée de l'accès suivant.
Coml;ai!rc racées au moment où il se dôclaie, e
lâcher d'en prévenir le retour, sont dune les seules in-
dioatiuiîs qui se piésentenl à remplir dans ci lie insi-
dieuse et pénible maladie. Aiiisi, quand on se trouve
auprès d uîie p; r?ûur,e eu proie à une ai'.atjue d'aslliniti
on oKunencira par la faire asseoir dans une posiiiju
verticale, on fera ouvrir les fenêtres afin de lui fournir
plus d'uir,Qn ijbu! raîserasa poitrine des vétaiionlsquc
4ST 47
pourraicnlla comprimer, ou lui fera meltri; les peiJg dans
Un bain chaud ai;^uisé avec uuc pelletée de ceadre ;
on pourra lui applquor des \eii1ousc'S scclies entre lei
épaules ou s^ur la poitrine; cufln , donaer de temps à
autre quelques cuillerées d'une itilusion de tilleul dans
la(|uelle on fait entrer un peu de laurier-cerise ou
quinze à vingt gouttes d'élher. Quand l'accès com-
mence à perdre de sa force, que les crachats deman-
dent à couler, on favorisera ce mouvement naturel par
l'administration de quelques boissons cliauJes, comme
le polygala de Virginie, l'ipécacuanha à faible dose.
L'ignorance absolue dans laquelle nous sommes sur
Us causes de l'asthme, fait de suite prévoir que sa gue-
rison doit-être difficile, et qu'il est presque impossible
d'établir à son égard un traitement rationnel. Seule-
ment ce que nous savons des circonstances au milieu
desquelles il se développe ordinairement, doit faire
pressentir qu'il peut dans quelques circonstances être
modilié ou uiènie enrayé dans sa marche par un chan-
gement d'habitation, de régime, de manière de vivre.
Ainsi , dans les saisons froides et humides les
asthmatiques leronl bien de se tenir chaudement, de
porter de la laioe sjr la peau, de ne pas surtout s'ex-
poser aux brouillards, de tenir dans la chambre où ils
couchent des vases remplis deau chaude dont l'éva-
poration empêche l'air d'être trop se''. Les frictions
sèches faites sur les diverses parties du corps, i'cxercice
dans le milieu de la journée, les dislraciious peu\eul
au-si devenir fort u'.iles. P».e;ient les moyens véritable-
ment mé(licanicnîcu\.
Ces rnoyt'Ui s;;nl [ resque tous pris païuii les UAr-
coîicjiîos et les au!i-S|:,is!iiudi(j:iCï, comuie l'opium qui
s'aduiinisire ojdiuuluhient eu !::llidcs à la dose d'un
3 cinq lentigratumes }>âf ^Kir: le Daiura stramoniuru
qui se donne en cxtiai' à la mi^ine dns". Qa iques pcr-
48 B£G
sonnes en fument avec avantage les feuilles seules ou
unies au tabac. Les anti-spasmodiques sont le musc,
le castoréum qu'on peut donner seuls ou unis aux nar-
cotiques. Les divers excitants et une foule de moyens
conseillés par les charlatans et avidement accueillis par
les gens crédules, doivent être mis de côiè; mais les
vésicatoires et les cautères portés à demeure ont sou-
vent retardé ou rendu moins violents les accès. '
AYORTEMENT.— (Foî/t;c fausse couche.)
B.
BEC DE LIÈVRE. — On appelle ainsi la diffor-
mité qui résulte de la division d'une des lèvres en deux
parties. Ce nom tire son origine de la ressemblance
qu'on a cru trouver entre la lèvre supérieure ainsi di-
visée et celle du lièvre et du lapin chez lesquels cette
disposition est ordinaire.
Les enfants peuvent naître avec celle difformité,
c'est même le cas le plus commun : c'est ce que Ton
appelle bec de lièvre naturel, ou bien il peut être le
résultat d'une plaie ou d'une perle de substance de la
lèvre, on le nomme alors bec de lièvre accidentel.
Ou distingue ces deux variétés de bec de hèvrc,
non seulement aux circonstances commémorativcs,
mais encore à la nature de la pellicule qui recouvre les
bords de la division : celle pellicule ressemble à celle
qui recouvre le bord rouge des lèvres, quand la diffor-
mité a été apportée en naissant ; el c'est une véritable
cicatrice, lorsque le bec de lièvre est une maladie acci-
dentelle.
Le bec de lièvre naturel affecte toujours la lèvre
supérieure, et la feule se présente le plis souvent au
dessous de l'ouverture nazale gaucho, et il est fort rare
même qu'elle se trouve placée sur la ligne médiane.
La difformité peutocçuper loulc l'épaisseur et touteU
DEC ^
liauteui Je la lèvre ou u éire que parliellc Dajas le pre-
mier cas il n'evisie qu'un sillon ou enfonccmenl tles-
ccndaul tluborJ inférieur de l'ailedu nez jusqu'àia par-
tie libre de la levro. (]e n'est )à qu'une ébauche de la
maladie. D'aulreîfiisla lèvre u'orfre qu'une division de
quelques lignes di; bauicur au dessous de son bord libre;
mais il est plus ordinaire de rencontrer les division»
coiiiplèicr.rMclquefoislalèvre offre deux divisionSjC' est
ce qui couiiitue le bec de lièvre double; on observe
daui l'intervalle une portion charnue placée dans la
cloison du ne-z. Celle partie est lanlôi arrondie, tan'.ôt
allongée, quelquefois aussi longue que les autres par-
tics de la lèvre, généralement beaucoup plus courte.
Le bec de bèvre, soit simple, soit double, peul se
compliquer de dispositions vicieuses des os et des dents.
La voùie du paiais peut olïrir dans loule sa longueur
et sur la ligne moyenne une ouverture plus ou moins
lart,'e quifait comiauniquer la bouche avec le nez.
Lorsque le bec de iièvi e est accidente!, il peul alïecfer
Tune ou l'autre lèvre et oli.ir les dispositions les plus va-
rice* et les plus bizarres. Il est inutile de s'y an è;er.
Le bec de lièvre conslilue une difformité qui peut
dire poricc au puiiU de devmir rcpous^anle. Lorsque
la fente des lèvres est double, et qu'il y a une saillie
considéiable des os et des dents, la bouche a une ex-
pression hideuse ; le nez e^t aplati et qutl]uefois les
narines offrent un écrasement tel que le bout du nez
ramené en arrière semble rentier dans l'intérieur. La
difioimité qu'enlraine ie bec de lièvre augmente en-
core pendant le rire et la prononcia ion.
' Le bec de îicvre est non .senleincnl une dirfGitnilé,
mais il apporte encore \in trouble l'.otable dans ia pro-
nonciation et duns la masîiraîion des ahments; s'il y
a complication de division de la voûte du palais, les
inconvcniviius son', plus grave-; iQus Î05 ulimcRls l.i-
4
50 liEc
quides et solides s'échappani par le nez. Lorsque c est
la lèvre inférieure qui «^st divisée, la salive, ne pou-
vant ôlre retenue dans la bouche, s'écoule conlinuel-
leraent, et la déperdition de ce fluide nécessaire à la
digestion , ne tarde pas à produire un amaigriscment
considérable , et par suite de graves accidents si l'on
n'a point recours à des moyens convenables pour y
lemédier.
Ce n'est que par une opération que l'on peut gué-
rir le bec de lièvre. Au mo)en du bistouri ou des ci-
icanx on avive les bords de la division de la lèvre puis
on les rapproche et on les maintient dans un contact
p.arfait à l'aide d'une suture entortillée et d'un ban-
dage conlentif, de manière à ce qu'ils se réunissent au
m -yen d'une cicatrice linéaire. On lève cet appareil au
bout de trois à quatre jours et on soutient la cicatrice
encore tendre par de* tours de baude. Au bout de sepi
a huit jours on abaudonne le malade à lui-même.
Si c'est sur un enfant que l'opération a été prati-
qiîée ; on aura sein d'éloigner tout ce qui peut excitei
son impatience. Ou évitera les pleurs, les cris, le rire,
l'étonnement ; on veillera à ce qu'il ne touche poiul à
l'appareil ; on le nourrira d'aliments liquides qui
n'aient pas be.-oin d'être mâchés, tels que du bouillon,
dca potages a'vec des fécules, de la semoule, etc.
iu'iiîue le bec de lièvre s'accon)pagne d'un écarle-
œe:.t pu considérable des os du palais, cette diffcr mité
dispfij-gii peu à peu après la guérison de la fente des
lè\rej. 11 êiï e»it de même de la déviation et de la mau-
v::!;* direcliûn d«s dents. Mais lorsque ces vices de
confoi'nialion «ont considérables, il est alors nécessaire
éa rej^msfiOT, au moyen d'un bandage compress'l" ou
oalevvr aiMe les pinces incisives cette portion no*i Je
DXVfâu. Il Êatsl é^çalempnt replacer, au moyen d'une
coHifregstca Biûliiodiqui.-, iesdents mal disposées^ ou les
c&tr&]r« ù ^hê à^içeimt U>jre obstacle à la guérison
BÉG. 51
CÉOAIEMENT. — Ilésitalion, difûcuUé de parler
plus ou moins prolongée, convulsive ei sarcadée de
certains mots ou sy'Iabes diffialcs à prononcer, ou
bien e.icore arrêt ou suspension complète de la voix,
au milieu d'inutiles et violents efforts pour parler,
efforts qui peuvent aller jusqu'à la suffocation.
Le bégaiement présente une foule de nuances, soit
d'intensité, soit de caractère; mais quel que soit sou
désiré, il ne laisse aucun doute sur son existence, et ce
vice de prononciation frappe au premier abord l'oreille
la moins délica'.e. Oueîquefois ce vice est à peine sen-
sible et la bègue s'en rend aise ment maître ; mais il
peut être une infirmité des plus pénibles, pire que le
muHsme complet, et de nature à réagir d'une manière
on ne plus fâcheuse sur le moral et l'esprit de lindi-
vidii affecté. Dans le plus grand nombre de cas cc-
|vcndaal les bègues, après un certain nombre de répé-
titions de la mémo lettre ou de la même syllahe,
parviennent à s'exprimer et jouissent ainsi, quoique
avec peine, des bienfaits de la paiole.
Le plus souvent nul dans l'enfa-îre, le bégaiement
£6 révèle d'une manière plus positive à l'époque de la
puberté; alors s^n intensité e^t pri-pot tionnée à la su?-
ceptibilité des sujets et au développement de 1 iuiL-U'
gence et des besoins; il décroît à i'àge mûr à mesure
que le moral se calme et s'éraousse pour décroître
encore ou cesser même cntièrcaicut dans uu âge
avancé.
Le plus ordinairement les bègii^s n'éprouvent au-
cune difficulté, soit à chaiiter, soit à dire des ver-^par-
liciilièrtment les aleiandrins; ce^)endaiiî cette règle
n'est pas sans exception; il y a des bègues, mais bien
rares, qui le sont même en chantant.
Pvien n'est plus obscur que la cause du bégaiement.
Ça a tour h tour iavotiué le volume trop considérable
53 BÉG
i!e la bn^rue, la jiflilesse absolue ou relative de son
!r,%u (harmi, l'épaisseur, la briévelé ou la longueur du
ïilfl , la division de la iuellc, le mode d implanlalion
lifs dénis, les allcralions organicjues du cerveau, etc.
(-1 s nombreuses circonstances ne sont, il faut en con-
■. (.-nir, que de simples cuincidences fortuites et excès
<:vemc.ut rares.
D;!ns l'étal normal des organes de la parole, et du-
rrijil le silence, la langue est appliquée par sa face
pupérieuje contre la voùlc palalme et le voile du pa-
lai»; ^a base e^t soulevée, et la pointe est placée der»
rirre le» dents incisives snpéiieures. Lors de la pro-
nonciation d'un mot, la langue fait un mouvemenl
dabaiiSf ment qui permet la production du son vocil,
j)ar le larynx, et plusieurs autres mouvements pour les
arîicuhilions qui entrent dans la coiislruciion du mot;
t j;.l cela se passe dans un instant indivisible, et il y a
siaiultaui'iic entre la velouté de parler et rexéculion
de la parole.
■ iliicz les bcgLies , au conliaire , au moment où ils
\onl parler, la langue au lieu d'occuper une position
élctée et de toucher par sa pointe ù la face postérieure
des dents incisives sn[)éiieures, et par sa face libre à
L voûle palaLne, se tient abaissée au niveau de l'ar-
cad£ dentciiie iniéi icure-, tt séparée de la voûle pala-
tine par uu espace i lus ou moins considérable, d'où
il iuil que pour articuler ou modifier le son vocal,
daiiS celle iiluation, la langue ne peut que s'élever et
«0 porter en avant; et, obéissant brusquement à co
mouvement volontaire, elle obli<ère le conduit vocal et
empcclui aiusj le son d'arriver, et la [sarole de s'efl'cc-
tuer.
Le bègue , iriilc par celte diliicultc, agite fcrle-
n. eut sa langue et fait des elfoits pour rétablir Tbar-
inoLie iJilre réaiiisiou du son et les laouvcmculs uro-
r.pA: 53
ores à son arliciilati'.n C/esi aiur; que parfois ses efforis
se proloni;e;ii)t iniitiltmcnl , il ('■prouve lous les plu'-
nomènes d'un nffliix c!e saiiij veis la lélc, des liiaii-
lomcnls douloureux d'csioraac, des nausées, tin irnii-
ment de strangulation qui cessent par le silence cl le
••clablissemcnt parfait de la respiration.
La méthode la plus simple à r.ppliqi:er nu Iraileiv.erit
du bégaiement consiste à clianger la posilion délVc-
tueusc de la laugue et à lui donner celle des personnes
qui parlent sans hé iler, c'est-à-dire à l'appuyer
contre le palais. Il faut ensuite lire lentement cl en
yrononçant toutes les syllabes en mesure et en ca-
«Jonce. Dès que l'on éprouve un arrêt ou une simple
hésitation, comme cela tient à la posilion vicieuse de
h langue, il faut y remédier en relevant de nouveau
fet organe Le bègue doit arriver à prunonccr toute
espèce de syllabe et de mot la langue ainsi collée au
palais; il y réossit après un temps plus ou moins long,
suivant le degré d'intelligence el le degré de soupicbse
ou de docili;é des organes de la parole ; mais la pio-
noncialiou, ainsi formée est fort altérée, elle est em-
pâtée, comme on dit.
L'eX| cnci'ce a appris que ce défaut disparaît à
mesure que le bègue devient plus certain de ses inriii-
vements. En effet, rempàienient ne vient pas seule-
ment de ce que !a lanj^ne est appuyée contre le palais,
mais de ce que le bèt^iie ne sait pas lui imprimer dans
celle [losilion nouvelle les mcuvemenis uéoc saiies.
Lorsqu'il est parvenu à la bien maintenir en pronon-
çant n'itrqiortc comment, il s'applique à lui donner
d?ns celle position des moùvemeuLs plus énergiques,
qui cependant r.e'lj déplacrnîpas enlièremeiit, niais qui
laissent passage à l'air, en diminuant d'aulaul cet em-
pilement qui disparaît peu à peu. Au reste, la règl«
invariable, iufuillibie, Cil celle d'articuler le jilus uet-
54 fi£R
Icinent possible, en détachant du palais la langue !e
moins possible. En suivant ces préceptes, le bègue, au
bout de peu de temps pourra parler sans bégayer;
mais il ne doit pas pour cela cesser ses exercices; au
tontraire, il doit les prolonger pendant plusieurs mois,
auirement la guérison pourrait n'être pas durable.
L énergie de la volonié est la condition la plus es-
sentielle du succès; i! importe de la concentrer exclu-
sivement sur l'ohjet du traitement. Ce qui prouverait
que dans le traitement ce qu'on a définitivement pour
but c'est bien moins de coniger les mouvements de
la langue que de la mettre d'accord avec le cerveau
chargé de lui commander. Le temps nécessaire pour
une cure complète est variable , mais la durée du
traitement dépend beaucoup moins de l'intensité de
la maladie que du degré d'énergie et de la tournure
de l'esprit de cl aque sujet. Les plus longs traitements
n'excèdent jamais quelques mois, et il n'est pas rare
d'en voir qui sont terminés au bout de quelques
jours ou même de quelques heures. C'est ce qui arrive
quand le bègue, à qui on apprend qu'en appuyant la
langue contre le palais on surmonte aussitôt la diffi-
culté, pénétré promptoment de cette vérité, y place
toute confiance, et dès lors sûr de ne point bégayer,
se trouve immédiaicment guéri.
Quant aux opérations qu'on a dernièrement propo-
sées et nnses à exécution, pour régulariser, par la seC'
tion de quelques uns de ses niucbs les mouvements dt
la langue, accueillies avec plus d'enthousiasme qiic-
de raison, elles sont aujourd hui complètement ab.în-
données et n'ont servi qu'à prouver combien il es;
imprudent d'en venir à des moyens extrêmes quand
«•len ne les justifie.
BrlKLUE. — On donne ce nom à certains troubles,
àcertaines illusions du sens do la vue» dont la cauîf
BOS
n't?sl pas toujoiirs facile à découvrir. Les personnes qui
ont la berlue, tantôt trûient voir voltiger devant leurs
yeux une mouche, une araignée eu tout autre insecte,
tantôt l'organe de la vue donne la sensation d'une foule
de points noirs ou brillants, de binettes, de pluie de
feu, d'éclairs, etc. Cette affection, presque toujours
passagère et peu importante, n'exige, pour l'ordinaire,
aucun traitement; ctpeDtiaat il est des cas où cette in-
commodité est très opiniâtre, et l'on doit alors lâcher
de la guérir. Les meilleurs moyens pour y parvenir
sont les saignées, les sangsues, et surtout les révulsifs,
tels qu'un selon oir un vésicaioire placé sur la partie
postérieure du cou,
lilLE. — Humeur animale sécrétée par le foie et in-
dispensable pour opérer la digestion des alimeuts, con-
curremment avec d'autres humeurs qui aident à leur
dissolution.
Par suite des diverses variations ou altérations
qu'elle peut subir dans sa quantité , dans sa c.on.*is-
tance, dans sa couleur, dans son odeur, dans sa nature
ou composition intime, et dans sa marche ou distribu-
tion, la bile a souvent une grande part dans plusieurs
affections qui ne sont pas rares, et que nous aurons
occasion d'étudier aux divers mots qui les concernent.
{voyez AMERTUME, CHOLERA, DIÂRr.HÉK, EMBARRAS
GASTRIQUE, FIÈVRE, JAUMSSE , etC. ).
BLESSURE. — En chirurgie, on entend par ce mot
•oute solution de continuité des parties molles. Dans
celte acception , il est synonyme du mut plaie, qui est
beaucoup plus usuel ( voyez plaik. ).
EOSSE. — Les courbures et les déviations de l'é-»
pine, devenues aujourd'hui l'objet d'études et de soins
spéciaux, seront indiquées aux mots ORTHOpiniB e!
TAILLE, en SQrte que nous n'avons pas ici à nou* ea
occuper.
bo BOL'
Mais OP. (]é^igne encore viJijairoment souj le non
de l)0sses, ces jiciitcs lumeiirs , suilfs d<? coups et de
cliuleî, formées par du sang iiinilré ou épanché sous
la peau , et qui sunienncut facilement dans les lieux
ou les os sojil imuîédiatem?!it rocouveris par les tégu-
ments, comme an front, au cuir clicvclu.au coude, etc.,
presque toujours ces bosses se dissipent d'elles-mèraes
en peu d'heures ou en peu de jours.
La compression exercée nu moyen d'un mouchoir
et de compresses trempées dans de l'eau froide , de
J'eau salée, de l'eau vinaigrée, de l'eau et de Teau-de-
Tie, de l'eau blanchie par l'addition de l'extrait desa-
turoe, etc., favorise et accélère la disparition de la
bosse.
Quelques personnes s'effraient lorsque, à la suite de
ce genre d'accident, éprouve au front, par exemple,
elles voient l'œil cl la joue noircir par suite de l'inCl-
iralion de proche en proche du sang épanché. C'est là
lin effet naturel delà disposition de nos tissus, qui, le
plus ordinairement, n'entraîne aucun inconvénient et
disparaît de lui-même. On pourrait d'ailleurs, si cela
était nécessaire, prévenir 1rs accidents locaux ou géné-
raux, suites de la cliule ou du coup qui a produit la
contusion : c'est à ce dernier mot que seront donnés
les renseignements relatifs à ce sujet
COUCHE. — Première cavité de l'appareil digestis
et de tous les organes de la nutrition. Elle présente
beaucoup de maladies particulières qui seront éludicos
aux mots APHTES , DENTS , GEKCIVES , FILET , 3IU-
GUET, etc.
BOUFFISSURE. — On désigne particulièrement
5or.s ce nom le goufli-ment œdémateux qui se mon'rd
aux paupières, au visage, a:ix jambes, chez les gens af-
faiblis, couvale cen's de r.ial.idies graves qai ont nc-
ccssiié un lonj; sr-j-uir ati ht, etc. Pons quelones cas
Bou 57
la bourfissiire est le premier indice d'une liydiopisie
comiiiençante, el alors ellcméiiic !a plus séiieuse at-
iention, snrtoiîl chez les personnes altcinîes d'obs-
tniclions, d'anévrismcs du cœur, etc. [voyez ces mots).
On observe pai fois une boulfissiire parlielle, à la joue,
par exemple , à la ?ui!e do fluxion inflammatoire
et S')U*eMt cflie intumescence extérieure est Nndice
d'un abcès qui siège plus ou moins profondément
(voyez FLUXION ).
BOURDONM':HENT {d'oreilles ). — Tintement,
perception illusoire par l'oreille d'un bruit ini tant
celui que font les insocles en volant, ou bien encore le
roulement d'une voltuic, le pétillenienl des flammes,
Je tiniement des clocher, le chuclioltement , etc. Celle
affection dépend tantôt d une disposition accidentelle
de rinlérieiir de l'oreillo, comme un rclrécissemcnl du
conduit auditif, l'accumiilalion de la mslièrc appelée
cérumen , rocclusion du conduit particulier allant
aboutir de l'oreille à rarricre-boucbe, et qu'on nomme
trompe d'Euslache, une tumeur, un j.elit corps, m\
insecte introduit daus l'oreille ; tantôt elle provient de
ce que le sang se porte avec violence à la lèif-, comme
cela iirrive pendant la Gèvre, dans quelques maladies
du cœur, et dans cet état de réplcîion sanguineconnue
sous le nom de plilétore; enfin elle peut d(îj>endre
d'une perversion nerveuse sans caiise appréciable : elle
est alois une véritable hallucination de l'ouïe.
Les personnes très i;ervcuses sujettes à des at-
taques de nerfs , entendent souvent ces bourdonne-
ments. Dans certaines indispositions, surtout lorsque
l'on est sur le point de se trouver mal, on cpronve un
tintement d'orejile particulier ; c'est aussi un phéno-
mène nerveux. Il $e montre encore d jhs Taijonie des
mourants. Lorsque le bourdonnement est dû à uns
dispOîiiioK acciJoiilelie de l'oreille,, il faut .s'attachera
58 ii^ii
f ;ie disparaître la cause physique ^" m^l- ^'uus avons
dit qu'il élait quelquefois le signe d'une trop grande
iihondance de sang à la tête; il s'accompagne alors de
rongeur à la face, d'étourdissemeul, surtout quand on
se baisse , d'éblouissemenls , de maux de tête, etc. : la
faignce ou l'applicatioir des sangsues à l'anus, les bains
de pied?, lessinapismes et tous les dérivatifs, sont alors
indiqués dans ce cas.
BOURSES (Maladies des;. — On désigne vulgai-
rement sous ce nom l'organe chargé de la sécrétion
de la semence, ou testicule et ses enveloppes. Les ma-
ladies qui peuvent les affecter sont sur:out l'inflamma-
tion, l'atrophie, le sarcocèle , Ihydrocèle et le varico-
cèle ; des plaies, des ulcères, la gangrène, des dartres,
peuvent aussi les atteindre ; mais sans présenter rien de
bien particulier, encore pour ces dernières affections,
nous ren\ oyons le lecteur aux articles généraux ; bor-
nons-nous ici à leur inflammation.
Elle peut n'envahir que les enveloppes du testicule,
ou s'emparer de cet organe lui-même : dans le premier
cas, la maladie est un véritable érysipèle phlegrao-
neux, caractérisé par la rougeur de la peau, sa ten-
sion et surtout un gonflement qui s'étend quelquefois
jusqu'à la peau de la verge : la marche du mal est
rapide, et on le voit parfois se terminer par la gan-
grène; cependant les malades gue'rissent souvent,
quelque effrayanîs que puissent paraître les symptô-
mes. L'inflammation du testicule lui-même prend le
nom d'orchiie. Ses caraclèies sont les suivants : il
existe de la chaleur, le testicule est tuméfié et devieni
le siège d'une vive douleur qui se propage à l'aine, en
suivant ce qu'on appelle le cordo» testiculaire ; \a.
peau des bourses n'est pas rouge et ne participe pas à
l'inflammation. Cette affection reconnaît pour cause
des coups, des chutes, les coniusionsje froissement de
Bou 59
{a parlip, les efforts réiiérés et violent? , l'irritatiun de
l'urètre, ciu col de lu vessie, causée par l'iiilroduclion ;
d'une sonde, rcxiraclion d'un calcul voJi;miueux,rex- ;
position des parties géiîiiales au frais , l'abus du coïi ,
etc., etc.Mais, le plus souveni, c'est pendant le couis
d'une blennorhagie ou chaude-pisse qu'elle se montre.
Elle n'atiaque alors ordinairement qu'un des teslicuies,
mais elle passe facilcmml de l'un à l'autre. Le déve-
loppement de l'inflammaiiou est cxirêmement rapide,
il peut atteindre son maximum au bout de quelques
heures : la douleur est souvent atroce^ on a vu même
le malade être pris de hoquet?, de vomissements et de
que'iques phénomènes convulsifs. Pendant la durée de
la maladie, l'écoulement blennorrhagique est diminué
ou supprimé. On a remarqué que lorsque cet écoule-
ment était récent, la maladie se montrait plus rarement
que lorsque la blennorrhagie était déjà ancienne.
L'inflammation du lesiicuie doit être attaquée dès
sou début, e'est-à-dire an moment où le malade ne res-
sent enccre qu'une douleur sourde, p;ir les bains pro-
longés , parles cataplasmes émoUienls, l'abstinence
sévère des aliments, l'usage abondaut des boissons dé-
layantes, et surtout par le repos absolu au lit, ce dcr-
lier suffisant quelquefois seul pour faire avorter la
fîia'adie. Mai? si la doideur est déjà vive, si le gonQe-
nient tend à faire des progrès , on doit recourir aux
sangsues et les appliquer en grand nombre au scrotum.
Mn effet, lorsqu'on se borne à n'en placer que huit à
ciix, leurs piqûres augmentent ordinairemei.t l'inflani-
oKition du scrotum, et les douleurs, loin de diminuer,
deviennent plus fortes. Il ne faut donc pas employer
moins de vingt à trente sangsues , et même recommen-
cer, si une seule application ne suffit pas pour dissi-
per rinflamn-ration ; plus tard, on emploiera les résolu-
vif», tek que l'eau blanche, etc. Enfin nous recoraman-
m
60 Bou
deroas aux personnes atteintes d'cVou-rment , Ja
porter un siisj-ensoir, cl de s'abstenir de l'équitation
et de tout exercice violent, c'est un excellent moyen
d'éviter l'intlamniation.
BOUTON — On désigne vulgairement sons ce nom
ces petites papules isolées, arrondies, plus ou moins
dures, à peine douloureuses, tantôt sans changement
de couleur h la p-^au, tantôt colorées d'un rouge paie,
ou quelquefois très vif, ne se terminant jamais par
suppuralion,mais seulement par une légère dcsquam-
maiion. Les causes propres h favoriser le développe-
ment de ces éruptions sont la jeunesse, l'habitation
dans un climat chaud, un régime excitant, quelques
étals particuliers des organes digestifs. Les jeunes
gens des deux sexes qui touchent à l'époque de la
puberté sont très sujets à ces lioulons : l'âge critique
amène également de semblables affections de la peau.
Le plus ordinairement, ces boutons disparaissent
au bout de quelques jours sans aucun secours de l'art,
la nature seule en opère la guérison ; mais s'ils se
montrent plus rebelles, ou qu'ils se renouvellent trop
souvent, des bains, un régime sobre et rafraîchissant,
quelques légers ]-)urgatifs , les lotions avec de l'eau
de savon à laquelle on sjoule quelques gouttes d'eau
de Cologne dissiperont liicntôt cette légère affection.
BRULURE. —Résultat de l'action de calorique
concentré sur une partie quelconque du corps. Les
variétés qu'offre la IniV.ure, considérée sous le rapport
de son intensité, peuvent se réduire à trois. Dans la
première, il y a scnlement douleur, rougeur et tu-
méfaction momentanée de la partie brûlée. Dans la
seconde, il y a de la rougeur, du gonllement, de la
douleur, comme dai;s le cas précédent, et de plus une
exhalaison séreuse qui soulève la poau et forme des
vessies ou cloches qui , d'abord peu Considérables»
BP.U Cl
a!i-;n)?nlc;il peiî à peu à njcsure que la scrcsilé s'y
aaiiimule. liaus le Iroiiitme degié, ]a i)cau et les
clairs sont désorganisés, quelqiiofois nu'me charbon-
liés , il se furniie des névroses plus ou moins étendues ,
e! il s'établit une suppiiralion abondante qui entraîne
avec elle des lambeaux de chair souvent frappés de
gangrène. ^
En général, une brûlure du premierdegré n'est pas
dangereuse et se guérit en quelques jours, surtout si
irl!e n'e*t pas étendue. Une biûlure du second degré
n'est dangereuse que dans les cas où elle a une grande
étendue et où les parties afieciées jouissent d'une
grande sensibilité. Mais la brûlure du troisième degré
est toujours une maladie grave et souvent dangereuse;
car indépendamment de troubles généraux qui sur-
viennent lorsqu'elle est étendue, et qui produisent quel-
(juefols la mort, elle a encore rincon\éuient, lorsqu'elle
siège sur des parties visibles , de laisser souvent des
cicatrices difformes.
Une multitude de moyens ont été recommandés dans
les brûlures s. peificielles. Mais entête de tous les au-
tres, nous n'hésiterons pas à placer l'eau froide ou
mieux encore l'eau de Goulard, ^ui agissent à la fois
en calmant la douleur el en combattant l'inflamma-
tion. Il est merveilleux de voir combien les douleurs
diminuent rapidement sous l'influence de ce moven.
il a de plus l'avantage de pouvoir être employé dans
le cas où l'épiderme a été enlevé. Mais pour être utile,
pour ûviler même du Junger dans Teri^ploi , il faut
avoir soin de ne pas l isser l'eau s'échaaller, et d ea
ccp.tinuer ruso;To peuplant plu.Meurs Iienrua après Tac-
cideut. La meilleure manière de l'employer est incon-
testablement de plonger la jiartie brûlée dans le li-
quide froid i ; maison conçoit q!:e toutes les paitie»
da corps ne perrr.elUiit pus ce n;cJ.e ù'eiiiploi. il faut
G2 BRU
alors arros<^r incessamment la pailic- brûlée avec Xt»
même Hqiiide, ou IVnve'iojjper de compresses qui en
seraient imbibées et qu'on aurait soia d'humecter
souvent.
Lorsqu'il existe des cloches, on les perce avec une
épingle ou la pointe d'une lancette , eu deux à trois
places, pour faire écouler la sérosité, sans enlever l'é-
piderme, puis on emploiera les remèdes adoucissants,
calmants, anodins, sous forme d'emplâtre. Le ci:rnt ,
qui est un mélange de cire et d'huile , auquel on mêle
de l'opium ou du laudanum liquide , lorsqu'il y a une '
grande irritation, est le moyeu qui convient le mieux '
pour remplir l'indication qui existe alors, en ayant
soin cependant de continuer l'usage des compresses
d'eau froide eu d'eau de Goulard par dessus Peœplàtre
de cérat, ou découvrir la partie d'émolliens si elle est
très enflammée.
Si la brûlure est du troisième degré, comme on ne
peut pas bi"n connaître, au piearier abord, quelle est
sou étendue, on couvrira toute la partie, soit décom-
presses imbibées d'eau de Goulard, soit de cataplafmes
faits avec la farine de lin ou la guimauve. Ces moyens
simples aident puissamment à apaiser les douleuis et à
préparer une bonne suppuration qui faCilite la eh «le
des escarres. Lorsque l'on aperçoit quelques parties dr
celles-ci prêtes à se détacher, ou les coupe a\ec àcf
ciseaux, en évitant de les tirailler de peur d'irriter la
plaie, ensuite on traite comme une plaie ordinaire.
Pendant la formation de la cicalriie, il faut avoir
soin de donner à cette paitie ou à celles t[ni la formeuf,
la posiiiou la plus con\cnable pour em; ccher los ad-
hérences, prévenir îadifFi;rn)ilé et maintenir la partie
dans son étal naturel. Aussi, en thèse générale , il
faut maintenir l«"s pailios dans le plus jjiand dtjjré
d'cvlen^ion possible.
CAC 63
Dans les brûlures peliles et superGdelIes, le Iraite-
ineDt doit se borner à la partie brûlée. Il n'en est plus
de même quand le feu agit sur une grande étendue ;
on doit alors prescrire des médicaments internes et
modifiei le régime du malade. On se trouve bien, dans
les premiers moments, de potior.s calmantes et ano-
dines; on ordonnera une dicte sévère, l'usage des bois-
sons adoucissantes, des lavements émoliants, quand
ii sera possible di; les administrer. On insistera Si»r
ce régime sévère jusqu'à ce que la crainte des acci-
dents inflammatoires soit passée. Si, malgré cela, ils
se développaient avec intensité, il faudrait avoir re-
cours aux émissions sanguines. Mais on ne doit jamais
perdre de vue que le malade aura à supporter une
longue maladie, qu'il sera soumis à une abondante
suppuration, et qti'on doit craindre de l'affaiblir de
manière à ce qu'il De puisse sulTue aux perles qu'il
aura à subir.
CACOCIIYMIE. — Cette épiibète si souvent em-
ployée autrefois est actuellement tombée dans une
sorte de désuétude. Néanmoins on dit encore quelque-
fois un tempérament cocochyme , pour désigner
(juelqu'un de malsain et d'affaibli plus encore par l'in-
Crraité ou la maladie que par l'âge.
Outre les moyens spéciaux indiqués par le ^cme
particulier d'infirmité ou de maladie dont est affecté
l'individu cacochyme, moyens exposés dans le cours
de cet ouvrage, nous allons donner que'quei conseils
généraux aux personnes qui méritent -ce nom.
Elles doivent se préserver soigneusement des vicis-
situJi-3 alaio5p!iéii(}ue3, et cependant ne pas négli-er
de faire chaque jour un exercice convenable. Leur
corps doit cire velu de laicc et de Ûunelle; leurs aor»
64 CAL
lies ue doiveiil s'cffecluer qu'au milieu du jour et ja-
mais pendant la fiakheiir humide du malin ou du
soir. Des frictions sè'.bes, Insiamiques ou spirilueuses
sur les niênibres, rc[iéléc8 chaque jour, avec la main,
une luoise douce, une flanelle imprégnée de vapeur
de benjoin, eic, leur seront fort utiles. Un régime
sobre et cependant très reslaurant, quand d'ailleurs
il n'y a pas de conirc-indicalion présentée par l'état de
la poitrine ou des orç^anes dij^estifs ; les gelées ani-
males, un peu de vin de Bordeaux au repas, point de
café à l'eau ni de liqueurs spitiîueuscs..., voilà les
principales règles de conduite qui leur seront pres-
crites.
Ce n'est cju'en s'entourant de soins et en observant
atleniivement les règles d'une saine hygiène, que les
personnes cacochymes pourront se garaihir des souf-
frances qu'elles ne manqueraient pas de s'ailircr par
un régime de vie mal réglé.
CALCUL, — [Voyez riLr.RE.)
CALLOSITÉ ou CALUS. — Oo désigne sous ces
deu.\ noms des durcies, des épaissjsscmenis de la peau
qui surviennent dans les pariics qui sont exposées à
ces frûllemcnis ou à des pre>siGns cunlinues. Celle
diffor.milé est produite par des couches de piderme su-
])erposces et durcie?; elle se rencontre aux talons, à la
piaule des pieds , chi'Z les grands marcheurs ; aux
uiains , chez les ouvriers qni manient des corps durs;
au b>iul des doigts chez les jiersonnes qui jouent des
instrumenîs à co; de ; au.t genoux, chez les indi\idus
que leur prottcsion force à se iciir longtemps à ge-
noux.
Les caliosilés diminuent ou abolissent la sensibilité
ces parlifs sur lesquelles elles sedc\elop|enf, et peu-
vent par consécpjcnt cmpè( lier l'exercice du toucher,
quand les do;i:is en îûîîI le siège; ils {wuvenl daus
CAL 65
quelques cas donner lieu à des douleurs assez vives.
Les moyens propres à déiruire celle incommodité,
sont d'abord de cesser complètement de s'exposer aux
causes qui l'ont fait naîlre, puis ensuite on enlève les
callosités couche par couche à l'aide d'un rasoir, après
des avoir ramolies préalablement au moyen de bains
l'eau tiède simple ou chargée de principes émolliants,
belles que l'eau de guimauve, l'eau de son, elc ; d'au-
tres fois, on les use avec de la pierre ponce ; celte der-
nièie pratique est surtout eu usaije dans les bains
orientaux.
CALVITIE. — Chule des clieveux ou des poils.
Celte affection à qui l'on donne égaloraent le nom
d'Alopécie, peut dépendre de causes noriibreuses et
variées, telles sont la plupart des maladie* ait^'uës et
chroniques, les violents maux detéle, la vieillesse, un
état valéiudinaire cachot hy me, les chagrins, les pas-
sions, le libertinage, etc.
Le Téiilable traitement de la. calvitie est encore à
signaler; la plupart des remèdes propose's pour faire
pousser les poils sont illusoires, el ces prétendus spé-
cifiques si vantés par les charlatans ne méritent au-
cune confiance et sont presque toujours nuisibles. Les
esprits sages doivent se borner à combattre les causes
qui ont provoqué et produit la calvitie , puis après
cela le moyen le plus assuré pour empêcher qu'elle
ne devienne complète, et pour mieux réussir à !a lé-
parer es! de raser tous les poils, et de répéter plusieurs
fois cet4e opération à mesure que les cheveux répons-
scnl. Il résulte de ce;te pratique deux avantages; le
premier, c'e»t que la racine peut être maintenue en
vigueur avec une quantité de suc nourricier qui eût élé
insuffisante pour nourrir un cheveu très long; le se-
ca*iid, c'est que par une section répétée, les [)etiis poils
fuissent par ac(juérir le volume et h conustance de«
66 CAN
poils oïdlnairefi et ecnlribiienl qiiL'lquefois à ronclre h
chevelure plus qclle el mieux foui nie qiveile ue l'ctgit.
eup^ravant.
CA.NCER. — Cette maladie, aussi terrible dans ses
résultats qu'elle est inconnue clans son essence uiêoïc,
est surtout cararlérisce par une ulcération qui ctm.l
cle plus en plusses ravages, soit en proibndcin-, soit ( n
superficie^ ayant été précédée d'une iudtiration de la
pai lie annonçant une dégénérescence de tissu, el fiuis--
sant par déterminer une aliéralion de la conslituiion
générale qui se trahit par une maigreur cxljèoie cl une
teinte jaune de la peau. Alfeclant de préférence les
«eins, les testicules, la matrice et la peau de la. figure,
elle laisse toujours supposer chez ceux qui en sont af-
fectés une prédisposition inlérieure, sans rinflucnce de
laquelle leules les causes extérieures ne pourraient pas
la produire^ frappe plus parliculi<^rement sur les per-
sonnes de tempcrammenl blîioso-nerveux, en proie à
des passions tristes et à des cliagrins, et se njoulre à
peu près aussi fréquemment dans un sexe que dans
l'autre.
On distingue deux péi iodes bien marquées dans la
marche du cancer : l'une de héuigniié, l'autre de ma-
lignité. Dans la première , qui constitue ce qu'on
îiomme squirrhc , on sent seulement une induration ,
mais il n'y a pas ou presque pas de douleurs, et la
tumeur n'occasionne souvent d autre inconvénient que
celui qui rcsulle de sa présence au milieu des tissus
«ains. Dans la seconde, qui survient à une <?poque tout
h fait indeterniiiiét', la maladie se prc^entr généraic-
mc'iit sous la forme d'une tumeur dure , incgale, hos-
«elcc, circonscrite ou diffuse , sans encore de change-
ment de couleur à la peau^ mais faisant d^^jk rcsunitir
& des inierv ailes [i'.us ou nioius r.ipprochcs, surtout
•*i! ajTi-clc une na«ic très scnsiM?, comincle wiu, U
Ogure, des douleurs lancinantes qui augmentent pro-
gressivement en fréquence et en inieusité. Cette tu»
lîipur ne larde pas à perdre sa consistance , la peau
qui la recouvre, longtemps mobile, finit par devenir
adliéreîile, prend une teinte rouge, puis livide et enfin
SR fendille par place lais5anl échapper une matière sa-
hieuse, jaunâtroou brun:\tre. Les bords de celte ulcé-
ration sont durs, inégaux, renversés, sa surface est
inr-gale. Dans les périodes avancées de la malaJie il
s'écoule une assez forte quantité de sang par les vais-
seaux ulcérés, et les douleurs lancinantes deviennent
continues.
Le pronostic du cancer est toujours fficLeux. Il est
pouriant des circonstances qui peuvent en faire varier
la gravité. On conçoit par exemple que, toutes choses
égales d'ailleurs, les sujets jeunes auront plus de chan-
ces de guérison que les individus âgés, le cancer af-
fectant les glandes de l'aisselle, du cou, du sein sera
moins sûrement cl moins promptement raoïfel que
celui du foie, du cerveau, de l'estomac et même que
celui de la matrice. Enfin, celui qui se sera déclaré
sans l'induence d'une cause extérieure offrira moins
de danger que celui qui tient évidemment à une cause
interne.
Le traitement du cancer est local ou général. Exami-
nons d'abord les moyens locaux. Dans le début de la
miladie, surtout s'il y a apparence d'inflammation, on
fuit très bien de couvrir la partie malade de sangsues ,
et même d'y revenir souvent , en même temps qu'on
emploie les caiaplasoaes émollicnts de farine de graine
de lin, de fécule de pommes de terre, arrosées, soit
d'une décoction de léics de pavot, soit de laudanum.
Si la tumetn- est au contraire dolente, i| est plus pru«
dent de la frotter avec une pommade, soit mercurielle,
soil d'hydriodale de potasse, et de la nviinlcnir coqs-
Gci CAN
tûmm^nt couverte d'un emplâtre dit de Vigo. Quand
les douleurs sont extrêmes les cataplasmes laits avec
les feuilles de morelle, de ciguë, de jusquiame, de
belladone, sont d'un puissant Sfcours pour les calmer.
Mais si ces divers moyens rendent la maladie plus
supportable, ils sont incapables de la guérir, aussi a-
t-ou cherché des moyens plus eflicîiceâ comme de
flétrir la tumeur par comjnession , ou de l'enlever
directement, soit par les caustiques, soit par l'instru-
menl tranchant.
La comj.ression dont on fait grand bruit aujour-
d'hui avait déjà été employée par les anciens. Elle
iloit être douce, égale sur tous les points; le linge,
la charpie, la peau chamoiséc, et tout ce qui se dur-
eit par la pression ne conviennent pas pour l'exercer ;
l'agaric coupé en ieuilles miuces , égales, sans nodo-
sités, est regardé comme la substance la plus propice.
Les bandes qui servent à le maiutenir accolé sur la
partie doivent être en tuile ou en percale, mais sans
ourlet ni couture. Quelles que soient d'ailleurs les
substances employées pour exercer la compression, les
pièces comprimantes ne doivent laisser entre elles au-
cun intervalle dans lequel les tiisus échapperaient à
leur action. Quand on a obtenu quelques succès de
ce mode de tiaitement , il ne faut pas le cesser brus-
quement, mais en continuer encore modérément l'cm-
pl i pendant un certain temps. L'expérience n'a mal-
heureusement pas mis son efficacité bois de doute;
bien plus, quelque» praticiens craignent qu'il ne de-
vienne dangereux en déterminant une inflammation
(jui pourrait amener lu dégénérescence carcinomateiise
de la lumiuir.
La cautérisation n'est indiquée que dans les cancers
superficiels, peu étendus, sans infl;immation ^ivc,
quand ils ne sié^enl pas au voisinn^e d'organes in»-
CAR 69
portants. Il est aisé de prévoir que son emploi ne peut
qu'exaspérer les tumeurs trop volumineuses pour être
emportées en une seule fois, et déterminer dans ces
cas des douleurs auxquelles peu de malades résiste-
raient. 11 n'en est pas de même de leur enlèvement
au moyen de l'iuslrumcnt tranchant. Si ce moyen ne
sauve pas toujours les malades, il leur offre beaucoup
plus de chances qu'aucv»!! atitre. Reste le traitement
général du cancer. Ce traitement repose sur l'usage
interne et longtemps prolongé d« quelques médica-
ments narcotiques et fondants comme la ciguë, l'ace-
nil, le datura-Ciramonium, l'acide arsénieux ; mais en
sait malheureusement à quoi s'en tenir sur l'efficacité
de semblables moyens. De combien de malades n'ont
ils pas trompé l'espérance ! heureux ceux qui en re-
connaissent promptemcntrinsufïisance, et invoquent
assez tôt les chances qu'offre l'enlcvemenl romjdet
de la partie malade ! dussent-ils, dîHis les cas malheu-
reusement si fréquents da récidive, être obligés d'y
revenir une seconde, même une troisième fois.
CAMTIE. — Changement d« couleur deg cheveux
et des poils qui deviennent blancs. Dans la vieillesse
la blancheur des poils est une conséquence naturelle
des progrès de l'âge. Dans quelques cas un pareil
état est congénital puisque des enfants perlent en
naissant des mèches de cheveux blancs ; dan$ d'auti es
circonstances, la canitie est accidentelle, et se dccl;u e
chez des sujets jeunes à la suite de maladies on très
aiguës ou très longues, de douleurspermanentcsà la
lêlc, des travaux assidus de rcsjîrit, des excès en tous
genres, des vives impressions morales telles que le
chagrin, la frayeur, eiC. Elle est alors susceptille de
guérir par les mêmes moyens que la valvatic {VoycA
et mot) et surtout en rasant la tête ou les places
blanches à plusieurs reprises et en faisant en ménrje
7C CAR
lemps usage de frictions avec des corps gras qni ait
raient pour but d'adoucir et de fortifier les bulbe».
11 n'en est point de même de la canilie qui sur-
vient par les progrès de l'âge , celle-là est incurable
et l'on doit s'y résigner. Mais celle résignalion phi-
losophique n'est pas à la portée de toules les personnes
et pen de femmes savent en prendre leur parti. Les
charlatans les servent à soul^ait, car les remèdes pour
teindre les cheveux ne manquent pas. Malheureuse-
ment aucun de ceux qu'on pourrait employer avec ef-
ficacité n'est sans danger; tous sont susceptibles d'ir-
riter la peau, et parmi les causes des rougeur»,
de ces efflorescences , de ces boutons hideux , de ce»
dartres farineuses qui couvent comme un masque la
figure des femmes d'un âge avancé, on doit mettre ea
première ligne avec le lard, les eaux et les pommades
dont elles font usage pour teindre les cheveux. Ce
n'est pas tout encore, quand on a pris son parti sur
les inconvénients que noiu venons de signaler il en
reste encore un qui n'est pas le moins désagréable;
c'est qu« comme les cheveux poussent insensiblement,
l'intensité de la couleur ne va pas jusqu'à noircir la
bulbe des cheveux, d'où il résulte qu'au bout de deux
è trois jours les cheveux noircis apparaissent blancs
à leurs racines et en poussant décèlent de plus en
plus la fraude. Nous ne pouvons donc trop engager le»
personne» chez lesquelles l'âge a produit la canilie à ne
point recourir à de paîeils moyens, si dégradants et si
imparfaits dans leur résultat, et de plus si nuisibles à
la santé.
CARIE. — La carie est une maladie des os, carac«
lérisée principalement par la destruction lente du
tissu osseux, avec raraolissement et formation d'une
espèce de pus sanieux. Celte affection a été longtemps
confondue avec uiic autre maladie du même geurt' ap-
CAR Tl
l'.i'.Uc Nécrose, qui sert à désigner Télal d'un os ou
iS':ine porlion d'os privé de la vie; mais elle en diffère
essentiellement. Pour donner une idée de la dif-
férence qui existe entre ces deux affeclions, on a corn-
|iarc la Carie à une ulcération des parties molles du
corps et la Nécrose â la gangrène de ces même»
parties.
La carie des dents n'étant pas de la même nature
que celle des os, on en traitera à part [Voyez Dexts.).
La carie des os peut survenir à la suite de coups, do
chutes ou d'autres violences exléiicures, ou bien même
sans causes directes; mais dans tous ces cas il existe
en général une cause interne, un état particulier «t
maiadif du corps, tel que les scrofules, les rhumalisn^es,
la gouilc, le scorbut, la maladie vénérienne, lapeiif
vérole, etc. [Voyez ScaoruLES, Rhumatismes, etc.)
La carie scrofuleuse est la plus commune de toutes}
elle attaque souvent les enfants, sans toutefois épar-
gner les adultes ; c'est surtout aux os du pied et de la
main, aux genoux, au coude, aux vertèbres, qu'elle s«
montre; rarement elle atteint le milieu des os longs,
tels que ceux de la jamLe, du bras, etc. Les symp-
tômes que nous allons décrire se rapporteront princi-
palemenl à celte variété de la carie. La marche du
mal est en général asicz ienle. Des douleurs sourdes
et permanentes se font d'abord sentir dans l'os malade,
et lorsqu'elles sont dues à une cause véuériennej elle»
augmentent surtout la nuit; les mouvements de l'ar-
liculation voisine deviennent douloureux. L'os affecté
présente une tumeur circonscnte , immobile, un peu
douloureuse; on peut la sentir avec h maia lorsque
le mal est superficiellement placé.
Dans ce dernier cas L peau et les parties molles sous-
jacentes ne tardent pas à rougir et à s'cuflammer. La
tumeur augmenle, clic dcviciiî molle, pâteuse: en la
72 CATi
louchant on a !a sensation d'un liquide; du pus s'est
en effet amassé à son centre; bientôt en un point elle
prend une teinte violette et s'ulcère; un liquide pu-
Tulenl, sanieux, fétide, de mauvaise nature, s'écoule;
> la petite plaie, au lieu de se fermer comme dans i
< abcès ordinaires, continue à donner issue à une humeur
claire , de mauvaise odeur, qui présente quelquefois
des pirceiles d'os carié. Souvent les linges qui la re-
l'ouvreut sont teints en noir; cela arrive surlout lors-
»ju'on se sert, pour les pansements, d'un cérat ou d'un
onguent contenant des préparaijons de plomb. Si on
introduit dans la plaie une longue aiguille à pointe
mousse nommée stylet, on peut pénétrer dans un petit
trajet fistult^ix qui conduit jusqu'à l'os malade; si en
pousse alors l'instrument pli'.s avant^ on pénètre dans
la subsiance os5eu^e et on éprouve en même temps
une très légère résistance et la sensation d'une foule
de peiils filamenis d'os cpii se rompent facilement.
Ce signe est caractéristique de la carie. Lorsque
l'os r^1alade est situé profondément comme cela arrive
pour les vertèbres de l'épine du dos, pour le bassin ,
les symptômes que nous avons décrits sont ])lu8 obs-
curs ; le plus souvent on ne peut pas sentir de tu-
meur; le pus qui se produit est obligé pour se faire
jour au dehors, de suivre un long trajet ; il vient enfin
soulever la peau , qui devient llucluanle et former
ainsi un abcès qu'on a nommé abcès pnr congestion
Le tiaiieinent de la carie est général ou local. L:
traitement général consiste à coinl)altre, par les moyen-
usités la disposition générale maladive, cause du mal.
telle que le vice scrofuleux, vénérien, goutteux , cic
( ^oyc2 ScROFci. ES , Maladies vÉKKniENNES, etc.
Quelquefois celte médication est suffisante pour aide-
. la nature à l'éliuiination de la carie. Olle-ci .«e ton
vcrlit eu nécrose, l'os :"exfo!ie d'une niaméic silih
I
CAR 73
ou insensible, la snppuralion clwinge de nature et la
oicalricc s'opère. Il est rare cependant qu'un Iraite-
meut local ne soit pas nétessaire. Ce dernier pourtant
Re peut être appliqué qu'autant que la maladie est su-
perGcirlle; il consiste cssentifllement dans des lotions
j-t des injections avec des substance» irritantes , telUs
qu'une dissolution légère de pntas«e, une lessive de
rendre de sarment, une dissolution de sulfure de po*
«assium, etc. Quand ces moyens sont insuffisants il faut
avoir recours à l'action héroïque du feu. On met le
m'A à nu par des incisions et on cautérise avec le fer
rouge jusqu'à ce qu'on ait atteint la portion saine
de l'os.
CARREAU. — C'est le nom vulgaire donné à l'af-
fection tnberculeuse des glandes du mésentère, à cause
de la dureté et du volume que le ventre acquiert sou-
vent dans celte maladie.
Le carreau se développe chez les enfants depuis la
première année jusiju'à la septième ou huitième, il
leur appartient exclusivement et se rattache par leur
organisation à l'imperfection du système digestif dans
le premier âge , joint au mauvais régime et aux dis-
positions scrofuleuses qu'ils ont reçues par voie d'hé-
rélité ou qu'ils contractent par des infractions aux
lois de Ihygiène.
Les effets du carreau se manifestent d'abord par des
diuieurs sourdes ayant leur siège au milieu du ventre,
dans laîoux, le hoquet, les sauts et les courses. Ces
(!>'.ileurs se font ressentir souvent trè? longtemps saiLS
;ui!re caractère revenant plus particulèrcment au piiis-
teaips et à l'automne, se dissipant au centraire pon-
dant les chaleurs de l'été. Elles coïncident quelquefuiî
avec un élal de santé assez bon ; aussi peut-on mé-
connaître la maladie dans le? preniiors temps.
A.U bout d'un certain Unirs il s'y joint un gonQe-
74 c.ui
raeni ù\i venue, du dërangement dai« les OigestiojM,
la fièvre, la touv, un amaigrissement considérable dei
nembres inférieurs, etc. Le malade est triste, langui»-
lant, mélancolique, la face est pâle, la respiration iné»
galle, la langue sale, l'haleine ferle, la transpiralioD
exhale une odeur acide, etc., etc.
Quelque temps après , le carreau atteint son plui
haut degré , aux douleurs abdominales se joint près*
qne toujours l'affaissement du ventre, à travers Jes
parois duquel on peut sentir un plus ou moins grand
i;ombre de corps durs, inégaux , douloureux au tou-
cher et qui sont placés profondément vers sa pailie
moyeane; la tuméfaction du ventre né paraît exister
dans celle période que lorsqu'il}' a épanchement d'eau
dans celle caviié; à cette époque, la digestion se fait
très mal, on retrouve les alimenls, surtout les farineux
et le laitage à moitié digérés, et même recouuaissahles,
dans les sellas ; la fièvre est continue, la peau se sèche,
devient rude et terreuse; l'enfant tombe dans un amai-
grissement extrême, accompagné de bouffisure des ex-
tiémités et d'épancheracnt d'eau dans le ventre et les
autres cavités, et la mort termine bientôt sa frêle
existence. Cette terminaison fatale est presque tou-
jours accélérée par les diverses affection» de la poi-
trine ou des organes digestifs qui viennent compliquer
ia maladie.
I,rt traitement du carreau, lorsqu'il n'est que com-
!::euçant est des plus simples et des plus faciles. Le lait
d'une bonne nourrice, rabstineuce de la bouillie, de la
soupe et des autres mets grossiers que l'enlant ne peut
digérer, les moyens propres à fortifier la consliiuiion
et à ranimer les fonctions de la peau, tels que le»
bains aromatiques, les frictions sèches, le coucher su»
li fougère, l'exposition à l'air et au soleil, le soin d'é-
^iter le froid cl l'iiuinililv'" nt cnraott.iul de^ vcleiiieuts
CAT 75
ehauds; tel est ^'ensemble des moyens qui convienneut
à l'enfant à la mamelle.
Quant à celui qui est sevré, un régime sévère, ladicle
4nêrae, au besoin des boissons adoucissantes et nouv) is-
^antes, tels que l'eau de riz, l'eaa panée, l'eau de gruau,
le lait de chèvre ou de vache coupé avec l'eau sucrée,
les onctions huileuses sur le ventre, et les autres
moyens fortifiants généraux, indiqués ci-de»sn», tel est
le traitement le plus convenable.
Lorsque la maladie est arrivée à la dernière période,
que les engorgements se sentent à travers le ventre ,
<|ue le malade est pris de symptômes de l'étisie, de
diarrhée, de fièvre, etc., il reste peu d'espoir de le
sauver, et les rem.èdes toniques et échauffants sont
alors contre-indiqués , il faul se borner aux simple»
émoUicnls et à un traitement palliatif pour s'opposer
aux accidents qui tourmentent le plus les malades.
CATALEPSIE. — Maladie caractérisée par la perle
instantanée du sentiment et du mouvement el par la
faculté qu'ont les membres et même le tronc de con-
server toutes les atiiludes qu'on leur fait prendre;
c'est surtout ce dernier symplome extraordinaire qui
fait distinguer celle affection de plusieurs autres avoc
lequelles elle a des rapports, telles que l'apoplexie,
l'asphyxie, l'épilepsie, qui ne présentent jamais c«
phénomène.
Cette maladie est fort rare; elle se rencontre le plus
souvent chez les femmes, les tempéramenls nerveux
très mobiles, les atrabilaires; elle est ordinairement
causée par des affections morales vives, telles que des
violents chagrins, izue forle terreur, une profonde mé-
ditation, la contemplation extatique, un amour extrême
ou malheureux, l'ivresse , la vue d'olijcts qui inspire
l'horreur; d'autres fois^ les vers intestinaux, l'embaira»
gastrique, la sujipression de quelques flux , tels que
fhemorroïdal, celui des rè^'loi eu 5unt cause.
70 c\T
La caJalepsie est sujette à des retours assez régu-
liers. La durée des accès varie de quelques minutes à
«liiciques jours , leur nombre est plus ou moins lap-
Droclié. Le malade ne conserve pas le souvenir de ce
qui lui est arrivé; il oublie quelquefois ce qui a pré-
cc'.lé ralta([ue.
Le traitement de la catalepsie consiste principale-
ment à éloigner la cause dans l'intervalle des dlta^i^ues.
Pendant l'accès on peut avoir recours aux stimulations
exierncs en tililiant les fosses nasales avec les barbc's
d'ime plume ; en dégageant avec précaution à l'entrée
des narines du gaz ammoniac , en excitant la peau à
l'aide de frictions rudes et même en fustigeant les j)ied*
cl les mains. On a également préconisé les évacuations
sanguinos générales ou locales. La musique, les odeurs
suaves, l'électricité et le magnétisme animal ont aussi
quelquefois mis fin à des accèi caialeptiqucs. Mais sou-
vent tous ces moyens sont impuistanls, surtout lorsque
la catalepsie est complète; il est toujours bon malgré
cela d'y avoir recours.
CAT.\RACTE. — La cataracte est une maladie de
Il vision ou plutôt une cécité déterminée par l'opacité
d'un corps lenticulaire placé au milieu de l'œil sous le
nom de cristallin. Les anciens croyaient que ce corps
était l'organe immédiat de la vision, mais nous savons
aujourdhui qu'il est tout simplement une lentille des-
tinée à réfracter les rayons liiniiaeux, et sans laquelle
néanmoins la vi^ion peut parfaitement s'accomplir. !
Quelquefois congéniale mais plus souvent acquise ,'
la cataracte la plus commune se recouiiaîi à un point
saillant, opaque et perlé situé au centre même de le» il
derrière l'ouverture circulaire de la pupille. Ce pciint
va en s'abaissanl et se divise quelquefois en filanjeiils
rayonnes à mesin-e qu'il se rappiodie de la circonfé-
rence de la lentille^ de telle soit»; q^c cctlc eirconié'
CAT 77
rence con-io.-var.l enrore iin peu d.» 5â Irr.nsnarence, la
vision n'est pas coniplèlemeni abolie. x\i)rcs celte es-
pèce de cataracte , qn'on nomme centrale , la plus •
fréquente est celle qu'on nomme laiteuse , dans la-
([uelle le crislallin est mou en tolalilé ou en parlie, et
souvent même converti en un liquide opaque, blanc
et Liclcsscnt. Si c'est l'opacité du cristallin qui cons-
titue le plus souvent la cataracte, elle est souvent
aussi formée par le seul défaut de transparence de la
membrane qui sous le nom de capsule , lui sert d'enve-
loppe. De là, la division de cette maladie en lenticu-
laire et en wpsulaire.
Il est rare que la cataracte se déclare subitement.
Le plus souvent son débui. est lent et plus ou moins pro-
gressit. Il est quelquefois accompagné ou même pré-
cédé de mal de tète ou de doidftirs dans les yeux. La
personne éprouve de la fa.'blesse dans la vue, des
brouillards à un œil ou à tous les deux ; elle se plaint
de voir des mouclies voltigeantes , des points noirs, des
réseaux , des toiles d'araignée ; les brouillards devien-
nent de plus en jilus épais jusqu'à ce que la cécité sort
complète. Cepe:idanl si l'œil n'est pas frappé en même
temps de goutte sereine ou paralysie , la lumière est
toujours distinguée des ténèbres ; aussi la personne
peut-elle longiemps se conduire sans guide. Il n'y a
d'abord ordinairement qu'un œil de pris , l'autre n&
tarde pas à l'être, mais ils le sont quelquefois tous les
dcu\ en même temps.
Les causes de la cataracte ne sont que bien impar
faitement connues. Elle attaque également les hommes
et les femmes , est beaucoup plus commune chez les'
vieillards que chez les adultes, et chez ces derniers,,
que cht'z les enfants. Les individus qui restent habi •
tutUement exposés à l'action d'i;ni! vive hiniicre oU;
d'un feu ardent, comme les joailliers, les lapidaires.
78 • CAT
lef horloger* , les verrif^rs, les fondeurs , les cuisiniers,
les nioisionneurs y soul fort exjiosés, et par opposition
elle est infmimeut plus commune dans les pays froids
que dans les pays chauds. On met aussi au nombre de
ses causes les violences exercées soit direslement sur
l'œil , soit aux environs : plusieurs faits prouvent que
ce genre de cause, est plus actif qu'on ne le croit gé-
néialement en médecine.
L'art possède peu de moyens foit pour arrêter la
marché de la caiarade, soil pour la guérir; mais, en
revanche, le nombre des charlatans qui prétendent
avoir con're elle un secret, est immense. Quand elle a
atteint son extension, qu'elle est mûre , comme on le
dit en langage médical , il serait complètement absurde
de chercher à s'en débarrasser aulremenl que par l'o-
pération. Celte opération a pour but , de détruire
i'obslacle que le corps opaque met à l'arrivée des
rayons lumineux jusqu'au fond de l'œil. Cet obstacle
est détruit ou par le déplacement de ce corps, ou par
son complet enlèvement. Le premier constitue l'opéra-
tion par abaissement, il consiste à saisir le cristallin
au moyen d'une aiguille introduite par le côté de l'œil
et à détruire ses adhérences, pour qu'il soil pour ainsi
dire absorbé; l'autre consiste, au cuulraire, à extraire
ce corps au moyen d'une incision faite sur le disque
antérieur de l'œil. La première est plus généralement
adoptée , parce qu'elle est plus facile et qu'elle en-
traîne en général moins d'accidents consécutifs.
CATARRHE. — Nom donné à une afFiCtion
des membranes muqueuses caractérisée par une sé-
crétion plus abondante du nnicus qui, dans l'élal na-
turel, lubrcfie continuellement ces membranes.
Toutes les ca\ilés du corps qui communiquent à
J'exiériciir, sont t.Tpissées par des membranes mu-
queuses. La bouche, le nez, les oreilles , les yeux , le
CÀT 79
canal aérien dans toutes ses ramifications , le canal
alimentaire dans toute son éleadue, sont dans ce cas?
il est de même de la SKrface interne des organes ge.
nito-urinaires. Des deux surfaces que présentent touiej
les membranes muqueuses , l'une est adhérente au.i
orç;anes, l'autre est libre, villeuse, veloutée, destinée
à êîrc en contact immédiat avec les corps étrangers
qui les parcourent et constamment humectée par un
(hiide muqueux qui semble avoir pour usage de ga-
rantir les organes des suites d'une impression trop dj<
recie et trop vive.
Lorsque la sécrétion de cette humidité est plu»
abondante qu'il n'est nàle, il y a catarrhe. Cet ac
croissement peut arriver dune manière brusque , ra
pide, c'est alors un calorrhe aigu, s'il a lieu lente-
ment , c'est un catairhe chronique, et de tous ^ le
plus persistant.
Un grand nombre de caf^ rhes ont été admis autre-
fois ; on en a successivement diminué le nombre. Les
plus importants, sont le catarrhe pulmonaire et le
catarrhe de la vessie, les seuls dont nous allons nous
occuper ici. Le catarrhe du nez sera décrit au mol
rhume de cerveau.
Catarrhe roLMOKAiRE.— Cette affection, est sans
contredit, l'une des plus fréquentes auxquelles l'homme
soit exposé ; il n'est guère d'individu qui n'en ait été
plusieurs fois afleint dans le cours de sa vie. A l'état
aigu, c'est la même maladie que le rhume de poiin'fie
et que Sdt fièvre- catarrhale on muqueuse; quand ij
règne d'une manière épidémi(iue , comme à Paris , dans
ces derniers temps, en 1831 , 1833, 1837 et 1842,
on le nomme grippe, follette, coquette., influcnza.
Produite le plus ordinairement par un refroidisscmenl
6t:bit, une exposition à des courants d'air prolongés ,
riuRriralion de gaz irritants , celte uiaîaiio , plus iVé-
80 CAT
quente au printemps et à rauloinne, a pour c:irnc!ere
essentiel , comme toutes les a(t"eclions des voies respi-
ratoires , une toux d'abord sèche , puis accompagnée
de crachats plus ou meins abondants, mais filants ,
visqueux couime du blanc d'œuf et quelquefois teints
par quelques filets de san^. Celle toux est prescpie
toujours précédée d'un rhume de cerveau , de mal de
têle , d'une brisure des membres , occasionne très
sou\ent dessecous-ses douloureuses dans la poitrine et
coïncide dans la plupart des cas a\ee une aîicraiion
très marquée de la voix et une difficulté plus ou mcins
grande de respirer. Quand l'affection esi inîense, et sur-
tout lorsqu'elle règne cpidémiquemenl , l'abatlemenl
et la brisure des membranes sont très prononcés, la
fièvre est forte et redouble surtout la nuit où l'oppres-
sion est quelquefois extrême et les quintes de toux
très pénibles.
Le catarrhe pulmonaire cst-illéger; ne cofnsisie-t il
en un mol qu'en un simple rhume ? On peut se con-
. tenter de prendre des boissons chaudes émollieuus
comme la tisane de Heurs de mauve, de guimauve, de
violette, de bouillon bianc, suciée et donnée en pe-
titequantilé à la fois, mais souvent; de sucer des pâtes
de guimauve, de jujube, de réglisse, mais surtout de se
tenir chaudement et observer la diète. La toux, au
contraire , est-elle violente et sposniodiqne, la respira-
lion très gênée, la fièvre contiiiue, on doit, surtout
si on est fort et vigoureux , se faire pratiquer une
large saigiîée au bras, ou appliquer des sangsues au
fondement , se couvr:r la poitiine de veniouses sèche*,
s'envelopper delaiueel prendre des boissons calmante»
leu ajoutant à chaque ve:re piis le s ir , une ou deux
cuillerées de sirop de pavot blanc.
Quand la ma'adie marche lentement, que l'expeo^
lloralion est muqucnsf , la fièvre p-^u prononcée,
CAT Pi
•ujet peu irritable , on liàte assez facilemem \a. tcrmi«=
liaison de la maladie, en pienanl deux oa trois jour;^
de suite, surtout en se menant an lit, un verre de via
chaud sucré, mêine de punch. Ce moyen, longlempa
condamné d'une manière absolue par les médecins ,
est cependant assez fréquemment employé aujourd'hui;
il réussit surtout chez les personnes peu disposées aux
inflammations et exemptes de toutes maladies de l'es-
tomac et de l'inleslin. Enfin , quand rexpec'ioraliou est
difficile , on est souvent obligé d'en venir aux médica-
ments dits expectorants , comnae le kermès minéral ,
l'ipécacuanha , et même l'cmétique.
Le catarrhe pulmonaire passe très souvent chez les
vieillards à l'état chronique. Le plus ordinairement ,
dans ce cas , les principaux phénomènes qui signalent
la maladie à l'éiat aigu , s'amendent, et il ne reste de
bien remarquable qu'un peu de gène de la respiration
cans les temps froids et humides ou après un violent
exercice ; mais ce qui persiste , c'est l'expectoration
plus ou moins facile des crachats. Ces crachats sont
lantôt blancs et muqueux, d'autrefois jaunâtres-, même
verdâtres et opaques ; ils sont ordinairement rendus le
natin ou le soir, après une quinte de toux assez péni-
île : on a vu des personnes en rendre plusieurs litres
par jour, et cela, durer de longues années ; mais elles
j'épuisent à la longue , maigrissent , ont la figure bla-
farde et boursoufflée et finissent souvent par succomber
au marasme, ou à une affection du cœur qui est souvent
consécutive. Aussi est-il toujours bon de chercher à se
débarrasser d'un catarrhe pulmonaire, quelque anciea
qu'il puisse être , ou du moins . d'en diminuer les effets
eu le modérant.
'^our cela on doit non seulement insister sur les
moyens approp.-iés au cafnrrhc aigu, mais leur ajoi^
ter les VL>icaioiri'5 -«^>r.l;(i!îés à Jcrr.curt aux bins, Uss
82 CAT
Dains de vapour3 sèches, ks vomllifs rt'i^étés loiis les
ûull jours et allernaiils avec des purgatifs conr» me la
manne ou Veau de scdlilz. Quant aux crachais, on fa-
cilite leur expectoralion non-seulement par les vomitifs,
mais encore par l'usage longtemps couiiiuié des pasilllrs
d'ipécacuanha, de soufre , de kermès, de scille ; et on
raoJère leur quanlilé par l'emploi des médicameu
dits aslringenis , tels que le haume de tolu ou de eo-
pahu^ l'eau de o^oudron, la décoction dehourgeons de
sapin, la téréhenihine, les eaux minérales sulfureuses,
comme celles de Cauterets, de Bonnes, d'Enghien. Le
passage d'un climat froid et humide à un climat chaud
et sec, a souvent eu sur la marche du catarrhe pulmo-
naire chronique la phis heureuse influence , même
ciîez des personnes déjà fort avancées en âge.
Catarrhe de la vessie. — Inflammation aiguë
ou chronique d'une ou de plusieurs memhranes de la
vessie.
Les causes d.? cette maladie sont : Pex position
pioiorigce à l'influence d'un air froid et en même
temps humide, une vie trop sédentaire, l'étude du
tahinel , l'acliou des canîharides appliquées sur la
peau ou introduites accidcnleliemcni dans les organes
de la digestion , l'abus des substances aphrodisiaques,
les excès vénériens, la suppression d'une sueur habi-
tuelle, des lîémorrhoïdes, des règles, la présence
d'un calcul dans la vessie, une rétention d'urine pro-
longée; les secousses d'iuie cquitation rude, etc.
Les signes d.j caiarrhe vésical aigu sont en général
les suivants. Le malade n'urine qu'avec douleur, in-
volontairement et q,uc!quoriû.; avec difficulté; il
éprouNC de frâpirnshesi ius d'uriner. L'urine, d'abord
inc'ilore , devient ensuite rouge, acc- mp.Tgnée de
sédiinont ?miq::(ut et pa; fois sanguinolent. 0/. éprouve
une du'.Jeuc uiq? ou iiioius ^iv<' Uatis la ré;^-ion de la
CAi 83
vessie ; cette douleur qui se manifeste surtout en
finissant d' miter, s'étend aux reins, au périnée, à
l'extrémité du canal de l'urètre. Cette maladie dure
ordinairement de vingt à trente jours , mais elle
passe fréquemment à l'état chronique, lorsqu'elle à
été mal traitée dans le principe ; les symptômes sont
alors les mêmes, sauf que les douleurs sont moins
violentes, mais la maladie n'en est pas moins grave ,
elle se prolonge ordinairement pendant plusieurs
années, et peut même tourmenter, jusqu'à leur der-
nière heure , les individus qui en sont affectés.
Le traitement du catarrhe vcsical aigu se fonde,
comme le pronostic, sur la nature de ses causes et
de sef complications, sur l'inteosiié de ses sympîômes,
sur l'âge et la constitution du sujet. La première in-
dication à laquelle on doit s'arrêter, c'est de calmer
l'irritation plus ou moins vive fixée sur la vessie , et
de s'opposer à l'extension des phénomènes inflamma-
toires. Dans cette vue, si les symptômes sont violents, et
qu'on ait affaire à un tempérament sanguin ou plé-
thorique, on doit débuter par les saigJiées ou les ap-
plications de sangsues plus ou moins répétées; puis on
appliquera des fomentations émoUientes sur le bas ven-
tre. On aura recours aux bains. aux lavements émollients,
à une diète absolue; on administrera des boissons
adoucissantes^ en grande abondance , comme l'eau de
graine délia pour délayer l'urine et la rendre moins
acre, et par conséquent moins irritante pour la vessie
malade. Si l'urine s'accumnle dans la vessie , et que
\e5 accidents s'opposent à sa sortie naturelle, l'intro-
duction d'une soude devient alors indispensable; mais
éette opéraliou, quoique sim[)le en apparence, doit
être pratiquée ici avec beaucoup de circonspection ,
c'est-à-dire qu'on ne d^it point trop enfoncer l'inslru-
ïoeot, dont 'le conlact pourrait an^mcnlcr rirritalioû
84 CAT
de la membrane muqueuse. Après avoir donne issue
aux urines^ on fera bien de pousser doucement dans la
vessie une injeclion mucilagineuse, telle qu'une décoc-
tion de graine de lin, ou de racine de guimauve. On
relient celte injection pendant quelques minutes , on
n'en laisse sortir qu'une partie , el l'on conserve l'an -
tre dans la vessie, pour diminuer l'âcreté des urines.
Ensuite on retire la sonde qui serait encore une cause de
douleur et d'irrilation , et on la réintroduit ton les
les trois ou quatre heures, ayant soin de faire chaque
fois une injection adoucissante. Si la maladie dépen-
dait de la présence d'un calcul dans la vessie , il
faudrait alors en faire l'extraction.
Lorsque le catarrhe est passé à l'éial chronique ,
on emploiera encore les boissons douces et abon-
dantes, les bains, les cataplasmes , les lavements;
lorsqu'il n'y a plus de symptômes dirritation , on
relire quelque avantage de la ihérébenihine, du baume
de copaliu , des injections d^eau de goudron , ou
d'injections, d'abord émollienies, puis animées avec
de l'eau de Biircge, ou de Baiarue, ou de l'eau de
Gonlard ; mais le plus souvent tous ces moyens sont
tans résullat et le malade conserve son catarrhe.
Un point très important, que l'on doit prendre en
considéialion durant le traitement, c'est l'état des
ori^ancs tpii président aux fonctions digestives ; il
con\ient de les soutenir et même de stimuler leurs
forces dans la plupart des cas par l'administration des
substances amères, stomachiques, comme Técorce du
Pérou , la thériaque, le vin vieux, etc. etc. On doit
aussi faire concourir au même but un exercice modéré,
l'habiialiou de lieux secs tt c'Ievcs , le séjour de la
camjîagne, l'usage eoniînuel de vêlements do laine
appliqués sur la peau, et autres moyens indiqués par
l'hygitue.
CAU 85
1 a donné ce nom à une espèce
pariiculièrc de songe, dont !e caractère principal
consiste dans la sensation d'un poids qui eonipiinie la
poitrine ou la région de l' estomac: la personne qui
rst atteinte de cauchemar s'imagine qu'un fantôme ou
lui monstre^ placé 8ur »OQ estomac, ciierciie à
rétoufFcr, qu'elle est poursuivie sans pouvoir fuir ,
qu'un précipice est creusé sons ses pas, etc.
Cet état qui ne peut pas être considéré comme unt
maladie, paraît dépendre de la situation qu'on garde
en dormant, d'une digestion pénible , dune plcihore
ou réplétion qui gène la circulation du sang, etc. Il
n'y a donc pas de traitement fixe à cet égard , il varie
selon les causes qui donnent lieu à cette affection.
Comme traitement général, cependant, il est bon de
se préserver de tout ce qui émeut le sentiment et
l'imagination d'une façon effrayante ou triste et de se
préparer^ au contraire, au repos par des lectures ou
des conversations agréables, de ne point manger trop
ou trop tard et surtout des aliments indigestes , de se
livrer pendant le jour à un assez grand e.\crcice , de
se coucher le corps incliné du côté droit , la téie et
les (épaules élevées, des considérations anatomiques et
pliysiologiques recommandent cette posture. Toutrs
les fois qu'on le pourra il faudra provoquer le réveil
lorsque le trouble de la respiration , l'expression d'au-
xiélé du visage , la sueur du corps annoncent la
préseoce du cauchemar. Après quoi on s'empressera
de calmer l'esprit, si l'on a affaire à des sujets jeunes
et impressionnables.
CÉCITÉ. — Privation complète de la vue. Lorsque
la cécité n'intéresse qu'un œil , on dit de la personne
atteinte de cette affection qu'elle est borgne. Souvent
la cécité n'est (ju'un symptôme, une foule d'affections
peuvent la produire. Il faut doue avant tout s'étudiç'
86 GHA
à bien recoDïiaîirc la maladie qui Ta déierminée pour
mouvoir la v,i»ffîballre par un reniède convenable.
Quelquefois '.a céciic e:iiste de naissance, c'est ce
que les médecins appellent cécité covgémale, c'est-à-
tliie originelle; mais ordinairement elle se manifeste
par les progrès de l'âge , à la suite dune lésion parii-
îulière de l'œil ou après une .iffcction générale de
l'économie. Elle peut aussi résulter d'une cause ex-
terne ou interne , ne durer qu'un certain laps de,
i«mps ou persister toujours. Il serait sans doute utile^
d'entrer ici dans quelques détails sur les causes infi-
iiiment variées de la cécité , mais nous préférons
cependant renvoyer aux divers articles relatifs aux.
maladies des yeux , où on les trouvera amplement ex-
posées ainsi que leur mode de traitement ( Voyez
CATARACTE, GOUTTE SEREINe).
CEPHALALGIE. — Douleur de tête. C'est un
symptôme plutôt qu'une maladie spéciale. ( Vojrez
MIGRAINKJ.
CHARDON (ou pustule maligne ). — Tumeur pro-
duite par ime inllammalion gangreneuse du tissu
rellulaire sous cutané.
Les signes de celle affection sont les suivants : on
obsi rve une douleur et une démangeaison avec une
tache rouge, puis noire, bientôt surnionléc d'une
vésicule qui ne tarde pas à devenir à son tour noi-
Iràlre; le membre sur lequel cette inllammalion si'
manifeste est douloureux , quelquefois affecté de
secousses convulsives. Bientôt il survient des symp
lômes alarmants de fièvre violente , les traits du visage
t'altèrent, et le malade meurt , s'il n'est secouru asse:
ororoptement.
Cece maladie ne suit pas constamment cette mê.Tie
niarche ; il ne survient pas tcujours des vésicules; la
tache n'est pas toujours aussi noire ; quelciuelois eiie
CHA 87
est brune et désorganise promptement la partie af-!
fectée et les chairs sous-jacentes. Quand le malade'
ne succombe pas, l'cscarrc qui s'était formée se dé-
lucbe 11 en résulte alors une jicTle de substance plus'
ou moins grande , et la plaie se guérit ensuite iûsea-
siblemcnt.
- Les causes du charbon et de la pustule maligne'
sont ordinairement la conlagion communiquée par
des substances animales , pnr le toucher d'animaux
atteints de cette maladie, aussi c'est une affection à-
laquelle sont particulièrement exposés les vétérinai-
res, les pâtres, les équarisseurs qui souvent touchent
t:ans précaution les animaux atteints de maladies char-
bonneuses.
Le traitement doit cire des plus actifs à cause de la
rapidité de la marcjic de la maladie. Il faut aussitôt
que l'on aperçoit les sigr.es du charbon ou de la pustule
maligr.e, pratiquer des incisions ?ur le point affecté
afin d'arrêter les progrès de l'inflammation ou Kaême
détruire le point gangreneux avec le fer ou le feu.
Cette opération n'a rien de douloureux, car les chairs
sont mortes et par conséquent privées de sentiment. Il
faut continuer de brûler jusqu'à ce que l'en sente de
la tloiileur partout ; ensuite on traite l'ulcère comme
les autres brûlures. Si ce mal n'attaque que les tégu-
ments on peut se contenter d'appliquer dessus des
corrosifs ou des caustiques; on en aj plique de p'us
ou moins énergiques, selon la grandeur du mal ; mais
quel que soit le médicament qu'on emploie, il doit,
pour produire un bon effet, séparer prompteœent les
ehairs mortes des saines, autrement c'est une preuve
que le mal est plus fort que le remède, et l'on ne doit
pas différer de recourir au feu. A l'intérieur on ne
doit donner que des boissons émollicnlps; car si oa
traite cGf?e iuUamraalion par les stimulants, il est à
88 ciio
craindre qu'on ne l'exaspère, el les exemples do succès
obtenus par ces moyens sont si rare* qu'il» ne sau-
raient auleriser à y avoir recours.
CHOLÉRA-MORDUS. — On désigne sous ce nom ,
auquel se ratîachent de si tristes souvenirs, deux ma-
ladies qui, lien que marquées au coin de plusieurs
symptômes semblables, offrent néanmoins, quant à la
nature de leurs causes, à leur marche el surtout à leur
gravité, des caractères assez différents pour être étudiées
séparément : l'une est le choléra sporadique , qui
règne isolément et en tout temps, dans nos dimais,
ECUS le nom dejltix bilieux, l'autre est le choléra épi-
dcmique qui a exercé tant de ravage depuis une ving-
laine d'années qu'il a franchi les limites de l'Inde, où
il était resté concentié depuis bien des siècles.
De tout temps , on a attribué le choléra sporadique
ou ordinaire à l'usage de certains aliments, de certaine»
boissons ; par exemple, à des boissons glacées, prises
inconsidérément, à des viandes salées, fumées ou gâ-
tées, aux œufs de certains poissons , comme ceux du
brochet, du barbeau, aux huîtres, aux moules gâtées
ou d'une nature particulière, aux champignons, aux
melons ou tout autre fruit fioid pris en quantité, à
l'abus des purgatifs ou des vomitifs: on l'a vu aussi
80 manifester sous l'influence d'une impression morale
vive : toutes causes qui paraissent agir à la fois sur les
systèmes nerveux et digestifs.
Plus commune dans les moments de l'année où h-,
chaleur du jour se mêle à l'humidité des nuits, commt
en août et septembre, cette maladie débute ordinal re-
nient d'une manière subite et inslanlance, cl pendant
(i uu.X. La pcrsoniic éprouve tout à coup dcscrampr-;
douloureuses dans le ventre, bicniôl suivies de nau
secs et d'ubondans vomissements. Qucl(|ues heures &u
«ont à peine ccoulécs q'iC tous 'ces phcnomcccs s'a^'-t
J
ciio 89
gravent ; lein ïo d'aller à la garde-robe se prononce et
devient incessante ; la langue se pointillé , la soif est
ardente, les lèvres sèflies et brûlantes; les matières
Tomies, de muqueuses qu'elles étaient, sont bilieuses,
verdàtrcs cl même noirâtres^ les matières rendues par
les selles glaireuses, filantes et d'uue horrible fétidité.
Le pouls est petit, fréquent, serré, la respiration
courte, la jiarole faible et brève. L'état du malade est
é'autant plus dangereux que les symptômes nerveux
eont plus prononcés, et rien ne fait plus présager une
issue funeste que la succession brusque d'une sueur
poisseuse, ou froide et visqueuse, à la chaleur Lrû'
lanle de la peau.
Dans le choléra épidémiqiie, tous \cs symptômes que
nous venons d'énumérer existent , mais portés à ua
degré généralement beaucoup plus élevé , el il vient
s'en ajouter plusieurs autres d'une extrême gravité,
comme la coloration de tout le corps en bleu violet,
dos moments d'agitation qui simulent des accès de
rage et sont suivis immédiatement d'un moment de
torpeur, la rétraction du ventre contre la colonne ver-
tébrale, des vomissements et des selles de matières li-
quides ressemblant à une décoction de rirouàdu pelic
lait, l'effacemcpt du pouls qui, ([uclques instants avant,
battait jusqu'à bien quatre-vingt fois par minute : en
in mot, le corps se cadavcrise» Si tous ces accidents
augmentent au lieu de diminuer, les malades péiissent
de quelques heures à trois ou quatre jours , mais tou-
jours subitement el sans râle , quoique la reîpiration
îoit plus accélérée. Quand, au contraire, ces accidents
l'amendent, alors commence une période qu'on ap-
pelle de réaciiou, et qui s'annonce surtout i)ar le re-
tour de la chaleur normale, 1.» décroissance progres-
sive de la teinte bleuMre du corps et un aspect mcin«
effrayant, moins hayord de la figure.
90 CHO
Les œédecius sonl bien loin d'être d'accord sur le
traileraent du choléra , même de celui qui se montre
isolément et qui est infiniment moins grave. Chacun
d'eux a apporté dans ce traitement l'empreinte des
idées préconçues qu'il s'était fuiles de la nature toule
particulière de la maladie. Ceux qui n'ont voulu y voir
qu'une violente inflammation des voies digestives ont
préconise les saignées et les sangsues, et ont eu cont^-e
eux l'expérience, qui n'a pas tardé à prouver que leur
opinion était mal l'ondée. Ceux qui n'ont voulu y re-
connaître qu'une affection nerveuse ont prodigué les
narcotiques, mais n'ont pas été plus heureux. La mé-
decine symptomatique a été, eu définitive, celle qui a
toujours compté le plus de succès. Ainsi, il con\ienl
de prescrire, dès le début , une légère boisson mucila-
gineuse tiède, mais donnée seulement par quart de
Terre, pour calmer la soif et rendre moins «louloureu-
«es les coniractions de l'oslomac , d'administrer quel-
ques lavements faits avec la giaine de lin et la lètedft
pavot. Aces premiers nioveus , on ajoute les boissons
qu'on sucre avec le sirop diacodc, ou auxquelles on
njouie quelques goulles de laudaïuim ou un peu d'ex-
trait gommt'ux d'opium, les emplâtres de thériaque,'
et même uu large vcsicatoirc sur le creux de reitoraac.
Mais un moyen trop rarement employé est le bain
tiède dans lequel il ne faut pas ciaiudre de tenir le
malade plusieurs heures.
la nécessité d'ui^e médecine symptomaiique se fait
îiicoi e bien plus vivement sentir dans le choléra épi~
démiquc, contrelequel !e désir bien mtt;rel de ne pas
rester spectateurs impassibles de la plus horrible scène
a poriéles médecins à diriger les Irailements les plus
contradicluires , mais que leur courage a bien démon-
tré ne pas cire contagieux. C'est dans ce cas surtout
qu'il faul soi;.'neuscmcnl observer les diverses phases
CHO 91
ou périodes par lesquelles passe ordinairement la ma-
ladie : combattre par des friclions sèches , des bains
synapisés ou de vapeur ; des vésicaloires volants, la
glace à riutérieur , mais eu petite quantité , celle de
ce» périodes que caractérise le froid; surveiller et fa-
voriser celle dile de réaciion , pour cesser loule médi-
caliou exci'aute qui jjorlerait bieu vile les forces vi-
laies au-deià du rythme normal; combattre les compli'
cations, s il en survient, eîe., etc.
CIIOLÉRINE. — On désigne sous ce nom le cholé
ra qui se présente sous la forme la plus bénigne et s«
borne aux symptômes de la première période du cho-
léra ordinaire.
CLOU (ou furoncle). — C'est une tumeur inflam-
matoire dure, rouge, circonscrite, généralement dou-
loureuse , s'éltivant du tisiu ccllula,ire à la surface de
la peau , et offiant an centre une saillie poiutue, assez
semblable à la tète d'un clou, d'où elle a ainsi tiré son
nom.
Le clou ou furoncle envahit toutes les parties du
corps, cependant il est plus ordinaire de le voir pa-
raître à la marge de l'auus . aux fe-scs, sur le do<, et,
en général, sur les régiims pourvues d'un tissu ccllu-
• laire abondant et doul la peau préseute une certaine
résistance.
Les causes du clou sont tantôt locales, telles que 'a
niilproprelé, l'application de substances irriianlessur
la peau, l'usage de certaines pommades, un frollemei>l
répété, tantôt générales et liées à d'autres maladies,
Ainsi on voit des clous survenir à la fin de diverses
afu'ciionsjde la petite vérole par exemple, et très fré-
quemment ils se déveÎ0[)pent soud'iiiUuence d'un en>
barras gastrique et intestinal^ embarras caractérisé pi in-
cipaleraent par du malaise avec mal de téie, par une
bouche amère, par uue langue tharqéed'un enduit
92 COL
jauultrc ou blanchâire, par dos envies de voiuir, par 1«
perle de l'appétit , par des éructations, des borboryg-
mes, des venis, etc. etc.
Le clou est une maladie sans danger qui se guérit, en
général, assez facilement ; le plus souvent même , on
le néglige , ou bien on le recouvre seulement d'un
morceau de sparadrap. Si cependant les clous étaient
nombreux, le malade devrait prendre qiielques bains
simples et boire une tisane rafraîchissante , telle que
de la décoction d'orge , de la limonade. Lorsqu'il
existe de la fièvre et qu'une ou plusieurs tumeurs sont
le siège d'une vive inflammation, on peut faire dimi-
nuer rapidement celle ci eu incisant la tumeur; si le
malade se refuse à cette petite opération, qui est assez
douloureuse , on doit alors appliquer quelques sang-
sues et des cataplasmes émoUieuls; les bains généraux,
ks boissons cmollientes acidulées , ne seront pas non
plus négligées. Sur la fin on facilite la sortie du bour"
billon ou de rhumeur, en appliquant un onguent ma-
turatif , tel que l'onguent de la mère ; lorsque l'appari-
tion coinciJe avec un embairas gastrique, l'expérience
a appris que le meilleur traitement consistait à admi-
nistrer un léger purgatif ou un vomitif; l'eau de scd-
jiiz ou le sulfate de soude , sont les plus convenables.
COEUR. — Organe principal de la circulation ; il
est situé dans la poitrine entre les deux poumons. eA
renfermé dans un sac membraneux, nommcpcricarâi.
L-^s maladies du cœur sont assez nombreuses, les plu*
fréquentes sont les anévrysmes et les palpitations
[Voyez ces mots),
■ COLIQUIÙ. — On désigne vulgairement sous c«
nom , une foule de douleurs vivci et mobiles , iyani
leur siège dans le ventre. Afin de distiugJicr entre
ellos les affections qui déterminent ces douleurs, on a
joint à ce mot des cpilbclcs qui en indiquent la ua-
COL ■ 93
lUie. î.i'-? principales coliques ?ont les suivantes :
Colique vextcusi: '. Elle est lercsulial de iaccumu-
l.'iiiou des gaz' dans le tube digestif: ii en sera traite à
r^ittirle VENTS.
CoLiQCE STcncoRALE '. Celte maladie 6*1 Ordinairement
le résultat de la constipation. (Voyez ce mot ).
Colique bilikuse : On la suppose produits par la
trop grande sécrétion et la surabondance de la bile.
Elle se reconnaît au goût amer et bilieux de la
bouche , à l'enduit jaunitre de la langue , aux nau-
sées, aux vomissements bilieux , au dégoût des bois-
sons, surtout fades et sucées, à la perle de l'appéiit
et à des douleurs dont l'intensité et le siège varient
sans cesse ; des gargouillements quelquefois très
bruyants accompagnent ces douleurs, auxquelles met
iin une abondante évacuation de matières bilieuses,
et qui ne se renouvellent que lorsqu'une nouvelle col-
lection biliaire sollicite son expulsion.
Cette maladie n'est le plus souvent qu'une indispo^
silion que le régime seul doit guérir. Il suffit, pour la
voir disparaître, d'une diète de vingt-quatre ou qua-
rante heures , aidée de boissons un peu acides , comme
une légère limonade ou simplement de l'eau avec du
sirop de groseilles ou de limon. On applique de»
cataplasmes de graine de lin sur le ventre, dans le cas
où les coliques seraient trop vives ; ou injecterait le
(juarl d'un lavement onlinaire fait avec une décoclioQ
de racine de guimauve, et de tête de pavot si, Taniiî
iiritc par le passage fréquent des évacuations, faisai»
éprouver des épreintes. ( Fotjez Diarrhée Embarras
CiSTRIQUE, etc.)
Colique hêmouroidale : On désigne ainsi , les doiF-
ifurs de veuire qui accompagnent ou piécèdinl ïet
heinOMûïdes , ou qui siicceJuni à leur suppresik)»»
Dans la dernière de ce- trois supposiliofis, le moJtfi>-
94 COL
lique hémorroïdale est moins convenable que dans ies
deux autres. Car c'est une maladie eu ventre, dans
laquelle les hémorroïJes ne jouent un rôle qu'à la ma-
nière de toutes les suppressions suivies de maladies.
Nous renvoyons au mol hémorroïdes.
CoLiQiE !^p;NSTnuELLE : ElIc cst déterminée chez les
personnes du sexe, par l'approche ou la suppression
des règles. ( Voyez ce mot.)
Colique nerveuse ; Elle survient sans cause, comme
rhez les personnes dont 1 imagination est vive , faciles
h s'affecter, à la suite d'une forte émotion de jilaisir
BU de peine , ou anrès une grande contention d'esprit.
La face devient pàîe, des douleurs vives parlent de
l'estomac el parcourent tout le ventre , il survient des
sueurs froides; le pouls est petit et inégal ; il y a des
défaillances. La durée de ceitc colique est courte,
quelques heures suffisent pour la faire passer sans
laisser des suites. Les au'.i.^^pasmodiques en poticn et
principalement l'éther, suffisent pour la dissiper comme
par enchantement. Si le mal se prolonge, on fait pren-
dre quelques lasses d'une infusion chaude de lieu. s de
tilleul, de fouilles d'oranger; on administre des lave-
ments émoUients ; on praique des fomentations sur le
ventre, et on le couvre de cataplasnn-s mucil.iginenx.
Enfin, si les douleurs ne s'amendiaent pas el qu'on
n'eût pas à craindre de troubler la digestion , l'im-
mersion du corps dans un bain tiède pendant un temps
a.sscz prolongé sera fort utile.
CoMQtE DE PLOMD, saiHryiiue^ métallique, des pein-
tres : Tous ces non:s ont été dor.ncs à une espère de
colique violente , qui se manifi s!e chez les individus
qui travaillent le plomb, ou qui font usage de ses pré-
parations : lels srnt les peintres , les plombiers , le«
p'itiers délain, les doreurs, les f;ibriranls et les
Lioyeurs de ccruse; chez les personnes qui boivent de
r.OL 95
l'eau qui â coulé dans dos conduiti de plomb qui font
usage d'uslensilcs de plomb , qui boivent des vins fre-
latés avec de la liiharge qui n'est autre chose qu'une
préparation de plomb,
L'iuvasion procliaine de la colique de plomb, s'an-
nonce par la constipation , la dureîé des matières éva-
cuées, et par quelques douleurs obscures et passagères
dans le ventre. Ces symptômes s'accroissent chaque
jour d'avantage, mais avec assez de lenteur pour per-
mettre au malade de continuer ses travaux pendant
quelques jours , et quelquefois même pendant quelques
§emaines.
Après cette première période, les douleurs devien-
nent plus intenses et quelquefois si violentes qu'elles
arrachent des cris ou malade et lui font prendre les
altitudes les plus bizarres ; puis elles s'appaisent et ne
consistent plus qu'en u?î resserrement douloureux des
parois Ju venlrc, jiuqu'à ce qu'un nouvel accès les
réveille. Plus violentes la nuit que le jour, elles par-
courent le ventre, se faisant sentir de préférence vers
le nombril et !a colonne dorsale, et s'acroni{)agnent as-
sez «ouvent de vomissements, mais plus fréquemment
de nausées et d'échappement de gaz. Au reste , nous
bornons là l'expoîc des caractères de celte maladie ,
pour passer à son traitement.
Ce traitement , pour ainsi dire empvrique , repose
sur la combinaison des jinrg.Tiifs et dos narcotiques.
Celui qu'on suit depuis bien des années à Ihôpilal de
la cîiarilé, a trop de succès pour qu'on paisse songer à
en découvrir un p'.u^ efficace : le voici tout entier.
!"■ Joiir: eau de Cavsc avec les grains , tisane su-
dorifsqiie simple, 'avement purgatif le matin, laveme;.!
cal.-naiil le soir el tliériaque 30 gtammes (\ once),
opium j 5 ceiiîig. ( 1 grniu ). 2^ Jour : eau bénite,
ti. uiic îuiuri np:c sinipie, lavcmm! purg.ilif, lave-»
96 coM
ment calmant, tiicriaque et opium. S« Jour : tisane
sudorifiqne laxative, deux verres; tisane suJorifique
simple , lavement calmant , thériaqiie et opium.
4« Jour : potion purgative le matin , ti.«ane sndoiiGque
iimple , thériaque et opium. 5^ Jour : tisane sudoiifî-
que laxative , deux verres , tisane sudorifiquc sini[)le ,
lavement purgatif, lavement calmant, thériaque et
opium. 6* Jour : potion purgative le malin, tisane
sndorifique simple , thériaque et opium. Enfin ,
7' jour : tisane sndorifique laxaiive, tisane sudorifique
simple, lavement purgatif, lavement calmant , théria-
que et opium.
Des essais faits avec soin ont aussi prouvé que
l'huile de crolon tiglium, donnée seulement à la
quantité d'une gouite dans une cuillerée de tisane,
était un excellent moyen contre la colique de plomb.
Dans tous les cas, dans le cours du traitement , il faut
insister sur une diète sévère et ne se permettre des
aliments , qu'après la cesrsation complète de la douleur.
Dans la coDvalescence on doit se tenir éloigné des
ateliers, el garder pendant plusieurs jours le repos.
COMMOTION. — Ebranlement violent communi-
qué à un organe par une force extérieure- Les comnio-
lions du cerveau résultant d'une chute ou d'une per-
cussion violente, sont les plus grave» et occasionnent
souvent la mort, soit par la rupture ou le déchirement
(le la substance cérébrale et des vaisseaux de cet or-
gane, soit par les épanchemenls sanguins qui lui sont
consécutifs Dans les accidents de celte espèce , il faut
avoir recours immédiatement aux émissions sangui-
nes ; quand la commotion est légère, on fait seule-
Tiicnt ïcspiier des vapeurs excitantes, telles que le
vinaigre, réilier, l'acide sulfureux que l'on produit en
brûlant des allumettes soufrées ; on donne un verre
(l'eau frojilc simple ou légèrement vinaigrée.
CON 9?
Ces moyens suffirent pour rappelt-r le malade à !a
connais^anre, calmer les envies de vomir el faire dis-
paraître res[)èce de sliipeur qui persiste souvenl après
que les sens ont cic rétablis. Ce qui dislingue !a coni-
m-otion de la compression occasionnée par un épan-
chement, c'est que la première- va toujours en din;i-
nuant, «andis que 1rs effets de la seconde vont «.aua
cesse en aut^menlai.t.
CONSOMPTION. — On désigne par ce mot un élal
maladif général, caractérisé par ia diminution lenle it
progressive des forces et de l'embonpoint , avec fièvre
p!u5 ou moins prononcée. Qiiand la consoraplion est
bien manifeste , elle prend le nom de fièvre licciiqu e^
qui elle-même est pri^e comme synonyme do phtlnsîr,
elle peut être le résuilat de causes très difurentes. Un
accroissement rapide, la vieillesse, rinaiiition, mie
lactation excessive pour les jeunes eufanls , une fati-
gue générale, longtemps conlinuée , l'abus des plaisirs
vénériens , les affections tristes de l'àmo , etc. , cle.
Elle est aussi la conséquence obli'^ée de beauc Jiip de
maladies incurables. Il n'y a pas parconséijurul de
Iraitemfnt spécial pour la consomption , pour la coin-
baUre il faut attaquer les causes qui l'ont produit , les
annonces qui la nieilcnl au nombre t'es maux qu;
combattent avaniai^eusenicnl telles ou telles rceetles tle
charlatans, sont donc de tojt point fausses et men-
songères. (l'oycs /eî «Jo/9 AaiAIGRISSEMErîT , Cacho*
Cil niIE, FAIBLESSE, PaTHISIE, PUL^IOX AIRE , CtC. )
CONSTIPATION. — État d'une personne q-j m
peut aller à la selle, ou qui n'y va que difficilement
et rarement, La liberté du ventre est une condition
néceisaire à la santé, il est donc inqiortanl de l'enires
tenir ; si elle reste quelque temps euiravée , il se ma-
nifeste des accidents plus ou uioius (jravcs , l'appétit
•e perd, le veitlre y>'">u'vt nlus do v luine cl de du-
7
98 CON
relé ilsurvient îles Jouleuis lunihaircs, des pesan-
teurs vers l'anus , des douleurs de tête , des insomnii's,
des auxiélcs , d^ coliques , des hciuorrhoïdes.
A pdr'v toutes les maladies dout le» organes digestif,
peuvent être atteints , la constipation reconnaît ui
grand nombre de causes, djnt les plus ordinaires sont
la vie sédentaire , le séjour au lit prolongé , une diclo
sévère, ou Tusage d'aliments échauffants , de vins gé-
néreux , de liqueurs fortes, de médicaments acres,
astringents om narcotiques, l'habitude mauvaise de
résister au besoin, elc. Qiîoi qu'il en soit, la consti-
paliou ert plus fréquente chez les femmes que chez les
Lommes , et dans la vieillesse que dans la jeunesse el
l'âge mur.
La constipation accidentelle je guérit pur des lave-
ment! d'eau simple, ou dans laquelle on aura fait dis- ;j
îoudre une cuillerée de sel de cuisine , ou bien
encore d'eau préparée avec l'infusion des herbes
émollienles ou de quelques piaules l'axalives , tel-
les que la mercuriale ou le séné; quand ces moyeng
sont insuffisanls, ou à recours à l'emploi d'une polion
j>urgative préparée avec de la mauve, de la rhubarbe,
du jalap et des sels neutre?.
Lorsque la consiipaiion est habituelle el ([u'elle n'est
pas le symptôme d'une autre maladie, aux moyens
que nous venons d'indiquer pour la cousti-p.'lion acci-
dentelle , on joindra avec avantage Tcxcrcice à pied ,
l'usage d'aliments doux^ acidulés, des végétnux, des
herbacés, des fruits, des boiss.ms rafraîchissantes,
comme le bouillon aux herbes , le bolllon de veau , le
petit lait; le jus de privncaux , le lait froid , la bierre ,
le cidre, la limonade de crème de tartre, etc. Si co
régime est insiiRisan.l , en fait usage de quelques pi-
lules de jalnp , d'aloès , prises le uiaVu à jeun ou im-
Biédiatemcut avant lc5 renas
coN 90
CONTUSION. — On donne ce nom à la meurtris-
sure produite par le choc ou la pression d'un corps
ronrondanf , tel qne des Liions , une pierre , un
boulet, etc.
Dans la contusion la peau n'a pas été déchi-
rée , mais il y a presque toujours rupture des pe-
tits vaisseaux placés au dessous d'elle. Le sang qu'ils
fournissent se répand dans les parties environnantes
et donne lieu à une tache d'un noir viulet, plus ou
moins étendue suivant la force de la contusion, et qu'oa
nomme ecchymose.
Quant au traitement, la terminaison par absorption
du sang étant la plus désirable , c'est celle qu'il con-
vient de provoquer. Il faut donc dès les premiers
moments avoir recours aux médicaments dits résolu-
tifs et répercutifs, car ils agissent à la fois en empê-
chant une plus {grande quantvîé de sang de s'épancher
et en facilitant la résorption de celui qui existe déjà.
On retirera surtout de bons effets des applications de
l'eau de Goulard , que l'on fait en ajoutant à de l'caf
froide un peu d'extrait de Saturne qui la blanchit et
un peu d'eau-de-vie ; on peut aussi avoir recours à
une simple dissolution de sei de cuisine dans de l'eau
froide ou même à de l'eau vinaigrée. Ou continue
ces moyens jusqu'à la guérisson , si la contusion est
légère. Mais si, vers le deuxième ou le troisième jour,
il se développe de la douleur du gonQement, de la
voiigcur, il faut abandonner ces moyens et recourir
lux cataplasmes éniollieats et même aux applications
Je sangsues; n;ais dès que Tirrilatiou a cédé on revient
i l'eau de Goulard. Ce n'est quelquefois qu'au bout
d'un temps très Icng que la partie couluse reprend ^o
couleur et son étut naturel.
Lorsqu'au lieu -lo s'épanche-, lo sa-îg a fonvié ua
100 cou
véritable dépôt, il peut arrlvor qu'si ne puisje pai
être résorbé et qu'il faille ouvrir la tumeur pou: lui
donner issue. Mais il ne faut pas îrop se hâlcr ùc
prendre ce parti : ce n'est que loriqu'il devient cviden*.
que la nature est impuissante pour le faire disparaîl-.e
qu'on doit agir. Si la tumeur est molle et velu::;!-
neuse il suffira d'y faire une petite ponction, pane
que le sang y est liquide et qu'il s'écoulera facilt-
ment : si au contraire elle est dure, il est à croi p
que le sang y est coagulé et assez dense, il faut alorj
faire sur la tumeur une incision assez grande qui
puisse donner passage aux caillots. Au moment de
la contusion on ferait bien de chercher à dissiminer le
sang qui tend à s'épancher au Uioven de la pression
upérée par une pièce de monnaie enveloppée daus un
liuge ou tout autre moyen de pression ; cependant il
faut avoir soin de ne pas agir avec trop de force, car
alors, outre la douleur assez vive qiii serait le réiultal
de cetie manœuvre, on pourrait augmenter le mal au
lieu de le diminuer : des pre^^'ons faites sans ména-
gements pourraient même entraîner la gangrène des
parties.
Il arrive quelquefois que les bosses ou contusion
s'enflamment et que malgi é les applications émollienles
et les sangsues , elles finissent j)ar s'abcéder ; on les
traite alors comme des abcès ordinaires ( V. Abcès,
i'.OSSB, ctc ).
Pour les contusions avec décliirure de la peau on
leur doime le n un de plaies coniuses. Nous renvoyons
ce que nous avo:iS à en dire au mol : plaie.
CONVALESCE^■CE — C'est l'éial qui succède à
la maîadie, sans clie cependant encore l'état de
santé parfaiie.
Dans cette siiuaîion le convalescent se trouve
e.xj'.osé à d(UÂ sorcs de d;'.iit,'eis ; il est pins dis-
J-— A ?, ivoir ùr.v îccbute. ;? n;'oni!cr dans la
CON 101
mt^nie maladie ; il esi plus acccsiible à lautes les
autres. En effet quelle diffcrence entre l'état de con-
valescence et la santé telle qu'elle était, telle qu'elle
doit revenir. L'amaigrissement, la pâleur, la faiblesse
musculaire , la débilité de l'intelligence , l'affaiLlisse-
nicnt des organes digestifs, etc., tout annonce que le
forps a besoin de ménagements plus ou moins minu-
tieux et prolongés en même temps qu'il a besoin
rêlre régénéré après la lutte qui avait compromis
îofi existence.
La convalescence, courte dans l'enfance et dans la
jeunesse, est progressivement plus longue dans l'âge
mûr et la vieillesse, plus longue dans les lieux bas
£t humides que dans les lieux secs et élevés, plus
îon;;ue cuccro dans l'hiver et les temps froids que dans
Jo printemps et l'été, et au milieu de circonstances
liygicuiques favoiables. La règle la plus essentielle
dans la direction à donner à la convalescence, c'est de
procéder rraduellemcnl en obse: vant avec allenlion de
quelle manière chaque chose est tolérée. La nutrition
étant la base fondame::tale de la restauration du corps,
c'est f ur elle d'abord que se concentrera la sollicitude;
c'est un bon signe que l'appétit, mais il faut prendre
garde qu'il n'excède les forces digesiives : il ne faut
donc le satisfaire qu'avec réserve et jamais jusqu'à
satiété; il est iaiporiant surtout de suivre uns pro-
gression sévère et raisonuée dans l'alimeniatiou du
convalescent. On commence par des bouillons , des
laits de pot le, de légers jjolagts prépaies avec la
semoule, la fécule de pommes de terre, le salep , le
capioca, etc., quelques cuillerées de chocolat, des
jtjées animales ou végétales, des fruits cuits ou bien
■niirs, des légumes de saison , ^es oeufs frais et liqui-i
les. On passe successivement à une alimentation pUisi
.clide et plus restaurante; après les cousommés i les!
i02
CON
poissons à écailles , les viandes rôties d'animaux jeune*
et puis adultes; les sauces, les épiées, ne convienneut
que plus tard. L'eau rougie et un peu de vin pur dans
les repas , sont ordinairement convenables; il t'aul éga-
lement graduer Texercice musculaire et inlellcctuel,
ranimer les mouvements et l'esprit peu à peu et sans
fatigue. Il faut en outre que le moral du convalescent
soit entretenu dans un état de gatté , par des distrac-
tions douces et variées suivant son âge , son sexe , ses
habitudes , son earacière et sa position sociale.
Mais le point capital, nous le répétons, c'est le ré-
gime. Tout écart dans ce genre peut être cause d'une
rechute ou , au moins, peut prolonger indéûuimcnt la
convalescence.
CONVULSIONS, spasmes, attaques de nerjs. — On
désigne sous ces difféients noms les mouvements dé-
sordonnés et involontaires des muscles avec allercatiTe
de contractions et de relâchement et souvent accom-
pagnés de perte de connaissance, de délire passager ,
d'accélération du })0uls, d'augmentation de chaleur,
de sueur générale, etc.
Les convulsions ne sont souvent qu'un des symptô-
mes de beaucoup d'affections nerveuses, telles que Té' :
pilepsie , l'hyslcrie , la rage, la danse de St-Guy, etc.
Quelquefois cependant elles constituent une maladie
particulière.
Les causes des convulsions sont génâtalement toutes
relies qui agis>ent sur le cerveau ou le système ner-
veux, entr'auîres l'habitation des villes, une nourri-
ture trop succulente , l'usage des spiritueux , les veilles
prolongées, les émotions fortes, la joie, la tristesse,
la frayeur, la colère , la douleur, le défaut d'exercice ,
la suppression d'un écoulement habituel , l'abus des
plaisirs du monde et de l'amour, etc.
L'âge auquel on est le plus exposé au.\ affections
cow 103
convulsives, est sans contredit l'enfance, surtout pen-
dant les premières années, lénornie développement de
l'appareil nerveux à ce;te époque de la vie, explique
suffisamment cette fâcheuse prédisposition. Les femmes
y sont aussi, par une raison semblable, plus ^jeites ,
que les hommes, et parmi ces derniers, les individus 7
1 tempéramnneul sec et nerveux ou livrés k des occu-
pations sédentaires, rentrent dans les mêmes condi-
tions que les femmes et les jeunes sujets. Les enfants
nés de parents présentant habituellement des phéno-
mènes nerveux, dont les mères ont été affectées d'ac«
cidents spasmodiques pendant la gestation , apportent^
une prédisposition incontestable.
Le traitement des convulsi-jns doit varier suivant
les causes qui les ont provoquées : ainsi, dans les pre-
mières années de l'enfance, l'on pratiquera l'incision
des gencives, si les accès coincïdent avec une dentition
difficile, on administrera les anthelminthiques ou ver-
mifuges s"'il existe des vers ; on appliquera quelques
sangsues aux tempes ou au ventre, si des signes d'ir-
ritation du cerveau ou de l'estomac ont précédé la
maladie : enfin. Ton aura recours aux affusions fraî-
ches, aux bains froids, ou l'on emploiera la valériane,
l'assa fœtida, le camphre, l'oxide de zinc , le rcusc , etc.,
Si la maladie ne paraît dépendre que de la grande
sUsceplibiHlé du système nerveux à celte époque de la
de.
Il en sera de même chez les grandes personnes, si
.es convulsions dépendent d'une maladie quelconque,
.1 faut s'occuper de guérir celle maladie et les convul-
«Ions, dès qu'cU'S parnîiront; en nicme temps ([uor-d
l'ai ces csl déclaré , s'il y a des signes de plélhore ,
i-ougeur de la face, gonllcraeut des veines, etc., ou
doit snignor et aj)|:liqucr des sangsues derrièie les
jreilies Si au contraire la reau ed lâlo, refroidie, si
104 oôN
1 ; pouls est faible el lent ou serré et dur, on insistera
sur les révulsifs, les boissons ainispasmociiques, on
fera respirer des sels, des odeurs fortes , etc.
Lorsque les convulsions tieiiincnt à une excitation
pnssigère du cerveau, produite par une sensation in-
solite quelconque, il faut alors soustraire aux sens les
oi)jels ou les personnes qui peuvent les affecter d'ur.c
manière trop vive, Dansqtielques cas on a conseillé de
S:)uinettre les malades à une vie active et laborieuse , à
des exercices pénibles; c'est surtout quand les convul-
sions paraissent être produites par une éducation molle
ou énervante , par l'abus des jouissances de tous les
sens. Ou a pro[>osé dans le mcrne cas tous les genres
do gymnasiique , l'exercice à cbeval ou en voilure, la
iiatalion , etc., pour rompre la périodicité de certains
actes convulïifs. Enfin , il est \nie puissance morale,
dont l'exercice sagement dirigé j)eiit, dans beaucoup
le cas, ffiaîiriser l'aclion musculaire, la plus désor-
ionnée, c'est la volonté. Sans doute, ce serait à tort
[ue l'on compterait sur cette puissance, pour arrêter
le cours des convulsions dues évidemment à une phleg-
îuasie (inllammalion), ou a quelque autre lésion rua-
térielb du système nerveux; mais toutes les fois que la
Uialadie est uniquement le résultat d'une habitude vi-
cieuse, du défaut d'harmonie ou de coordiualioa des
iurcGS locomotrices, il est permis d'en espérer les plus
grand succès. Il est même peu de maladies convulsi ves,
auxquelles il ne puisse apporter d'heureuses modifia
calions : aussi on \oit tous les jours , la volonté mai-
Iriser des strabismes, des bégaiements, des épilepsies,
des tétanos, des toux convulsives, des vomissements, etc.
Dans quelques cas tous les eiforts doivent tendie à
rompre une habitude vicieuse, à imprimci une aiiîie
diicclion aux mouvements actuels, à sid)stiluer une
action léguixre à une action Derveriif; dans d'autres.
COQ 1 05
il suffit de frapper vivement et soudainement ralten-
tion du malade, pour distraire, en quelque sorte, le
principe du mouvement et remplacer un acte convul-
sif p;ir uu acte sensitif ; tel est l'effet d'un bain de sur-
prise , d'une nouvelle inattendue, d'une forte im-
pression morale quelconque ; tel a été sans doute l'ef-
fet des exorcismes , de la foi religieuse et de la fol
magiictique. Il est presque inutile de faire sentir quil
est une fuule d'autres moyens hygiéniques ou pliarnia-
ccutiques, dont l'appréciation ne peut être bien sen-
tie qu'à l'occasion de chaque espèce de maladies
convulsives considérées en particulier, et que nous nous
trouvons par cela même forcé de renvoyer aux arti-
cles qui les concernent. ( Voyez Daicse de St-Gut ,
Epit.epsie , etc. )
COOl-ELUCHE. — On donne ce nom à une ma-
ladie des voies respiratoires caractérisée par une
toux convulsivc , revenant par quintes saccadées,
entrecoupées de bruyants mouvements d'expiration
et d'inspiration. Elle semble être propre à l'enfance,
quoiqu'on en cite plusieurs exemples dans l'âge
adulte et mémo dans la vieillesse, attaque plutôt les
; sujets lymphatliiques et nerveux, aussi bien les riches
que les pauvres, mais de préférence les enfants
élevés dans ics lieux bas et humides et qui sont lé-
gèrement vêtus, sans pourtant que le froid soit un
élément nécessaire à son développement, puisqu'on
•la voit plus ordinairement au printemps et en au-
tomne, et qu'elle cesse très souvent aux approches
de l'hiver.
Régnant très souvent sous forme épidémique, pou-
vant même se communiquer d'un sujet à un autre,
elle onVc généralement dans sa marche trois péi-io-
dis a6sez marquées. La première période, qui est
d'invasion, a lieu ioil au milieu d'une sajité parfaite.
406 COQ
îoil sur la fin d'une des nombreuses ma^aàies pro-
pres à l'enfance, comme la scarlatine, la variole.
L'enfant est pris de frissons , devient maussade ,
triste, est sans sommeil, a la face boufiie , les yeux
larmoyants, et tous les symptômes d'un rhume de
cerveau qu'accompagnent bicnlût une lièvre légère et
une -toux quinteuse. Cette première période dure
huit, dix, douze, ou quinze jours.
Dans la seconde période, qui n'est que la conti
nuation, avec aggravation, des phénomènes qui. ont
signalé la première , les accès de toux se rappro-
chent, les mouvements respiratoires deviennent plus
fréquents et irréguliers; le malade fait des efforts
['our arrêter ou même étouffer l'accès dont il pres-
sent l'invasion, et qui éclate malgré lui. Ces accès
do toux sont secs, brefs, saccadés, suspensifs, quel-
quefois de la respiration, au point de rendre la suf-
f-calion imminente; la face est rouge, violette, les
yeux sont saillants , remplis de larmes. Chaque se-
cousse de toux amène l'expulsion do mucosités vis-
jucuses, filantes, souvent accompagnées du vomisse-
ineiit des matières qui sorit dans l'estomac. Enfin
l'élat convulsif peut se généraliser et donner lieu à
de véritables convulsions. Cet état peut se prolon
•^'-r plusieurs mois, mais ordinairement il ne reste
jion caractérisé que quinze jours ou trois semaines.
Quant à la troisième période, qui est celle du dé-
plia , elle commence au moment où les quintes de
■f^ux s'éloignent, deviennent moins spasmodiques e»
noins bruyantes , où les vomissements n'ont plus
::i;u, et où les matières expectorées, au lieu d'clre
limpides et filantes, sont opaques et jaunâtres, comme
Jons le catarrhe de la poitrine.
Lnrs({ue la coqueluche n'oflre dans son début que
^ symlùmçs que nous ^vons dc«ri'.s , on doit se
COR 107
borner à l'usngo des boissons chaudes raucilagineu-
scs, comme celles de mauve, de coquelicot, aux-
picllcs on ajoute le soir un peu de sirop de pavois;
oustraire l'enfant au froid et à l'humidité et, dans
îe cas de fièvre intense , fairo^une application de
angsucs derrière les oreilles ou sur les eûtes de la
poitrine. Aussitôt que les accès de toux deviennent
secs, saccadés, suiïoquants, on trouve le plus grand
avantage à faire prendre à l'enfant k)us les matins
un grain (5 cenligr.) d'émétiquQ^dans un demi-verre
d'eau, surtout si une tendance aux congestions vers
le cerveau ne le contre-indiquc pas. Après les vo-
mitifs auxquels on associe souvent avec succès les
purgatifs, mais surtout la manne, le sirop do rhu-
barbe, les médicaments les plus apj)roprics sont les
préparation? d'opium, ou mieux encore l'extrait do
Belladone donné à la dose de un à deux centigram-
mes et associé à la valériane. On s'est aussi trouvé
très bien de faire respirer pendant les quintes de
toux, des vapeurs éthérécs^ ou des fumigations faites
avec le benjoin, le styrax et les Ileurs de lavande.
On ne doit en venir aux vésicaloires que lorsque la
coqueluche alfoctc plutôt une forme catarrhalc que
nerNcuse. Sur lafinde la maladie, on le sait très bien,
l'elat d'épuisement où sont quelquefois les enfants
ampose assez souvent l'obligation de substituer les
infusions amèrcs, comme la petite centaurée, le li-
chen d'Islande, aux boissons simplement mucilagi-
neuses, les pâtes de jujubes, les pastilles soufrées
conviennent aussi , et sont aisément acceptées des
enfants.
COR. — On donne ce nom à une excroissance
dure, plate en forme de clou, qui se développe sur
différentes parties du pied u^^jç; principalciucût aux
doigis
108 COR
LOS personnes dont la peau est sensible, déîicatô
el fine sont plus exposées aux cors et en soujTrenl
davantage que les autres. Ces excroissances de l'é-
pi derme ont toujours pour cause des chaussures trop
courtes ou trop étroites et dont le cuir est dur et
peu élastique. Habituellement les cors croissent
l'une manière lente et graduée, et, dans les com-
ineucemonts ils ne donnent lieu qu'à un peu de
gène, mais, à mesure qu'ils prennent de l'épaisseui
et de l'étendue, ils causent des douleurs qui qucl-^
qtiefois deviennent tellement vives, que les individus
i\Q peuvent ni marcher ni se tenir debout. Ce no
sûiil point les cors eux-mêmes qui sont douloureux,
^Is n'agissent que comme corps étrangers sur les par-
ties sur lesquels ils reposent. Habituellement, dans
Its temps chauds, ces parties deviennent plus rou-
ges, plus gonllées et en même temps plus sensibles;
dans les temps humides, au contraire, le cor se
gop.lle comme tous les corps hygrométriques , aug-
mente en volume et exerce une pression plus forte.
De là, dans l'un et l'autre cas, les souffrances plus
grandes qu'il occasionne et qui ont leur siège non
ians sa substance tout inerte, mais bien dans les
parties qu'il comprime et qu'il froisse.
Les cors ne sont point généralement dangereux,
mais ils constituent une inlirmilé si incommode pour
les personnes obligées de marcher beaucoup, qu'on
ne doit pas négliger les moyens capables de les
faire disparaître : et l'on y parvient d'autant plus
facilement qu'on les attaque à une époque plus rap-
prochée de leur apparition ; car lorsqu'ils sont vo-
lumineux et qu'ils ont poussé de profondes racines,
il est en général fort diflicile de les guérir.
Le meilleur moyen de guérir les cors consiste,
gprès avoir écarte le? causes qui avaient provoqui;
COR 409
leur apparition, h enlever en doduiant, avec un in-
strument bien tranchant , tel qu'un Listouri ou uc
rasoir, leurs couches les plus superficielles ; à me-
sure qu'elles sont ainsi emporljées , on voit les plu?
profondes , qui cessent d'êlrc pressées avec une
égale force contre la peau , ressortir en quelque
sorte et se présenter successivement à l'opération
Il est alors souvent possible, à l'aide d'une aiguille
solide et à pointe mousse, d'isolei la racine du <c;r
des parties saines en grattant àl'cntour avec la pointe
de l'aiguille, de manière à la délacher entière(\jent
et à l'extraire sans la plus légère douleur. Le pan-
sèment consiste ensuite à remplir ce petit trou avec
de la graisse de mouton et recouvrir la partie d'^a
emplâtre de savon ou de diachylon. Les bains de
pied que l'on emploie habituellement pour faciîitei
la section des cors ne sont pas toujours aussi utileu
qu'on le croit : ils ramollissent et gonllent l'épi-
dermc et s'opposent à ce qu'il soit aussi exactement
coupé que lorsqu'il conserve sa résistance normale.
D'ailleurs les racines des corps ainsi ramolics ne
peuvent presque jamais cire détachées et extraites
de la cavité qu'elles se sont creusées. Et cependanî
c'est là qu'est luute la guérison.
La cautérisation est également un bon moyen
d'obtenir la guérison des cors. On peut la pratiquer
d'un grana nombre de manières. Toutes ne sont pas
indilTérontes, et il en est quelques unes de fort dan-
grrouscs. Celle qui est piéférable consiste à couper
autant que possible du cor sans le (aire saigner te
sans causer de douleur ; puis à mettre le pied dans
de l'eau cliaude pendcint un quart d'heure ou vmgt
minutes: alors, après avoir bien essuyé la partie, on
passe sur la surface du cor le nitrate d'argent
(pierre infernale). Qtielqp.c;: heures après, la surfacQ
I 10 COR
est noire et sèche, et cette espèce Je croûte torahe
au bout (le 6 à 8 jours, quand on a soin de mettre
souvent les pieds dans l'eau. Lorsqu'on a appliqué
la cautérisation, il est prudent de ne pas se livrer à
la marche peu de temps après; car alors la moindre
l'a tigue ou la moindre pression sur l'endroit fraîchc-
m ent cautérisé peut donner lieu à des douleurs
o\c essivement vives , à la formation d'un abcès et à
l'impossibilité de marcher pendant fort longtemps,
II est donc bon de n'avoir recours à ia caulérisa-
lion que le soir en se couchant: le repos de la nuit
suOit ordinairement pour mettre à l'abri des acci-
dents. On a employé aussi la potasse caustique
(pierre à cautère), le beurre d'antimoine , l'eau
forte, l'huile de vitriol, etc. Mais ces moyens vio-
lents exigent beaucoup de précautions et sont fort
difficiles à manier; ils occasionnent même fort sou-
vent de graves accidents, des inllammalions, la dé-
nudation des tendons ot même des os, l'ouverture
des articulations, des accidents tétaniques, etc. Le
liilratc d'argent n'a, au contraire, aucun de ces ac-
cidents, et nous pensons que c'est un moyen dont
0!) peut essayer sans crainte , en agissant toutefois
itvec prudence, et en prenant les précautions que
nous avons indiquées.
Outre les divers modes de traitement rationnel
que nous venons d'indiquer, il existe encore une
multitude de remèdes plus ou moins bons; quelques-
uns peuvent apporter un soulagement momentané,
ïîîais presque jamais n'amèneront la guérison : telle
e.sl, par exemple, l'usure du cor au moyen de la
pierre-ponce, ou dos limes dites sulfuritjues, dia-
mantces, aimanlées, etc., etc., qui consistent uni-
quement dans une petite pièce do bois sur laquelle
o;t fixe, au moyen de colle-forle, de la pouJic d'é-
cou 111
meri , de limaille de fer ou de verre pilé. Ces in-
sinimcnls ont Favantage d'user le cor sans pouvoir
blesser les parties saines qui sont trop molles pour
être attaquées par la lime. Les emplâtres de sivon ,
de mucilage, de gomme ammoniaque, de gaibanum,
des diflëieuts sparadraps, etc., sont sans doute des
moyens peu eflicaces, mais comme ils sont sans in-
convénients et que, réunis à l'habitude de porter
des chaussures convenables , ils peuvent êîre suivis
de bons effets , on fera l^ien de les essayer. Nous en
dirons autant des feuilles fraîclK's de joubarbe, ou
de lierre, d'une lame de baudruche, ou de coton en
bourre; mais pour ce qui est des secrets et des pré-
tendus spécifiques préconisés avec emphase par le
charlatanisme, il faut s'en méfier beaucoup, parce
que le plus souvent ils ne se bornent pas à être in-
signifiants , ils sont encore dangereux : presque tou-
jours ce sSnt des substances très-énergicjues qui,
n'étant pas employées avec les précautions conve-
nables, peuvent produire les accidents les plus dan-
gereux.
COUP DE SANG, — On donne ce nom à une des
foru es de l'apoplexie , dont elle constitue le degré
moins fort. En effet, il y a alors seulement forte
congestion, ou accumulation de sang vers le cerveau;
mais la substance de cet organe n'est pas altérée ni
dccliirce.
Les individus d'un tempérament fort et sanguin,
disposés à la colère, adonnes au\ boissons excitantes
y sont piédisposés. Toutes les passions fortes, les
plaisirs \éiiériens, la juie exit-ricure, la colère, le dé-
sappointement , un violent chagrin, e:c., peuvent y
donner lieu , ainsi que Tu âge de cravates ou de vê-
leuieuts trop serres.
Les signes sont à peu près les m''mes que C' u\
ii2 cou
lie l'apoplexie; les individus éprouvent des cblouis-
scmcnîs, dos élourdissenients , puis, souvcnl tout à
coup, ils tombent sans connaissanoc; il y a paralysie,
dvi tout le corps , le pouls est fort ci plein , la ros-
[>iraliou gênée, la face rouge et gonflée. Au botl
d'un temps plus ou moins long, le malade reprend
connaissance, il se plaint de douleurs de tcte,d'ol.-
scurcissement de la vue , de bourdonnements d'o-
reilles, de fourmillements des membres; ces acci-
dents vont en diminuant, et souvent le lendemain il
n'en reste aucune trace.
Le traitement est ici parfaiternent indiqué par la
nature de la maladie : il s'agit de s'opposer à ce que
le sang se porte au cerveau et , lorsqu'on n'a pvis
prévenu cet accident , à débarrasser l'organe de la
congestion dont il est le siège. Les moyens les plua
propres à y parvenir sont les saignées généraUs et
locales, les bains de pieds, les applications froide»
sur la tête, elc , etc. (Voir pour plus de renseigne-
ments l'article Apoplexie, dont le traitement est
absolument le même que celui du coup de sang). Il
en est de m<^me des préceptes hygiéniques , du ré-
gime et de la manière de vivre, fort utiles dans l'un
;omme dans l'autre cas.
COUP DE SOLEIL. — On donne ce nom à une
lortc d'iullammalion superficiolle qui donne à la
peau une couleurrougcér)sipélateuse, et qui recon-
naît pour cause l'action trop vive et trop prolongi^e
d'un soleil ardent sur les parties découvertes dw
r-crps.
Les personnes dont la peau est fine et délicate»
et qui sont pou habituées à l'exposition prolonger
au grand air et au soleil , y sont pins disposées que
d'auircs. Vno rougeur vive avec go;illemcnt de la
peau, scnlimem de chaleur cl de prurit brûlant,
cou 113
cnsibilitc exlrcnic au toucher, quelquefois mal do
clc , mouvement fébrile même, tels soi;t les synip-
ômes habituels du coup de soleil.
Le traitement de ccUc affection est bien simple:
an bain tiède, plutôt frais que chaud, des lotions
fraîches sur la partie eullamniée , des onctions avec
la crème, l'huile fraîche, le cèrat simple, etc., suf-
fisent habituellement pour dissiper la douleur qua
le malade éprouve; cependant il est souvent néces-
saire de pratiquer une sai^jnée chez les personnes
sanguines. Ordinairement celle légère maladie ne se
prolonge pas plus de deux à trois jours ; pourtant
on l'a vue quelquefois donner lieu à une affection
dartreuse, un érysipèle véritable, une inflammation
du cerveau et d'aqjres maladies plus ou moins sé-
rieuses ; heureusement cela n'arrive presque jamais.
COUPEROSE. — C'est une espèce de dartre pus-
tuleuse qui attaque spécialement les joues, le nez,
le front, et qui se manifeste par une couleur ro-
sacée, de laquelle elle a tiré son nom.
Toutes les fois que la couperose se déclare , la
peau du visage s'enilammo cl rougit avec plus ou
moins d'intensité ; en voit alors naîli-e et se déve-
lopjîor çà et là , ou par groupes, une mi;ltilude de
petits boutons de forme conique, et qui sont plus ou
moins proéminents sur la peau. Fresque toujours ces
boutons ne disparaissent, au bout d'un certain
temps , <juc pour faire place à d'autres qui se coia-
poîlcnt do même , et il s'établit ainsi une éruption
continuelle aussi incommode que désagréable.
Les personnes atteintes de couperose éprouvent
dans les parties malades une sensation de chaleur
et de tension assez forte -, souvent il s'y joint dus
picottements ou de la démangeaison ; elles ressen-
tent fréquemment des bouiîcca de clialcur qui loiir
8 ,
414 cou
montent au visage. Ces accidents sont iiabiluelle--
ment exagérés après les repas, ou quand elles se
trouvent près du feu ou dans un endroit bien clo?.,
eî dont la température est très élevée.
Celte affection est plus fréquente chez la femme
que chez l'homme ; elle peut se rencontrer dans la
jeunesse; K.;ais c'est surtout l'âge mûr, et chez Icj
femmes, l'époque critique, qui l'offrent dans tout soi
développement.
Les causes de cette maladie sont généralement
les excès de table, l'abus des liqueurs spiritueuses,
les émotions vives , subites et fréquemment répé-.
técs de joie ou de tristesse, de peine ou de plaisir,
les veilles immodérées, l'abus des cosmétiques et
principalement du fard, la suppression des hémor-
rhoïdes, celle des règles chez la femme, etc., etc.
La couperose est généralement dilFcile à guérir,
c; souvent elle résiste au traitement le mieux com-
biné ; nous recommandons cependant l'usage fré-
'jîient des bains tièdcs, durant lesquels on se lave
lo visage avec de l'eau fraîche, les bains de pieds
répétés, les lavenients pour entretenir la liberté du
ventre , l'eau de son animée d'un peu d'eau de Co-
ogne pour laver le visage, une infusion légère de
hicorée sairage pour boisson, etc. Si ce traitement
e suûit pas, que rinllamination du visage soit très
ive, et que le malade soit fort et pléthorique, on
'eut alors avoir reconars à la saignée ou à une ap-
'licatiou de sangsues sur les parties malades. Les
sngsues ont l'avantage d'amener presque immédia-
-•nient un dégorgement local toujours utile. Les ca-
;p;lasmes émollients,. saupoudrés de Heurs de soi'-
.0, sont également très avanl.Tgeux; le soiif:e
;,:rlout, administré sous diverses formes, est un des
niMicamcnts les plu? précieux. Les eaux mincralei
COii 115
sulfureuses adniinislrécs en Laîns, on doucliçs cl en •
l'olibns réiléiées sur le visage , suniscnt même sou-
vent pour détruire la maladie.
Les émé tiques et les laxatifs conviennent aussi ,
lorsque la couperose se trouve jointe à la torpeur de
la digestion , covame cela arrive fréquemment. Les
a'.ociiiques, les médicaments propres à rappeler les
règles , les émissions sanguines seront utiles , si lî
maladie était liée à l'interruption des règles ou dei
hémorroïdes.
Pour favoriser autant que possible l'action médi-
camenteuse des moyens que nous venons d'indiquer,
il est impartant d'éviter toutes les causes qui ont pu
intluer sur le développement de la couperose; il est
surtout nécessaire de s'assujétir aux lois d'une sage
hygiène. En effet , le traitem.ent le mieux combiné
et suivi avoc le plus de ^crscvérïince n'aurait que
des cfrcls passagers, si les malades n'adoptaient pas
un ré^'ime propre à favoriser l'action des remèdes,
lue vie sobre et régulière, un régime habituel com-
posé de viandes blanches, de légumes fi-ais, de fruits
aqueux et fondants; le soin constant d'éviter les
exercices fatigants, les veilles, les travaux de cabi-
net, le séjour prolongé dans des lieux chauds ou
près du feu, sont les règles hygiéniques les plus sa-
lutaires et les seu'es qui puissent, avec les autus
parties du traitement , compléter la cure de celle
ma'i'die ordinairement si op'iniùîre.
COUPlTiE. — Expression vulgaire, réservée orli"
naireïnent pour les plaies peu profondes et de p -
liie dimension que les instruments tranchants, tc's]
que couteaux, canifs, rasoirs, etc., font aux mains,
au visage-, etc.
Lcrrsque les coupures ne sont pas accomTiagnées
d'autres accideuls , elles sent on ne peut plus sim-
il 6 cou
y\QS et prus iacilcs à guérir. Le meilleur mode à
cuivre est de laisser raisonnablement saigner la cou-
pure; cela dégorge les parties voisines et maintient
dans de justes bornes l'inljammation qui résulte de
toutes les plaies; puis on lave la partie blessée avec
de l'eau pure pour enlever la plus grande partie du
sang caillé et des matières étrangères qui pour-
raient s'y être introduites. Ensuite on appliquera
l'une contre l'autre , et fort exactement, les deux
lèvres de la coupure, et on se bornera à les main-
tenir en contact avec un petit linge, un petit mor-
ceau de taffetas d'Angleterre, ou de sparadrap,
dans le cas où le sang coulerait encore, on place-
rait sur la plaie un peu de charpie, puis une petite
compresse, et on exercerait au moyen d'une bande
une pression modérée, mais as«ez forte pour arrêter
l'écoulement du sang. Au bout d'un jour ou deux,
on enlève le petit pansement, et ce temps suffit or-
dinairement pour cicatriser complètement la cou-
pure. Cette méthode si simple est de beauc>iup
préférable à tous ces prétendus spécifiques pour la
guérison des plaies, tels que baumes, élixirs, vulné-
raires, etc., dont la plupart ne sont bons qu'à trora-
)er la crédulité publique.
COURIiATURE. — C'est ainsi que l'on dé.signo
in sentiment de lassitude et de fatigue doulou-
reuse dans tous les membres.
Les causes de cet état sont ordinairement les
exercices violents, les travaux rudes et prolongés,
les excès quelconques, les veilles prolongées, un
refroidissement du cor])s, une suppression brusq ■•"
do la transpiration ou d'une évacuation habituelle
quelquefois même une impression morale vive, etc.
La courbature offre ordinairement les symptômes
6 (Vivants ■ les malades ros.>cuteut uuc lassitude gé«
cou 417
n^rale, un abaltcmont extrême, un engourdissement
dans toute la machine, des douleurs sourdes dans
les bras, les jambes, le dos et principalement dans
les organes musculaires , comme si ces jxirtics
avaient été brisées, contusées ou frappées à cou])s
io bâton ; l'appélit est suspendu , il y a dégoût,
amertume de la bouche, soif, nausées et quelque-
fois vomissement ; d'aulres fois aussi des douleurs
de lêle, des anxiétés plus ou moins vives, ur.e in-
jomnic incommode ; ces symptômes sont i)rosquc
toujours accompagnés d'un mouvement fébrile plus
ou moins intense, pendant lequel le pouls est ordi-
nairement plein et assez fréqueiX. Cet état, après
avoir duré un ou deux jours, tout au plus trois ov
quatre, sans accidents plus graves, se termine pres-
que spontanément par un épistaxis (saignement d(
nez), ou le plus souvent par des sueurs abondantes,
en sorte qu'on peut regarder la courbature moins
comme une maladie que comme une indisposition
éphémère. Cependant il arrive quelquefois qu'elle
est le prélude d'une maladie aigiie d'une toute au-
tre importance : ainsi les fièvres éruptives, la petite
vérole en particulier, la fiè\re maligne ou putride,
la fluxion de poitrine sont généralement précédées
Vun sentiment de courbature.
Lorsqu'elle ne doit pas sou crigine à celte der-
ïièrc cause, la courbature se guérit presque seule.
;I suffit, en elTet, que le malade garde le repos, et
.e soumette à un régime humectant, à l'usage de
joissons rafraîchissantes et de quelques lavements
émollionts. Cependant, s'il était d'un tempérament
janguin très prononcé, et habitué à quelque hémcr-
rhagie périodique qui n'eût point paru à répo(ju(
M'dinaire, il serait convenable de remplacer roj)é-
ration de la nature, en faisant pratiquer une saignée
118 CRA
plus ou moins copieuse suivant les circonstances; de
même, s'il y avait embarras dans les voJ'js diges-
lives, un vomitif ou un purgatif remédierait eflica-
cement à cet état.
CRACHEMENT DE SAN'G. — Le sang qu'on peut
rendre par la bouche en même temps que les crachats,
et par conséquent sans vomissement, vient ou de ia
bouche ou du poumon •■ c'est de ce dernier cas que
nous voulons nous occuper ici. Désignée en méde-
cine sous le nom d'hémoptysie , abstraction faite de
celle qui résulte d'une blessure faite à la poitrine ,
cette perte de sang que caractérise son état spumeux
qui dénote son mélange avec de l'air, est essentielle
ou symptomatique , c'est-à-dire qu'elle résulte ou
d'une exhalation sanguine à la surface de la mem-
brane qui tapisse les^conduits aériens, ou d'une ma-
ladie directe du poumon dont elle ne serait alors
qu'un moyen d'expression. Celte dernière étant liée
à la maladie dont clic dépend , comme à une fluxion
de poitrine, à une apoplexi^e pulmonaire, à laphthi-
sic, à la rupture d'un anévrysmc dans les voies aé-
riennes, nous renvoyons pour elle à ces divers mots,
concentrant pour le moment toute notre attention sur
le crachement de sang essentiel.
C'est celui qui se déc'are principalement chez des
sujets jeunes , vigoureux, pléthoriques ou nerveux,
irritables , adonnés à des travaux sédenîai"cs, à des
veilles répétées, à des excès de table , à des écarts
de régime. Les efibrts de voix, de chant, la décla-
mation longtem])s soutenue , l'abaissement brusque
de la température le produisent souvent ; il rentre
alors dans la classe des hémorrhagies actives (voyez
ce mol) , par opposition à celui qui semble n'être
qu'une sorte de transsudation dix, sang à travers les
parois des vaisseaux pulmonaires, et qui lient aux
CRÀ lit'
hémorrhagics piViç/i'Pî, affectant do prcfûrcncG les
personnes faible?, usées, scorbutiques.
Quand le crachement de sang doit ôtre abondanî,
l est souvent annoncé par une chaleur à la poitrine
rvec oppression derrière le sternum, palpitations,
sn^iélé , fréquence et dureté du pouls ,* chaleur au
tronc, mais refroidissement des extrémités. Au mo-
ment où le sang afflue dans les bronches, il les rem«
plit subitement, et met un si gi'and obstacle à la res-
piration, que les muscles de la poitrine se contractent
d'une manière convulsive. Poussé alors rapidement
dans la bouche, il s'en échappe par flots. Dans les
cas, fort heureusement les plus communs, où la quan-
tité de sang exhalée est peu considérable, il remonte
peu à peu jusque dans le larynx, sans même provo-
quer de toux, et part au dehors au mojen d'un sim-
ple effort de crachement.
Dans les cas ordinaires, l'hém.orrhagie pulmonaire
ou bronchique, comme nous l'envisageons, dimlnur»
assez prompteraent; mais les phénomènes qui l'avaient
précédée ou accompagnée ne cessent pas toujours
d'une manière complète : la personne conserve sou-
vent pendant quelques jours de la chaleur h la poi-
trine, un peu d'oppression et quelques secousses de
toux, et tout cela est d'autant plus prononcé que la
naladie, car c'en est une, a été abandonnée aux seuls
,'fîorls de la nature et non combattue par les moyens
appropriés. Aussi, dans ce cas, est-elle fort sujette à
revenir; on la voit même assez souvent alors appa-
raître à des époques déterminées et remplacer «es
pertes habituelles avec la suppression desquelles son
irruption a coïncidé.
Arrêter le crachement et prévenir son retour, sont
nécessairement les deux choses qui se présenteet à
faire dans î'hémorrl-ingie pulmonaire. Si elle s'est dé?
i20 en A
^larikî avec ics signes prononcos que nous a.ons os-
posés plus haut, non seulement on fora tciiir la per-
sonne debout et cléharrasséc des vclemenls qui pour
raient gêner la circulation , exposée à l'air frais c'
libre, m^is on lui pratiquera une large saignée ai
bras, à moins que le sujet ne soit faible ou très ner-
veux, cas dans lesquels on lui appliquerait des sang
sues à l'anus ou aux cuisses.
Si on n'était appelé près de la personne qu'à une
éj)oque où elle serait déjà épuisée par u!ie perte
abondante de sang, on s'empresserait d'a]>pliquer
des ventouses sèches sur les cuisses et des cataplas-
mes synapisés aux jambes, de lier circulaircmciit les
inembres; puis on iloniiera des boissons froides, édul-
-orécs avec le sirop de groseille, de coing, de
grande consoude ; on peut même, dr.i-s les cas gra-
ves, animer ces boissons avec l'alun, l'eau de Rabel
(acide sulfurique alcoolisé) , la décoction de ratan-
liia et la gomme kiiio.
Si ces moyens ne réussissent pas, il faut en venir
h l'application de liquides froids sur la poitrine ,
comme des compresses trempées dans l'eau vinaigrée
ou même glacée, souvent renouvelées; mais l'usage
do ce moyen ne doit cire invoqué que dans les cas
extrêmes, et il doit être immédiatement suspendu s'il
occa?ionnc des accidents. Enfin les potions calmantes
ou tquclquefoisarrê té assez vite un crachement lie sang
qui n'était entretenu que par une toux trop ojjiniàtre,
CRAMPE — On opjMlle ainsi la contraction brus-
que , involontaire et horriblement douloureuse d'un
ou plusieurs muscles (jui se gonllent, se durcissent et
forment ainsi momentanément une snillie plus ou
moins appréciable à la vue et au toucher.
Les crampes s'observent surtout dans les membres
inférieurs et prifncipo.lement auy mollets. Un offert ,
cnE 121
•n mouvement Lrusqiio, une fausse position, les mcu-
vemcnts de la danse , de l'escrime et sukIouI de la
natatlun en sont ordinairement cause.
On soulage la douleur vive que cause la crampe,
pw l'extension du membre, la pression du lieu dou-
loureux, le massage, le? frictions sur la peau avca
la main, imc ilanelle, une brosse douce, du coton im-
prégné d'huile et de laudauum, des bains tièdes, etc.
Les émissions sanguines sont également fort utiles
chez les personnes d'un tempérament sanguin et plé-
thorique.
CREVASSE. — On appelle ainsi les fentes légères
ou ulcérations peu profondes de la peau , le jjIus
souvent linéaires, quelquefois radiées. Les parties le
plus fréquemment atteintes sont les pieds, les mains,
les lèvres , etc. Les causes les plus communes des
crevasses, sont le froid et la malpropreté. Les meil-
leurs remèdes à employer contre cette légère affec-
tion, sont une chaleur douce, des onctions avec lo
moelle de bœuf, le cérat , le beurre de cacao, b
pommade de concombres , l'huile d'olives ou d'a-
mandes douces, et généralement toutes les applica-
tions grasses.
Les mamelons des nourrices sont sujets à de petites
crevasses assez douloureuses et qu'on attribue à l'a-
vidité du nourrisson lorsqu'il suce avec trop de force.
Divers moyens ont été proposés pour prévenir ccîle
alTcclion : d'abord des lotions avec du vin tiède ou
tout autre tonique pour fortifier et raffermir le tissu
de la peau ; mais le plus efficace consiste dans l'em
ploi des bouts de sein, cela ne peut être révoqué en
doute. Le s crevasses une fois produites, c'est au mu
cilage de semonces de coings, au beurre de cacao, à
l'onguent populeum et même au cérat simple (ju'il
faut avoir recours tant que la partie est enflammée.
122 CRO
faut avoir recours tant que la parUc est enfiamincô,
ainsi qu'aux lolions avec un liquide éniollicnt et cal-
mant, telle qu'une décoction de racines de guimauve
et de têtes de pavois ; vnais tous ces moyens reste-
raient complclcment inefficaces, si la partie malade
n'était soigneusement défendue contre l'humidité et
l'irritation que détermine la sucession. Pour atteindre
ce but, le bout du sein est encore le meilleur moyen
à employer.
Les femmes enceintes, les hydropiques, les jeunes
enfants ont encore des gerçures aux cuisses, à l'ab-
domen , aux jambes ; chez les nouveaux-nés , on se
contente de saupoudrer les parties avec de la poudre
de Ivcopode. Chez les femmes grosses et les hydro-
piques, la maladie est due à la trop grande disten-»
sioB de la peau ; alors , dans le premier cas, les bains,
les émollienis sont préférables ; dans le second, les
fomentations anodines conviennent seules , car le
moindre topique peut alors hùier le développement
de la gangrène qui envahit souvent les solutions de
continuité.
CROUP. — Le croup est une meladic aiguë siégeant
dans le commencement des voies respiratoires et dif-
férant des autres affections de ces mêmes parties
désignées sous les nom.s de rhume, bronchite, coque-
luche, etc,,par la production assez prompte défausses
membranes qui font obstacle au libre accès de l'air
dans les poumons. Cette maladie, qui semblerait être
plus commune de nos jours que dans les époques qui
cous sont antérieures, est le malheureux apanage de
l'enfance, affecte bien plus souvent les garçons que
les filles, mais tous les tempéraments indistinctement,
et règne plus communément dans les saisons froides
et humides ou allcrnalivenient chaudes et humides,
et souvent d''ir)c manière •épidéniique.
CRO
petit être divisée en trois périodes. Dans la prt
il y a, comme dans la coqueluche, du malais
frissons, de la chaleur à la peau, en un mot toi
signes précurseurs d'un rhume ; mais d'un rhumv
lense , puisque la plupart du temps le fond dt xu
gorge est rouge , les amygdales sont tuméfiées et les
glandes du cou engorgées. Mais la toux ne tarde pas
à prendre un caractère particulier qui se révèle su-
bit-omenl la nuit. L'inspiration est sonore , silîlanlc ,
entrecoupée , les artères du cou battent avec force,
les veines s'y dessinent largement ; l'enfant renverse
sa tète en arrière, comme pour échapper à la suffo-
cation ou mieux à un véritable étranglement.
A mesure que la maladie avance, le caractère de
la toux se dessine davantage ; elle devient semblable
au cri d'un jeune coq , au gloussement d'une poule,
ou pour mieux dire , elle est rauque , sonore et:
bruyante , dans l'intervalle des accès , la voix est-
souvent complètement éteinte , et quelquefois , sous
leur influence, il survient des vomissements au mi-
lieu desquels sont rejeiés des lambeaux de fausses
membranes dont l'expulsion procure un soulagement
très prononcé. Dans la troisième période, la maladie,
au lieu de s'amender comme la coqueluche, aug-
mente au contraire, dans la plupart des cas, d'intcn-
,sité. La face est boufïie , les lèvres sont bleues, le
:;ou est évidemment tuméfié, et la mort survient or-
iinairement alors par le fait d'une véritable asphyxie;
:1c telle sorte que la durée de la maladie n'est guerc^
jue de trois à huit, dix ou douze jours au plus.
Il ne faut pas se le dissimuler, le véritable croup
est une maladie qui se guérit rarement; ni l'appli-
cation des sangsues et môme des vésicatoires autour
du cou, ni l'emploi de l'éraétique ou des purgatif* ,
ne peuvent dans la aôr.cralilc des cas troubler k
f«'
Î24 DAN
formation de la fausro membrane qui conslilue h elle
seule loule la gravité Je la maladie. Quand cesmovens
réussissent on est presque toujours en droit de suppo-
ser qu'on avait affaire à un faux croup, c'est-à-dire,
à la maladie que nous avons décrite sous les noms de
laryngite, de coqueluche. Le seul moyen sur lequel
il est rationel de compter , c'est un vomitif donné
pour faciliter l'expectoration de la fausse membrane,
et le seul présage d'une terminaison favorable est le
rejet de celte membrane. On a proposé dernièrement
de l'extraire par une incision faite sur la partie an-
térieure du cou ; mais, sans renoncer à ce moyen qui
a déjà eu quelques succès, on ne peut se dissimuler
qu'on n'est pas encore parvenu à préciser d'une ma-
nière rigoureuse et les règles de son exécution et
l'opportunité de son application.
D
DANSE DE SAINT-GUY. — On désigne sous ce
nom une maladie caractérisée par des mouvemeats
involontaires et désordonnés d'une ou plusieurs par-
ties du corps et principalement des membres. En mé-
decine cette maladie porte le nom de chorce.
La danse de Saint-Guy est une maladie spéciale à
l'enfance et à la jeunesse ; c'est surtout de sept à
(luinzc ans qu'on l'observe le plus fréquemment. Le
sexe féminin v prédispose singulièrement, car la pro-
portion observée est à peu près de trois filles pour
un garçon. Cette fréquence plus grande de la mala-
die chez les filles s'explique par le plus grand nombre
de sujets doués du tempérament nerveux et irritable,
tempérament éminemment propre à faciliter son dé-
veloppement. Les autres causes de la maladie sont
la frayeur, la colère, la jalousie, les grandes contra-
riétés, toutes les passions tristes de l'àmc, l'onanisme
DAN i -25
un accroissement trop rapide , la présencfï de vers
intestinaux, la menstruation diiïicile, une chute sur
la tète, etc. Un fait bien digne d'attention e'cst quo
cette maladie ne se rencontre jamais dans les climats
chauds, et que rien n'est moins rare au contraire dans
les contrées tempérées. Les pays très froids en pa-
raissent également exempts.
La danse de Saint-Guy s'annonce par un sentiment
de fourmillement dans les membres ; il augmente peu
à peu et se trouve remplacé par des mouvements con-
vulsifs, qui deviennent de plus en plus sensibles; ils
attaquent , pour l'ordinaire , la jambe et le pied du
même côté ; si le jeune malade veut marcher, il traîne
le membre ; dans l'état de repos le pied est agité et
porté en divers sens; le bras du même côté éprouve
aussi dos convulsions en même temps, et il devient
d'une agitation telle , que ce n'est qu'avec les plus
grands efforts que l'enfant peut parvenir à porter
quelque chose à sa bouche; l'on voit souvent les
muscles de la face et ceux qui servent à la dégluti-
tion participer aux convulsions; le sommeil n'est ja-
mais parfaitement tranquille, les malades sont très
mélancoliques, et chez les filles celte affection offre
toutes les bizarreries que l'on observe dans l'hystérie.
Les garçons ont plus de penchant aux mouvements.
La danse de Saint-Guy n'est pas, en général, une
maladie grave , en ce sens qu'elle ne menace pas
prochainement l'existence; mais, par les inconvénients
qui eu résultent par la longueur et la difficulté que
présente parfois le traitement, et par la facilité avec
laquelle la maladie reparaît sous l'inauence des
moindres causes , elle devient une de ces affections
qui font le tourment de la médecine.
Dans ces derniers temps on s'est beaucoup occupé
du irailcmom de la danse de Saiul-Guy ; une foule
i :^6 DAN
(îe moveiii pus on moinsbons ont élé proposés, nous
allons passer en revue ceux qui se recommandent
plus particulièrement en ce qu'ils conviennent dans
la généralité des cas.
Les saignées générales ou locales au tnoyen des
sangsues ou des ventouses scarifiées sont générale-
ment avantageuses , elles conviennent surtout chez
les sujets forts et pléthoriques ; mais chez les enfants
faibles et nerveux i'.ne faut les employer (lu'avec la
plus grande prudcace , clins seraient alors plus nui-
sibles qu'utiles. Les hcmorrhagies, les pertes de sang,
la faiblesse peuvent en effet être rangées parmi les
causes déterminantes de celte maladie. Ce ne sera
donc que dans les cas où il y a évidemment conges-
tion du sang, surtout vers le cerveau, qu'on aura re-
cours aux émissions sanguines.
Les purgatifs sont généralementbeaucoup plus uti-
les. En Angleterre ils constituent même la base de la
raédicalion dirigée contre cette maladie, et l'on en ob-
tient très souvent la guérison dans un temps fort court.
Toutes les substances connues sous le nom d'an-
tispasmodiques ont été employées contre la danse de
Saint-Guy , et toutes ont obtenu des succès plus ou
moins nombreux.
Dans ces derniers temps les préparations de fer
ont pai-u eflicaees. La plus employée est le sous-car-
I on .nte dont on peut porter d'emblée la dose h près
(1-; 50 grammes dans la journée. Ce moyen est l'un
il' s plus énergiques et des plus innocents h la fois,
cl l'on fera toujours bien d'y recourir avant de s'a<«
'' resser à des médicaments plus dangereux.
Les bn-ns froids oiit été également beaucoup van-
f^'s, nous Jî'y avons cependant pas la même confiance:
fJn ne peut d'ailleurs les em])îoyer que chez des in-
dividus <[ui offrent une certaine résistance, et pou-
DVN 127
danl une Icmpiîfatijro douce , on est obligé d'j le-
nonccr pendant l'hiver. Ils ont de plus l'inconvéni'jnl
très grave de disposer aux iiiflaramations de poitrine
si l'on ne prend toutes les précautions convenables.
Les bains sulfureux nous paraissent plus avanta-
geux ; ils doivent être pris tous les jours et durer une
heure. Souvent au bout de trois ou quatre jours on
commence déjà à observer de l'amélioration dans l'é-
tat du malade, il faut les continuer jusqu'à lagucrison.
Quel que soit le traitement que l'on suive, il faut
bien se garder de négliger de remonter aux causes
de la maladie, afin de les éloigner s'il est possible;
souvent on y trouve des indices qui mettent sur la
voie des moyens à employer. Une jeune fdie voit ses
règles se supprimer, elle est atteinte.de la danse de
Saint-Guy: Il suffira souvent de rappeler l'écoulement
pour voir céder la maladie. On cherchera à éviter
aux enfants les frayeurs , les contrariétés, les excès
de travail, la fatigue corporelle, toutes causes qui
peuvent ramener le désordre musculaire. Une nour-
riture substantielle et une certaine quantité de bon
vin pur doivent être accordés aux malades, mais on
proscrira l'usage du café et des liqueurs alcooliqi s.
Les exercices gymnastiqucs peuvent avoir de forîs
bons résultats en fortifiant la santé générale, ils don-
nent plus de ton aux parties et parconséquent dimi-
nuent la susceptibilité nerveuse. De plus, c'est une
manière d'assujélir les mouvements à une espèce de
système qui contrebalance avantageusement leur ir-
ré'jjuiarité. Les courses, le saut de la cordi, les exer-
cices plus rompliqués de la gïmur.siique, tels qu'on
les exéculc dans les élablissements spéciaux , sont
ceux que l'on devra préférer. L'habitation d'un lieu
bien aéré et daiis une situqiion éievcc csî générale-
ment 1res favorable.
128 DAR
DARTRES. — On désigne communément sou3 ce
nom certaines inllammations chroniques de la peau,
caractérisées par la formation à la surface malade
d'une substance inorganique, lamcUeusc, d'un blanc
grisâtre, sèche, friable, plus ou moins épaisse et plus
ou moins adhérente, nommée squanmie Les auteurs
en reconnaissent un grand nombre d'espèces : les
unes sont sèc4ies, les autres sont humides; elles sont
stationnaircs ou bien elles ont une tendance enva-
hissante et se rapprochent alors de la nature des af-
fections cancéreuses. Ces maladies peuvent être hé-
réditaires, mais elles ne sont nullement contagieuses
comme on persiste généralement à le croire. Leur
traitement est assez dilUcile, parce qu'attaquées saos
précaution , elles peuvent se })0.'-ter sur une partie
plus importante' que celle' qui était leur siège.
Les causes , soUs l'influence bien positive des-
quelles surviennent les dartres, sont assez difficiles
à saisir. Chez les enfants elles attaquent ordinaire-
ment le cuir chevelu et la face pour former la f<?z-
gjie. C'o/r ce mo(). L'âge mûr et surtout l'âge criti-
que chez la femm.e les voient souvent se déveloiiper,
Beaucoup plus communes dans les pays chauds que
nulle autre part, elles trouvent des conditions pro-
{iq:es à leur tié.velopj->emenl dans la malpropreté, la
misère, une nourriture excitante, les passions tris-
tes, les occupations séùenlaires, l'abus des liqueurs
alcooliques.
Si le sexe ne paraît pas avoir une influence mar-
quée !ur la nature particulière des dartres, il ne
semble pas en être de môme du tempérament, cat
or. a remarqué que les individus à cheveux blancs ou
roux cl à peau blanche, étaient particulièrement
sujets à la dartre fin'furacée ou farineuse , et à la
dûr'.rc 5f{U«mnieute ou ccdiUcuse; les tempéra*
DAH 129
ments sanguins jonl pIus.e:cposés auxilarlies infiam-
matoires à croiMcs éraisses et vcrdàircs sur les
membres , landisqiie les bilieux et les mélancoli-
ques ont de Tirélérence des dartres pustuleuses^
comme celle qui survient à îù Cace sous le nom de
mcvta'jre. [Vojez ce mot.)
Quelle que soit la cause des dartres, elles appa-
raissent le plus ordinairement sans appareil inllam-
maloire bien marqué, et une fois établies elles no
sont accompagnées d'aucun mouvement fébrile,
l'aucun trouble général , bien plus l'appétit est sou-
vent augmenté d'une manière remarquable; la peau
qui les environne conserve tous ses caractères phy-
siques ; elles sont rarement douloureuses, mais
seulement elles déterminent presque toujours uno
démangeaison insupportable qui se fait surtout sen-
tir pendant la nuit. Enfin elles ont une marche et
une durée très variables, disparaissent très souvent
dans un lieu pour paraître ailleurs, et occasionnent
très souvent par leur disparition brusque des acci'
dents qui se font le plus ordinairement sentir du
côté de la poitrine.
Quand les dartres sont récentes on les combat paï
un traitement antiphlogislique ou débilitant propor-t
tionué à la force, à l'âge du sujet, à la violence rt
a l'étendue d'u mal, à l'état de la fièvre. Ainsi les
loissons délayantes, les saignées générales ou locale*^,
les sangsues près du siège du mal , les cataplasmes
de fécule fraîche , les bains amidnués , le repos, '
diète, ie régime laclo seront mis f^n usage et cont"-
nues quelques jours. On se gardera bien d'employer,
les pommades ou bains sulfureux tant que le carac-
tère inllammaloire existera. Les dartres sont-elles
passées à i'état clironique. on a d'abord recours aux
loîion? et a'i^ gf'if.'înrnv Vi;,,c ^^x purgatif? salins.
Î30 DEL
coiunic le sulfalc do ooujo, l'eau de scdlilz, puis ou
arrive aux Laiiis alc;iljns , aux douches de vapeur
aqueuse, simple ou sulfureuse. Pendant le cours du
traitement on peut employer, pour calmer les déman-
geaisons, l'eau de sureau, de morcUe, dejusquiarac,
de belladone. Les onctions avec les pommades de
calomcl, d'oxide de zinc, de goudron , de précipité
rouge, camphrées ou non, sont aussi très avantageu-
sement employées. Malgré ces moyens on ne parvient
quelquefois à guérir une dartre qu'en changeant son
mode d'inQammation qu'on ramené de l'état chro-
nique à l'état aigu, en cautérisant légèrement sa sur-
face au moyen de la pierre infernale ; mais il est
loujours prudent dans ce cas d'appliquer un cautère
ou un vésicaloire au bras, et d'administrer fréquem-
ment des purgatifs. Les pommades souffrécs ont long-
temps été considérées comme un spccifiquc contre
les dartres ; mais l'expérience prouve qu'elles ne
réussissent guère mieux que les substances que nous
venons d'énumérer. Les anciens médecins et beau-
coup encore de nos jours attribuant les dartres à
l'âcreté des humeurs, les attaquaient par un traite-
ment interne qu'ils appelaient depia-o///, et qui con-
sistait en purgatifs altérant avec les tisanes de bai-
dane, de patience, de fumeterrc , de chicorée, di
scabieuse, de houblon, et surtout de douce-amèrc
mais l'expérience prouve que ces moyens n'ois:
cu'un effet bien secondaire, et qu'il est prudent da
de s'en rapporter aux moy*»ns que nous avons pré-
cédemment indiqué:. {Voi)Cz Eczéma, Mentagws, Lah
riÊPANOl!. )
DÉLIRE. — On appelle ainsi un état d'exaltation
des fonctions intclicctuclles avec perte plus ou moina
'jo.ajK)lèlc de ia raison.
'^^ délire se proscalc sous doux formes, que i'op
BEL 131
(l/signc sous les noms o'c délire aii-u et de déUn
rlrovir.ue. I.e premier s'accompajjne <lo lièvre, le
second est toujours sans fièvre. iVous ne nous occa -
■crons que du premier ; l'autre rentre dans la folie
'i-nt il constitue l'essence, et nous reuvovons à, ce
mot ce que nous avons à en dire.
Les causes déterminantes du délire aiguë sootprs -
que toujours physiques , promptes et appréciables.
L es .mouvements fébriles démesurés ou de nature
pe nicieuse en sont la cause la plus fréquente ; qu t
■e cerveau s'affecieprimitivomcnt ou consécutivcmcn t
k quelque autre organe qui réagit sur lui, c'est tou-
jours sa soufFrancc que le délire manifeste, les causes
du délire, qui n'est qu'un symptûme, sont d'ailleurs
aussi variées que celles des maladies qu'il vient com-
pliquer, car il n'est essentiel que dans l'encéphalite
et la frénésie vulgairement appelée fièvres cérébrales.
Cependant quelquefois une émotion forte peut déter-
miner un délire passager non fébrile qi-e sa courte
durée distingue de la folie. On ne confondra pas non
plus avec elle le délire avec ou sans Gèvrc, que pro-
voquent parfois de violentes douleurs, uotammcut.sur
J es personnes très nerveuses. C'est ainsi qu'on l'a vu
déîerrainc pard'^smaux de dents, des coliques, etc.;
'M fin, le trait le plus généralement dislinclif du dé-
i'c aigu et du délire chronique, c'est que le premier
c s'olTre que comme un symptôme accidentel de ma-
a lies variées presque toujours fébriles et accompa
nées de beaucoup d'autres désordres, tandis que \t
fécond caractérise et constitue à lui seul la maladie
dite mentale , à cause de l'état sain que présenten
communénicnl les fonctions du corps. U est aisé d<
pressentir la différence qui existe dans le présage df
durée de ces doux espèces de délire. On doit s';rt
IcftdiG à voir le délire aigu cosccr avec la inaludi
jiii l'a précédé cl lui a donné naissance, tandis que
;elui delà folie n'a point de terme prévisible qui se
base sur les désordres physiques inappréciables ; la
prcsûTnptiûn de sa fin reste vague ou ne se fonde que
sur l'expérierce générale qu'on a des aliénés.
Nous n'essaierons pas de décrire le délire aigu qui
peut être bruyant, taciturne, gai, triste, paisible,
furieux : nous serions entraînés trop loin par le ta-
bleau de ses prodigieuses nuances. Le délire est en
général un signe inquiétant ; il indique un très hau;
degré dans les maladies aiguës, et une fatale termi-
naison rapprochée dans les affections chroniques. Il
est moins grave chez les sujets très sensibles , mo-
biles et irritables ; de même quand il est provoqué
par des douleurs nerveuses qui ne doivent avoir elles.
mêmes ni gravité ni durée. Le délire gai ou paisible est
de meilleur augure que celui qui est triste oo furieux.
Ce dernier, qui cesse subitement sans amélioration
des autres symptômes, doit faire craindre une mort
prochaine. Accompagné de tremblement, de mouve-
ments convulsifs , le délire est très redoutable ; le
danger plus grand , si dans cet état le sujet paraît
dormir les yeux ouverts ; la mort est presque cer
laine , si on ne peut le rappeler de cet assoupi^-?e•
ment. Le délire prompt, et bientôt suivi d'une hé-
morrhagis nasale , est souvent terminé par c.'tK
crise. Il est toujours très bon que l'attention dos
malades puisse être facilement lixéc et détoururf
des idées délirantes, ou que le somm(£l rappelle !.:
rectitude dt'S sens et de l'esprit. Le dciirc cesse quel
quefois subitem.ent par une csi>èce de déplaccu eni
de la douleur de la tète dans quelque auire pan,
plus ou moins éioiguée. Les urines colorées, t^éduncn
tcuscs, jointes à raiï.endemcnt d'arlrcs s^mptom et
anaoûGcnt souvent la Cti du dcliic.
DÉL 133
Reconnaître, conmie nous l'avons fait, que le de-
lire n'est qu'un symplùmo, c'est annoncer implicite-
ment que son Irailcraent ne peut être séparé de
celui des maladies dans lesquelles on l'observe ou,
en d'autres termes , qu'il n'admet pas de méthode
eurative entièrement spéciale. Mais il est au moins
(l:^s précautions qui conviennent dans tous les cas,
ri Cf'lles-là nous devons les exposer. Lorsque dans
ics maladies, le mal de tête se déclare ou aug-
mente, qu'en même temps le visage rougit, que le
malade accuse des tintements, des bourdonnements
dans les oreilles, qu'il se plaint du moindre brait,
de la vivacité do la lumière , de l'insomnie , d'un
commencement d'exaltation et de désordre dans ses
idées, il faut craindre le délire. Dès ce moment,
éloigner scrupuleusement de lui tout ce qui ^lour-
rait impressionner vivement ses sens, sa sensibilité
ou son intelligence ; point de bruit, de lumière
vive, d'odeurs fortes, point de nouvelles émouvan-
tes, point d'affaires, repos des sens, du cœur et de
l'esprit avant tout. En même temps , élevez lui la
tête légèrement couverte ou nue; entretenez lâcha-
leur aux pieds ; faites prendre un lavement si le
I vautre n'est pas libre. Le délire ayant éclaté no-
• nobstant ces précautions , il faut les continuer avec
encore plus de soin, mais en outre, ne plus perdre
sic vue un seul instant le malade qui pourrait se
porter à des actes extravagants à l'égard de lui-
même ou des autres. Si l'on C£t obligé de îc conte-
nir, que ce soit avec le plus de ménagenfbnts et de
douceur possible. On fiourra, dès le début, essayer
par des discours calmes, bienveillants et concis de
recli/ier ses idées fausses ; mais il ne faut pas insis-
ter sans succès , la controverse, la discussion ne
feraient qu'ajouter au délire Alors on guTvrillc, oq
i 34 DÉM
('coulp, on agit à propos , parlant trôs pim ou sans
niot dire. Les mcnngomonts de la scnail)ililé et du
moral auront besoin d'être continues dans les pre-
miers temps de la cessation du délire , il ne faut
pas oublier que le cerveau se relève d'une épreuve
redoutable qui pourrait amener la mort , ou au
moins passer à l'état de folie.
DÉMAÎN'GEAISON. — On donne ce nom à une
sensation pénible propre au système cutané et qui,
(omme toutes les autres sensations de cet organe,
réside essentiellement dans le corps papillaire ,
c'est-à-dire dans cette portion de la peau formée
par l'épanouissement des nerfs et recouverte par
l'épidermc seulement.
La démangeaison est généralement moins doulou-
reuse qu'insupportable ; un frottement léger la fait
disparaître et la remplace même par un seulimcnl
de bien-être, tant il est vrai que la douleur tient
de bien près au plaisir.
Mais si une sensation agréable, produite par l'ir-
ritation légère des papilles, fait taire la démangeai-
son, ce n'est souvent que momentanément, et l'im-
pression première ne tarde pas à se reproduire et
nécessite un frottement nouveau. Il n'est personne,
sans doute , qui n'ait éprouvé ce besoin et qui ne
sache que plus on lui cède, plus il devient impossi-
ble de lui résister, jusqu'à ce qu'enfin un mal plus
grand en ait fait oublier un plus faible, c'est-à-dire
(pic ce quL n'était d'abord qu'une sensation incom-
mode, se cliango en une véritable douleur,
j Les vieillards sont plus sujets aux démangeaisons
,que les jeunes gens, les pauvres plus que les riches •
jles premiers, parce que chez eux la transpiration
s'établit très difficilement à cause de l'inertie des
vaisseaux exhalants , et surtout du raccornissemem
DLM '135
de la peau ; les seconds , parce que le défaut de
propreté fait que la matière de la transpiration s'a-
masse sur les parties extérieures du corps, y séjourne
trop longtemps et les irrite.
La démangeaison est aussi l'un des symptfimes les
plus constants de toutes les maladies de la peau ;
mais il n'est jamais plus intense que dans la gale et
le prurigo : chez quelques personnes la démangeai-
son même est si vive qu'on en a vu se déchirer le
corps avec leurs ongles, quelques unes même ont
eu recours au suicide.
Les remèdes propres à combattre les démangeai-
sons ne sont pas toujours les mêmes, il faut généra-
lement remonter aux causes pour en guérir les
résultats. En effet, les bains fumigatoires sulfureur
et les frictions avec diverses pommades sulfuro-al^
câlines qui font cesser la démangeaison de la gale,
augmentent celles du prurigo. Les onctions et fric-
iions de toutes espèces exaspèrent plutôt qu'elles
ne calment la démangeaison produite par une cause
interne, etc.
La démangeaison qu'on observe autour des plaies
des ulcères, des fractures dépend presque toujours
de la malpropreté et du contact des pièces de l'ap-
pareil ; de simples lotions d'eau tiède suffisent pour
y remédier. Celle que détermine l'application do
certains emplâtres ou cataplasmes irritants, ainsi
que l'application des sangsues, est souvent accompa-
gnée de boutons plus ou moins gros et disparaît
' aussi par l'emploi des bains, des lotions.
La démangeaison que l'on ressent dans une plaie
qui est sur le point de se cicatriser , reconnaît t)our
cause l'abord du sang dans les vaisseaux restés jus-
que là obstrués ou divisés ; elle cesse quand la cir-
culation est rétablie, et quelques lotions d'eau tiède
i 3f) DÉM
produivoiont de rions effets si la dr-mangea-cn r'tait
Jiop forte, mais ie niicux est de ne rien faire.
Il est enfin un moyen qui, en général, réussit sinon
à faire disparaître pour toujours la démangeaison ,
au rnoins à l'apai?cr momcnlancm-CHl et à la rendre
siipportablc, c'est l'immersion dap.s l'eau à la tempé-
rature de 25 à 50 dogrés. Ce myyen a de plus un
grand avantage sur tous les autres , c'est qu'il ne
peut nuire dans aucun cas.
DÉMENCE. — On désigne par ce mot un état dam
lequel les facultés intellectuelles ne peuvent attein-
dre le degré nécessaire à la conservation de l'individu
et à la moralité de ses actes. Cet èîit est originaire,
c'est-à-dire de naissance, ot accidentel. Dans le pre-
mier cas, qui forme ce qu'on nomme communéiueni
idiotisme, l'absence des facultés intellectuelles esl
en général plus ccnnplète, parce que l'arrêt de déve-
loppement a porté sur l'instrument direct de ces fa
cultes, le cerveau ; la simj)le démence frappant sur
des individus qui ont joui de leur intelligence, qui
l'ont perdue progressivement, mais qui, le plus ordi-
nairement, en co-nservent encore des traces.
L'idiotisme est incurable, en le prévoit de suite;
tout ce qu'on peut faire à l'égard des malheureux
frappés si cruellement , c'est de rendre leur triste
sort plus sujiportable , et aucun moyen ne nous sem-
ble plus propre à atteindre ce but, que leur dépôt
dans une maison spéciale : cette séquestration nous
paraît tellement nécessaire, qu'on doit être étonné
qu'elle ne soit pas légalement obligatoire, car ces
malheureux, dépourvus de tout instinct de conserva-
tion, ne sachant même pas éveiller l'alTection au même
degré que certains animaux domestiques, ont bien
vite épuisé la sollicitude de ceux qui IcsentoureiU, ne
recucillcnl souvent (jnc railleries ou brutalités, au
ûÉM 137
lieu 'Bes soins qui leur sont souvent si nrcossaircs. et
deviennent toujours dangereux, pouvant faire le mal
par pure imitation et par ignorance conipièle du bien.
D'ailleurs ils ne trouvent pas seulement au sein des
établissements spéciaux, les soins et la surveillance si
impérieusement exigés par leur position, m;Ws on y
léussit quelquefois à améliorer leur état moral.
Résultat ordinaire de toutes les causes qui impri
rocnl au cerveau des secousses brusques, profonde»
mais fréquemment renouvelées , comme un travail
intellectuel exagéré, des chagi'ins profonds, les excès
vénériens, l'abus du mercure, des boissons alcooli-
ques ou des substances narcotiques , la démence se
montre quelquefois isolément, mais le plus souveni
clic est précédée ou compliquée de désordres qui
portent sur l'intelligence ou sur la faculté de mouvoir,
tels que la manie, la monomanie, l'épilepsie. les
tremblements nerveux. E!le débute quelquefois d'une
manière brusque, mais dans la plupart des cas , elle
est annoncée par des signes qui consistent surtout
dans des congestions de cerveau répétées, une attaque
d'apoplexie, par un état maniaque ou par des chan-
chemenls remarquables survenus dans les goûts, les
habitudes, le caractère de la personne , changements
portant particulièrement sur la lixitc de ses idées
et la force de son raisonnement. De toutes leurs fa-
cultés qui tendent à décheoir, la mémoire est eciic
qui offre' les modifications les plus saillantes, sa perle
porte surtout sur les faits récents. Le malade conserve
bien encore le souvenir de certaines choses élémen-
taires qu'il a apprises dans son enfance ; mais les
idées sont rares, disposées sans ordre et souveni éloi-
gnées du but pour lequel elles semblaient avoir été
sollicitées. Enfin, tôt ou tard, surviennent des signes
do oaralysie, trist^^ oréUide d'une fin prochaine.
d38 DEN
Quand la démcnce-cst parvei^uo à un cortain dc-
<;ré, il est didîcilc non soulcmenl dé la faire disp;i-.
;aUrc, mais même d'en arrèler la ninrchc. Les sai-
•nées, l'applicalion des vcsicaloircs aux jambes, les
;autères ou les sélons à la nu(pje sont les moyens
auxquels on a généralement recours, mais qui ne
réussissent que bien rarement à arrêter le travail de
désorganisation dont le cerveau est le siège. Bien
plus, quand ils échouent, ils ne font souvent que hà-
ler la terminaison fatale de la maladie par les se-
cousses qu'ils impriment à l'économie et la faiblesse
qu'ils entraînent ordinairement vaprcs leur emploi ;
ai|ssi faut-il les mettre à contribution dès le début,
et, dans le cas où ils semblent ne donner aucun ré-
sultat favorable, nourrir convenablement le malade
et lui prodiguer les soins que requièrent les malheu-
reux idiots dont il ne diffère plus.
DE?JT. Quand on réfléchit à l'importance des dents,
seulement sous le rapport de la masticationdes aliments
et de l'articulation de la parole, on doit être étonné du
peu de soin qu'on prend en général de leur conser-
vation. Ces soins sont pourtant bien simples puisqu'il?
consistent uniquement : 1° à les frotter chaque ma-
lin avec une brosse simplement trempée dans une
eau légèrement aromatisée par l'addition de quel-
ques gouttes d'eau de cologne, ou chargée soit d'une
poudre de charbon bien porphiriséc, soit d'une autre
poudre dans la composition de laquelle n'entrât au-
cun acide ; 2" à se rincer la bouche après chaque
repas, et à se débarrasser les dents au moyen d'un
cure-dent de plume, de baleine ou de bois llexiblc,
de toutes les particules alimentaires qui pourrai en«
séjourner entre elles; 3° à ne jamais chercher k
casser avec ses mâchoires des corps durs, et à sous-
traire , autant que posiib e, sa bouche aux cnangfc-
ments brusques de tempéralurc des aliments.
DEN 139
IVlalj^ré ces soiiis, et à j.Iih forte raison quand on
fc'en absiicnl lolalen.ent , Ws dents s'altèrent avec la
jilus f,'ianJe facilité, cl de ces divrrses alléralions ré-
sultent des douleurs qui , bien que passagères géné-
ralement, n'en sont pai moins assez fortes quelquefois
pour jeter le trouble dans toute l'économie et occa-
sionnrr de graves désordres.
Les dents sont-elles siinplerae;il agacées , on peut
se contenter de les frictionner doucement avec une
poudre alcaline, comme la magnésie calcinée unie
au miel, au beurre de cacao ou au chocolat , et-qui a
la propriété de détruire les principes acides qui en-
ti( tiennent assez ordinairement cet état pénible.
Sont-elles au contraire le siège d'une véritable dou-
1» ur, il fanl tâcber d'en reconnai'rela cause, et ne pas
en venir de suite à cetîe Totde de moyens empiriques
dont ciiacun s'em[)resse de rehausser la valeur, parce
(pie ceux de ces moyens qui ont réussi dans un cas
j luvent non seulement échouer, mais encore devenir
Illisibles dans une autre circonstance. Par exemple,
si les parties qui environnent la dent douloureuse sont
r' uges, tuméfiées^ on doit employer les saignées géné-
1^ ts ou locales, suivant la violence du mal , et leur
associer les gargarismes préparés avec les plantes mu-
cilaginenses ou narcotiques.
Si la dent est cariée, ce qui arrive le plus ordi-
lairement, on introduit dans la cavité de celte carie
un morceau de coton ou d'amadou imprégné de quel-
(;ues gouttes soil d'une liqueur calmante, comme toutes
celles dans la préparation desquelles entrent, l'opium,
i'txtrait de belladone , de laurier - cerise , soit d'un
liquide aromatique légèrement caustique , comme
Tissence de girofle, le cochléaria , la teinture de
lyrèthre, de gayac , de créosote. C'est à ces moyens
(ju'il faut rapporter la plupart des prétendus spéci-
i 40 I>EN
fiqucs quo le charlatanisme a si haLil«-monl exploités
dans CCS derniers lomps. Quant à la cauiérisalion,
conseillée par quelques praticiens comme le seul
moyen de faire cesser les douleurs dentaires, son
emploi est toujours trop dangereux, et son action trop
incertaine pour y avoir recours. Enlin , s'il est peu
rationel de se faire arracher une dent par cela môme
qu'elle fait souffrir, il est imprudent aussi de persis-
ter à la conserver quand elle est profondément ex-
cavée par la carie, et qu'elle est le siège de douleurs
sans cesse renaissantes. Par cette persistance on s'ex-
pose non seulement à voir la douleur renaître à clia-
oue moment, à avoir l'haleine constamment infecte,
a avoir à chaque instant des fluxions [Voyez ce mol),
des abcès et même des Cttulcsqui viennent s'ouvrir
sur la figure.
Une fois la ou les dents douloureuses enlevées, il
est une nécessité à laquelle on est souvent obligé
d'obéir, c'est de les faire remplacer ; or, à quoi peut-
on connaître que les pièces destinées à cet usage
sont bien faites? Pour résoudre celte question il faut
d'abord savoir que si la pièce est simple cl que le
dentiste la monte à pivot, elle ne sera durable
que si la racir:* sur laquelle elle sera implantée
est en bon étal ; si la pièce est composée , le
dentiste devant avant tout prendre l'empreinte de
la brèche, l'opinion qu'on devra se faire Je, son ha-
bileté se basera sur le soin qu'il mettra à cette opé-
ration préliminaire et sur l'cxactiludc du modèle qu'il
obtiendra. 11 faut aussi savoir que quand une pièce
doii être montée sur mêlai, ce qui arrive toujeft.irs,
l'or est préférable à tous les autres ; rien ne jusliiic
l'emploi du platine dont les dentistes font un si grand
usage, si ce n'est sa valeur moins élevée, raison in-
wiflisanle, parce que dans une pièce de denture arli-
D£N 141
ficicUc la lualierc u'osl rien , loui cci:;sisle dans sa
confcciiou cl son ajuslcment. Reste à connaître la ma-
tière dont les dents cUes-mèmcs doivent être faites.
Il n'y a que doux substances utilisables pour cela,
les dents naturelles et les dents de pâle minérale,
ispccc de porcelaine tout à fait inaltérable et qui a
:ur les dcnls humaines l'avantage non seulement de
se conserver plus longtemps , mais de ne pouvoir in-,
{ipircr aucun dégoût. Enfin . les pièces artificielles
îomposécs doivent être fixées par des crochets ren-
lus invisibles et ne jamais être placées sur des gen-
cives malades.
DENTITION. — Bien qu'on ait souvent exagéré"
les dangers de la pousse des dents chez les enfants,
on ne peut cepenJant méconnaître que depuis le hui-
tième mois de leur naissance jusqu'au trente ou
trente-quatrième à peu près , que s'exécute celte
pousse, ils ne soient sujets à diverses maladies qu'il
est impossible d'allribuer à une autre cause. La plus
frcqueule de ces mahdies est le dévoiement ; quand
il est modéré , on le rejjarde généralement comme
avantageuse, aussi f;iit-on bien de le respecter ; mais
si le5 alimc'.iis et les boissons de l'enranl passent sans
avoir été digérés, si les selles sont liquides, vertes,
séreuses et accompagnées de vomis; cmt-nîs et que le
ventre soitbalioné, c\\ simjilem^n: ùoidoureux , on
doit avoir recours aux fonicciiations émoîlientes , aux
sangsues appliquées au fondement, sucrer les boissons
avec le sirop de gomme, de coing, de grande conscude,
mettre l'enfant à la diète, donner des quarts de iave-
nient avec l'eau de riz, ou une eau simple dp.ns la-'
feuelîe on aura fait dissoudre up, j'iunc d'oeuf, une
cuillerée d'amidon.
Il n'en est malheureusement pas des convulsions
■qui survifiiucnt à cctle époque comme du dévoie-
142 DEN
ment. Si cc cferuier est, en général^ assez facile à ar-
rêter, les premières compromettent souvent la vie de
, l'enfant. Si on était bien sûr qu'elles fussent matériel-
lement occasionnées par la dilficullé qu'éjrouvent
; les dents à percer les gencives qui les recouvrent , il
• suffirait pour les faire cesser de faire sur les gencivei de
simples mouchetures, ou même de véritables débride
nients ; mais pour un cas dans lequel ce moyen réussi i,
il échoue dans dix autres. Aussi peut-on établir, en
principe, c|ue rincision des gencives ne doit être faite
» [ue lorsqu'elles sont visiblement tendues, et comme
soulevées par les dents sous-jacenies. En dehors do
cette circonstance, il Cîl prudent d'avoir recours aux
sangsues appliquées denièie les oreilles, aux bains de
pieds synapisés, aux lavements purgatifs, cf mên»e aux
vcsicatoires appliques derrière ie cou ou sur le trajet
de la colonne vertébrale. On seconde avantageuse-
ment l'aciioude ces moyens par des potions antispas-
modiques, comme le sirop de pavot blanc étendu dans
l'eau de tilleul, dans les rapports de32 grammes ( une
once) par verre d'iufiisiou , donné par petites cuill é-
récs d'he\ire en beui-e.
Quant aux maladies que détermine la dcuxiém
dentition^ qui a ordinairement lie» de six ou sept aii
à douze ou quatorze, sans compter, bien entendu, I^<5
dents de sagesse qui ne sorîoîl (jue de dix-huit à
vingt-cinq ans, elles sont toujours moins graves quG
celles de la première. Ce sont laniôt de légères con-
gestions sang^iiines, des héraorrhagies par le nez, une
abondante salivation, l'engorgement des glandes du
cou , une rougeur des a eux cl des éruptions soit à la
f;.ce, soit à la tête; toutes choses qui disparaissent
assez souvent d'elles-mêmes avec la Ciusc (jui les a
orcasiunnéos. Mais ee qu'il inqiorle de bien savoir^
c'est que le travail d'éîupîiou dcj dents de rcmnluce-
nient n'est pas aussi souvcut facilité qu'on po'jrioil lo
cruire par l'enlèvement des dents de iait. Cet enlève-
ment ne doit être fait que lorsque celle qui doit tom-
ber est chancelante, et que celle qui doit la rempla-
cer commence à montrer la pointe de sa couronne. Si
malgré les soins qu'on apporte à régulariser l'tru ;>
tion des deuxièmes dents, elles se développent irrégu-
lièrement, il est bon de savoir que, sans ajouter uiic
foi entière à tou'.ps les promesses des dentistes, leur
art possède cependant des moyens de remédier aux
écarts assez communs de ce développement.
DESCENTES. — On appelle ordinairement dcs^
ceiiie ou chute le déplacement d'un organe qui vient
faire saillie en dedans ou même en dehors d'une ca-
vité naturelle aboutissant à l'extéiieur du corps ; dif-
férant en cela d'un^î hernie qni résulte bien aussi ,
comme nous le dirons jliis loin, d'un déplacement
d'organes, mais à travers des parties recouvertes par
la peau. Ainsi, dit-on, descente ou chute de la luette,
de la langue, du rectum, do la matrice.
^o l^. iraitemenl applicable à la chuto de la luette
si elle est récent»- et peu considérable , consiste dar
l'usage des gargarisnies astringents et résolutifs , 1'.' •
pplicaîion plus ou moins répétée, mais prudente, >''\\
nitrate d'argent ou pierre infernale ; enfin dans l'cx i
sion, si ces premiers moyens échouent.
2' Quand un enfant naît avec une chute df l.i
langue, et qu'elle est peu prononcée, il suftit, dam la
plupart des cas. pour la faire rentrer, de déposer de
temps en temps sur la pointe une pincée de pQi>re.
Mais, si la chute est ancienne, en essaye d'abord, les
lotions astringentes , mône les scarifications , mais
n:!eu\' encore la romprt'ssion graduée. Dans les cas
^où ces moyens échouent, on est forcé d'en venir à
Y excision.
lu DES
3t> La chule du reclum esl-elle iccciile cl peu con-
sitlérable, et ii'a-t-elle lieu qu'au niomcnl da sciles ?
aussiiôt ([ue ces dernières sanl rendues, on opère la
icduclion avec I03 doigts enveloppés de linge fin. Mais
It mal est-il abandonné à lui-même, le bourrelet mu«
ijwtnx acquierl-il un \o!ume îel que sa réduction soil
devenue sinon impossible, du moins difficile et dou-
loureuse? on doit chereher à faire rentrer la tumeu»
par des bains de Bicge, par des onctions avec la pom-
made belladouisée. Si on échoue , il faut avoir re-
cours à des moyens plus actifs, parce que ta mem-
brane muqueuse de l'intesiin , sans cesse exposée au
contact de l'air, au frollemeut des vêtements, devient
fongueuse, s'ulcère et peut se gangnner. Ces moyi.^nent enfin sous le nom
i'échauffement ceriaines irritations des organes géni-
taux (Voyez le mol Maladies vénériesses).
ÉCORCHURE. — On dé'i-jne par ce mot synonime
d'excoriation, les petites plaies superficiellesdela peau,
consistant presque uniquement dans l'enlèvement de
l'épiderme. Les causes de cet accident sont connues
de tout le monde : la plus commune, c'est le frotte-
ment contre un corps dur quelconque.
Quelle que soit la cause de l'écorchure, il en résulte
toujours un léger suintement sanguin, une douleur
cuisante plus ou moins vive, suivant que la peau est
enlevée dans une étendue plus ou moins considérable.
Du reste, cet acrident n'a aucune suite fjcheuse, il se
guérit presque toujours de lui-même. Un moyen de
remédier à la cuisson qu'il excite, c'est d'empêcher
le contact de l'air avec la partie écorchée : pour cela
il suffit d'y appliquer, avec de la salive, un peu de pa-
pier de soie ou de taffetas d'Angleterre ; s'il survenait
de l'inDammaiion, de l'irritation, on aurait alors re-
cours aux bains locaux, aux lotions à l'eau de gui-
mauve ou de sureauj et aux cataplasmes émoU
lients.
ÉCOI-'LEMENT. On désigne ainsi vulgairement tout
flux qui s'opère à la surface d'une membrane mu-
queuse, et dont le produit s'échappe au dehors par
une des ouvertures naturelles du corps. Le peuple
applique parliculicrenieiit ce raciaux F lueurs Hanches
tôX ECZ
et h certaines JiluliiUes vcucriemies ( Voyee cet
mots.).
ÉCROUELLES — (Voyez Scrofule).
ECZÉMA. Ce mot, docl i'emploi a été répandu par
l'étude approfondie qu'on a faire dans ces derniers
temps des nuances si variées des raaiadies delà peflu,
sert à désigner une maladie non contagieuse de là
peau, caractérisée par une éruption de vésicules or-
dinairement très petites et confluentes , environnées
d'une rougeur superficielle, et dont la rupture est
suivie de croûtes feuilletées d'un aspect assez variable.
On la nomme quelquefois aussi dartre humide^ dartre
vive.
Les causes de cette éruption sont à peu près les
mêmes que celles sous l'influence desquelles survien-
nent les daitres ordinaires ( ployez ce mot ) ; seule-
ment elles sont jt'néralement plus appréciables , uu
j;rand nombre de ces dernières 5e déclarant sans cause
bien apparente. Aussi parmi les eczémas qui sur-
viennent aux mains, en voiî-on une moitié au moins
sur des personnes qui par étal sont constamment ex-
posées à des agents irritants, comme les épiciers, les
broyeurs de couleurs, les ratfmeurs de sucre ; c'est
une de ses variétés qui avait reçu le nom de maladie
des boulangers. On le voit très souvent survenir à la
suite de frictions faites avec des pommades irritantes
ou sur des parties exposées au contact de quelques
fluides acrimonieux, comme le pus d'un vésicatoire,
ù un cautère, d'une perle en blanc, etc. L'eczéma
peut être aisément pris pour la gale, et c'est princi-
palement pour celte raison que nous en parlons. Mais
il en sera distingué par ses vésicules qui sont plus
aplaties et plus rapprochées les unes des autres. La
douleur qu'il occasionne n'est pas d'ailleurs comme
dans la gale, une simple déinangeariiun, mais une cuis-
son et un prurit ardent.
EMB 155
Ce que nous avons dit flu irailcmcnt des dartres cl
ce que nous dirons du traitement de plusieurs au-
tres maladies de la peau nous permettent de passer
ropidemenl sur celui de l'eczéma. Quand il est simple,
quelques lotions émollientes, des bains entiers, de»
boissons délayantes d'abord, comme l'eau d'orge, de
chiendent, puis quelques laxatifs , comme un verre
d'eau de Sedlilz coupée, pris deux ou trois jours de
suite, le matin à jeun, suffisent ordinairement pour le
faire disparaître en quelques jours. Quand l'éruption
languit, en un mot devient chronique, on peut, on
doit même avoir recours aux moyens lé{»èremcn» exci-
tants : bains alcalins, savonneux ou sulfureux, géné-
raux ou partiels, suivant le cas ; pommades résolutive»
avec le «ous-carbonate de potasse, les mercuriaux, le
goudron ou pommades rcsinenses, douches, enfin vé-
sicatoires sur la partie mime.
EFFORTS. On donne vulgairement ce nom à deux
maladies fort différentes , les Hernies et Descentes^
( Voyez ces mots ) et les douleurs musculaires
rhumatismlae.s , qui sont provoquées par un mouve-
ment brusque ou par un effort un peu violent. Celle
douleur survient le plus souvent aux reins, et siège
dins la masse musculaire qui occupe les lombes: le
repos est le meilleur remède et celui que la nature
elle- même indique, puisque tout mouvement, tout dé*
placement renouvelle la douleur ( Voir au surplus le
•n')t Rhumatisme).
EMBARRAS de l'estomac. — On a donné ce nom à
■lU malaise produit par un amas plus ou moins considé-
rable de matières morbides dans l'estomac, et indiqué
[);ir les symptômes suivants :
La bouche est amcre et p;*tleuse, la langue est re-
cenvcrte d'un enduit jaunâtre, il y a dégoût des ali-
ments; des rots plus ou moins fréquents, quclquefoi»
456 EMB
des nausées ou tks envies de vomir ; les digestions sont
lentes et pénibles, enfin on éprouve généralement um
sentiment de lassitude dans les membres et des maux
de léle principalement au-dessus des sourcils.
Les causes ordinaires de celle affeclion sont les re-
pas trop copieux, les aliments lourds et indigestes, le»
écarts de régimes, les liqueurs spirilueuses, enfin toutes
celles qui agissent sui l'estomac en échauffant, en exci-
tant, eu irritant cet organe. Cette maladie se développe
aussi sous l'influence de la chaleur humide, des pas-
sions tristes, des chagrin? profonds, des travaux exces-
eifs. Certains médecins l'attribuent encore à une ac-
sumulalion de bile dans l'estomac, et pensent que les
qualités de ce liquide sont sans doute altérées.
Quoi qu'il en soit des causes de cette affection , elle
est généralement peu grave et ne dure que quelques
jours, si elle est traitée convenablement. Le meilleur
mode à suivre est d'observer, dès l'origine, une diète
un peu sévère, et de se mettre à l'usage de boissons
légèrement acides. Si ce traitement ne suffit pas, et que
l'on soupçonne de la bile, il faut alors avoir recours
aux vomitifs. L'émétiqiic en lavage, à la dose de cinq
on dix centigrammes, dans un pot de bouillon aux
herbes ou dans un demi-verre d'eau est le vomitif le
plus employé ; souvent on y joint avec succès trente
grammes de sulfate de soude. Les purgatifs seuls ne
conviennent générahment pas dans cette affection,
mais unis aux vomitifs, ils sont au contraire presque
toujours utiles.
Chez les individus sanguin?, plétoriques, menacél
d'apoplexie, chez les personnes Hes nerveuses, chez
lesquelles le mouvement fébrile est très intense, la
langue rouge, sur les bords et à la pointe, la soif très
vive et la région de l'estomac dcmloureuse à la pres-
sion, il faut bien se garder de recourir aux émétiqucs
EMP io7
ou sut purgatifs, qui augmenteraient lo mal, bien loin
de le soulager. C'osl le cas de recourir aux applica-
tions de sangsues au creux de l'estomac, aux boisions
acidulés ou émollienles, aux bains tièdes, etc.; car ici
il ne faut pa< s'y tromper, ce n'est pas à un simjile em-
barras de l'estomac que l'on a affaire, mais bien ù une
infhmmalion de cet organe, ou même à une irritation
du foie, qui seraient exaspérées par toute médication
excitante, comme!esont les vomitifs et les purgatifs. Au
reste, nous renvoyons aux articles Bile et Gastrite;
ce que nous pourrions en dire ici ferait double
emploi
EMPOISONNEMENT. — L'empoisonnement est
le résultat de l'action d'un poison quelconque sur
l'économie, et on appelle poison toute substance qui,
prise à l'intérieur ou appliquée à rexlérieur du corps,
et à (ïoses modérées, est babituellement capable de
détruire la vie sans agir mécauiquenient et sans avoir
besoin d'agir plusieurs fuis. IJ empoisonnement est le
résultat de l'action de cette substance. On partageait
autrefois les poisons , d'après leur origine et leur na-
ture cbimique, en minéraux , végétaux et animaux :
ces derniers compienaul les venins, produits naturels,
et les virus, produits maladifs. Mais on les divise gé-
nêra'emeul aujourd'hui en quatre classes: 1" poisons
Irritants on corrosif., la plupart inorganiques ; % poi-
sons narcotiques oaslupcjiants; 3° poisons «arco//co-
âcres ; 4'^ poisons septiques ou putréfiants. Comme
tous les autres corps de la nature, ils peuvent se pré-
«e<»ter à l'étal solide, liquide ou gazeux ; quelques uns
peuvent même exister sous une quatrième forme que
l'ou a désignée par le nom d'état miasmatique.
L'empoisonnement peut s'effectuer par plusieurs
▼oies. Il est des poisons qui sont introduits dans le
torreût de la circulation par quelque point que ce soit
158 mv
de la surface extcrlcuie ou iriîc'rieure œi corps, mais
on peut établir en thèse générale que leur introduc-
tion pent avoir lieu par trois voies différenics :par la
peau, par les membranes muqueuses, c'est-à-dire par
toutes les ouvertures naturelles, comme la bouche ,
l'anus, les narines, par la peau dépouillée de son cpi-
derme. Lorsque l'empoisonnemenl s'effectue par la
peau ou le tissu cellulaire, c'est toujours un poisou
susceptible d'être absorbé qui le produit; comme l'ar-
Senic,'^Ie sublimé corrosif, l'éraélique, l'opium, et lab-
sorption est d'autant plus rapide que le poison est sus-
ceptible de se dissoudre facilement. Les signes auxquels
on peut reconnaître un empoisonnement, derant va-
rier autant que les poisons varient eux-mêmes, il est
difficile de décrire d'une manière générale les carac-
tères de cet empoisonnement. On doit cependant le
présumer, lorsqu'une personne éprouve tout à coup
un certain nombre des symptômes suivants :
Odeur nause'abonde et infecte, saveur acide, alca-
line, acre, styplique ouamère; sécheresse dans toutes
les parties de la bouche; constriction dans la gorge;
langue et gencives jaunes ou noirâtres; douleur plus
ou moins aiguë dans toute l'étendue du canal digestif
€l augmentant par la pression; fétidité de l'haleine j
rapports fréquents, nausées, vomissements doulou-
reux, niuqueux, bilieux ou sanguinolents; hoquet, coa-
slipatian ou selles abondantes; difficulté de respirer ;
angoisses, pouls fréquent, pttit, serré, irrégulier, fan-
lot à peine sensible, tantôt, au contraire, fort et dé-
veloppé; frissons et refroidissement des membres, ou
îhalcur brûlante à la peau; sueurs froides cl gluantes;
mouvements convulsifs des muscles de la face, et sou-
vent contorsions horribles de tout le corps ; tète sou-
vent renversée en arrière; vertiges, paralysie ou
graude faiblesse des "'ambes allû'ulioû delà yyixjCtc,
EMP - 159
U arrive cependant n,ue des personnes meurent empoi-
sonnées sans avoir offert ces symptômes, de même que
d'autres éprouvent les accidents les plus graves, qui
nn sont cependant pas suivis d'une mort prompte.
S'il est impossible de décrire les symptômes géné-
raux de l'empoisonnement, il est impossible aussi
d'claljlir d'une manière absolue les règles de son trai-
tement. Tout se réduit à cet égard à ces deux points -
Le poison est-il avalé depuis ppu ; se Irouve-l-il en-
core dans l'estomac ; ou bien peut-on supposer qu'il
n'j'st pas entièrement absorbé; ou, en d'aulrcs termes,
est -on témoin de la premièie épocj[ue des accidents?
On cherchera à expulser de l'estomac la portion du
poison non absorbée, soit par le haut an moyen do
i'émétiqiie, soit par le bas par des purgatifs ; ou bien
on neutralisera ses propriétés vénéneuses en le combi-
nant avec une substance appelée contre-poison ,
moyen qui paraît fort rationnel, mas sur lequel il ne
faut jamais trop compter. Le poison est-il , au con-
traire^ avalé depuis un certain temps, a-t-il été porté
dans l'économie par une autre voie qtie par l'estomac?
On en combattra les effets par les moyens généraux
appropriés à la nature des sjmpîômcs, à l'état du sujet,
à l'espèce particulière d'organes qui se trouvent com-
promis , et au genre spécial du poison. C'est ainsi
^u'on aura recours taniôt aux saignées , tantôt aux
excilauts ; dans certains cas aux vomitifs, dans d'aulrcs
«iix purgatifs. Or, voici tout à la fois les différentes
spèces de poison rapprochés par similitude d'action,
2t le traitement qui est spcciaicment applicable à cha-
que espèce :
1" Poisons irritants, connosiFS oï cacstiques. —
On les reconnaît aux signes suivants : saveur acide,
«cre, caustique, cuivreuse ou métallique; chaleur de
U bouche, de la gorge ; sentinienl de brûlure dans le
160 EMP
creux de l'estomac; nausées, vomissements, éructa*
talions fréquentes, soif vive, constipation oijiniàlre ou
selles abondantes ; peau froide , couverte de sueur ,
pouls petit, serré, fréquent; respiration difficile et ac-
célérée; puis surviennent les phénomènes caractéristi-
ques de l'inflammation; les sujets conservent en géné-
ral leurs facultés inlellectuelles dans les premières
périodes de*la maladie; mais peu de temps avant sa
lin, ils tombent dans un étai de profonde insensibilité
et sont en proie à des mouveoienls convulsifs.
On traite les accidents occasiottnés par les poisons
de la manière suivante : Acides minéraux et végé'
taux, comme l'acide sulfurique, murialique (eau for-
îc , seconde , de javelle), citrique , malique, etc. : ou
donnera de suite, et toutes les minutes, une tasse
d'eau pure ou d^eau de giaiue de lin, contenant de
25 à 50 centigrammes . de magnésie calcinée par
verre, à défaut de magnésie, eau de savon ou de
chaux. Si le vomissement n'a pas eu lieu , on titil-
lera la luette avec les barbes d'une plume, et s'il sur-
vient des signes d'inflammation on les traitera comme
ilans toute autre circonstance. — Alcalis concentrés,
comme la potasse, la soude, l'ammoniaque: vinaigre,
suc de citron étendu d'eau; beaucoup d'eau chaude;
rilua tard le même traitement que celui des acide»
foncenlrés. — Préparations mercurielles, comme le
^ii blimé corrosif: un verre d'eau battu avec du blanc
ffœuf, ou bien une tasse de lait coupé d'eau dans la-
quelle on a délayé de la farine; puis traiter comme
j>our les acides, — Préparations arsenicales : eau
fucrée pure, ou coupée avec un tiers d'eau de chaux,
potion huileuse, lait, décoction de noix de galles ou
de quinquina, hydrate de fer, 12 au 15 fois le poid»
jjrésumé du poison. Pour traitement consécutif, sai-
gnée s'il y a des signes d^inflainmation, innissej- aoi
, lines, :-\ on suppose le poison passé dans toute l'éco-
■ otnie. — Préparations aniimonialcs, comme i'émé-
ique; eau liède en aboodanre; plusieurs tasses d'in-
fiisiou de noix de galles, de quinquina, de saule,
■ i'écorce de ihéne. — Caniharide.s : eau liède, eau de
. laine de lin ; injecler daws la vessie des liquides mu-
cilagineux, mais non huileux, qui dissolvent le prin-
cipe acîif ; grand bain, foraenlalioas adoucissaulej sui
les points douloureux si les caniliarides ont été appli-
quées à l'exiérieur. — Irritants végétaux, coiame
l'anémone, la bryone, la coloquinte, la clématite, le
garou, le jalap, le menccnilier, la gomrae-gute, le rt.us
radicans ; comme pour les acides concenirés.
2" Poisons stupéfiants. — Ils ont pour symptômes
UQ coma profood, un collapsus des membres avec ij\-
sensibililé de la peau; les pupilles sont dilatées; îa
respiration est lente, la peau froide, le pouls petite
lent. Les poisons de celte classe n'ont point de sa-
veur caustique, donnent rarement lieu à des vomisse-
ments et à des déjections alvines.La douleur qu'ils font
naître n'existe que peu de temps après leur emploi,
et quand elle est intense les malades la rapportent à
différentes parties du corps , au lieu de la ressectii
dans le ventre eiclusivement.
Suivant la substance spéciale (jui les forment ce.
poisons se combattent ainsi : Belladoi e, jusquiame^
laitue viveuse : provoquer lerencontre de forme, de couletir et d'cten-
dac très variables. Tantôt ee sont des taches qui ne
dépassent pas le niveau de la peau ; elles sont alors
peu étendues , jaunes, brunes ou noires, et, dans ces
deux derniers cas, assez sou\ent recouvertes de poils
durs et courts, ou ronges et violettes (taches de vin),
et tellement dépendantes d'une altération des vais-
seaux sanguins de la peau, qu'elles foncent en couleur
par le moindre écart de régime, par une impression
morrile un peu vive. Tantôt , au contraire, elles sont
saillantes au-dessus du niveau de la peau , et, dans ce
cas, presque toujours formées p.ir un développement
anormal de qtjeîques parties du système sanguin. De
ces diMix sortes d'envies, les premières, quiofirent sou-
vent l'apparence de ceitains objets assez conimun<,ne
doivent point être touchées; car ou nepourrait que les
détruire en les cautérisant ou en les enlevant par le
bistouri, et on laisserait alors après elles des cicatrices
p'us difformes et aussi désagréable:. Les vésicatoires
dont onest tenté de les couvrn-, ne les atiaquent jamais
assez profondément pour les faire disparaître, et lais-
sent souvent après eux des traces blanchâtres qui en
rendent l'aspect eneore plus bizarre.
Il n'enc?t pas de >Mènie de?
EPI 171
beaucoup le niveau de la peau, leur siège el le dan>
ger qu'elles peuvent faire courir par la moindre lésion,
en exposant à une héinorrhagie souvcul difficile à ar-
rêter, sojit tels (juilesi. quel (|uefois indispensable de les
faire disparaître. Leur Irailcment appartient alors à la
chirurgie et consiste à les conipriiner, à les lier, à les
emporter avec l'instiument iranchant, ou bien enfin à
faire la ligature du vaisseau sanguin principal dont elles
reçoiveni le sang. L'emploi de la raulirisation contre
elles [)eut faire craindre des accideus assez graves pour
qu'on ne soit pas tente' d'y avoir recours.
EPILEl'SIE. — Vulgairement appelée haui mal,
mal caduc, mal de Sniui-Jean^ maladie sacrée y l'c-
pilcpsiese présente sons trois formes différentes , qui
ne sont que trois degrés du même étal : le grand mal ,
dans lequel la perte de connaissance est con.'plcte, la
chute insiautanéc, les convulsions violentes ; \GviTtige
épileptif]ue , dont le mabide prévoit l'aii ivée , dans le
cours du(|uel il netombepaset ne perd même pas com-
plètement connaissance; lextast cpilep'i/orme , qui
n'est qu'un trouble passager , qii force seulement la
personne à s'arrêter un instant.
, L'épilepsie attaque tous les .^ges, mais est si rare
dans la vieillesse et si commune dans l'cnfur.ce qu'on
lui a donné le nom de mal des enfants ; aussi peut on
dire que la facilité à la conirùcler est en raison inverse
de l'ige. Les femmes, plus impiessioiiables, semblent
aussi y être plus sujettes. S'il e.sl vrai que dessuji-ts par-
faitement consiitiiés puissent être aileinîs d épili-psif,
l'observation démontre cependant cependant (juc paimi
las personnes qui deviennent épileplique-; , un i;r;ind
nombre apportent en naissant une conformation défec-
tueuse du cerveau. Les idio's et k-s imbccilles de nais-
•anceysout très suji-ts, La transmissi-in par voie hé-
réditaire n'est auiourdhui ccute^lèe ^laj- j)crsonue ;
172 EBi
elle est plus commune dans fês classes inférieures de la
société. On accuse bien des causes à répile[)sie, mais
de toutes les causes, la frayeur est sans contredit la
plus puissante j après elle viennent la masturbation,
les abus et les maux vénériens, et en général toute?
les fortes secousses morales. L'expérience démontre
(■u'elle se transmet par pure imitation.
Quelqï'.e soit la forme de Tépilepsie. son traitement
est toujours le même; il diffère seulement dans l'éner-
tr\e de son application. En voici les principales règles:
les causes de la ^maladie, si elles sout connues, ayant
été écarlées ou combattues, autant que cela aura été
possible, on se bornera , pendant les accès, à empê-
cher le malade de se blesser contre les corps environ-
nants, et on s'abstiendra de lui faire respirer des sels
cl toute substance odorante, comme on le fait généra-
lement dans tous les cas de défaillance. Si le sujet est
jeune, pléthorique, une saignée au bras peut lui être
pratiquée avec succès. On lui appliquera, de temps à
autre des sangsues au fondement; on pourra lui éta-
blir un cautère à la nuque, surtout dans les cas où il
y aurait eu suppreesion d'hémorrhoïdes ou rétroces-
sion d'une dartre.
Quant au traitement spécial, malgré toutes les re-
cherches, ce sont encore les antispasmodiques, et sur-
tout les plus odorants, qui com.ptent le plus de réus-
site; comme la valériane, le musc, rassal'atida, le cas-
loréum, l'oxyde de zinc, l'huile animale de dij^pel ,
celle de térébenthine, le sulfate de cuivre ammo-
niacal, les préparations camphrées. On aaussi em-
jiloyé avec quelques avantages le galvanisme, l'élec •
tricité , les bains de surprise, punout froids, et affu-
sions de même nature sur la tête , l'extrait alcoolique
de belladone , de dalura-stramonium , l'acide hydro-
ciajii(iue et h morphine ; mais ce sont des subslancci
I
ÉRL '173
trop cnergqiips, et surtout d'une action trop incer-
taine pour en tenter l'usage en l'absence il'uu ln^mnie
de l'art.
Au deuii'urani , quand on cherche à se rendre
(OiU|>ie dr la iiiatiièrtî d'agir de la plupart des njcdi-
colimis rr CDiuuiaiidces coiiiie répilepsie , on esl tuicé
de recouiiailre (pi'rllfs n'ont, en gtnérai, d'autre ré-
sidîai l)ien inar^jné qwe d'iuipiimer de violentes se-
cousses à rétunoniie , et surtout au système céiéhro-
S|.in;d. Mais inalh'Urenstiiient, cit-ite terrible niaiadie
siia lougienips encore le désespoir des malades, recueil
d«s niédreiiis consciencieux, et le point di- unie des
cliartaïaus.
ÙlilllTlON. — Le mol éri;piion est une expressiok
g.^nérique ajipii«abie à touie maladie qui survient toui-
t- ou|i à la pf-au, sous l'orme boutonueiise comme la
variole, Ij roug- o!r, la miliaire ; mais on s'en sert gé-
Il rdlenient pour dcsi},'ner une sortie soudaine de [)eiils
1» niions ou de pusUiIe--, >-oil sans cause connue, suit à
la s lite de l'app icat «)n de cor['S irritants sur la peau,
ou d'ingt'sliou dans l'eslomac de certains alimenis
acres ou délérioris, comuje des moules tl de» huîtres à
ceilaiiie-^'poque de l'année.
Quand cUe survient sans cau'^e appréciable, son
trailemenl est des plus simp'es : la diète, le repos,
des boisson» d'orge, de cineuJcnl , des bains, des fo-
mentations é.nollieutes, sullisenl ordinairement. Si elle
lient à une cause in;érieure , c'e>t vers cette deiniere
que doit particulieiemeul être dirigé le traitement,
l'ar exenij.le, si elle survient à la siiiie d'un repas
fjit avtc de> moules, ou fera bien de débarrasser l'es-
tomac par cinq ceuligrauiines (1 grain) d'éméiique
doi.né dans un denu-\erre d'eau, tic. ( Vo r au sur-
plus les mois Dartre, EcHAi;Fit,ME»T de boutoiîs,
tczÉiJA , elc,
174 ER\
ERYSlPÈLh. — Caractérisée par une tcliiU toiig^
{( iicée de la peau , avec clialeur et luméfaclion, cette
fai'iection, e\lrêmeinenl commune, occupe toujours une
surface assez étendue , même dans quelques cas très
rares , peui devenir généj aie. Toutes les parties du
corps peuvent eu cire alteinles , mais la face et les
rnombies en sont plus particulièrement le siège.
L'érvsipcle peut se développer sous Tinfluence dt
îauies aussi nombreuses que variées. En premières se»
pr. sentent les irrilî.lions locales, comme l'actiou d'un
suleil trop ardeut, le contact de certaines substan'^es
caustiques , pulvérulentes , etc., la vaccine , des fric-
lions rudes, les piqûres de sangsues. Plus fréquent dans
le printemps et en automne, plus commun chez les
f( nimes que chez les hommes, il règne souvent épidé-
miqucmont, surtout à la suite d'une longue sécheresse
et de grandes chaleurs. Certaines localités humides fa-
vorisent son développement ; l'expéiience prouve aussi
(|ue non seulement il est très fréquemment la suite de
la suppression d'une perte habituelle, mais qu'il peut
se déclarer immédiatement après une vive émoiion,
ct^mnie la colère et la frayeur, et à la suite d'un repas
lioj)CopieuY, ou composé daliments trop stimulants.
Quand i'erysipèle n'envahit que la peau et n'est pas
liés étendu , il disparait assez ordinairement sous l'in-
Uuence de la diète et des boissons délayantes. S" il est
accompagné d» fièvre^ et qu'il ail son siège à la face,
iu cuir chevelu, on fait bien, surtout chez les sujets
tujjcs et vigoureux , de faire pratiquer une ou même
(liusieurs saignées au bras , de donner des bains de
j)icJs, des lavements purgatifs. Si la personne a la lan-
gue sale, la bouche amère, on doit débarrasser l'esto-
ûtac de ses sabures au mo\en de rémélique. C'est un'
préjuge nuisible do croire qu'il faille absolument em-
ployer le; loiionsfroi<!rs excepté jour ce qu'on uomiH»
un coup de soleil , «lies sont gi'iiéiultiriCiil [.lus dt-ui-
voraliles ((u'uliles. Les caL'ipIasiiics, niùiie lièdcs, o.jt
aussi le grand inconvénient de congestionner la partie
et d'augmenter rinOannnation ; mais on fai* très scsi-
\cnt avorter des érysipcîes en pratiquant sur les par-
ties affectées des onctions douces avec la graisse nier-
cinieHedouhle. Le coton cardé, placé sons un morceau
de taffetas très mince, et maintenu par un bandage
ligèrement serré, convient encore dans les cas simples.
C'est par un vcsicatoire qu'on fixe un éi'jsipcle vo-
lant , et qu'on rappelle celui qui aurait disparu trop
subilcinent.
Nous n'avons parlé ici qtie des cas dans lesquels
TinAammation se borne à la peau ; mais elle peut en-
vahir les parties sous-jaoentes, et cunstilue alors l'éry-
sipèlc phlcgmoneux , qui exige un tiaitenjent énergi-
que, comme les saignées et les sangsues, la diète ab-
solue, les bains locaux énioliienls très prolongés. Si ces
moyens échouent, il faut se liàter de faire opérer le
débrideraenl des parties tuméfiées , afin d'éviter non
seulement la suppuration, mais la gangrène ou la mor-
tification. Si déjà du pus existe ca et là dans les mail-
les du tissu cellij'aire , on pratique encore le débride-
ment ou de.^ incisions dont le nombre, l'étendue et la
profondeur sont en rapport avedlfétat des parties. Ce
précepte est surtout de rigueur quand l'érysipèle
phlcgmoneux occupe le cuir chevelu. La compression
a aussi quelquefois fait avorter cette maladie affectant
IfS membres.
KSQUINANCTE. — i!/rt/ dcgorge, et angine pour
les nié(î(c:ns. Ceite maladie, une des plus conirauncs
uni existent, survient Icphis habiiucHi ment à la suite
d'\!n refro disseinent , surlout des pieds, affecte de
préférerue les a-.'ulles, les | ersonnes sanguines, et se
dôlure - rdinaii rment au printemps el à l'automne.
il6 ESQ
Elle peut aller depuis une simple gêno dans la d^glu-
titiou jusqu'à riirnuinence d'une véiilable asphyxie par
strangulation. Son trailenienl vaiie ■nccessairemeMl
suivant son inlensité. Eat-elle peu vioieule et dépour-
vue de Cèvre , on peut se coniinler de se tenir chau-
dement , de s'envelopper le cou d'un morceau de fla-
nelle ou d'une ouate de coti^n , de garder la diète, de
prendre quelques bnins de pieds salés ou aiguisés avec
une pelletée de cendre, et de bnire quelques boissons
mucilagincuses , comme l'eau d'orge sucrée avec le
sirop de gomme ou de guimauve, ou du lait bouilli
avec des figues grasses.
S'il y a difficulté de respirer et d'avaler qu'elle
soit très marquée, el accompagnée de fièvre, une sai-
gnée générale sera fort utile; mais, dans tous les cas, il
est rare qu'on puisse se dispenser d'appliquer des sang-
sues sur les parties laléral'îs du cou el derrière l'angle
de la mâchoire; on agit en même temps révulsivement
sur les membres inférieurs par des cataplasmes très
chauds, même rendus plus stimulants par ia farine de
mou:arde ou le vinaigre, et sur rinlesliu par des pur-
gatifs et des lavements laxatifs. A mesure que Id fièvre
tombe, on rend les boissons un peu plus acidulés, et on
se gargarise avec l'eau de feuilles de ronces, aiguisée par
lemielrosai ou quelquesgouiies d'acide bvdrochlorique.
Mais l'esquinancie ne prend pas toujours la marche
bénigne dont nous venons d'indiquer le traitement.
Elle parcourt quelquefois ses périodes avec une ef-
frayante rapidité et se termine par la gangrène. Ces
ce qui consliuie l'angine gnngrcneuse, aussi commune
au moins sur les sujc's faibles et lymphatiques que
sur Ifs personnes san|.;uines, furtcset vigoureuses. Aus-
sitôt que la ganijicnese déclare, ce qu'on reco/Wiéiit
surtout à l'odeur qui s'exhale de la bouche du malade,
OU peut avoir l'tspoir d'en arrêter les pio^^ros cû aJ-
EST - ^77
cuinistraDt un vomiiif, en insufflant sur les parties
malades delà poudre d'alun ou de calomel , ou en di-
rigeant dans la gorge des vapeurs éihérées , ammo-
niacales ou chlorurées. On prendra à l'intérieur des li-
monades minérales^ des tisanes faites avec la sauge, la
caraonnlle, le quinquina, acidulées. On passera sur les
escharres un pinceau trempé dans les acides sulfuri-
que et hydrochlonque étendus d'un peu d'eau.
Une des terminaisons communes de l'esquinancic,
rh ez les personnes qui en ont souvent été atteintes ,
c*est ou la formation d'un abcès dans les glandei
amygdales, ou leur gonfleaient avec indurati<in. On
/•«•médie à l'abcès en l'ouvrant avec la pointe d'un bis-
touri effilé , entouré de linge, et on se débarasse des
inconvénients produits par des amygdales hyperlro»
fiées en les faisant exciser.
ESTOMAC {mal d'). — Nous ne voulons pas dé-
crire ici les nombreuses maladies de l'estomac,
renvoyant pour cela aux mots : fièvre bilieuse ,
embarras de t'eslomac, indigestion, gastrite, empoi-
sov/iemem , mal de mer, pitiiue , etc.; mais nous
voulons seulement parler de cet état si commun
chez les femmes, surtout celles qui habitent les
glandes villes, et qu'on se contente de désigner par
rcxprcssion vague de mal ou tiraillement d estomac.
Cette affection qu'on a longtemps considérée
:!orame une inflammation ancienne ou chronique do
'estomac , à une époque surtout assez rapprochéo
ienous où l'on voyait partout des gastrites {Voyez ce
lOot), n'est dans la plupart des cas que l'expression
d'un état nerveux dont la cause est ou dans l'esto-
ri.ic lui-même ou dans les organes , plus ou moms
cioignés, qui lui sont unis par les liens d'une étroite
Evmputhie. On la rencontre surtout chez les person-
RGS <Tui ont c inr.r.is d-s ic.rts do régime , qui ont
178 EST
des vers dans l'eslomac ou les intestins, qui su Aour<
rissent d'aliments indigestes pour elles, travaillenl
de télc immédiatement après avoir mangé, éprou-
vent tout à coup de violents chagrins , ou vivent
dans un état continuel de peur et de contrainte;
de même qu'elle est la compagne presque insépa-
rable d'une vie trop molle ou trop somptueuse, de
certaines migraines , des menstruafions laborieuses,
des grossesses pénibles, et de la plupart des mala-
dies de la matrice, mais particulièrement des pertes
en blanc.
Bien que la douleur soit le symptôme le plus
constant de ce genre de mal d'estomac , qui reçoit
aujourd'hui en médecine le nom de gastralgie , non
seulement elle est extrêmement variable dans son
intensité, mais toutes les personnes ne la ressentent
pas de la même manière. Dans beaucoup de cas ils
éprouvent des besoins qui simulent parfaitement le
sentiment de la faim, mais qui reviennent aussitôt
(lue cette dernière est satisfaite. D'autres fois celle
douleur est vive, brûlante ou déchirante, rappelle
(îu un mot l'élat inexprimable de souffrance et
d'anxiété que produit instantanément une chute vio-
lente sur le ventre, ou un coup donné sur le creux
de l'eslomac : elle est alors accompagnée soit de
simples rapports acides, soit de sécrétion de lluides
nuu|ueux ou bilieux. Dans tous les cas , elle se dé-
vch.rpe le plus souvent le matin, se trouve repro-
duite ou exaspérée par la moindre secousse morale ,
les temps d'orage, et les fortes chaleurs ; mais dans
aucun cas elle n'a un caractère franchement in-
llanimatoire, et la prer.s«:on, loin de l'augmenter, la
diminue. Aussi beaucoup de femmes souffrcal-cUes
moins ayant leur corset que ne l'ayant pas.
D'api 08 ce «jue nous venons dediie, il est é\ideiil
£T0 iTD
qu^ les maux tl'cslomac tenant souvent à des cir-
constances qu'il est diflicile de changer brusquement ,
ne peuvent pas toujours être attaqués dans leurs
cause* essentielles. Cependant si on parvient seule-
ment à modifier ces causes, on arrive assez souvent
à un résultat favorable , et c'est sur la nourri-
ture qu'il faut surtout compter.
Celte nourriture doit être légère, plutit animale
que végétale, composée par exemple de viandes re-
lies , d'œufs frais , de compotes de fruits , d'eau ga-
zeuse cou[)ée avec un peu de vin de Bordeaux. Hors
des repas les boissons pourront se composer d'in-
fusion de camomille, de centaurée, de feuilles d'o-
ranger , mais prises en peti^-î quantité pour ne pas
augmenter la tension du ventre et les flatuosités.
Si l'état nerveux est bien prononcé , on peut ajou-
ter à ces moyens les antispasmodiques, comme l'c-
ther, les grands bains, mais surtout l'exercice en plein
air. Si, au contraire , la constitution semble épui-
sée, les boissons amores, les ferrugineux contribue-
ront puissamment à relever l'économie en détruisant
tout à la fois les douleurs d'estomac , et les autres
pliénomènes avec lesquels ils coïncident. ( f^oyez
Flukurs blancues, Pales couleurs. )
£TEI\NU£'ΣNT. — L'éternuement est une expira-
tion convulsive et sonore avec une secousse plus ou
moins vive de tout le corps, pro luite par une irri-
tation de la membrane rasale. L'éternuement est
fréquemment excité par l'impression de l'air froid :
il est alors l'un des symptômes d'un rhume de cer^
veau. ( Voyez ce mot. )
ETISIE. — ( Voyez Amaigrissement, Faiblesse.)
EToUFFEMH:n\-— L'etoulfemeut ou ditficulté de
«espirer, qui constitue la dyspnée des médecins, est
bien plutôt le sympiôuiij d'uut: maladie, particulière-
•**;
180 Eïo
mpni d'une afiVciion cki poufhon ou du coeur, uu'un«
maladie cssenlielle. Elle peut cepeudant être le luniple
ré>ul:a* d'un élat d'obésiié extrême. Les personnes
qui sont dans ce cas doivent habiter dans un lieu aéié
et élevé, une chambre spacieuse, éviter tous 1rs exer-
cices violents , dormir presque assises dans leur lit ,
prendie une nourriture légère el surloni peu abon-
dante à la fois , se faire appliquer de temps à autre
des sangsues au fondement , el même se faire tiier du
sang par le bras, s'il y a pléthore évidente : cftie der-
nière indication serait d'autant |;lus marquée, et ur-
gcmmenl requise, que léiouffcmenl serait survenu
d'une manière plus soudaine, parce qu'on pourrait
craindre qu'il ne fût le prélude d'une congestion ou
apoplexie pulmonaire contre laquelle les movens le»
pins énergiques devraient être dirigés.
ETOURDISSEMENT. — L'élourdissement n'est
souvent que le prélude de l'apoplexie; il est cepen-
dant quelquefois le seul signe jiar lequel se manifeste
l'épilepsie ''extase épiloptiforme). Il peut au<si être
babiiuellemcnt occasionné par un obstacle quelconque
au retour du sang veineux du cœur au cerveau. Les
personnes pléthoriques, à cou court, à épaules larges,
y sont sujettes. Pour prévenir les suites défavorabhs
de cette disposition constitutionnelle, on doit .suivre
un régime végétal , éviter toute boisîon stimulante, se
modérer dans les travaux de cabinet et dans tous les
actes susceptibles d'exciter les sens , appliquer de
temps à autre des sangsues au fondement, veiller à ce
que le flux hémorrhoîJal ne s'arrèle pas , ou, chez
une femme, que la menstruation soit régulière. Il est
eussi trè? prudent de tenir le ventre libre, au moyea
Ce purgatifs (liasticjues,c()iiuric quelques pilules d'à-
loes , de rhubarbe; les buins de pieds synaniséj soql
su -si fart indiqués.
EVA 181
ÉVANOUISSEMENT. — Défaillance . faiblesse ,
pâmoison^ syncope. On donne ces divers noms à la
suspension plus ou moins soudaine du sentiment, du
mouvement, de la circulation et delà respiration.
Levanouissemenl a quelquefois une invasion si
pronjpfc , si subite, que le malade tombe et perd, à
l'instant même, connaissance Mais le plus ordinaire-
ment, cet accident est graduel dans sa marche: une
langueur universelle s'empare du njalade , ses jambes
sont comme brisées; il éprouve une sorte de malaise,
d'anxiété pénible à la région du cœur , quelquefois
mtîme «les nausées ; il croit qu'il meurt; en même
teaips , ses idées se troublent , sa vue s'obscurcit , il
éprouve des tintements doreilles et des vertiges, le
visage pilil, les extrémités deviennent froides , la tète,
le cou et plusieurs autres parlios du corps se couvrent
d'une sueur froide et en gouitcleties. Euftn tous les
rapports avec les objets exlérieuis sont abois, et le
."oips, abandonné à son p:opre poids, lond)e privé
de sentiment et de mouvement ; cet état de mort ap-
parente dure ordinairement quelques minutes. Cepen-
da!^t il peut se prolonger pendant plusieurs heures:
cr:ia dépend esseulieliemtni des causes qui y ont don-
«é lie I.
La cause première ou plutôt la nature de l'évanouis -
»€n»ent paraît dépendre du ralentissement ou de al
»iiS]>€nsion des tonlraclions du cœur (pii ne lance pins
ass -z de sang vers la léle pour stimuler le cerveau. Il
est, en effet, démontic que le phe'nomèue le plus sail-
lant de cette affection, la pi rie de connaissance est
toujours déterminée par rinlerruplion de l'action vivi-
lianie du sang sur le cerveau. Quant aux causes se-
condaires qui peuvent doiuier lieu à cet accident, elles
«ont directes ou indirectes : on enlend par directe»
c«ll« qui, diminuant la quantité de sang, privent le
482 EVA
caveau de la poriion qui lui est nkessaire pour re.ii-
pJir ses fonctions. De ce genre sont les pertes de sang,
soit spontanées, comme les hcmorrhagies nasales , uté-
rines, ceflcs de la poitrine, du canal intestinal, etc., on
produites par la rupture d'un vaisseau sanguin, soit
artificielles , comme celles qui résultent d'une saignée
ou d'une plaie. Dans tous ces cas, on voit la circulât; oi!
du sanfj s'arrêter d'abord, et les autres phénomènes
survenir successivement. Les causes secondaires ou in-
directes sont les dotileurs aiguës, les vives cmoîions mo-
rales, certaines odeurs, la vue d'objets effrayants on
désagréables ; ces causes, sans diminuer la masse du
sang, agissent de manière à suspendre les mouvements
du cœur par l'intermédiaire du cerveau , et, une fois
ce mouvement suspendu, arrive la défaillance ou lé—
vanouisseraent. Certaines maladies du cœur détermi-
nent aussi très souvent cet étal , parce que la circu-
lation du sang se trouve troublée, et que ce fluide est
retenu en trop grande quantité dans cet organe. Il
est tellement vrai que l'évanouissement dépend de la
trop faible quantité de sang, ou au moins de la dilîi-
culté de son ascension au cerveau que, quand une
personne placée dans la situation verticale tombe en
«yiicone sous l'influence d'une saignée ou une perte de
sang quelconque, ilsullit presque toujours de la cou*
cher horizontalement pour dissiper l'évanouissement.
Dans ce cas, ou ne fait que faciliter vers le cerveau
l'arrivée du sang dont il se trouvait pri%'é. Générale-
ment, aux premiers signes ae défaillance , il suflit de
Va?seoir, si l'on est debout, ou de se renverser pour
prévenir l'évanouissement. S'il survient nonobstant,
on se bâte de dégager la poitrine et le cou, de prati-
quer des frictious sur la région du cœur, défaire fl.iirer
des odeurs fortes, doTélhcr, du vinaigre ou des alcoo»
lais aromatiques , de l'amuioniaquc , de réchauffer es
Exc 183
parties qui se refroidissent, en les frictiounant, en les
recouvrant de linges chauds; des aspersions d'eau
Froide auvisage dissipent aussi presque toujours Téva-
oouissemenl très proinptemeul. Aussiiôl que le malade
reprend l'usage de ses sens et qu'il peut avaler, s'il se
icul l'aible , il e^t bon de lui faire prendre quelque»
cuillerées d'un vin généreux, dune potion cordiale, de
bouillons, etc.
Un point des plus importants est de ne pas confon-
dre l'évanouissement avec Vasphi/xie, le coup de saug^
l'apoplexie, etc. Ilsullira d'étudier ce qiM; nous avons
dit de ces dernières maladies pour les tlistin;»iier les
unes des autres , et appliquer à chacune le mode de
traitement qui lui convient.
ÉVENTRATION.— Par ce mot on désigne com-
munément les hernies qui se font par la ligne mé-
diane de l'abdomen ou li'jne blanclie, et même celles
qui se font par l'ombilic ou le nombril. La conduite
à tenir à leur égard est la même que pour toutes les
autres hernies : réduire les viscères, les maintcnii
réduits au moyen d'un bandage , ou mieux d'une
ceinture appropriée; combattre les complicalions;
entretenir la liberté duvculre. Nous indiquerons au
mot hernies les diverses condilions de fabrication c.
d'application appropriées aux différents bandages
îtant pour but de soutenir des parties quelconques
iéplacées.
EXCROISSA>'CE. — On appelle ainsi les parties
qui se développent accidentellement sur les diverses
régions du corps. Telles sont les loupes, les polypes,
les hcmorrhoïdes,!» verrues, les cors etc. {Ployez
cex rnoix.) Mais très souvent aussi, les excroissances
liennent à une aiïeclion vénérienne et prennent alors
des noms que nous indiquerons en temps et lieu.
Quelle auc soii la nature des excroissances , il osl
184 FAI
presq'ie toujours nécessaire de lej enlever , et Liée
rare qu'elles disparaissent d'elles-mêmes, alors même
qu'elles sont vénériennes, et après le traitement de
la maladie sous l'inlluence de laquelle elles se soni
développées. On les enlève de trois manières : en
les coupant avec des ciseaux courbes sur le plat,
<"c qui est le moyen le plus prompt ; en les étreigiîant
avec une ligature à l'aide d'un lil de chanvre ciré
ou d'un ûl de soie, ce qui convient aux personnes
que l'instrument effraie; enfin en les cautérisant à
l'aide du fer rouge ou des caustiques, tels que le
nitrate d'argent, la pierre infernale, etc., moyen
surtout applicable aux excroissances qui ne sont que
peu saillantes, comme celles qui se développent au
pourtour ou sur la surface même de certains ulcères
ou même des vésicatoires , etc.
FAIBLESSE. — Manque de force, débilité,
"Nous avons indiqué aux mots ^maii^rissement et
Convalescence les circonstances principales qui peu-
vent accidentellement déterminer l'état de faiblesse.
Kous ne nous occuperons ici que de la faiblesse na-
turelle et des moyens généraux les plus convenables
pour y remédier.
La faiblesse naturelle ou constitutionnelle, entre
autres causes, se transmet très fréquemment par voie
d'hérédité; elle a cela de très grave, qu'elle dispose
facilement à toutes sortes de maladies, lesquelles
sont aussi plus longues, plus rebelles et plus sus-
ceptibles de récidive que dans un tempérament vi-
goureux.
C'est dop/e surtout dès leur naissance et pendant
leur première enfance , épocpie où s'établissent le»
fondemcuts d'une bonne ou d'une mauvaise consti-
îutidn. qu'il est de la Jcrnièi'c impoi lance de pré»ar-
ver avec soin les enfants de toutt:s les indueiiccs «fiii
pourraient agir sur eux d'une manière défavorable .
Règle générale , un individu faible doit être le
plus possible maintenu dans des circonstances qui
ne nécessitent pas de sa part de giands eftoi Is d -
réaction : ainsi une température douce, une habita-
tion saine et bien aérée , un exercice modéré , d( s
vêtements suflisammont chauds, des frictions sèches
ou aromatiques sur tout le corps, un régime restau-
rant mais de facile digestion, etc. , lui sent néces-
saires et beaucoup plus utiles surtout que tous ces
prétendus spécifiques fortifiants si vantés par les
charlatans, et dont on ne saurait trop se méfier.
On se sert encore assez souvent du mot faiblesse
comme synonyme d'évanouissement. {Voyez ce mot),
FAIM CAMNE. — Appétit vorace , faim excessive
et que l'on appaisc avec beaucoup de difTiculté. Cet
état porte en médecine le nom de Boulimie et de
Cynorexic.
Les personnes atteintes de celte affection sont
tourmentées par une faim insatiable; plus elles pren-
nent d'aliments i)lus elles désirent manger, et leur
estomac étant surchargé par l'énorme quanlilc de
substance qu'elles digèrent, on les voit tomber en
dcfaillanee, vomir tout ce qu'elles ont pris, ou ren-
dre les aliments à dcmi-dij^.';rés par des selles ana-
logues à de la bouillie grisâtre et accompagnées de
vives tranchées.
La faim canine n'est pas une maladie particulière
indépendante de l'affection de quelt}uc organe; elle
est au contraire le plus souvent le résultat d'une ir-
ritation de l'estomac. En eflet, tout ce qui réveille
la sensibilité de cet organe augmente l'apjîélit el
donne la faim. Ainsi la faim canine se renco'.tre,
[186 r\ï
'souvent dans le cours d? corlâinos fièvres interrajl-
.tenles , dans certains étals nerveux et dans plusieurs
affections vermineuses, surtout dans celles qui soiit
I>roduites par la présence du tœnia cuver solitaire :
elle est fort commune aussi à la suite des maladies
aiguës qui ont épuisé les forces du malade, et dé-
pend alors du besoin qu'ont toutesles parties du corps
de réparer les pertes qu'elles ont éprouvées. Dana
certains cas cependant le désir et le besoin extrêmes
des aliments paraissent dépendre d'une conformation
particulière de l'eslomac, qui digère avec une g;rande
promptitude les substances qui y sont introduites. On
voit CQ effet des femmes robustes, pendant leur gros-
sesse , des jeunes gens qui prennent beaucoup
d'exercice , ou des personnes qui font usage des
substances aromatiques et é«;:hauU"antes, prendre une
quantité prodigieuse d'aliments : la faim canine ne
doit pas alors être considérée comme une maladie,
mais elle n'en est pas moins redoutable à cause des
suites funestes qu'elle entraîne, comme la maigreur,
la fièvre hectique , la phlhisie , des obstructions et
riivdropisie. Il faut donc la combattre de bonne
lieure par l'usage des moyens propres à détruire les
causes qui l'entretiennent : celui des anthelmenli-
ques ou vermifuges, dans le cas d'une affection ver-
mineuse {Voyez Vlus) -, celui des calmants et des
antispasmodiques, lorsqu'elle est jointe à une ma-
ladie convulsive, etc. Mais survient-elle pendant la
convalescence et à la suite d'une fièvre aiguë , ou
de toute autre maladie grave qui a miné les forcé»
du malade? la méthode la plus sûre d'y remédier
est de diriger convenablement le régime, de le pro-
portionner avec l'exercice que fait l'individu, et sur-
tout d'augmenter graduellement la quantité des ali-
DXntf, afij; de uiuiroduire dan» l'estomac qu« ceux
FAU 487
dont cA organe peut opérer l'élaboration; sans
quoi, loin de procurer la guérison radicale et de re-
lever les forces, on finirait par délerminer une diar-
rhée qui bientôt amènerait le marasme et la mort.
FAUSSE-COUCHE, — On dit qu'une femme fait
n e fausse-couche, aforle ou se blesse, lorsque son
.1 fant est expulsé de sa mairice à une époque de la
,iossessc où il n'est pas viable, c'est- à dire avant la
lernière moitié du sixième mois. Cet accident est in-
liii iment plus fréquent dans les trois premiers mois
lie la grossesse que plus tard; tous les accoucheurs
lOnt d'accord sur ce point et reconnaissent aussi que
ic sexe de l'enf ml ne fait rien sur cette fréquence.
Les causes qui déterminent l'avortement provien-
nent de la femme ,du foetus, ou d'une puissance mé-
canique. Parmi les causes qui proviennent de la femme,
on cite surtout un éiai trop pléthorique, une faiblesse
naturelle ou acqui ie, les saignées fréquemment répé-
tées sans nécessité une maladie de la matrice, les
vices de conformât. ton du bassin, des pertes en blanc
trop abondantes, iine maladie inllammatoire de la
vessie ou de l'intesfin. Les lilies qui se marient trop
jeunes ou trop vieilles y sont aussi plus exposées. De
la part du fœtus, les maladies de l'œuf donnent sou-
vent lieu à l'avorieraent, surtout dans les premiers
temps, et le plus souvent dans ce cas il meurt : de même
que les fruits qui se fléliisseut avant d'être dévelop-
pés se séparent et tombent à la moindre secousse de
la branche qui les supporte, de même le fœtus dans
les animaux, doit se détacher et être bientôt expube
de la matrice quand il a cessé de vivre.
Les causes mécaniques qui déterminent l'avorte-
ment sont aussi variées que nombreuses : de leur
nombre sont les maladies nerveuses de la femme,
CCasme l'épilepsie, l'hystérie qui [sortent à des niow-
1S8 PAU
vements désordonnés; les maladies do la polirino, qui
occasionnent de violents accès de taux; la joie, la
fiayeur, l'inr»pression de certaines odeurs, ras];)hv.\ie,
les vomitifs, ics j)uri,'atifs répétés, l'é-piiialion, les eiia
imn>odérés. Las;ii.ncc faite avec mesure, loin de pro-
voquer l'avortement, le prévient au contraire souveiii ;
entin les plaies de la matrice et les manœuvres em-
ployées soit dans un but médical rationel, soil dans
un but criminel, déterminent souvent ravortemenl. Et
cependant, au milieu de tant de cause» d'avoi le.ment,
on pourrait croire que la grossesse éprouve beaucoup
de difficultés à parvenir à son terme ; mais l'obser>a-
lion prouve qu'il n'en est pas ainsi.
U n'est pas toujours aisé de dire si un avortemeni
doit survenir. Les hémorrbagies qui soi^t les signes les
])lus constants, n'en sont pas toujours suivies; il en est
de même des douleurs dans les lombes et dans les aines
On doit cependant les regarder comme un indjee
assez certain lorsqu'elles se succèdent régulièrement.
L'avortement a toujours été considéré comme plus
grave que l'accouchement, et il fst en général d'autant
plus dangereux qu'il est plus rapproché du terme de
la grossesse, qu'il se fait sous 1 influence d'une cause
<iui agit avec [iromptilude et violence ; aussi celui qui
est provoqué est-il prescpie toujours accompagné de
graves accidents.
Avoir indiqué les causes qui peuvent déterminer
l'avortement, c'est avoir indiqué les moyens de le pré-
venir; mais quand il est inévitable et qu'il se mani.
feste par les signes caractéristiques, que faut-il faire p
le favoriser. On y parvient en suivant le travail
comme dans raccouchemenl ordinaire (l'^o^e: ce /»ol\
en pratiquant une saignée au bras, si la femme »• t
forte et vigoureuse, et surtout si l'accident cpu pro-
voqne ravorlement est de nature à c\ig<T celle pré-
FIÈ 181)
caution. Mais il ne faut jamais chercher à extraire
violemment le germe , parce que le fœtus, dans les
irois et même quatre premiers mois de la grossisse,
liant moins p;ros que le délivre, celui-ci pourrait èlre
letcnu dans la matrice el ne pas être expulsé. Si iic.'iii-
li oins ce dernier accident survenait, la rétention du
drlivre, il faudrait re.\traire après avoir complô le
temps suffisant sur les seules forces de la nature ; en
.•urveillanl avec attention ce qui .<5e passe vers les par-
lies génitales, on trouve souvent l'occasion d'wMrciT
sur quelques débris des membranes de lérjèrcs tractions
•lui préviennent toute inlrodiiclion d'agent mécanique.
Les suites de ravortemeni, surtout après le troisième
mois, étant généralement les mêmes nue dans l'accou-
chement, nous n'y reviendrons pas.
FIÈVRE. — On appelle Gévrcun état particulier dt>
l'économie caraclcrisé par un trouble notable, mais
surtout par une accélération du pouls. Cet éiat est
comme le disent les médecins, sym[)iumalique ou esscn-
liil, c'esl-à-dire que taiîtôl il est lié à une maladie
dont il n'est qu'uti signe, ou peur mieux dire qie la
conséquence; lan'ôt au contraire il cxisîe comme phé-
nomène piiatipal, même exclusif. Aussi, malgré les
difcusîious animées et sans cesse rciiaissanles qu'a
lait surgir celle question dans les écoles, on s'accorde
communément aujourd'hui à icecniiaîlre trois espèces
de fièvres : Ficvc simple ou simple M ouventeni fébrile,
celle qui accompagne une maladie hier» caractérisée
avec les auires symptômes de laquelle elle se coiifond,
comme celle qiii a lieu dans la plei.résie, la variole,
l'inllammalinudu basveuUe, delà vis>i<-,de« reins, etc.;
Fièvre couciuue, celle qui, bien que recevant son nom
de la partie maUide, en devient cependant le caractère
dominant, comme la fièvre inllaramatoire, bilieuse cé-
rébrale, laiteuse, (yphoïdo^ fièvre iaunc ; cuîiu Fièvre
190 FIÉ
d'accès, fclle qui revienl à des époques régulières plut
ou moins rapprochées, et qa'Oîi nomme pour cela même
fièvre à lypes ou intermittente.
La première de ces trois espèces ne peut avoir ici
une descripîion particulière, puisqu'elle cesse avec la
«aladie de laquelle elle (.Icpend: nous n'avons donc à
. jous occuper que des deux autres: commençons par
kis fièvres continues.
r Fièvre i^i-LAMMATOinE. Assez généralemen! re-
gardée aujourd'hui comme le résultat de l'irrita-
tion de la merabiane interne des vaisseaux sanguins,
elle attaque ordinairement les sujets sangums, sains et
robustes. Sou invasion est subite , accompagnée d'un
frisson variable d'inieusité, suivi lui-même d'une vive
chaleur k la peau. Le pouls est fréquent, plein, dur, les
arlèrestlucou et des lempesballent avecîorce, les veines
sont distendues, tout le corps semble acqui'rirunf sorte
de gonllement et sa surface devient rouge, pariiculière-
ment à la figure: il y a mal de lête, abat Icment des forces,
somnolence, et même quelquefois un peu de délire, les
yeuxsont rouges, injectés etbrillants, le goût et lodoral
émoussés, souvent lalangueest rouge et blanchâtre, mais
ordiuairemeni humide, il y a S'.if, dégoût pour les ali-
ments, urine rouge et peu abondante, constipation ;
enfin, bien que se déclaraiil dans tous les climats et
dans toutes les saisoiis, celle fièvre est plus commune
iLtus le nord que dans le midi, et dans le printemps
• i laulomne que dans toute autre saison.
D'après tout ce qui précède, il est aisé de prévoir
que la première chose à faire dans le traitement de la
ln'vie inllammaiotre^ c'est de diminuer l'énergie vitale
:".• lotit iVrganisn-j en désenqdissant le système san-
^'uiu. La sai^;néc est donc le plus efficace et par consé-
{pi'iit le premier des moyens à employer ; il convient
i.:;iuut d'y a'.oir r-coure dès le 'lébul de la maladie, et
FIÉ . 191
de {wroporlioanef la quantité de sang à tirer à ia vii)-
leiice des symptômes , à l'âge et à la constitution du
sujet ; mais dans tous les cas, il vaut toujours mieux 1»,
f.iire réitérer, que de la faire faire trop forte en lau-
seule fois. A la saignée on ajoute les boissons rafraî-
rhissantesjcomme la limonade, rorangeade, l'eau d'org«,
de chiendent, et même tout simplement l'eau froide.
On fait respirer au malade un air frais et souvent re-
nouvelé. Quand In transpiration paraît devoir être !e
le mode par lequel doit se terminer la fièvre, on fait
l)ieu de l'aider par quelques tisanes légèrement sudo-
rifiques, comme linfusioa de bourrache, de tieurs de
violettes, prises à nue tr-mpératnre élevée.
Fièvre BtnEusE. Celte fièvre est celle à 1 égard de
laquelle les médecins sont le plus en désaccord. Tou-
jours est-il qu'elle est caractérisée par un excès de bile
(|ui, du premier inleslin où elle e«t sécrétée, passe dans
i'cstumac et manifeste son excès et sa présence dans ce
deiniiT organe par des signes spéciaux ; mais la bile
est-elle la cause des phénomènes niaiiidifs, ou bien
nest elle appelée là que secondairement ? c'est le point
sur lequel la discussion est encore ouverte. Quoi qu'il
en soit, les personnes menacées d'une fièvre bilieuse
qni sont le plus ordinairement celles à libre sèche, à
teint jaune, à carachjre sombre^ éprouvent d'abord un
dégoût marqué pour les aliments; leur bouche est
Manière, quelques renvois se déclarent bientôt, de sim-
ples ils devienneut nauséabonds, puis véritablement
bilieux; à cela se joint une constipation opiniâtre ou
une diarrhée de matières verdâlres qu'on désigne sous
le nom de débordement de bile. Il y a abattement des
forces, douU'urs au creux de l'eslomae, le pouls est gé-
néraleiiieui héquoijt , niais infieiment moins plein et
moins dur que dans la hcvre ii;lianimatoire, etc.
Dans la liL\re bilieuse, la mcdcciue cxpecta?îte est
102 FIÈ
très sourenl ce qu'il y a de mieux à faire, c'e^t-à-dire
]e. repos, la diète, les boissons délayante*. La saignée
ne convient guère que loisquc la réaction inflamma-
toire est très marquée^ c'est-à-dire lorsque le pouls est
plein, dur, fréquent ; mais, pour peu que cette réaction
soit peu prononcée^ que les reavois bilieux soient per-
sistants, on fait très bien d'adrauiisirer un vomitif; ]^ms
hi personne se met à l'usage des boissons acidulés, a
la diète. L'âge, le sexe l'état même de grosscsso ne
sont pas des contre-indications à ce moyen, seulement
chez les sujets fortement constitués, l'éméiique couvieni
mieux, tandis qu'il est mieux de donner la préfeiencn
à ripécacuanba pour les personnes faibles ou suscep-
tibles. On surveille daiUeurs les complications qui
peuvent survenir, et si la maladie devient fièvre à
accès, ce qui arri\e assez souvent, on se conduit
comme nous le dirons bientôt en traitant des fièvres de
ce genre.
Fièvre cÉr.EBRAi.E. Celle maladie n'est autre chose
que ce qu'on nomme communément /levre chaude,
frénésie] mais les médecins ne voyant pour la | lupart
en elle que l'expression d'une inllammalion soit de la
S'.ibstance même du cerveau, soit de ses envelo[ipes, la
désignent, suivant le cas, sous les noms àencéyhalitt
ou de ménifigiie ; deux maladies qui ont cependant,
outre leurs caractères communs, des symptômes carac*
lérisliques. La première alta(|ue de préférence l'en-
fance et la jeui:esse, la seconde Tàge vii il.
l!;;udiées collectivement, ces deux affections débu»
teut communément par des maux de tôle, dts vertiges,
àfs cbluuissemcnt?, des fourmillemenis dans les mem-
bres. Cbez les jeunes enfanis , qui ne rendent pas
compte de ces diverses sensations, on ne voit d'abord
qu'une tristesse, une langueur inaccoutumées ; ils sont
OioroMîs, irri«a!)Ks, ont des bouffées de chaleur au vi-
FIE 193
sage, les veiu rouges de frissons et de rélévalion
dans le pouls , et presque toujours une consiipalion
opiniâtre ; mais il se déclare bientôt une îérie de
phcnonièues iofiuimeot plus graves qui décèlent une
lésion du cerveau. C'est d'abord une agiiation extrême
d' générant bientôt en délire, et des crampes qui passent
pronipiemcul à i'élat de convulsions.
Pîe-iijne toutes les fouclions participent alors aux
désorJit'S dont les syslèmes nerveux et locomoteur
*uul le siég«. La figure se colore de plus en plus, les
yeux étincellcnt et deviennent saillants, les ortèresdes
tempes balienl avec force, la respiration est pénible
et laborieuse, comme on le dit, !a langue sèche, brune,
Hoiràire; mais peu à peu le délire furieux ou les cris
entrecoupés ri iuci.hérent?, si l'individu malade n'est
qu'un jenne eiilani, cessent pour faire plate à une es-
|.«ece d'assoupissement, et l'agitation des membres est
remplacée par une sen>.ibiliié • l un affaissement très
marqués. La déglutition devient diflirile, le ventre so
ballonne, les «elles et l( s m ines sont reiubres involon-
tairement, la peau se rouvre d'une sueur froide, le
pouls se ralerUit et devient irrégulier^ et les traits du
vis.ige s'allèrent profondément.
L% violence des synipiômes dont nous venons de
tracer une rapide mais incomplète esiiuisso , fait déjà
pressen'ir que le Iraittment de la fièvre cérébrale ne
peut être fructueux que s'il est actif et administré le
pl'.is loi possible. .Vns'i faul-il dès le début .'aigner
largement le malade, ou, si c'est un jeune enfant, lui
appliijuer immédiaternent des sang>ue5 à la base du
crâne, derrière les oreilles, et les faire saigner par des
ventouses app'iqupps sur leuis piqùrL-s , lui mettre les
pieds dans l'eau c'iande, e| lui entourer les jambes de
caiaplat^mes cl.nuds. On ap}/li(pie eu même !i mps de
l'eau froide et même de la glace pilce sur Sa tête ; on
n
494 FIE
donne des boissons rafraîchissantes, comme la limo-
jiade cuite, l'orangeade, auxquelles on {)eut môme
ajouter un peu de crème de tartre, pouri les rendre
lécèreraent laxatives ;'on administre des demi-lave-
ments, on tient la chambre du malade peu'éclairée et
pou échauffée. Enfin un moyen dont on abuse bien
pot! vent, c'est l'opium, qu'on croit propre à calmer les
convulsions, et qui a bien rarement cette propriété
da«s l'espèce. On applique aussi avec quelqu'avantage
quand les moyens que nous venons d'indiquer ont
échoué, des vésicatoires aux jambes, mais il est mieux
d'en appliquer un derrière le cou.
Fièvre DE lait. — Toutes les femmes, du deuxième
au quatrième jour de leurs couches, surtout quand
elles ne nourrissent pas, sont sujettes à un mouve-
ment fébrile dont la cause est évidemment la sti-
mulation sympathique des seins appelés à fournir la
nourriture de l'enfant, et que par cela même on ap-
pelle fièvre de lait.
Cette fiè\Te est-elle simple , naturelle , et la
femme nourrit-elle son enfant ? On se contente de
îni faire garder le lit , de l'engager à se garan-
tir du froid, de lui éviter toutes les émotions vives
et subites, et de lui faire boire quelques tasses de
de tisane de fleurs de mauves, de violettes, de til-
leul. Mais celte fièvre est-elle plus intense, ce qui
ûrrive principalement et presque toujours aux fem-
mes qui n'allaitent pas? On insiste sur les premiers
moyens, c'est*-à-dirc sur la dicte , le repos, aux-
quels on ajoute lc5 boissons délayantes, comme l'eau
fie veau, de poulet, le petit lait, auxquelles on
ajoute un gramme environ, même un gramme et demi
de sel de nilrc par pinte pour exciter les reins, cl
coalrcbalancer aint«i le travail sécréloire des seins,
On prcscril quelques la\eiuf;nls laxatifs; onrensagc
fit 195
i se tenir [es seins chauds et soutenus par des ser-
viettes douces, à se couvrir les cuisses, les jambes
de cataplasmes chauds, à s'entourer de laine , à en-
tretenir avec le plus grand soin l'écoulement de ce
qu'on nomme vulgairement les couches, et à le rap-
peler s'il se supprimait ou seulement qu'il diminujt
trop vite. On peut même, quand la bouche est pâ-
teuse, l'appétit nul, la langue chargée, administrer
un jmrgatif Si les seins tendent trop à se gonllcr,
on peut les couvrir de cataplasmes arrosés d'eau
blanche, ou faits soit avec la farine de lin, l'eau de
savon et le carbonate de potasse , soit avec le per-
sil h;\ché. Quand la sécrétion n'a pu être évitée cl
que les seins sont excessivement luméliés et durs, on
ne doit point hésiter à les faire débarrasser du lait
qu'ils contiennent soit par un enfant , soit par un
adulte, soit par un mojen mécanique.
Fièvre iypîioïde. — Il n'i-st j)as de raol à coup sûr
en médecine, (ju'on ail phis sotnenl employé, depuis
une dizaine d'année, que celui de lyp/iaide. Faul-il
en conclure qu'il exprime uiie chose n -nvelle? Non,
assurément, c;:r il ne signifie rirn autre chose que ce
que les anciens appelaient fièvre putride ou maligne^
et ce que, dans Ivs vinj,'t-cinq premières années de
notre siècie, on nommait fièvre adtjuamif^ue, aiaxiquc,
nerveuscy <lc. Seulement l'usage plus fréquent qu'on
fait do cette dénîmiination pvoiivequela maladie qu'elle
représenlf^ a été mit-us ét.uliée par les médecins mo-
dem s, et e^l en définitive mieux connue. Ce qu'on
sait de poHfif'à cet égard, c'est qu'elle a pour caiac-
tère principal une allcraiion de la meaibranc int(^rne
deTiulesiin, qui, léagissanl énergiquemenl sur lesys-
tèrae ncrvenv, donne lien à cet ensemble de phéno-
cènes si graves qni la signalent.
Le plus marqué de tous les syuipîômes par lesquei^
196 FiÈ
6C manifeste la fièvre lyphoïdc , esl sans contredit le
«légoûl pour los aliments, qui ne cesse que quand les
malades entrent en c nvales'-encc, bien que parfois le
jentinïfnt de leur fail)\esse los porie à demander à
manger. La soif au contraire, dans le début, CTst très
prononcée. Cette inappétence est toujours acccmpa-
gnée d'un sentinien* de lassitude, de courbdinre, d'a-
pathie, de lourdeurs de tête, même de douleurs dans
les articulations, qui siniulc assez bien une afrcclion
ihuma'i-'male. Mais la douleur de tôle cesse assez
promptcincnt pour faire place à nn état de stupeur,
sorte d'engourdissemenl général , acconipagné tiiUiùl
d'une diminution de laciivilc des facultés inlcHec-
luelles, tantôt d'un véritable délire. Dans le premier
cas, qui est plus commun, la physionoiiiie desmalacics
a quelque chose d'étrange, elle n'evprinie qu'un pro-
fond élonnement, une complète indifférence, une sorte
d'hébétude. Us cnîendeut et comprennent bien les
questions qu'on leur adresse, mais ils ne répondent
qu'avec leuteu. et en bali)uiia:it.
La somnolence accompagne ou suit loujo .ts la stu-
peur. Lorsqu'elle est bien prononcée et qu'il devient
difficile de réveiller les malades, le délire ue larde pas
en général à se prononcer. Variab e dans son début
comme dans Sun ialensiié, le délire l'est aussi dans
sa f jrme ; t.iniôi on efiet il consiste en une loquacité
extraordinaire, qui roule sur mille objets dive;s, mais
le plus ordiiiairemeul il esl paisible, et peut aiscuienl
se diss'^ier quand on occupe moruentanénicnl l'allen-
lion des malades. D autres fois cependant il csl accoin.
pagné de cris d'agitation , -^l ni.'ine d'enipo! loiueut
Déjà, en pnrlant de la slupeur, nous avons noté l'alTais-
sement des forces musculaires, (jui est nn des phéno-»
mènes les \\Va^ fréquents dans le début. Celle faiblesse
suit ntSiéraleiu'.i:' les nhav.s de la maladie cl ne In'dc
FIÉ 497
pas à mériler le nom do prostration. Aussi les malade»
reslent-iîs couches sur le dos, les bras placés le long
du corps, ou cliercbant à ramasser quelque objet sup-
posé être autour d'eux, l'œil éteint , la face Icrne, et
tout cela à un plus haut degré que dans aucune autre
maladie aiguë. Le pouls, de dur, plein et fréquent qu'il
était dès le début, devient petit, serré.
Pendant ce temps, il se dédare d autres signes plus
directs de l'essence même de la maladie: la dégluli •
tion est gênée, il se fait un saijr.nemcnt par les narines
qui se dessèchent, le ventre se baîlone, on sent toujouri
un gargouillement dans le bas du flanc droit, occa-.
sionné par un amas de gaz et de matièi-es fécales liqui-
des, et pre?'}ue loujoius il survient, même quelquefois
d'assez bonne heure, une diarrhée dont le produit es»
un liquide tantôt jaunâtre, tantôt brun, mais toujours
trouble et exhalant une odeur fétide, ou pour mieux
dire de pourriture; il n'est pas rare non plus de voir,
dans la phase exlrlme de la maladie, survenir des la
chesiougesou des vcrgelurcs bleu-'.lrcs à la peau el des
hémoirbagies intestinales.
Tous les âg. > ne sont pas également exposés à la
fièvre typhoïde ; le plus grand nombre des observations
recueillies jusqu'à présent lend^ni à faire penser que
l'espace qui sépare vingt ans de trente-six e-t !e mo-
ment où elle sévit avec le plus de force. Quant à ses
causes, elles échappent en jirande partie; on a seule-
ment remarqué que les individus arrivant de la cam-
pagne à la ville y sont fort exposés, surtout ceux qui
s'y nourrisseii* et s'y logent mal. Son caractère conta-
gieux est généralement nié par les médecins, et il pa-
raît qu'elle n'attaque assez ordinairement qu'une seule
fois le même individu ; plusieurs médecins la con>idè-
rent comme une éruption,qui est à l'intestin ce que la
variole el la rougeole sont à la peau el finissent par
198 i-LÈ
riY voir que icsuliai d'un vi-rilahle empoisonnement.
La marcLe si souvent irrétîulière d*i la fièvre ty-
phoïde et la diversité des opinion* que les médecins se
sont formées sur sa nature même, sont autant de cause?
qui ont dû faire varier à rinfuii les mclhodes de trai-
tement opposées à celte si cruelle et pourtant si fré-
quente maladie. Les uns veulent qu'on saigne abon-
d:inim(nt dès le début, les antres soutiennent que les
purgatifs répétés doivent avoir la prélérence. Les mé-
(Icriiis prudenlsse placent aujourd'hui entre ces deux
opinions extrêmes et opposées, et se contentent de
faire la médecine des symptômes. Ainsi ils saignent si
les préludes de le maladie s'anoncent par un pouls
plein, large, et surtout si le sujet est jeune, vigoureux
et sanguin. Ils attaquent les phénomènes nerveux par
les antispasmodiques, calment les doulenrs intestinales
par des cataplasmes émollienls, modèrent la diarihée
par des lavements laudanisés, relèvent les forces par
des toniques, quand elles leur paraissent abatlues, op-
posent à la maiche du mal des vésicatoires aux cuisses,
font tenir le malade dans une grande propreté, atten-
dent tout enfin des efforts de la nature, dont ils se
contentent de secunder les efforts , quelquefois si
puissants.
Fièvre jaune. — Aussi ap,elé€ vomissement noir,
vomilo uegro, mal deSiam, typhus ainaril, typhus det
tropiques ou d'Amérique; cette maladie règne quel-
quefois isolement, mais le plus souvent d'une manière
épidcraique, et se développe ou milieu de circonstan-
ces dont les plus appréciables sont le voisinage de la
mer cl une température élevée. L'ignorance dans la-
quelle on est, soit sur la nature de la fièvre jaune,
soit sur sa véritable cause, fait de suite pressentir qu'il
est difficile de donner à son égard d'autre précepte
de traitement que celui de faire aussi la médecine des
FiÈ 199
lymplômes, c'est-à-dire, nous le répétons, de suivre |
les indications à mesure quelles se présentent. Au i
début, on a donc recours aux limonades, aux cran-'
geades, à l'eau de riz ou à l'eau d'orge, à l'usage du
quelques bains, de lavements émoliienls, de topiqueri
adoucissants sur le ventre. Si, alors, les symptômes
d'excilation, de réaction, d'éréiLisme, ne s'amendent
pas, on pratique, au bras une saignée qu'on peut niéme
répéter deux et même trois fois les deux premiers
jours. Tout doit d'ailleurs, à ce sujet, être subor-
donné à la violence des symptômes, à la constitution
du sujet, et surtout à la naiure particulière de l'épi-
démie. Les vomissements sont combattus par de i'é-
métique donné dans une grande quanliié de véhicule,
des boissons gazeuses, des purgatifs salins et même
des excitants plus énergiques.
A la période de collapsus, c'est-à-dire d'afiaisse-
ment, on oppose dans bien des cas a>^c succès les
koissons stimulantes données chaudes comme les in-
fusions de ceijtaurcje, de camomille, la décoction de
serpentine de Virginie ou mieux encore de quinqiiina.
Dans la période plus avancée on conseille les dériva-
tifs, comme les visicatoires et les synapisnies sur les
cuisses, les jambes ou les loaibes. Les indigènes des
pays qui sont le théâtre habituel de cette maladie se
contentent de frictionner tout le corps des malades
avec des tranches de citron et d'en appliquer le suc
sur le front, le creux de l'estomac, les membres, de
donner des boissons acidulés, des lavements de mé-
lasse et de suc de citron. Enfin, le moyen d'éviter la
fièvTe jaune quand on habite le pays qu'elle envahit , ;
c'est bien moins d'éviter les quartiers qu'elle occupe,
que de vivre sobrement , d'éviter les excès de tout
genre, et de s'exposer le moins possible soit à l'ar-
deur du soleil^ soit à l'action miasmatique du soir cl
200 FIÉ
de la nuit. Quant à l'entassement des malades daos
des lazarets et à leur séquestration par des cordor»s
sanitaires, l'étude désintéressée des faits démontrij
qu'ils sont gcnéialemenl plus nuisibles qu'utiles.
2<» FlÈVBES à ACCÈS ou INTERMITTENTE?. — CeS flC-
vres, si communes chez les personnes qui habitent les
pays marécageux, ont des accès partagés en trois lempi
principaux que l'on nomme stades : ces temps sont ce-
lai du froid , celui du chaitd et celui de la sueur. Le
stade de froid débute par des lassitudes dans les mem-
bres , des douleurs de tête, des bâillements; ensuite
survient le froid commençant dans le dos et s'étendaut
à tout le corps, et accompagné de frissons, de cla-
quement de dénis, de sécheresse à la peau, avec soif
et accélération du pouls. Peu à peu le froid se dissipe
et le stade de cbaud commence; la peau rougit, se
tuméQe môme et la lèle devient douloureuse jusqu'à
ce que se déclai^e la sueur et que tous les sjnjplômes
se dissipent peu à peu pour ne laisser aucune trace
jusqu'à l'apparition d'un nouvel accès. Llutervalle
qui les sépare se nomme imerirtiiience. Ces accès re-
viennent ou toutes les vingt- quatre heures, c'est la fié-
■vre quotidienne, ou de deux jours l'un c'est la fièvre
tierce y ou seulement au bout de trois jours révolus,
c'est la fièvre quarte, elc. ; quant la fièvre est conti-
nue, son exaspération prend le nom de paroxysme.
La fièvre intermittente simple^ (piel que soit le type
qu'elle affecte, se guérit souvent d'elle-même; la dièlc,
le repos au lit, des boissons chaudes pendant la pé-
riode de froid; des boissons fraîches, acidulés pendant
celle de chaud , mais mieu.x encore le changement de
lieu, suffisent assez communément pour amener la
Fuérison. Quand ces premiers moyens ont échoné, que
le frisson, des baillemcnli, le biiàcmenl des membres,
anuoQcenl umc nouvelle iuvasion du paioxysme, on fait
FIÉ »^i
cnucner le malade Jans un lit bien cliauJ et on le
couvre siifîisaDimeul. Le froid élant devenu général,
on lui fait precdre de temps à aulre une lasse d'infu-
sion de mauve, Je bourrache, de violelles, de tiilcul;
on lui fait des friclions sèches sur la peau , on appliqîîe
quelques ventouses sèches sur le creux de re«loniac.
Survient-il des nausées, des vomissements? on admi-
uistre quelques gouttes de laudanum dans un demi-
Terre d'eau sucrée, et on éianche la soif avec quel-
ques tranches d'orange. La chaleur se propageant peu
à peu, on diminue à mesure le poids des couverture?,
on remplace les boissons chaudes par des boisscns tem-
pérées et même acidulées , comme l'eau de grcscilie,
la limonade, enfin on pourra donner «in ou deux lave-
ments acidulés pour calmer la chaleur et le rcssene-
menl du ventre qui s'observent quelquefois. Une fois
l'accès lermiuc , le malade réglera ses repîs de ma-
nière à ce que la digestion soit achevée avant le le-
tour du nouvel accès. C'est alors qu'on doi: aciminis-
trer le quinquina ou mieux le srilfale de quinine, h
moins qu'il n'existe quelques complications, coniriie
une inflammation quelconque^ ou un eaiiiarras de
l'eslomac qui exigeraient, la première, une saitjiiée ou
des sangsues, le second un vomitif ou un purjjatif.
Les praticiens varietil sur les doses auxquelles on
doit administrer le quinquina ; Ips uns veulent qu'on
l'administre à des doses d'abord faihles , Riais siicce.*-
sivenaent eroissanics , les autres le donnent de suite à
des doses élevées : l'expérience a démontré que pour
le quinquina en poudre deux grammes (i:h derai-eros),
et pour le sulfate do quinine six ou huit décigrarames
(douze ou quinze grains) , suffisaient ordinairenDcnL
Mais il faut savoir que les doses seront d'autant y l«a
considérables que la maladie sera plus vioknte, plus
opiiuâire, et le sujet plus âgé; qu'ime première dose
202 FH^
ayant prévenu le retour de l'accès à venir, on dimi-
nuera les doses suivantes; tandis qu'on les augmentera
au contraire s'il n'est résulté qu'une diminution légère
dans la violence et la durée de l'accès; enfin que dans
les fiovres quotidiennes le quinquina doit être donné
aussitôt après l'accès, vinf^t-quatre heures après dans
la fièvre tierce, quarante heures -après dans la fièvre
quarte. Il seia conlinué huit jours dans le premier cas,
quinze dans le second et vingt-un dans le troisième.
S'il échoue, administré par la bouche, et donné dans
une cuillerée d'eau sucrée ou en bols, on peut le don-
ner en lavement et même sur la peau dcuudée de.sou
épiderme par un vésicatoire.
FILET. — Un préjugé assez répandu, et que'se gar-
deut bien de combattre les sages-femmes et certains
accoucheurs de campagne , c'est qiie la plupart des
enfants naissent avec le filet, c'est-à-dire que chez
eux, le repli membraneux qui unit la langue à la pa-
roi inférieure de la bouche, s'avançant trop vers la
pointe de cet organe , le gène dans soj, mouvcnwints ,
et partant, l'empêche de remplir ses fonctions. On ne
saurait trop détruire ceAte erreur, car elle conduit dans
la plupart des cas à une opération inutile, ou favorise
un acte de charlatanisme. Quand cependant le cas
fxiste, ce qui n'arrive pas seulement une fois sur
cent, il faut y remédier. Pour cela on relève la langue
au moyen de la partie plate ou pavillon d'une sonde
cannelée , puis on coupe le filet avec des ciseaux passés
au-dessous, en dirigeant leur pointe un peu en bas
afin d'éviter les deux artères qui occupent la base de la
larhgue. Si, malgré ces précautions , il y avait un écou-
lement de sang un j^u considérable et prolongé, on
relèverait de nouveau la langue et on porterait sans hé-
siter au fond de la plaie ou directement sur le point
d'où jaillit le san;;, si on le découvrait, la pointe d'un
petit slik't chauffé à blanc
Fis 203
Fl^TrLE. — On di /i^jne par ce rnoi loiit éroiiU'-
meut de malifire, secrélt-e ou autre, par une ouver-
ture accidenielle aboutissant à l'extérieur. Les doux
fistules les plus communes sont: celle qui consiste ea
un ('coulement continuel dos larmps sur la joue , au
lieu de suivre son cours habituel par le nez, et celle
qui dépend d'un abcès qui s'est formé autour de l'in-
testin rectum et s'e^t fait jour à la marge do l'anus:
La première est la fistule lacrymale, la seconde est la
l'sluleà l'anus.
La fistule lacrymale est le résultat diieet de
roblitéralion du canal nasal à la suite de laquelle les
larmes déposées à l'angle interne de l'orbite, dans le
sac lacrymal, en sortent par une ulcération de ce sac;
elle se fjuéiitpar la dilatation du canal nasal au moyen
d'injection et de l'introduction de petites bougies ou
de cordes à boyau; par la cautérisation de la mem-
brane dont l'épaississement empêche les larmes de
couler ; par l'établissement d'une voie artificielle.
Quant aux Gstules à l'anus; sont-elles très anciennes;
olïreut-elles un grand nombre d'ouvertures, de cla-
l'Crs, lie ciillosiiés ; leur ouverture inler-ne est-elle
située au delà de la portée du doigt; enfin leur des-
triiclion néces.-itcrail-elle le sacrifiée d'une grî^ide
étendue de parties molles; afTecicnt-elles une per-
sonne phtisique'? ons'eii tient au\ soins de propreté,
Hu jcpos, aux lotions plus ou moins détersives suivant
U nécessité. Mais, quand on juge la guéris.nn proba-
ble, on cherche à l'obleuir au moyen d'une opération
qui consiste le plus souvent dans l'incision des parties
cuuipiises entre le trajet fisiulcux, l'intestin et l'anus
u. lu»iveraent. Le jjansemeul qui suit l'incision con-
lile i introduire dans le rectujo , à l'aide d'un pojle-
uicche, une tente de charpie enduite de cérat, d'un
vglumc médiocre d'abord, et de moins^en moins vola-
204 FLE
mineuse , conduite le long du duigt indiorsteur de la
main gauche et poussée jusqu'au-dessus de l'angle su-
périeur de la plaie. On achève le pansement avec de
la charpie brute placée à plat, recouverte de com-
presses maintenue? ])ar tin bandage en T double.
FLEURS BLANCHES, — Ou appelle de ce nom,
auquel l'-s médecins ont substitué celui plus scicn-
tilique de leucorrhée , les écoulements ou pertes en
bhinc auxquels sont si IVéquemmcnl sujettes les
femmes à ton! âge, miis purliciilièremenf dans la
période de leur vie qui sépare l'enfance de la jeu-
ue&se.
Ces perles , très variables sous le rapport de la
couleur, de la densité et de la quantité du fluide
fourni , surviennent au milieu de circonsiances aussi
nombreuses que ditïérentes les unes des autres. Tan-
tôt en effet elles dépendent d'une stimulation directe,
comme de la présence d'un corps éiratiger, un pes-
saire, par exemple, d'injections irritantes, de l'abus
des plaisirs vénériens, de la grossesse, ou d'un ac-
couchement laborieux, de l'usage des chaufferettes ,
tandis que d'autres fois elles sont le résultat sym-
pathique d'une maladie de l'estomac ou des intes-
tins, de la deniition chez les petites filles ou d'aiïec-
lions morales chez les adultes ; ou bien elles dépendent
d'une suppression de règles qu'elles remplacent d'un
lait trop brusquement arièié, d'un ulcère, d'un vé-
sicatoire ou d'un cautère inconsidérément supprimés ;
mais le plus ordiuairement elles tiennent à une fai-
blesse ou à une déiérioration générale de l'éco-
iiomie , et se développent sous i'inlluence d'un dé-
faut d exercice, de 1 habitation de lieux bas, humides
et mal éclairés, d'une nourriture trop peu subs-
tantielle.
On sent de suite combien il importe de distinguer
entre elles ces différentes causes. Ce qui caracté-
FLE 205
rise surtout les fleurs bhinches qui dépendent d'une
détérioralion de l'économie ou résultent d'un effet
sympathique, c'est qu'elles sont rarement précédées
des signes d'irritation par lesquels débutent celles
qui tiennent à une des autres causes que nous avon»
énwmérées. Dans le premier cas la perte est ordi-
nairement continue, coïncide presque toujours avec
une faiblesse dans tous les membres, une tendance
à l'apathie, une décoluration et souvent une bouffis-
sure de la face , un engorgement des jambes , une
tritesse profonde. Dans tous les- cas les lleurs blan-
ches constituent toujours une maladie longue, in-
commode, qui peut avoir des suites fàelieuses. Elles
sont généralement d'autan-t pins graves qu'elles sont
plus anciennes, qu'elles tiennent à des habitudes
difficiles à déraciner, que la personne est d'un tem-
pérament plus lymphalhique et plus avancée en âge.
Quelquefois cependant elles disparaissent ou dimi-
nuent d'eires-mcmes, comme on le remarque chez
quelques jeunes lilles, à l'époque où elle s se for-
ment chez d'autres, au moment même du mariage ou
a la première grossesse.
L'avantage qu'ont la plupart des femmes de la
campagiKî de vivre excmjites de la maladie qui nouS
occupe, prouve assez qup c'est parlicuiicrement
dans l'usage rationnel des choses utiles à la vie que
se rencontre le moyen de prévenir son développe-»
mfeiit ; et son e\cessive fréquence chez les femmes
des rangs élevés île la société démontre éga'.cmeuf
que si la mauvaise nourriture, les abus de régime^
l'habitation de lieux Las et humides, la malpropreté,
QA sont des causes bien communes, l'oisiveté,
V .dolence, les veilles prolongées , les passions ex-
cirées , les jouissances rcchcrchccs ont souvent It
tnèaiQ résultat.
20G FLE
Le traitempnl des (leurs blanches peut dire di-
visé en général et en locnl, suivant qu'il a poiir l)ni .
soit de reméderà l'éiat de déicrioratiun générale J'
l'économie , Joit de combatlre r;iffeclion à !aqml' \
elles gont lices, ou bien qu'il s'adresse dirfct'-
ment aux paties qui sont le siège de la perte. Le-,
moyens qui consiiluent le premier et qui , bien eu
tendu, feraient d'un faible secoin-s sans un changn
ment de réfjinic, dhabiludes, ronsisient dnns l'em
ploi des sui)slanccs amcrcs réputées fortili mH's ,
comme le quinquina, la gentiane, la ceriianrôr , T:ib
simlio en infusion aqutustî, v iieuse on a!ro''li(|i;e ;
les i-anv minéralts de Virhy, de [\)i.j;ues, de Spa ,
de Conlrt^\e^iiIe; les prépar. lions ferin,;iiieusts. Si
la perle est très .•dK)Jid;iiilc on peut assorifM- à rcs
moyens le baume de ci>p;diu , le sirop de lolu, l'eau
de goudron, rextiaii de rataiiliia, l'infuMon de bc.i r-
geons de ?apin.
LorsCju'oii a fait usage de ces niédicamt nis un
temps assez long pour améliorer sm^iblemenl la
conslilr.tion générale, et surtout quand par des bains
et autres moyens on a fait dispaïuUe toutes les tra-
ces de l'irrilaliou locale qi.i pourrait exister, on
peut porter directcmeul sur les parli<'s qui sont le
siège de la perle , soil en injection , soit en simple
lotion , les substances précédemment éiuiméiée»,, "
mais à des doses un peu plus fortes que pour èire
bues. On pect mémo, quand bi p. rie tsi iin.?(e, leur
ajoultr la di-sfiluiion de sulîaie tlezi^c, l'iiil'usi'tn
de Loi\ de r/al!(s , l'eau bîaudu', même le nirraîe
d'arg<'nl à la dost de deux à tio;s ccnligraunncN (un
dcini grain) par once d'eau. La décoction d'é»>(uceile
cbéne, de Icuires de noyeis, est un moyen bannali
mais qui a souvent une action aussi si'ne et auss,
jtp.nnjUe cpic Icc a'Mrci" liiovru;-, les peifi lionne-
FLU 207
bients qu^ôD a fait subir aux seringues ëesliuées à
celusage permettent aujourj'huitle faire pénétrer lea
injections assez profondément pour qu'aucun' point
des surfaces malades n'échappe à leur action.
On seconde très efficacement l'emploi des moyens
dont nous venons de faire l'énumération, et que l'in-
dustrialisme médical n'a pas manqué de multiplier
à l'infini, en détournant la perle soit par l'emploi des
légers purgatifs, soit en rappelant les sueurs natu-
relles par des vclcmcnls de laine portés suf la peau,
soit même en niellant un vésicaloire ou un cautère à
la cuisse ou à la jambe. >'ous avons toujours admis
que la perte ne se liait à aucune circonslancc qui
pût faire soupçonner qu'elle tint à une maladie de
la matrice, ou qu'elle fût le sunpld'me d'une affec-
tion contagieuse. S'il en était ainsi, on conçoit que
le traitement de celle perte serait subordonné à cc-i
lui des affections prédominantes.
FLUX (de sang). ( Fo/r Hkmop.roide, Dyssentehie).
FLUX (de ventre). (Uoir Dévoumcnt, Diarruée).
FLUX (d'urine ). [Voir Incontinence D'cniNE.)
FLUXION. — Onappelleassezgcnéralenicntdecenom
fous les gonlleraents qui surviennent accidoulellement
aux joiics. Ces fluxions sont irès souvent le rcsuilat d'une
carie dentaire, d'une opération faite dans la bouche,
de la pose d'une dent artificielle à pivot; mais elles
peuvent aussi survenir ù la sui'e d'une cxposilioa à ua
courant d'air, d'un cliangemenl brusque de tempéra-
ture. Dans le premier cas, on doit faire enlever la
dent malade ou la faire plomber, ou bien enlever la
pièce artificielle, et dans tous les cas couvrir la par-
tie malade de cataplasmes {ails avec la Hirine de riz;
prendre des bains de pieds, des purgatifs révulsifs, et
faire ouvrir de bonne heure l'abcès ,s'il en survcuajl
un, et (ju'en n'eut si on u'avai! cas pu prévenii sa fcix
niaiion
208 Fbu
FLLXION DE POITRINE. —Il y a deux espèces d«
fluxions de poitrine; l'une, plus profonde et géuéralei
meut phis inieuse qui résulte de rinflaramation du
pf'umon lui-oiême ; l'autre , plus superficielle , qui
n'est que le même état aiïectant l'enveloppe de ce
môme organe. Elles ont cela de coramnn : une dou-
leur dans la poitrine, une extrême difficulté de respi-
rer, une fièvre très forte, une coloration très marquée
des j.«muuettes. Mais elles ont cela de particulier, que
dans la première, fjui l'orme la pneumonie des méde-
cin* , la douleur e.^t profonde, le point de côté très
prononce, la toux accompagnée de crachats sanguins,
U poitrine matie à la pciTUSsiop, tandis que, dans la
seoDnr'p qui n'est que la pleurésie, la douleur est plus
superficielle, plu» aij;uc, miis moins poignante et
aut^meutanl surtout dans linspiratiun.
\! e*;? peo. ou [ilutùl il n'est point de maladie dans
iaqnolîe iVxjiérience se soit proncincée d'une manière
p'u-. formelle en^veur de la saignée qi:e dans la
fitixi-m d»> poitrine. C'est peut-être la seule chose à
i'évf^r;! de laquelle les médecins soient constainmenl
tfstés d'accord : ils n'ont varié que sur la quantité de
•ang h tirer. Il est cependant impo>sil)le de rien éta-
blir d'une manière absolue à c^ sujet; tout dépend de
la violence de la maladie, de l'âge, de la foice du su-
jet et de la partie de la poitrine envahie. La maladie
est-elle légère.'' deux ou trois saignées l'arrèient «rdi-
nairement. Est-elle au contraire violente, c'est-à-dire
accompagnée dune grande élévation et d'une extrême
plénitade du poul?, d'une difficulté très piononcée de
respirer? les crachats sonl-ili abondamment teints
de sangi.^ on est queUpietois obligé de revenir quatre,
cinq et même si.^ fois a la saignée , surtout dans U
pneumonie, les sangsues et les ventouses scarifiées sur
le point douL. ;reu.\ étant plus pariicuficreinont ap«
FLU 209
proj îiées à la pleurésie. Dans les 'ieux cas on seconde
l'effet des émissions sanguines par des boissons éuiol-
lifoies, comme la ileiir de violclies, de mau\e^ don-
aces chaudes el sucrées avec le sirop de gomme, de
guimauve , ou même simplement avec le miel.
Une chose à laquelle onallache avec raison aujour-
d'hui wne graovle importance, pour apprécier l'inten-
silé d'une fluxion de poitrine, el par suite la néces-
sité de revenir aux «alignées , c'est l'apparence même
du sang d'alioîd tiré. Ce sang se sépare- l-il promp-
tcment, la couenne qui se forme à sa surface eslrvclle
ferme, dense, épaisse , ou peut alors supposer qu'une
nouvelle saignée sera utile. Est-elle a:; contraire peu
distincte du reste du sang, soraljJable à ui.e gelée
molle et verdàlre, ou doit penser le contraire. C'est
alors, si ia maladie ne cède pas, qu'on pourrait en
venir à l'emploi de l'émélique à liaulcs doses : on
eu donne d'abord 20 cenligrammos (4 grains) dans
un demi- verre d'eau de tilleul, ou d'oranger, sucrée
avec le sirop de gomme, puis deux heures après un
ceutigramme de plus, et ainsi de suite eu augmentaut
progressivement d'un et même de deux centigrammes.
Quant aux vésicaloires appliqués sur la poinine, ils
ne sont réellement avantageux que (juaud la période
aiguë est passée, ou chez les sujets faibles ou Iroj) âgés
pour supporter impunément de copieuses saignées.'
Lorsqu'on craint que la jnaladie ne passe à l'état
obron'que^ ou place fréquemment sur les parties voi-
sines du siège du mal des cataplasmes synapisés , des
vésicatoiros volants; on engage le malade à parier peu,
à luariher leuiemeut, à ne pas monter des lieux éle-
vés, à se garantir du f: o;d et surtout derhuuudilé, ù
porter des vêlements de llaneile sur la peau , à se
nourrir de Liitagc, à porter un cautère au bras. Si l'on
a eu à faire à uue pleurésie, que malgré tout oa n'ait
14
210 FOI
pas pu empêcher la formation tl'un épanchcmeiit, e
quelaqiianiilé de liquidcépanchc soit assez considéra
ble pour occasionner une grande gêne de la respiia
tion, il ne faut point hésiter à se soumettre à l'opéra
lion qni a pour but l'évacualion de ce liquide.
FOIE { luJlammalioH et obslniciion du). — Le foie
est l'organe chargé de fournir la bile. H est situé à
droite, derrière et un peu au-dessous des dernières
côtes, immédiatement entre la poitrine el ce qu'on
nomme vulgairemejit ie flaw. Celle position le ren-
dant nécessairement accessible aux violences exté-
rieures, il peut s'enflammer à la suite d'un coup^ d'une
chute; mais, le plus ordinmrcmcnt , il s'affecte e-ous
l'iuducnce des causes {jéncrales d'une apprccialion
moins facile, comme d'une nourriture trop stimulant'^,
de chagrins concentrés, de travaux d'esprit trop assi-
dus, d'une vie trop sédentaire, de la snppression brus-
que du fhix hémorrhoïdal.
Cette inflammation, ([uo les médecfns nomment
hépatite^ est très rare chez les enfants, affecte de pré-
férence les hommes, trouve une cause prédisposante
très active dans le tempérament bilieux, est plus corr.-
mune en été qu'en hiver, dans les pays chauds (pie
dans les pays froids , est excessivement fréquente dans
l'Inde , et coïncide très souvent avec une maladie de
l'esiomac ou des intestins.
Quand elle n'est qu'à son premier degré, ce qui ar-
rive surtout quand elle n'est (pie le résultat sympatîii-
que de la dernière des causes que nous venons d indi-
quer, le malade ne ressent qu'un peu d'cmUirras cl
d'enipntemcnl dans la place qu'occupe le foie, il éprouve
du drgoùt poir la viande, de la soif, une extrême amer-
tume dans la bouche ; les ailes du nez el le pourtour de j
la bouche présentent une -feinte jaunâtre; il y a des '
éructations, dis renvois, quelquefois même des vomis-
FOI 211
semcnl bilieux [Voyez fièvre bilieuse). Quand il y a
vérilable inflaniraatioD, la duuleur locale est plus pro-
noncée, mais toujours sourde profonde, et s'éiendant
jusque dans l'épaule droite, lou.e la peau, le blanc
des yeux même se colorent en jaune, il y a une consti-
pation opiniâtre des urines jaunes et huileuses, le ma-
lade est horriblement abattu, respire avec douleur, est
tourmenté par une chaleur acre et mordante de la
peau
L'inflammation du foie se termine assez souvent
par un abcès, mais très souvent aussi elle passe à l'élai
chronique, ce qifi constitue ce qu'on nomme commu-
nément un obstruction. Cet étal existe même sans
avoir été précédé de signes bien aigus; \\ y a eu seu-
lement quelques trui.bles dans la digestion, de frêqum-
les lassitudes; le c6lé droit a offert de ien)|>s a auire
quelques douleurs, le ventre se gonfle crpendaul près*
que touj<iurs et se remplit insensibUmei l de séio ilé,
ce qui constitue, par la S'-.ite, une véritable hydro-
pisie.
Si, de l'exposé des signes qui caractériseni l'iiiflam
malion d»j foie, considéi te dons ses uiversdegrrs, iiouî
passons au traitement qui lui convient, nous dcvi^n-.
rcconnaîtie que tous les médecins s'accordent à ri g- r
dcr lu saignée comme un des moyens les }ilus appro
fTié? dans sa piiioilc aii^uë : la saignée du bias, quau
la dculeui locale est très \ive et la (ièvie Irè. pronon-
cée, less;.ngsues au fondement dans le cas contiaiif
Après la sa guée, les vésicaioires appliqués sur la ré',
pion même du foie forn)ent une ressourre sur laquelle
iis comptent le jius. Mais une fois que l'état (hroniqne
se- dé( liire, qu'il y a ce q' e nous avonsdil être généra-
leo.eiii uouimé obsiniciion , la maladie se conipl.qi.e
d une foule d'étals secondaires qui t. us dt niandeiaH ni
une attention particulière parmi les moyens les plus
212 ï'OL
usités , il Faut mettre les eaux minérales , les douches
sur le côté droit , le savon médicinal , la ciguë , mais
surtout le calomel on mercure doux, auquel les méde-
cins anglais attribuent une .propriété fondante très
marquée. Le régime se composera de légumes veris,
frais, de fruits acides, des viandes blanches , dont ou
secondera l'effet par de l'exercice et des dislractiuRs.
FOLIE. — Par le mot de folie, synonyme d'aliéna-
tion , Aamaladies mentales, de manie ^ les médecins
comprennent dans toute leur étendueet dans tous leurs
degrés les diverses altérations de l'intelligeuce; mais
dans le langage ordinaire, on entend par ce mol le dé-
lire avec excitation, eisurvonant sans maladie, celui
de démence étant donné au non développement ou à
l'affaiblissement des organes de la pensée; et celui
d7iypocAo«f?>î« exprimant unéiat habitml de tristesse
qui porte sans cesse au désespoir ( Voir ces deux mots).
Réduite au sens que nous venons de lui donner, la
folie offre u»e infinité de nuances, depuis la fureuc jus-
qu'à la laciturnité la plus absolue; maient plus ou moins abondante,
suivant les soins de propreté que la personne a d'elle.
A mesure qu'elle augmente, la démangeaison devient
plus intense : cette démangeaison qu'accroît toujours
la chaleur est quelquefois si violente, surtout pen-,
dant la nuit, qu'elle occasionne la fièvre. Les bou-
tons en se rompant par leur plénitude, ou plus sou-
vent déchirés par les ongles, laissent écha}.>pcr le
fluide qu'ils contenaier.t ; ce fluide se dessèche en
croûtes peu adhérentes , mais d'autant plus épaisses
qu'il a plus la consistance du pus. De chaque boulon
part un sillon qui communique avec un autre bouton
et loge l'insecte dont la présence est annoncée par
le soulèvement et une tache blanchâtre de l'épidenne.
La gale a cela de particulier qu'elle ne se termine
Jamais.d'elle-m.ême sans traitement; mais el'e CL;t
sujette à disparaître dans les temps froids, ei dans
le cours des fièvres intermittentes ou de la plupart
des maladies aiguës, pour reparaître dans la conva-
lescence. Elle n'offre d'ailleurs par cile-même aucun
danger, et sa facilité à guérir est toujours; on raison
inverse de la faiblesse des sujets, de la misère ou
de la malpropreté dans lesquelles ils vivent.
Il est peu de maladies contre lesquelles on ait
proposé un plus gi'and nombre de remèdes que contre
la gale. Le charlatanisme a surtout exploité une mine
aussi féconde; m.'ds l'expérience a fait justice de la
plupart des moyens ridicules qu'il a enfantés et a
réduit le irnitement de cette maladie à un petit •
nombre de données assez fixes pour être d'une facile
application. Or, de tous les spécifiques vantés contre
la gale, le plus sûr, dans les cas simples et récents,
est une ponunade coir posée de soufre sublimé, de
2-22 GAL
omnre à
Baindoux, âc cérat ou de pommailc de concomFre à
laquelle on ajoute quelques goullcs d'huile es5t;n-
tielle de citron , de berganioltc , de lavande ou de
romarin pour masquer l'odeur désagréable du sou-
fre. Huit ou dix jours de frictions avec cette pommade
suffisent ordinairement; mais on fait bien de com-
mencer le traitement par un grand bain , et de se
lioiler particulièrement le soir devant un bon feu ,
"avec gros comme une noix de cette pommade, par-
ticulièrement aux saignées, aux poignets, entre le^s
doigts, aux jarrets, sur le ventre et sur le devant de la
poitrine. On peut substituer à cette pommade une
autre préparation composée de deux parties égales
de llcurs de soufre et d'acétate de plonîb, et d'une
partie de sulfate de zinc. On se sert de cette poudre
en s'en frottant matin et soir le creux do la main
d'une pincée dans quelques gouttes d'iiuiie; elle a l'a-
vaulage de ne pas donner la mauvaise odeur de la
pommade précédente.
Quelques personnes, pour se soustraire à la mal-
propreté qu'eniraine toujours l'usage des pommades,
préfèrent les bains d'eaux ou de vapeurs sulfureuses,
qui ont aussi une giande efficacité, mais agissent plus
lentement ; ou pour éviter l'odeur du soufre, elles le
méiangeni en parties égales avec le savon blanc. Enfin
une foule d'autr(!s substances peuvent au besoin rern-
p'acer le soufre : c'est ainsi que les soldats emploient
de la poudre à canon ou le tabac délayés dans l'huile
ou même simplement dans l'eau ; que les habitants de
la Lorraine ou d(>s Vosges se frottent avec de l'huile
de chei.evis ou do navette qu'ils font bouillir avec la
seconde écorce de l'aune noir^ et que (juclques mé-
decins miiilairi s emjtloioiii le cnmjihre dissous dans
!'h;ii;e , on uu mélange d'huile et d'alcali volatil.
"^ ...i v^r. ■< encore employé avec, succcR la clématite,
GAL 2*23
vulgairement a}>f clée herbe aux gueux , et i'écorce
de racine de dcntclaire, pilées dans un morl-ior et
mélangées avec de l'huiie, etc.
La gale étant essentiellement contagieuse, on con-
çoit la prudence que doivent avoir les personnes qui
en sont atteintes avec celles qui les entourent ou les
fréquentent ; l'isolement est ici de rigueur de la part
des unes ou des autres, ou du moins on doit se bor
ncr aux contacts indirects. Il est également indispen-
sable, pour assurer la guérison de la gale, de passer
à la vapeur du soufre tous les vêtements qui auroiit
été portés avant ou pendant la duré.e de la maladie.
Un bain eu deux seront le complément du traitement.
Il est bon aussi de savoir que le soufre noircissant très
promptemcnt l'or et l'argent, les personnes en cours
de traitement par cette substance feront bien de s'ab-
stenir de porter aucune espèce de bijoux.
Un régime et légers est généralement utile ; ainsi
point de café , de liqueurs , de vin pur, de viandes
noires , salées , fumées ou épicées. Dans le cou-
rant de la journée , on fera bien de prendre quel-
ques tasses de tisane amère , comme de patience ,
de bardane , de houblon , de fumeterre , de chi-
corée, de scabieuse, etc. Il est bien entendu que
les complications qui accompagnent quelquefois la
gale doivent être traitées à part. Si par exemple les
démangeaisons étaient tellement vives qu'elles occa-
sionnassent une fièvre intense , la saignée du bras
trouverait sans nul doute son application, de mén:e
que s'il existait une constipation opiniâtre, ce qui est
assez commun , un purgatif ou même deux devi or;-
draienl indispensables. Cette dernière médication est
souvent un moyen par lequel de sages praticien-
troient pouvoir dans tous les cas terminer le trai-^
224 CAN
GANGRÈNE. — La gafîjrène , ou morlificalion
d'ujie p-ûrlie qiielcuîique, peut résulter de deux trdrei
de causes essentiellement dislinctes. L'une de ces cau-
ses est l'inflammation portée à son dernier de|;;re, ou
uue véritable combustion, lautre réside dans un ob-
stacle au cours du sang et de l'influx nerveux. Elle se
reconnaît à l'insensibilité absolue de la partie , à la
couleur successivement lie-de-\in, brune, noiiâlre
qu'elle prend , et à l'odeur nauséabonde et mcnje fé-
tide qu'elle répand. Considéié d'une manicre géné^
raie, son traitement se résume ainsi : prévenir sc;i dé-
veloppement; combattre ses.progiès et ses syinpiùiiics;
favoriser la séparation naturelle, spontanée des par ics
lucrîifiées ; bâter celle séparation quand elle ne sciait
pas ou qu'elle se fait trop lenlenienl attendre et que
les jours du malade peuvent être en danger.
A l'aide des moyens propres à combailre toutes les
infiammalions, on peut prévenir la gangrène qui pour-
rait être la suite de piqûres, de brûlures, de contu-
sions, d'altriiion, de même que celle qui résulte d'une
trop iforte conslriction, peut être prévenue par !a ces-
sa'.ioû de cette constriclion et en entourant les parties
de sacbets contenant des cendres ou du sable cbauds.
Eit-elle déclarée , on cberebe à borner son dévelop-
pement ultérieur, en pratiquant sur la partie des sca-
rifications et en la couvrant de poudre de quinquinas
de charbon, de camphre, qui ont surtout la propriété
d'absorber les liquides ischoreux. Quand ces moyens
éclîouent, on arrose le? parties d une dissolution de
chloiure de chaux, et on tâche de jiurltr la maladie.
Une fois ce but atteint, ce qui est quelquefois très
.difficile , on seconde la séparation des parties mortes
(par des pansements simples, si l'inllammation es! fran-
:che et modérée, par des catoplasmes émoUicnts , le
epos, la position horizontale et même l'application
i
GÂs 225
Je quelques sangsues. Si ce travail de séparation lan
guit, en a recours aux excitants, tant à l'extérieur qu'.-\
liutérieur : c'est ainsi qu'on recouvre la prirlie d*
caïuplasmes émoUienti avec addition dongucnl dii^e-
tif , ou de quelques gouttes d'huile de tércbcMllime,
qu'on les arrose avec des liqueurs excitantes cl aro-
jualiques comme le vin de quinquina, l'eau—de-vie
camphrée, et qu'on donne à rinicrieur, si lien ne s'y
oppose, des aliments toniques, m^me progressivement
stimulants. Si des clapiers de j>u5 se forment dans l'é-
paisseur des parties, on favoiise leur évacuation pir
des mouchetures ou des incisions; on les débarrasse
du pus en l'absorbant frcquoiinneul avec de la char-
pie, et on les remplit de poudres toniques, astrin-
gentes et aromatiques.
Gastrite. — On entend par ce mot l'inflamma-
tion de l'estomac, mais parliculiérement de la nuni
biane qui iapi;se intérieurement ce viscère. G'esi u.<^
des maladies sur lesquelles les médecins ont le pli^'.
discufé dejjuis une vingtaine et même une t!i:u!a;iii'
d'années. Les uns voulaieul qu'elle fiit tellement c'-.in
raiine qu'elle dût entrer comu)e t-léfEcnt es> 'iilicl d ^iks
la plupart des autres maladies; les auires soulenaica
au contraire qu'elle était si rai'e qu'il en existai; jx u
d'exemples bien démontres , à l'exception des cas ou
elle était le résultat de renipoisonnenunl p^r dci poi-
sons corrosifs {voyez le mot empoùouaement ).
(^e qu'il y a de certain c'est que la gastrite, comnte
inflammation aiguë ou franche , est assez peu eoui-
laune ; la membrane qui tapisse son intérieur n'ayant
triaijiemciit piis la su.ceptibdité qu'où s'csl opiniâtre
a nï reconnaître, puisqu'elle est, ai>rés la [eau , le
point de uoire corps qui doit se trouver le plus sou-
vint en cofîtact avec des aibstances étrangères. D'où
il suit Qaîurellement que l'excilatiou produite par les
15
226 CAS
alimenis sur l'estomac, étant toute naturelle, peu ôire
portée à un luiut degré sans produire d'accidents.
0:i rencontre le plus ordinairement la gastrile ai-
};uc chez les enfants dans le cours de rallaitcinent ;
viennent ensuite, comme causes, les poisons, les cliùies,
les coups portés au-dessous du creux de l'estomac,
Tahus de purgatifs irriianls , d'eau froide ou de bois-
sons glicées, de Ujucurs alcooliques; lusage d'ali-
ments de mauvaise cpialité, comme les poissons et les
viandes salés, ayant subi un commencement de fer-
mentation putride. Elle peut aussi résulter de la dis-
parition brusque d'uue atfectiou rhumatismale, gout-
teuse ou dartreusc.
Quand elle < si occasionnée par un empoisonnement,
les signes qui annoncent ceite maladie débutent de
suite: mais sous l'iulluence des autres causes que nous
lui avons assignées, ce n'est, le plus souvent, (ju'aprcs
plusieurs jours d'abattement et de malaise qu'il sur-
vient de la lièvre, des douleurs dans l'estomac et dans
la partie élevée du venue, cnlin des vomissements.
La douleur augmente rapidement et s'étend sur les
côtés pour aller se faire ressentir jusque dans le dos
et daîis les épaules. Les voniissemenls sont muqneux
Cil bilieux et se répclenl cliaque fois que le malade
prciîd une boisson quelconque pour étanclier la soif
(}ui le dévo!4î; la langue est rouge, la face plutôt p'ii(;
et abattue qu'animée, le pouls vif, mais plutôt scrn';
que i)lein; la tèle tmijours chaude et douloureuse, et
ViX respiration pénible.
Avec tous CCS carncléres, la gastrite est toujonrà
une maladie dangen use, ne' passât-elle qu'à l'état chro-
nique. AiîSsi faut-ilj dés qu'elle est manifeste, lui op-
poser un traitement énergique. La première condiliuu
de ce Irailemenl, c'est la ilii-le absolue, viennent en-
suite quelquefois la sa.gn^t' au bras, mais Lien plu:i
GEN 227
souvent une forte application de sangsues sur la région
de l'estomac ; ies cataplasmes émoUieuts , les boissons
mucilagineuses, comme la fleur de mauve, mais en pe-
tite quantité ; puis les vésicaloires appliqués de chaque
côté an-dessous de la poilrine, les lavements d'eau de
son, de graine de lin, les bains. Une lois <jue la pé-
riode aiguë est passée, la diète cesse de devoir être aussi
absolue : on peut se permettre quelques aliments lé-
gers et de facile digestion, comme le lait, les crèmes,
les potages, les corapolles de fruits cuits. Quand l'é-
tat chronique est bien marqué-, peu de médicaments
ont plus de succès que les eaux minérales soit sulfu-
reuses, soit ferrugineuses, mais prises à la source
même. Celles qui sont chargées d'acide carbonique,
telles que celles de Sellz , de Vichy , ont aussi de très
bons résultats. Mais, qu'on y prenne garde; ce que
bien des médecins appelhut encore gastrite chroni-
que, par habitude , ou pour se faire comprendre, est
bien plus souveut une aifeclion primitivement nerveuse
de l'estomac que la suite d'une véritable inflammation.
GAZ. {ployez Tympamte, Vekts. )
GEÎSCIVES. — Quoique les gencives, dans l'état
naturel, ne soient pas douées d'une grande seusibilité,
et qu'elles reçoivent sans inconvénient le frottement
continuel des substances alimentaires les plus dures,
elles sont cependant très souvent malades et , dans
ictt état, elles jouissent d'une excessive sensibilité.
Les maladies dont elles peuvent être le siège son»
des inflammations, des suppurations générales ou par-
tielles, des ulcérations et des excroissances. Au rao!
detililion nous avons déjà pailé de leur inflammation
franche, surtout de Cille qui accompagne si souveut la
«ortie des dents; voyons ici les suiipuralions, les ulcé-
rations et les excroissances.
Suppuration des gencives. La plus cn^^inue des
I
228 GEN
diverses espèces de suppurations dont les gencive»
peuvent être le siège , consiste dans les abcès qui se
iôi ment assez souvent dans le tissu fibro-muqueux
c|ui les compose. Ces abcès sont des tumeurs d'un \(.-
lume variable, mais ordinaiiemenl peu considérabbi
cl circonscrites à la gencive elle-même. Pouvant sur-
venir sans cause appréciable , ils résnlient cependai.l
quelquefois d'un coup ou de la présence d'un cor|.'
étranger; mais ils soutleplus souvent occasionnés par
la carie d'une dent, autour de laquelle ils se repro-
duisent plusieurs fuis. Ces abcès, toujours accompa-
^'ués de douleur et de chaleur et précédés d'un gonUe-
ment inflammatoire souvent assez considérable j)our
former ce qu'on nomme communément une fluxion ,
sont d'un rouge vermeil qui devient livide à mesure
que leur volume augmente. Bieniôl il .se forme à lewr
centre un petit point blanc qui s'ouvre ordinairement
de lui-même, et laisse échapper une plus ou moins
grande quantité dematière, dont on est quelquefois
cependant obligé d'aider la sortie en pressant sur les
côtés. Aussitôt que ce liquide est évacué, l'ouverture se
ferme et tout disparaît.
Ces cas simples sont heureusement les plus com-
muns; mais qjand l'inflammation qui détermine l'ab-
cos tient à une cause persistante, comme le plombage
il* une dent ou la pose d'une dent artificielle à pivot ,
rabcès, de circonscrit qu'il pouvait être à son début ,
envaliit quelf|uefois tout un coté de la bouche, occa-
sio'nne un gondcment de la face et pont se faire jour
au-dehors. Il arrive aussi assez souvent même, quand
les abcès sont peu volumiueu.x , (ju'au lieu de se fer-
mer aussitôt le pus sorti , il s'établit par l'ouverture
un point habituel de suppuration; c'est ce qu'on nomme
une fistule déniai) e. Quel que soit Tiniporiance des
ab«;ès dos gencive», coum.e ils se résolvent rarement |
CES
f>29
il est toujours prudent de fevoriser la suppuration en
appliquant sur la partie malade des substances émol-
lientes, et donner \e plus tôt possible i<;sue au pus. Si
l'accident est Ai\ à la présence d'une dent cariée on
d'un piiol de den-t arlifici>slle , l'arracheraent de l'une
et l'enlèvement de Kautre deviennent nécessaires si or,
ne veut pas s'exposer à voir l'abcès dégénérer en fis
tule , ou des adhérences se former entre les joues et
les gencives.
Indépendamment des abcès , les gencives peuvent
encore êtj-e le siège d'un autre genre de suppuration
qui n'est pas précédé de signes inflammatoires appa-
rents et qui consiste en un simple suintement purulent
de leur tissu ; c'est ce qu'on nomme rommunément
sup{)uration des gencives. Cet état, infinimrnt plus
commun chez les adultes que chez les enfants et les
vieillards est compatible avec \me bonne santé, et se
remarque le plus souvent sur les personnes pléthori-
ques , replètes et qui ont l'habitude de se gorger d'une
grande quantité d'aliments, surtout de viandes. Il est
difficile de lui reconnaître d'autre cause que ronbli
des soins journaliers qu'exige la bouche, l'accumiJa-
tjon dû lartr? , l'habiiatioD des lieux bas, humides,
mal éclairéj, la suppression trop bru&gue d'une dartre,
d'un véiicatoirc.
Cet état des gencives ne s'établit que lentement
borné d'abord au pourtour de quelques dents, ce n'es'
qu'après un temps assez long qu'il envahit successi*t'
ment to^it le reste, en commençant par le devant de
la beuche. Aucun signe particulier ne f'aisant pressen-
tir la maladie, la personne qui en est affectée n'éprouve
même pas de douleur; seulement en pressant la gencive
xers son bord libre , elle fait sortir entre elle et la deni
une matière blanchâtre , légèrement gluante qui don-
oail à l'haleine une odeur pénétrante. Le» dents de-
230 GEN
viennent alors doulooreuses , l'alv^oie qui îcs loge s'use
el ellei finissent par tomber faute de soutien. Celle
affection est en dcfiniitive plus facile à prévenir qu'à
arrêter dans sa marche. L'énumération que nous avons
faite des circonstances au milieu desquelles elle sur-
\icnt ordinairement, indique assez les moyens d'em-
pêcher son développement.
tllcér allons des genciwes. Les gencives peuvent
s'ulcérer sou? l'influence de trois causes principales :
le scorbut, une affection vénérienne, l'usage du mer-
cure. Aux mots scorbut et maladies vétiérienries nous
parlerons des ulcérations qui sont la conséquence de
ces deux maladies et des moyens de les combattre,
pour ne traiter ici que celles qui résultent de l'usage
du mercure. Les personnes qu> font un usage externe
ou interne de celle substance comme médicament, les
ouvriers employés à l'exploitation des mines qui la
fournissent, ou qui la manipulent ordinairement comme
les étameurs de glaces, les doreurs sur métaux y sont
fort exposés. Ces personnes commencent à éprouver
une chaleur extraordinaire aux gencives qui ne tar-
dent pas à s'engorger. Il survient ensuite de petits
abcès qui , en s'ouvrant, donnent lieu à des ulcérations
de forme el d'étendue variable, mais généralement
plus nombreux^ plus souvent saignantes, mais toujours
moins taillées à pic que celles que produit le virus
vénérien. Elles peuvent même gagner la langue , sont
toujours accompagnées d'un crachement abondant ,
donnent à Ihaloinc une odeur insupportable, el com-
promettent toujours la solidité des dénis.
Les précautions que les médecins recommandent
aujourd'hui pour rcm[)loi du mercure, rendent son
usage moins dangereux qu'autrefois , et la substitution
de la dorure par le galvanisme à la dorure par le mer-
cure, souslrcira sans doute bientôt les ouvriers do»
GEN 231
reiirs aux émanations qui engendrent les ulcérations
qui nous occupent dans ce raoment. Néanmoins quand
elles n'ont pas pu êlre prévues, la personne qui s'en
trouve atieinfe doit se soustraire inimédiatenient à la
cause qui les a ocrasionnces , puis se gargariser !a bou-
che avec des liquides inucilagineux, comme la décoc-
tion de guimauve > de lin, auxquels on ajoute quel'
qiies gouttes de vin d'opium. Les frictions répétée.»
j luMcurs fois par jour avec de la poudre de clilorurf
lie i-liaux sec et les gar^arismes rendus astringents pai
quelques acides végétaux , la teinture de quinquina,
le cachou, lé sirop de coing, réussissent aussi trè.»
bien. Quand la salivation est abondante, on parvient
assez facilement à l'arrêter en tenant quelques instant.»
dans la bouche des liquides très froids, même de pe-
tits morceaux de glace, en appliquant sous la niAchoirf
où on sent très souvent les glandes salivaires engor-
gées, des compresses trempées dans leau froide, en
prenant des bains de pieds et quelques laxatifs.
Excroissances des gencives généralement désignées
par les médecins sous le nom d'épulies, les excrois^
fances qui se développent sur les gencives sont très
variables de forme, de nature et de volume. Les unes
sont molles , fongueuses , indolentes, se déchirent avec
facilité et fournisseitt en général un suintement puru-
lent , fétide, quelquefois teint de sang. D'autres sont
i'un tissn ferme, élastique, d'un rouge vif , s'affaissent
quand on les comprime et reviennent sur elles-mêmes
quand ou cesse de les loucher ; tant qu'elles ne sont
pas entamées, elles ne fournissent aucune espèce de
suintement, mais si on les éeorche, et à plus forte
raiion si on les incise , elles versent en abondance un
♦ang rouge vermeil.
Ces diverses espèces d'excroissances, dont ia gros-
seur ordinaire varie depuis celle d'un; gros pois jus-
232 GLA
qu'à celle d'une noix , et qui sont tantôt arrondies el
supportées par un pédicule, l an loi bosselées et à base
«arge^ sont pins communes à la mâchoire du bas qu'à
celle du haut. Elles se rJéveloppent ou directement sur
îe» gencives, ou entre deux dents, mais elles naissent
!e plus souvent du fond d'un alvéole vide. Tant que
ss excroissances sont d'un faible volume, ejles sont en
général supportables, mais, parvenues à un certain
degré, elles gênent la mastication el apportent un
obâ'.acle non seulement à la netteté, mais à la possi-
Liiilé de la prononciation, elles ébranlent les dents
qu'elles finissent par laire dévier.
Malgré tout, elles ne constituent pas en général des
affections graves. Si elles ne disparaissent que rare-
ment d'elles-mêmes , elles peuvent, dans les cas. ordi-
naires, éire enlevées sans danger et assez facilement.
On se sert pour les enlever soit de la ligature, soit de
rinstrumenl tranchant; le premier moyen convient
pour celles qui sont pédiculces, l'autre pour celles à
hase large. Mais quel que soit le moyen employé, il
!aul savoir que, comme elles ont toujours une grande
facilité à se reproduire , il est toujours nécessaire de
cautériser après l'opération la surface à lafjuelle elles
ion:iient. Celte précaution a encore l'avantage d'airè
ter l'hémorrhagie qui est assez habituelle en pareille,
riiconslance, La cauicrisalion par le fer rouge est tou-
jours piéférable à celle exécutée par les caustiques.
GERÇURE {voyez Crevasse j.
GLAIKES ( voyez P.tuite;,
GLANDE. — Les médecins appellent de ce nom
Ions les organes ddut la fonction est de sécréter un
Iluide quelconque: ainsi le foie, les reins, etc., sont
des glandes qui fournissent le premier la bile, le se-
cond l'urine; mais, dans le langage ordinaire, on ap-
pelle glande toute tumeur qui survient dans les lieux
GOi 233
qui occupenl en grand nombre les ganglions lympha-
tiques , comme le cou, l'aisselle. Faine, et qui n'est
antre cliose que rcngoigcmcnl iiitlammaloire de ces
ganglions, fptte inflammation e?t franche ou spéci-
fique. Dans :c dernier cas, son traitement étant subor-
donné à celu' de la maladie de laquelle elle dépend,
et qui est oïdinairenient, pour les glande? du cou, la
scrofule, et pour celle de l'aine, la syphilis, il en sera
traité à l'occasion de ces maladies.
Otiand au traitement des glande» de nature franche,
il doit nécefsaîrenient varier suivant l'intensité de
l'inflammation ; ainsi quand la peau ne présente au-
cune rougeur, aucune chaleur, on peut tenter leur
résolution avec des emplâtres fondants , des frictions
mercurielles, même en les recouvrant d'un vésicatoire
volant. Si, au contraire, il y a tension douloureuse,
chaleur et rougeur marquées, iièrre générale, il faut,
indépendamment de la diète, appliquer des sangsues
sur la tumeur, la couvrir de cataplasmes arrosés d'eau
blanche et même, dans les cas e.vtréraes, faire une sai-
gnée au bras. Si la suppuration n'a pu être évitée, ce
qu'on reconnaît au ramollissement de la tumeur et à
la fluctuation, à la cessation de la tension dont elle
était le siège, il faut ouvrir l'abcès, mais toujours de
préférence avec le bistouri , parce que les caustiques
ne pénètrent jamais assez profondément et laissent
toujours des cicatrisations irrégulicre? qu'il faut sur-
tout éviter dans les régions apparentes. Quand Tabcès
est ouvert, on le presse poui faciliter l'écoulement du
pus, on introduit même un bourdonnet de charpie
dans l'ouverture, afin qu'elle ne se ferme pas trop tôt,
et on lient les parties recouvertes d'un cataplasme
pour obtenir leur entier dég^orgemeni.
r.on RE, gros cou, grosse norge, et en langage mé-
dical, ihyrocèle, bronchocèle. — Celte iHaladie , qui
234 Goi
n'est dans la plupart des cas qu'une difformité, et con-
siste tout simplement dans raugraentalion de volume
d'un organe qui, sous le nom de glande thyroïde,
occupe la partie antérieure et moyenne du cou, est
endémique, c'est-à-dire très-commune, dans nn grand
nombre de pays, particulièrement dans les lieux bas,
ombragés, humides, comme toutes les, gerges des
grandes montagnes. Mais à quoi tient-elle? est-ce à la
disposition des lieux, à la nourriture des habitants, à
l'eau qu'ils boivent? c'est ce qu'on ignore absolument.
Aussi de cette ignorance dans laquelle nous sommes
sur ses causes véritab.les, il s'en suit <|ue son traite-
ment est plutôt empirique que rationnel. Toutefois, la
personne affectée de goitre, ayant quitté les lieux où
il est endémique, pourra faire usage de trois genres de
moyens. Les premiers, comme les amers, les toniques,
les stimulants, pourront entraîner la disparition de la
tumeur par la nonveHe condition dans laquelle ils pla-
ceront l'économie; les autres, dont l'iode et ses nom-
breuses préparations, comme la poudre d'épongé cal-
cinée , la poudre de sency, forment la base, agiront
par leurs propriétés spéciales sur la nutrition et
l'absorption ; les troisièmes seront des topiques, comme
les frictions mercurielles, les linimcnts ammoniacaux
camphrés, les emplâtres de ciguë, de savon, les sa-
chets iodurés, ou des moyens chirurgicaux, tels qye
la compression qui a rarement réussi, le vésicatoire et
le selon qui ne comptent guère plus de succès, 1» liga-
ture en masse de la tumeur, ou seulemeut celle de ses
artères qui constituent des opérations trop dangereu-
ses pour qu'on soit autorisé à y avoir recours dans les
cas ordinaires. Aussi, quand les moyens spéciaux et
les topiques ont échoué, et quand l'existence du goi-
tre ne donne lieu à auciui accident, à aucune gène
dans les fonctions des organes euviroûDanls, il vaut
GOTJ 235
infiniment mieux îe garder que de courir les chancea
d'une opération.
GOURME. On appelle gourme ou croûtes de lait
une affection très commune chez les enfants, qui con-
siste en une éruption de pustules superficielles d'uu
blanc jaunâtre , réunies , auxquelles succèdent des
croûtes jaunes, verdàlres, tantôt lamelleuses et minces,
tantôt épaisses et rugueuses.
Celle maladie très commune, disons-nous, surtou»
cboz les très jeunes enfants, comme Tindiqtie le nom
de croûte de lait sous lequel on la désigne souvent,
peut se développer sur toutes les parties du corps,
mais les endroits qui eu sont plus parliculièrenienl le
siège sont le cuir chevelu et le dcFrlèrc des oreilles;
on la voit aussi assez souvent survenir au front, aux
lempes, et même envahir toute la figure. Dans ce der-
nier cas, elle débute ordinairement sur le front et les
joues par de petites pustules groupées sur une surface
enilammée ; de vives démangeaisons accompagnent
leur apparition, elles s'ouvrent bientôt d'elles-mêmes
ou par l'action des ongles, et il s'en écoule un fluid»'
visqueux, jaunâtre, qtii en se desséchant forme le»
croules. Quand celles-ci se détachent, elles laissent une
surface rouge 1res enilammée, sur laquelle il s'en forme
de nouvelles.
Lorsque cette affection dure depuis longtemps à la
léle, que les crLÛte« abandonnées à elles-mérae?
sont restées des mois entiers sans qu'on ail cher
elle à les détacher, les cheveux tombent quelque
lois dans une étendue plus ou moins grande, mais
il y a cela de différent avecla teigne, qu'ils repoussent,
parce que leurs bulbes n'ont été qu'enflammés. Quand
les croûtes sont enlevées avec soin au moyen de lo-
tions émollienles,on trouve une surface peu enflammée
o&UQt de lé"pres écfjrchures"d'où suinte un Uuide
236 Goc
\isqucux d'une odeur fade; on y rencontre même ossez
souvent de petits abcès qu'on est obligé d'ouvrir. La
durée en est variable ; elle est en général assez opi-
niâtre., car elle persiste toujours plusieurs mois, néan-
moins elle est rarement grave et ne le devient qu'au-
ta;il qu'elle e&i accompagnée ou suivie de quelque
maladie imporiante.
Les causes do la gourme sont, dans la plupart des
cas, très difficiles à apprécier, car si elle se développe
sur des enfants mal nourris et tenus maijiropreraent, elle
survient souvent aussi sur des enfants élevés dans^Jes
conditions diamétralement opposée?^ en sorte qu'il esl
ditficile de rien savoir de positif à cet égard. Le trai-
tement consiste ordinairement n laver loutsimplemenl
les parties affectées avec de l'eau tiède, mais mieux de
l'eau de guimauve ou du lait ; ce qui a le double avan-
tage d'empéclier les croûtes de s'amonceler et de caU
mer l'ardeur de l'inllammation. Chez les enfants à la
mamelle, le meilleur moyen consiste à faire jaillir sur
les surfaces malades le lait du sein même de la nouri ice.
Si on suppose que le lait est trop fort comme nourrie-
turc, on fait prendre plusieurs fois par jour à l'enfanl
de l'eau d'orge on de gruau , ou bien oa change la
nourrice.
Quand la gourmeocciipe la lêle, on a le soin décou-
per les cheveux très coui ts et de faire tomber lesrroûics
en même tempe, de calmer l'inllammation par des
cataplasmes de mie de pain et de lait, ou de fécule de
pommes-de-lerre et de guimauve, qu'on renouvelle
souvent. Si l'érujition est étendue et dure depuis
tongteraps, il devient quelquefois nécessaire de modi-
fier l'état de la peau en lavant les parties malades avec
des eaux sulluro alcalines, coinrue on le ferait pour
de légères dartres [Voi/ez ce mot). Dl doux purgatifs
sont aussi souvent utiles ; pour les enfants très jeunes
Cl— 237
le sirop composé de rhubarbe et ch'icorce, suffit; mai
ijuand ils sont déjà un peu grands, le mercure doux à
la dose d'un quart de gramme^ même d'un demi-
gramme, ou cinq à six grammes de sel de Scdliiz
dans une tasse de bouillon à l'oseille conviennefit
mieux. Enfin si leruplioa qui ronsliliie la gourme s'c-
lail déclarée dans le cours, ou mi»'ux encore dans la
convalescence de quelque maladie grave, il faudrait
s'en tenir à son égard aux seuls soins de propreté, et
n'essayer de la faire disparaître que quand on n'aurait
plus rien à craindre du côté de la maladie a\ec. la
cessation de laquelle son appai ilion aurait coïncidé.
On est ménie souvent obligé denlieuii la suppuration
en couvrant les parties affectées de feudles de poirée
ou de compresses enduites de céral mélangé à un peu
de pommade au garou, etc., etc.
GOUTTE. — Partage le plus ordinaire des hommes
vigoureux^ intempérants et sédentaires, ou plutôt qui
passent d'une vie active à une existence tranquille;
celle cruelle maladie est encore trop peu connue dans
son essence pour pouvoir être le sujet d'une définition
exacte. Tout ce que l'on peut faire, c'est de la définir
par l'énoncé des deux caractères principaux , au
moyen desquels elle se montre, et qui sont des dou-
leurs spontanées et périodiques dans les articulations,
particulièrement aux pieds et aux mains, avec produc-
tion autour de ces parties, de matières calcaires, ana-
logues à la substance même des os.
L'invasion de la goutte, annoncée souvent par des
signes précurseurs qui sont ou un malaise général, des
troubles variés dans la digestion, tels que rapports,
vomissements selles bilieuses ou des douleurs vagues,
des engourdissements j^artiels, de la sécheresse et
d^s crampes dans la partie menacée, se fi:it irossou-
vri.t aus-i d'i'!.' r"->ni; le l.riisriue cl inffttendue. Daop
238 Gou
tous les cas. c*eél ordinairement au milieu de la nuit,
souvent même après quelques heures d'un sommeil
dans trouble qu'une douleur se fait sentir le plus sou-
vent à l'arliculalion du gros orlcil.Cette douleur est sui-
vie de tremblements, de frissons, d'une irapossibililc
absolue de mouvoir et de rien supporter qui la touchel
Cet /jtat ne dure que six, huit, dix, douze ou vingt -
quatre heures, et se termine par une sueur, surtout
vers la partie affectée ; mais revient ou le môme jour
ou le lendemain, pour durer quatre ou cinq jours,
c'est ce qui constitue un accès.
A ce premier accès en succède souvent un second,
môme un troisième à peu près semblable , et celle
succession de deux, trois, quatre accès forme une at-
taque. Dans la plupart des cas, ces attaques ne se re-
nouvellent qu'après un laps de plusieurs mois, d'un
an même et plus. Mais une fois quelles se sont renou-
velées, elles se succèdent alors de plus près, en per-
dant un peu de leur violence ; mais en revanche, le
gonllement des parties qui accompagne les douleurs
présente un volume toujours croissant à mesure que
les attaques se renouvellent sur un point déterminé ;
puis on y remarque des noyaux ou concrétions pier»
rcusesetune rougeur tirant sur le violet. Là répéti
lion continue des attaques, quelquefois aussi une sort '
Je travail organique snns douleur conduisent d'autre
malades à un élat de détérioration que signalent î;
décoloration de la peau, la langueur générale de la
coiislitution elles déformations lesplusexlraordinaires
(les parties tendineuses, articulaires et osseuses.
Les hommes sont incomparablement plus sujets h
la goutte que les femmes ; elle se transmet souvent
|.;',r voie d'hérédité, mais un grand nombre de pères
i,()uii;-ux ont des enfants qui, au lieu de la gouUo, oui
î;i l'itrrc ou la graveUe.
GOU
Les moyens les plus divers et leg plus coulradic-
loires ont élé essayés, et tous comptent des succès,
ou plutôt aucun n'a réussi seul, c'esi-à-dire sans le
secours du temps, sans des modiGcalions sévères ap-
portées dans le régime, les babiludes. Yoici cepen-
dant la médication la plus ordinaire : Pendant les
signes précurseurs, la compression du membre, le
repos au lit, des boissons judorifiques, un ou deux
purgcilifs , des vélemcnls do laine sur la peau, une
grande tranquillité d'esprit, ont souvent fait avorter
l'accès c Pendant ce dernier, on se burue, s'il est lé-
ger, au repos du corps et de l'Ci-prit , à une douce
chaleur, à un régime léger, à quelques applications
laudaiiisées sur la partie douloureuse. S'il est aigu ,
avec ûèvre, spasmes , crampes et douleurs extrêmes ,
la saignée peut èlre utile, mais il faut en être très
sobre, car elle a souvent plutôt aggravé qu'amendé le
mal. Les sangsues ont eu rarement d'heureux effets.
Le sujet esl-il faible, nerveux et irritable? on s'abs-
tient de la saignée , mais on administre avec assez
de succès les laxatifs, les purgatifs, même les drasti-
ques. Les préparations opiacées , surtout l'extrait
aqueux d'opium, le laudanum de Rousseau, l'acéiaie
de morphine , dont on donne cinq ceniigiammes
(l grain) seulement, en sept ou huit fois dans la jour-
née, peuvent aussi cire employées avec avantage
Quand leur action s'émousse, on les remplace jjar les
préparations de jusquian-e, de ciguë, de laitue. Lts
boissons alcalines, par exemple, toutes celles qui con-
tienaent du bi-carbonate de soude ont aussi été pré-
conisées, et sont devenues la base d'un traitement
efficace en quelque cas, mais dont les partisans in—
léressés de certames eaux minérales ont ceitainement
exagéré les effets Quant aux moyens extérieurs, le
nombre de cew 'on a consfjî'f^s est vraiment ia-
240 cou
calculable C Jer.r choix ditficile. Voici ceux qui onl le
plus souvent réussi : on enduit deux ou trois fols dam
Ja journée !a partie souffrante avec un corps gras,
comme du suif chaud ; on recouvre le tout de card(l
de colon et de taffetas ciré. On applique aussi des o
taplasmes émollients laudanisés ou faits avec la -u -
quiane et la ci-juë.
Enfin , quand l'accès tire à sa fin, on essaie peu a
à pou de Miouvoir le membre, on le frotte avec la mair
armée d'une flanelle ou d'uTie brosse douce , on le
comprime quehiue temps en l'entourant d'une bande,
on le souniutàdes douches d'eaux sulfureuses dont on
augmente graduellement le nombre et la force. Une
fois l'accès complèiement passé, le malade doit crain-
dre la récidive. Aussi fera-t-il bien de se couviir le
corps de laine, d'éviter toute nouirilure stimulante, de
coucher kijr un lit de ci in, de se modérer dans les
travaux de l'infelligence. La goutte étant une des ma-
ladies les plus sujettes à disparaître brusquement, il
est bon de savoir que ce qui renjédie le plus vite et
ic plus sûrement aux effets de son transport sur un
aulie organe^ c'est de la rappeler par des cataplasmes
irritants ou même par l'application d'un vésicatoire
sur le lieu affecté.
GOUTTE SEREINE : Amatirose. ■— Perte complète
ou incomplète de la vue, par suite de la paralysie de
la n)cmbranc de l'œil sur laquelle se peint l'image des
objets. Le traitement de celle m.ihdie varie sui\ant
quelle est le résultat d'un ôlat apoplectique ou la
suite d'un épuisement de la sensibilité, et suivant
aussi que sa caust agit sur le lieu même ou (pi'elle
est éloignée. Dans le premier cas, qui se reconnaît sur-
tout à la force, à l'.Age du sujet et à l'invasion bruque
de la maladie; on pratiquera des saignées g'^iéraie^,
tant au bras qu'au pied, propoi 'ionnérs à l'intensité ,
(le l'affeclion ; on appliquera des sangsues à l'anus ,
aux tempes, derrière les oreilles, à la nuque, el des
ventouses entre les épaules; on administrera des pur-
jîalifs, même l'émétique en lavage^ et on garantira les
yeux de toute lumière vive, en même temps qu'on
suivra un régime doux et tempérant. S'il y a prédo-
miuance de symptômes nerveux, on frictionnera lei
sourcils, le front, les tempes avec une pommade dans
laquelle on aura fait incorporer de l'extrait de bel la-
donne, mais dont on cessera l'emploi dès que la pu-
pille commencera à se dilater, pour y revenir ensuite
deux et même trois fois par jour, en faisant alterner
ces frictions avec des lotions ou des affûtions d'eau
froide pour prévenir toute congestion.
Quand, à la faiblesse du sujet, à la connaissance
qu'o'i acquiert des excès qu'il a pu faire en travail in-
tcllecfuel, en plaisirs de tout genre, ou des privations
qu'il a endurées, on reconnaît que la goutte sereine
est un ré>ultat de Ténervation ; on la combat par l'u-
soge intérieur des préparations de quinquina, de fer,
des bains froids et ferrugineux, une nourriture animale
cl fortifiante. Comme moyen direct , on conseille
l'usage du tabac, si la personne ne l'a pas déjà con-
tracté; ou applique des vésicaloires volants au-dessus
des orbites, sur les tempes, on peut même les pan-
ser avec une pommade dans laquelle entrerait de la
jtrycnine ou de la noix voniique, mais en agissant aVeo
iaplus grande circonspeciion, parce que ces substances
eont très énergiques. On est très souvent obligé d'a-
voir recours au selon, au moxa à la nuque, à i'élec-
tricité et au galvanisme. Si la goutte sereine était liée
à la suppression d'une peVle de sang babiluelle ,
comme un llux hémorrhoïdal, les menstrues, une hé-
morrhagic nazale, c'est par le rappel de celte perle
que devrait nécessairement commencer le traitement.
212 GRA
GRAYKLLE. — La gravellc diffère de la pierre
un Ci' que la poussière ou les graviers qui la con^
filitueul proviennent ordinairement des reins, tandis
que les pierres se forment le plus habituellemcnl
dans la vc?sie. On distingue deux principales espè
ces de gravclle, suivant la couleur de la matièr(
rendue dans les urines : gravclle rouge et giw
\X'\lc blauche L'ocide urique fait la base de la pre-
mière, le phospluite de chaux, celle de la seconde,
L'observation ayant prouvé que la gravellc rouge
est plus commune chez les personnes qui se nour-
rissent de substances fortement azotées, que chez
celles qui vivent de végétaux, de viandes blanches,
do laitage, d'aliments féculents , c'est à ce dernier
régime qu'il faut d'abord mettre les personnes dont
les urines charrient du sable rouge. De plus , on
leur conseillera une boisson abondante de chien-
dent, de queue de cerises, de pariétaire, l'usage de
la bière. A ces moyens, propres seulement à aug-
menter la qunntité des urines, on joindra l'cmplc:
d'un autre moyen spécial, comme le bicarbonai
de soude, 10 à 20 décigrammes (un gros à deux;
par pinte de tisane ; les eaux de Vichy, les tablellcs
de Darcet, les eaux de Conlrexeville, de Luxc'ui! ,
rempjlissent la même indication. Quant h la gravellc
blanche, au traitement général on joindra les bois-
sons très chargées en gaz acide carbonique, comme
les eaux de Sellz, etc. L'évacuation des graviers
osl-cllc très diflicile , et compliquée de douleur?
vives dans les reins cl dans la direction des con-
•Uiils qui se rendent d'eux à la vessie, de fièvre,
d'agitation, d'insomnies,' d'efforts de vomissements,
de crampes dans les membres inférieurs , d'envies
fiétjnenlcs d'uriner et d'aller à la selle? on a re-
cours à des moyens aprr<M'riés à chacun de ce» ao-
. GRO 243
ci.tienls ou complications,- c'esl-à-dire aux saignées,
aux saagsucs, aux bains, aux foraenlotians émoUien-
»es et fiafcotiques , aux boissons délayantes , à la
diète, au repo>, aux frictions sur les reins et sur U
vi-ntre. Enlin les graviers restent-ils, quoiqu'on fasse,
dans les réservoirs qui les contiennent, et les dou
leurs augmentent-elles d'intensité, on insiste de plus
en plus sur les movcns que nous venons d'indiquer.
Cl le malade ne recevant, en définitive, aucun soula
gcment, on en vient à des opérations qui sont, ou le
broiement des graviers ou leur enlèvement par l'opé-
ration de la taille.
GlUPPE. — [Foyez les ttjo^s Catuarre, Esqcinan-
£iE, Rnoit).
GROSSESSE. —État de la femme qui a conçu. U
y a trois choses à considérer dans la grossesse : les
signes qui l'annoncent ou la caractérisent , les soins
dont elle 'exige que les femmes s'entourent, et les
accidents qui peuvent venir la compliquer.
Le signe le plus saillant qui, dans les cas ordinai-
res , peut fi.ire eroire à une femme qu'elle est en-
ceinte, est la suppression de ses règles, bien en-
tendu quand, dans le cours du mois qui a précétic
le moment où les règles devaient paraître, elle s'est
placée dans la position sans laquelle !a conceptiui-
ne peut avoir lieu ; qu'elle a souvent éprouvé à un
point quelconque de cet intervalle des frissonne-
ments et des tressaillemenls' universels , de légers
spasmes et un abattement qui n'est pas pour ci le
is.tns quelques charnrîes. Dès le début, on a remarqué
<lans ses traits quelque chose d'insolite, une sorte
de décomj>osition de l'ensemble de la figure ; les
leux ont perdu leur brillant et se cernent. Fré-
quemment il survient une salivation plus ou muing
abondante, et presque toujours des nausées et même
244 GRO
|le véfirabi(J5 rmnfssements, dif dégoût une 'répu-
gnance pour les aliments succulents, mais un désif
prononcé pour les mets acides et quelquefois pout
les choses les plus extraordinaires. On voit encora
assez souvent survenir des palpitations , des synco-«
pcs, de la gêne dans la respiration , des hoquets et
de fréquents bâillements, un changement notable
dans le timbre de la voix, enfin les seins se gonllent.
Ces phén/^'îiènes durent plus ou moins longtemps;
ils persistent quelquefois pendant tout le cours de
la grossesse; d'autres fois, ils se calment et cessent
vers le quatrième mois, époque où le développement
progi'essif et alors bien manifeste du ventre et les
mouvements de l'enfant, ne laissent plus aucun
doute.
Les femmes enceintes, quand elles le peuvent,
doivent habiter un lieu sec et élevé , se livrer cha-
que jour à un exercice modéré, se nourrir d'aliments
sains , résister autant que possible aux écarts de leur
désir, s'habiller de telle sorte que tous les mouve-
ments soient libres et toutes les parties du corps à
l'aise, éviter le frais, l'humidité et les variations
brusque de l'atmosphère. Les bains ne sont bien in-
diqués qu'au milieu et sur la fin de la grossesse; plus
fit ils peuvent déterminer l'avortement , surtout
chez les femmes qui sont sujettes aux pertes et qui
( nt déjà eu des fausses couches. Les lavements sont
i onjours utiles. On doit éloigner d'une femme eu
;einte toutes les émotions vives ou pénibles, satis-
aire autant que possible à ses caprices, mais ne pas
iui laisser faire, sous prétexte d'e«v/>y, des actes
répréhensibles.
Quant au dégoût , aux nausées, aux vomissements
qui survienneijt ordinairement pendant les preniiert
omis de la grossesse, iU dépendent presque toujours
GRO 245
de l'influeDCd sympathique que la malrice exerce
sur l'estonfiac, et cèdent assez souvent à l'usage d^;
l'eau de se!tz , aux légères infusions d'oranger ou
de lilieul, de mélisse, de camomille, de racine de
columbc, ou à quelques cuillerées de vins d'Espagne.
On a également proposé contre le vomissement un
mélange par parties égales de kirch et de sirop de
sucre dont on prendrait une ou deux cuillerées api es
chique repas. On arrête aussi facilement avec quel-
ques pastilles dans lesquelles entrent le cachou ou le
borax , le crachement qui se montre assez souvent
avec le vomissement.
Reste une dernière question, c'est celle qui est re-
lative à la nécessité de la saignée dan^ le cours de la
grossesse. Cette nécessité est-elle aussi absolue que le
disent beaucotip de médecins , et que le croyent U
plupart des femmes? Non, assurément, et quand au
cun signe de pléthore ne se fait remarquer, elle est
pour le moins inutile. Dans le cas contraire elle est in-
dia-j ensable, mais on ne devra jamais perdre de vue le
sage précepte sur lequel les accoucheurs prudents in-
sistent heaucoup, de ne tirer dans ce cas qu'une petite
quantité de sang à la fois, et de n'ouvrir qu'élroiie-
meut la veine dans la. crainte qu'en eu retirant trop
ou trop vite la femme ne tombe dans une syncope
qui pourrait faire périr l'enfant et occasionner l'avor-
tement. Le moment le plus favorable à la saignée est
généralement l'espace qui sépare le troisiè<ne mois du
septième.
Divers accidents peuvent venir compliquer la
grossesse, îcs chutes de la matrice , les hémorrha-
gics et les convulsions sont les plus graves. Nous
avons parlé du premier au mot descentes, et dos
deux autres aux mots hémof4^nmis et convulsions
246 flAL
H
HALEINE. — Air qui sort des poumons dans l*ex«
p:iaiiûn. Dans l'enfance , l'haleine développe une
ude'.ir lôgèreiiient acide; à l'époque de la puLerlé, et
jîi>qu'à ircnle ou qtiarante ans, celte odeur est suave,
pleine de fraîcheur chez les personnes d'une grande
propreté, jouissant d'une sanlé parfaite et habituées
à une nourriture douce, plus végétale qu'auimale;
cuiju dans l'î'ige mûr, et surtout îa vieillesse, l'haleine
perd sa fraîcheur et acquiert peu à peu une odeur
plus ou moins désagréable.
A tout âge, cependant, une foule de causes très
diverses peuvent imprimer à l'haleine une odeur
puante el fétide : les plus communes sont la malpro-
preté de la bouche, la carie des dents et généralement
toutes les maladies de la bouche, des fosses nasales, des
poumons el de rcstoraac.
La première chose à faire pour remédier à cette
affection, est de détruire la cause qui l'a produite ;
m:jis comme cela n'est pas toujours très facile, en at-
tendant la guérison, il est bon de déguiser la mau-
vaise odeur de l'haleine par des soins de propreté
',rès frécpients. Pour cela, on se rince la bouche plu-
>i(Mii's fois dans le jour avec une eau aromatisée par
jii'.'Iques gouttes d'eau-de-vie ou, mieux encore, par
i^iielque spiritueux odorants, comme l'eau de Cologne;
puis on a soin de mâcher de temps à autre des sub-
i.nices aromatiques, telles que l'angéliquc, les pas-
iiilfs de meullic, de cachou, l'écorce d'orange, de ci-
iron , les tablettes dans la composition desquelles
cniiciit cinq centigrammes environ de chlorure de
iiaux, etc. Enfin, malgré tous ces soins, les individus
ay;jnt mauvaise haleine feront toujours bien de tenir
conversation à disflhicé ; nous croyons devoir leur faire
HÉM 247
celte recommandation, parce qu'ils semblent presque
tous prendre à ticbe de parler aux autres sous le nez.
HÉMORRHAGIE. — Considérées d'une ntanière
générale et abstraction faite du lieu et de l'organe
desquels elles proviennent , les hémorrhagies sont
de deux sortes, suivant qu'elles résultent de la lé-
sion accidentelle ou spontanée d'un vaisseau san-
;,Miin , ou bien qu'elles s'établissent à la surface
l'une membrane muqireuse dont elles ne sont
qu'une exhalation. Les premières se divisent elles-
mêmes en deux espèces, selon qu'elles proviennent
de la lésion d'une veine ou de cclVe d'une artère.
De ces deux dernières espèces les premières sont
infiniment moins dangereuses et beaucoup plus fa-
ciles à arrêter : il suHit ordinairement d'un tam-
ponnement, d'une compression et même de l'asper-
sion de la partie blessée avec une eau aiguisée
avec le vinaigre, l'alun, pour les faire cesser ; mais
il n'en est pas de même des hémorrhagics provenant
de la lésion d'une artère, et qu'on reconnaît à leur
persistance et à la manière dont coule le sang qui,
au lieu de couler en nappe ou i>ar bavure , coule
par saccades ou par jets correspondants aux batte-
ments du cœur. Ces hémorrhagies ne sont arrêtées
par le tamponnement que lorsque le vaisseau est très
f)Ctit; dans la plupart des cas, il faut avoir recours
soit à la ligature quand on voit- les bouts de l'ar-
tère divisés en. totalité ou en partie ; soit à la
compression latérale , si la plaie du vaisseau est
tout près d'un os qui puisse scvir de point d'appui ;
-jii à la torsion , quand l'at^ère est llexueuse et
d'un médiocre volume ; soit en la bouchant par un
morceau de cire, d'alun, de sulfate de fer, quand
on ne peut ni la lier, ni la comprimer, ni la tor.
dre, corame cela arrive pour les artères des os ; soi.
248 ïîEM
enfin à la cautérisation , pour les artères occupant
des parties mobiles, comme la langue.
Les hémorrhagies par exhalation sont aussi de
efeux espèces. Les unes dépendent d'une véiitable
exaltation des propriétés vitales de la partie de la-
quelle le sang s'échappe , et le plus souvent de l'é-
conomie toute entière : ce sont celles qu'on nomme,
en langage de l'école, actives ou stliéniques; les au-
tres résultent d'une espèce de transsudatien du sang
à travers les vaisseaux qui le contiennent : ce sont
celles qu'on appelle passives ou asthéniques . Les
premières sont l'apanage des jeunes sujets, des hom-
mes forts, sanguins, et sont souvent précédées de
pesanteurs de tête, d'étourdissements, de tinte-
ments d'oreilles, de lassitudes spontanées. Elles ont
fréquemment lieu par le nez. Quand elles ne sont
pas inquiétantes, rien ne presse de les arrêter : elles
sont souvent une voie de déplélion générale ouverte
par la nature , et qui prévenu de plus graves acci-
dents. Si elles sont abondantes et de longue durée ,
on pratiquera une saignée au bras , mais par une
simple piqûre de la veine ; on mettra la personne à
l'usage des boissons froides acidulées , on irritera
par des bains de pieds synapisés , des cataplasmes
i!c farine de moutarde , une partie éloignée; enlin
on appliquera sur le lieu même de l'hémorrhagie
«'•('S compresses trempées dans l'eau glacée ou dans
quelques unes de ces eauxditcs hémostatiques, dont
l'alun fait généralement la base; on comprimera sur
des compresses, de l'amadou, etc. Quant aux hémor-
rhagies passives, ce à quoi il faut surtout songer,
l'est à combattre jiar une nourriture fortifiante et
des soins hygiéniques bien entendus, l'état général
de détérioration de l'économie dont elles de sont
que la triste expression.
HÉM ^. 249
HÉMORRHOIDES. — On donne ce nom à une ma-
ladie fort commune, et quelquefois très incommode,
qui coDsisle en un flux sanguin vers le fondement et
occasionne la ,)lupart du temps des tumeurs qui gê-
nent l'ouverture de cet intestin. Les hémorroïdes
se présentent sous deux formes : sous celle d'un
simple écoulement de sang par le fondement , c'est
ce qu'on nomme fux hcmorrhoïdal ; sous celle de
tumeurs situées au pourtour de l'anus, ce sont à pro-
prement dit les fiétnorrhoïdes ou varices des veines
hémorrboïdaires. Lelluxhémorrhoïdal doit être aban-
donné à la nature toutes les fois qu'il n'est pas trop
abondant et qu'il n'est pas dangereux pour les jours
de la personne, et ce précepte est d'autant plus ra-
tionnel que la maladie est plus ancienne : la preuve
s'en trouve dans la nécessilé même dans laquelle on
csl de rappeler récoulement lorsqu'il se supprime
subitement. Est-il trop abondant? on le modère assez
bien par un régime alimentaire peu stimulant, par
des saignées générales si le sujet est pléthorique et
dans la force de l'âge, par des bains tiédes et de fré-
quents lavements d'eau de son , par la précaution de
rester plus souvent debout qu'assis , de se servir d'un
siège de cuir, ou résistant, et de se coucher sur un lit
peu moelleux.
La tumeur eit-elle peu volumineuse ; l'écoulement
sanguin qui en provient assez souvent est-il peu con-
sidérable ; la personne peut-elle, toutes les fois
qu'elle a été à la selle, faire rentrer la tumeur à l'aide
des doigts entourés d'un linge graissé de cérat , on
les respecte; on se contenie de les enduire de topi-
ques narcotiques ou opiacés, comme l'onguent popu-
léum si elles sont un peu douloureuses. Les dou-
leurs deviennent - elles plus vives que d'habitude ,
ou applique quelques sangsues au pourtour de l'anus,
250 HER
on prend des bains dfu siôgc, on emploie des cata-
plasmes émollicnls , des ïomcnlations opiacées. Si
elles se llélrissenl d'cUcs-mênios , on excise les
excroissances qui résultent, au pourlO'.r de l'anus,
de leur atrophie , qui sont gênantes et capables de
pwDduirc des déchirures, des fissures. Ces douleurs
sont-elles continuelles et fatigantes au point de rcn-
«lie la marche sans cesse pénible? on peut alors
chercher à les faire disparaître à l'aide de l\-,xcision,
de l'extirpation, de la ligature, toutes suivies de la
cautérisation ou du simjile tamponnement, suivant
l'intensité de rhémorrhagic qui survient après l'opé-
ration. Une fois les hémorrhoïdes enlevées, ce qui
constitue toujours une opération douloureuse aut;!ni
que délicate, on empêche leur reproduction par dis
saignées générales, un régime peu substantiel, de
fréquents lavements à l'eau glacée , des bains de
siège froids.
HERNIE. — On donne ce nom , en médecine, -i
toute tumeur formée par la sortie d'un organe quel'
conque hors de sa cavité naturelle; mais, dans le
langage ordinaire , il exprime particulièrement la
sortie des viscères abdominaux. Les hernies sont dei
maladies fort comniunes surtout parmi les personnes
tpii par position restent fréquemment debout, mon-
tent souvent h cheval et se livrent à de violents exer-
cices. Le peu d'incommodités qu'elles occasionnenl
en général dans leur début, fait qu'on ne songe à
leur porter remède que lorsque les ouvertures par
lesquelles cllrs se font jour sont déjà fort dilatées,
que la tumeur qu'elles forment est fort volumineuse,
gène les mouvcioents ei occasionne dos coliques soit
]>ar le tiraillement de l'inles-lin, soit par la difliou lé
qu'ont les matières alimentaires à le parcourir Ré-
duire les hernies et l(î3 maintenir réduilcs, voilà ce
HER 251
dont se compose leur traiiemenl ordinaire. Dans la
plupart des cas, les personnes qui les portcnl les ré-
duisent assez facilemcnl ellcs-mcmcs. Une délcrnr-
lialion purement instinctive ou, à son défaut, le sc>u\
souvenir de la marche qu'à suivie la hernie dans sa
formation, met sur la voie des raojens. Mais il arrive
.i. uvent un moment où celle réduclion est ditlicilc
uièuïc impossible , et où les secours d'une main
étrangère devieunenl nécessaires.
Pour cela on fait coucher la personne sur le dos,
le ventre plus bas qUe le siège , la poitrine et la
i«He ; on lui recommande do faire son possible potir
no respirer que lentement et faiblement pendant
toute la durée de cette manœuvre , que les chirur-
gions nomment le taxis, et surtout de ne pascherclicr
à relever la tôle pour voir ce qui se passe. On prend
les parties qui forment la hernie entre les doux
mains rapprochées l'une de l'autro, et dans une
seule si cela suflît; on exerce sur les viscères conlc-
nus une légère pression d'avant en arrière , et avec
l'extrémité des doigls on clierche h les faire rentrer.
Les portions intestinales sorties les dernières, c'esk-
à-dire celles qui sont les plus rapprochées de l'ouver-
ture à franchir, sont refoulées les premières, et on f il
tous ses efforts pour faire suivre à ces parties la rouie
qu'elles ont suivie dai;s leur déplacement. î-i on iie
réussit pas de suite, on attend un peu, puis on re-
commence. Si on échoue encore, on met le malade
dans un bain, on applique des cataplasmes émol-
l'ients sur la tumeur , on fait une saignée généraic,
et on frotte le pourtour de l'anneau à franchir avec
une pommade belladonigée. Au moment où les par-
ties hcrniées rentrent, la personne éprouve souvent
des hoquets, des vomissements , des coliques, mais
qui ont peu de durée et cèdent ordinairement au re-
•25-2 iiOQ
pos et à l'adminislration de quelques cuillerées
d'JîiiJlc d'amandes douces aromatisée avec quelques
t; .1,1 ti s d'eau de fleur d'oranger et rendue calmante
j) ar un peu de sirop d'iacode,
La hernie étant ré.duite , ce qu'on reconnaît à la
facilité avec laquelle on distingue l'ouverture he»-
niaire et au bruit de gargouillement qu'ont fait ea-
tendre les parties en rentrant, ou pourvoit au moyen
de la contenir. Ce moyen est l'application d'un ban-
dage dont la forme varie nécessairement un peu, sui-
vant la nature particulière de la hernie. Considérés
Q jne manière générale, les bandages sont d'autant
meilleurs qu'ils joignent plus de force à plus d'élas-
ticité, que leur pelottc s'adapte plus uniformément
à la surface sur laquelle elle doit reposer, que le
ressort enveloppe plus régulièrement les hanches ,
enfin qu'ils sont plus simples dans leur construction»
Quant à la guérison radicale des hernies, on a pro-
posé plusieurs moyens qui se réduisent tous à l'o-
blitération de l'ouverture herniaire, mais aucun d'eux
n'a encore pris rang parmi les opérations régulières.
Quant àTopération que nécessite une herniedite étran-
glée , c'est-à-dire dans laquelle les parties herniées
trouvent à leur rentrée un obstacle insurmontable,
dans le pourtour de l'anneau qui leur a livré passage,
elle constitue une des opérations les plus délicates
de la chirurgie, et dont les chances sont toujours en
raison inverse de la lenteur qu'on a mise à s'y dé-
cider .
HOQUET. — Le hoquet ou spasme de la glotte,
dont la cause échappe ordinairement, et qui uc con-
stitue dans la plupart des cas qu'une gêne momen-
tanée , se dissipe presque toujours de lui-même et
dans un temps assez court. Si au contraire il per-
siste, une peur, une surprise, une cuillerée ou deux
HYD 253
d'eau froide avalée d'un trait, uraô aspersion d'eau
fraîche sur la figure, une altenlion forlcmcnt tendue
vers un objet, sont les moyens auxquels on doit avoir
rocours et dont l'effet est presque toujours certain.
Si cependant ils échouaient, et qu'on reconnût bien
que le hoquet ne tient à aucune cause générale ou
a aucun état organique des parties dans lesquelles il
réside , on peut employer des bains froids par sur-
prise, de la glace pilée et appliquée sur le creux de
rcstoraac , enfin un peu d'opium, soit pris à l'inté-
rieur, soit déposé sur un petit vésicaloirc appliqué
ix la partie antérieure et moyenne du cou ; il est
même des cas où l'on a été obligé de mettre en usage
l^s ventouses scarifiées, lé cautère actuel, les pur-
gatifs , les vomitifs, l'acupuncture, la saignée, l'é-
lectricité, le galvanisme. Si le hoquet n'était que le
symptôme d'une autre maladie , c'est de celte der-
niç-re qu'il faudrait surtout s'occuper , et dans tous
les cas, ne rien employer qui lui fût contraire.
nUMEURS FROIDES. ( Foijez Schofixe. )
IIYDROCELE. — On donne ce nom à tout épan-
cliemcnt de sérosité dans les bourses. Cet épanchc-
mcnt se fait dans les mailles du tissu cellulaire ou
dans une véritable poche. La tumeur qui résulte du
premier est une hydrocèle par iujiliraiion , l'autre
est une hydrocèle enkyslce. C'est à cette dernière
qu'appartient ce qu'on nomme communément hydro-
cèle, qui est un amas de sérosité dans la membrane
enveloppant le testicule. Comme elle offre le type
des autres espèces, tant pour ses caractères géné-
raux que pour son traitement , nous nous en tien-
drons à elle. D'abord on la reconnaît à la tuméfac-
tion des bourses , qui s'est faite progressivement ,
sans douleur'ct le ]ilus souvent sans cause bien ap-
préciable, si ce n'est quelquefois une inllammalion
254 "VD
aiguë du icisticulo; ensuite en palpant avec ailcn-
tion la tumeur on reconnaît qu'elle doit être formée
pnr un liquide, et on en acquiert la certitude en la
plaçant entre une bougie et l'œil qui en constate
assez aisément la transparence»
Il y a trois choses à faire dans le traitement de
l'hydrocôle : chercher à obtenir la résorption du li-
quide dont l'accumulation la constitue; donner issue
h ce liquide quand on n'a pas réussi à le faire résor-
ber; prévenir sa nouvelle formation en déterminant
l'adhérence de la poche qui le contenait. On cher-
che à faire absorber le liquide épanché en couvrant
des le début la tumeur de compresses imbibées d'eau
blanche ou eau de saturne, de teintures de scille,
de digitale, d'iode, sufiîsamment étendues d'eau; en
la frictionnant avec des pommades contenant du
mercure ou de l'iode; mais surtout en la couvrant
de vésjcaloires ou de pommades ammoniacales.
Si ces moyens ne réussissent point , ce qui est
asjez commun, on est obligé d'en venir à l'évacua-
tion du liquide , évacuation qui se fait au moyen
;;i<i'une ponction pratiquée dans la partie la plus dé-
cliye^c la tumeur et de laquelle on a eu le soin do
détourner le testicule. Comme l'accumulation du
liquide se reproduit le plus ordinairement, on en
vient en temps opportun à une seconde, une troisième
ponction, ou bien 0!>cheiche, comme nous l'avons
dit, à obtenir l'adhérence entrv elles des parois de
la jK)che. Pour cda, on injecte dans sa cavité un
liquide irritant n'ù y détermine une inllammation qui
se termine le plus souvent p'.ir l'union des surface:
irritées, O liuiide est du gros vin dans lequel on
a fait bouillir des roses de provins, ou une teinture
d'iode étendue d eau, ou de l'eau-de-vic camphrée.
Quelques cliirurgi.js ;>rél r':ni inciser la tumeur , 1«
HYD 255
fxTccj- d'un selon, cl même exciser la membrane ou
lunique vaginale quand elle offre une dégénérescence
organique bien manifeste.
IIYDROPISIE Toutes les prandes cavités du corps,
comme la tête, la poitrine, le vcnlre, sont tapissées
i'une membrane fine et transparente, sécréiant sans
fesse un fluide séreux, destiné n lubré6er les organes
qu'elles renferment, et à faciliter leur frottement. C'est
l'arcumnlatiou de ce fluide au de-!à delà quantité nécts-
saireet voulue quiconsiitueleshydropisics.Leurscauseg
?oal ou une inflammation de la membrane seciéianle,
ou uu élat de faiblesse qui s'oppose à ce que le fluide sé-
crété ne soit résorbé à mcsuie de son épanchemenf.
De là deux sortes de traitement, dont le choix ne peut
C'irc. établi que sur une appréciation rationnelle des
causes de la maladie ou des circonstances au milieu
desquelles elle s'est développée. Quand les bydrcpisies
coïncident avec un état inflammatoire, on doit recou-
rir dès le principe aux saignées générales, moins jué-
cisément pour combattre l'inflammation que pour dé-
senqilir les vaisseaux sanguins et ranimer les fonctions
absorbantes. On passe de là aux sangsues appliquées
dans le voisinage des parties affectées, aux boissons
d'abord siuiplemenl aqueuses, puis nitrées,qui, en aug-
mentant la sécrétion de l'urine, diminuent d'autant
celle du fluide qui est en excès ; enfin on tente la lé-
sorption des fluides é()ancbés eu employant les révul-
sifs sur la peau et sur le canal intestinal, c'esl-à-dire
par des vésicaloires et de violents purgatifs, comme
î'aloès, la gomme- gulle , la coloquinte. L'émétique
donné à haute dose, comme nous lavons indiqué pour
la goutte, réussit aussi dans bien des cas
Les hydropisies sont-elles passives ou cnfôuiqucj, M
déplus soiii-el!«'s lice-; à une autre m.dadie , Iciht
traitement doit être établi sur les nconstances au mi-
256 iiYP
lieu desquelles elles se sont formées. Ainsi sont-elles
la suite d'héraorrliagics adondanles, de maladies long-
temps prolongées , c'est aux médicaments tonique»
et à une alimentation fortifiante el réparatrice qu'il faut
avoir recours. Sont-elles l'effet d'une habiiation in-
salubre , d'une mauvaise riOurrilure , il faut changer
ces conditions défavorables. Enfin se sont- elles décla-
rées sous l'influence d'une cause qui a apporté un ob-
stacle au libre cours des vaisseaux 5an^'uiDs et lympha-
tiques, comme une affection du cœur , du foie, une
tumeur dan? le^vcntre, la poitrine, elc , c'est cet oi)sla-
cle qu'il faut d'abord détruire. Malheureusement leur
guérison n'est pas facile à obtenir. S'agit-il, par exem-
ple, d'une affection du cœur, (m ne peut> dans la
presque totalité des cas , que soulager le malade, en
cherchant à contrebalancer l'accumulation du fluide
qui forme l'hydropisie par des médicaments qui exci-
tent la sécrétion des reins, de l'intestin, la digitale sur-
tout qui agit à la fois en ralentissant la circulation el
en augmentant la quantité des urines. Si tous cei
moyens échouent, on évacue le liquide au moyen d'une
ponction qu'on pratique aussi souvent qu'il le faut. On
a vu des mahides guérir après un grand nombre de
ponctions, qui toutes avaient fourni une immense quau-
lilé de liquide.
HYPOCIIONDRIE. — La signification de ce mol est
loin d'être aussi précise que son emploi est fréque m
dans le langage médical. Envisagé dans son étymolo-
gie, il semblerait ne vouloir indiquer qu'une maladif
quelconque siégeant dans les flancs ou les hypochon-
dres^ tandis que les médecins ne s'en servent que pour
désigner un dérangement dans l'exercice des fonctions
ojganiques, accompagné d'un sentiment habituel de
tristesse, de chagrin et de désespoir, portant surtout h-
s'occuper de sa santé . ^♦^ç, ro nn'on entend par l'a*
HifP 257
peurs, maîadtes vaporeuses^ humeur i noires, mélan»
coiie, spleen.
Celle maladie, qui fait reaniii et le désespoir des
personnes vivant auprès de c^ux qu'elle affecte, est
exclusive à re?pèce luimaiiie. Plus coraniuue chez les
jeunes gens et dans Tàge viril qu'à aurune autre épo-
que de la vie, elle attaque iudiffcremmenl les deux
sexes, et trouve la cause prédisposante la plus active
de son développement dans la force des qualités affec-
tives ou l'élévation des facultés intellectuelles. Aussi
esf-ello d'autant plus fréquente que l'esprit humain
marche plus vile et que la civili<ation tait plus de pro-
grès. C'est parmi les j^ens de lettre?, les poètes, les
personnes adonnées aux travaux assidus du cabinet,
les artistes, au milieu des personnes douées de l'imagi-
• ation la plus ardente, de la sensibilité la plus vive
qu'elle choisit de préférence ses victimes.
On la voit cependant se déclarer chez des individus
d'une intelligence ordinaire , mais menant une vie
inoccupée, qui leur permet d'analyser leur moindre
sensation et les porte à s'effmycr des plus légères in-
commodités, ou à exagérer leurs souffrances réelles. Il
y a d')nc deu.\ espèces d'hypochojidrie, une purement
morale et inlellecluelle, que rien ne justifie, si ce n'est
un dérangement cérébral ; l'autre physique et organi-
que, qui prend son point de départ dans un orgase
malade, et n'est que rexa^oraiii>a des douleurs que
l'aliéraiion de cet organe entraîne et des craintes de soa
issue fatale. Cette dernière se renxarque particulière-
ment chez les personnes affectées de malaidies des or-
ganes génito-urinaires. Si les médecins avaient établi
cette distinction , ils n'auraient peut-être pas si lon-
guement diswjté pour savoir si l'hypochondrie avait
plutôt son siège dans le cerveau que dans les autres
viscères. Occupons- nous seulement ici de l'hypochon-
n
258 HYP
drie morale ( spleen ) , l'autre cédant orJinairemenl
avec la guérison de la maladie qui l'occasionne.
Cette maladie a dans sa marche trois pe'riodes assez
i ranchées : dans la première, la personne éprouve des
■ nquiétudes morales vives et continuelles excitées par
es sensations les plus ordinaires; concentration perpc-
uellc de toute son attention sur la recherche de la
ature de ses maux, choix d'une maladie grave et Li-
larrc, lecture avide de livres de médecine, conûanc;-
donnée aux charlatans, emploi intempestiide médica-
ments : de là lr« ubles plus ou moins marqués dans les
digestions et les fonctions sensilives. Dans la deuxième
période, tous les phénomènes de la première se trou-
vent augmenté?, mais il s'y joint des palpitations, des
bourdonnements ou des détonnations dans la tète, des
renvois habituels, une constipation opiniâtre, des fai-
blesses et même des syncopes, une pusillanimité que
le plus léger motif met en jeu, et parfois même un
trouble bien manifeste dans les facultés intellectuelles.
Mais quelque grave que soit alors la maladie, elle offre
encore des chances de guérison ; ce qui est mailieu-
reusement rarement vrai dans la troisième période, où
la tête devient le siège des sensations les plus biza:ies
cl les plus pénibles, et où cette altération si profonde de
la sensibilité a entraîné des troubles profonds, pai lieu-
lièrement dans les fonctions dige^tives et nuliiiivc-.
C'est cette fréquence des aliéralions des ori;aias
digestifs dans l'hypochoudrie qui a fait placer long-
temps le siège de cette maladie dans l'estomac, le f«ue
ou les inteàlins. Mais ce qui prouve que dans la ji'u-
parl des cas ces organes ne sont que consécutivcrr.eui
malades, c'est que dans un degré même avancé do la
maladie, plusieurs hypochondriaqucs mangent avec a\ i-
dité, et même digèrent parfaitement. Quelque grave
que soil l'iiypochondrie, l'ctat des malados est cenen-
ïïTS 259
Janl toujours moins dangereux que ne pourraient le
laire croire l'exposé minutieux qu'ils font de leurs
souffrances et le ton lamentable qu'ils prennent en en
parlant. Il en résulte nécessairement que de toutes les
indications appropriées à leur traitement, la p!us im-
portante et la plus urgente à remplir, c'est de détour-
ner leur attention du sujet qui l'occupe exclusivement,
et quand les causes moi aies soas l'influence desquelles
la maladie s'est déclarée, ne peuvent être détruites ,
c'est de se montrer avec eux doux et compatissants,
car ils souffrent ; leur soutenir le contraire, ne ferait
qu'aggraver leurs maux en pure perte. L'exercice
même porté jusqu'à la fatigue, letir fournira le repos
dont ils ont tant besoin, les bains licdes calmeront
leur a^jitation incessante , une nourriture légère sans
être débilitante permettra aux fonctions digesiivcs de
s'exécuter facilement : de fréquentes loiions froides
de la léle modèreiont l'abord du sang vers cet organe.
Quand aux médicaments proprement dits , si on ex-
cepte quelques antispasmodiques dont l'effet est mal-
heureusement bientôt épuisé , et quelques purgatifs
dont il ne faut pas abuser, pour les rendre plus utiles
dans les cas de nécessité absolue, on les conseille bien
plus pour contenter l'imagination des malades que par
la conûance qu'on peut avoir dans leur action.
HYSTÉRIE. — L'hjstcrie , auisi nommée passion
ou vapeur hystérique , n'est autre chose que ce qu'on
appelle communément chez la femme maux de nerfs
ou attaques de nerf a. La croyance dans laquelle on a
longtemps été , et dans laquelle sont encore aujour-
d'hui beaucoup de médecins , que celte maladie a son
siège directement daus la matrice, lui a fait donner le
nom de suffocation de matrice et l'a fait assimiler à
la fureur utérine ou nymphomanie.
hti cas les plus tranchés d'hystérie sont des atta-
260 HYS
qucs convulsivcs débutant le plus souvent par une
ciiule que signalent des cris précipités , aigus, et
cavaclérisccs par des mouvements violents d'exten-
sion et de flexion alternatives des membres. Les ma-
lades se lèvent vivement sur leur séant, puis se pré-
cipitent avec force en arrière , se jettent de droite
et de gauche avec une effrayante rapidité, frappent
des pieds et des mains; leurs yeux sont ordinaire-
ment fermés. A cette agitation succède bientôt un
relâchement général dans lequel elles restent hale-
tantes, frémissantes de la Icte aux pieds, et qui pré-
cède souvent une nouvelle attaque. Dans le cours
de ces attaques la tcte est ordinairement portée en
arrière, les mains se dirigent souvent sur la partie
antérieure du cou comme pour prévenir un étran-
glement, et toute la scène se termine dans la plu-
pai t des cas par une explosion de pleurs ou de san-
glots entrecoupés d'éclats de rire.
L'hystérie n'a cependant pas toujours cette vio-
lence ni môme ces caractères. Chez plusieurs ma-
lades elle se manifeste par une chute subite avec
pvjrle de connaissance , gonllcment du cou , rougeur
de la face , immobilité presque absolue ; 1^ tronc
est tendu, courbé en arrière, l'expiration saccadée,
un peu bruyante, puis il y a retour à la connaissance
f'i disposition à pleurer et à se désespérer; perte
d'une petite quantité d'urine limpide. La durée def
iliaques est variable, ell-c est cependant rarement
moindre d'une heure et va souvent jusqu'à trois.
Dans leurs intervalles les malades peuvent offrir
l'apparence de la plu« brillante santé. Cependant
1 rcsque toutes sont nerveuses, mobiles, d'une ima-
•.Miialion vive, impatientes, faciles à s'iiiqniétr.r pour
le plus léger motif, irascibles, entêtées; les occu-
palious sérieusee les fatiguent; la plupart sont u»c-
HYS 261
lar.cotiquee, aiment la solitude, tandis que d'autres
sont gaies et rient tout à coup sans raison.
Celle cruelle maladie attaque presque exclusive-
ment les femmes dans toute la partie de leur exis-
tence où elles peuvent devenir mères , c'esl-à-dirc
de quinze h quarante -cinq ans; elle trouve sa
cause prédisposante dans un tempérament nerveux,
colère , impatient , et sa cause excitante dans une
imagination exaltée par des lectures passionnées, des
conversations sentimentales , la jalousie , un amour
contrarié. Cependant loin d'être, comme on l'a cru
longtemps, le résultat habituel de la continence, elle
trouve souvent sa cause dans l'excès contraire: aussi
voit-on des femmes mariées en être fréquemment at-
teintes; elle est aussi quelquefois produite par l'exem-
ple, et se contracte par une sorte d'imitation. Dans
tous les cas, quand elle dure depuis longtemps il est
bien rare qu'elle ne laisse pas des traces profondes
dans le cerveau. L'intelligence et surtout la mémoire
s'affaiblissent, et les malades sont tourmentées de la
crainte de tomber en démence.
Les médecins sont loin ici , comme en bien d'au-
tres cas, d'être d'accord sur le moyen de prévenir
les attaques d'hystérie. Chacun se laisse guider à cet
égard par l'opinion qu'il s'est faite du siège et de la
nature intime de celte maladie ; ceux qui prennent
la matrice pour sen jioint de départ , conseillent
chez les jeunes filles le mariage et ne connaissent
pas d'autres chances de guérison; ceux au contraire,
et ce sont aujourd'hui les plus nombreux, qui se
fondent sur ce que les femmes mariées, in.ême celles
qui font des excès vénériens , sont souvent hystéri-
ques, pensent que la matrice ne joue dans l'hystérie
qu'un rôle secondaire, blâment le mariage, à moins
qu'il n'ait pour but de satisfaire un besoin du cœur.
262 avs
Il y a dans toui cela une grand© exagération, et l'ex»
I tri en ce démontre que si la jeune fille est forte et
piélhorique, elle trouvera dans la nouvelle position
o:i la placera même seulement moralement le ma-
rii'.ge des chances avantageuses, pourvu qu'elle n'ait
pas une aversion marquée pour l'époux qui lui sera
oiïort. Par une raison opposée, c'est avec une grande
réserve qu'il faudra conseiller ce moyen pour une
jeune fille chez laquelle l'habitude de la souffrance
du cerveau a déjà produit une exaltation manifes-
tement maladive de la sensibilité générale.
Mais enfin le mal existant, la première chose à
faire pendant les accès est de mettre la malade à
l'abri des dangers que lui font courir la violence de
ses mouvements. On y parvient en la contenant sur un
lit avec ménagements, puis on lui fait respirer un air
frais ou quelques odeurs fortes, on lui jette de l'eau
froide à la figura, etc.
Les accès une fois passés, faut-il compter pour la gué-
rison surcette foule de prétendus calmantsqualifiés du
titre pompeux d'anti-hystériques, comme le camphre,
le musc, le castoréum, l'opium, auxquels on a con-
stamment recours en semblable occasion? Non; mais
regarder le régime et tout ce qui tient à la manière
de vivre comme le moyen qui offre les ressources les
plus utiles. Pour le régime, le laitage, les viandes
blanches, les boissons émulsionnées; pour les autres
parties de la manière de vivre, l'usage fréquent des
bains tièdes, l'exercice du corps, les voyages, les
impressions morales capables do faire une puissante
diversion aux sentiments dont l'exaltation a pu être
la cause première du mal, sont, sauf les modifica-
tions que quelques circonstances particulières indi-
queraient, Jes moyens les plus sages et sur l'cÛica-
cité degquels il faut particulièrement coTipler,
lup 263
I
IDIOTISME — ( Voyez Démence ).
IMPUISSANCE. — C'est par eu mol qu'on désiguc
rinapiiiude ou l'iueapacité chez l'hon-me ou chez la
f'.inme^ à exercer l'acte en vertu duquel la reproduc-
tion a lieu : ce qui diffère de la stérilité, qui constitue
seulement l'état des parties ou des individus rendant
cet acte nul pour la reproduction , bien qu'il puisse
s'effectuer. L'inqiuissance affecte plus souvent l'homme
tandis que la stérilité est [dus souvent du fuit de la
f^nîme.
L'impuissance résulte frcquem:i!cnl d'un vice de con«
foimation, comme Tabsence ou le défaut de dévelopfie-
nient des organes génitaux chez rhonimc, riniperfora-
tion des ouvertures propres à ces org;.u!es , etc.; vices de
conformation qu'il faut avaiit tout détruire, et que par
cela même nous ne pontons passer ici en revue; mais
elle dépend plus souvent encore d'ui.e cause tonte ner-
veuse, on mieux d'im état d'énervation résultant des
jouissances anticipées, d'alfecli'"ns morales, d'études
prolongées, et même de l'excessive vivacité des désirs.
A côté de ces causes viennent se langer l'onanisme, une
nourriture insuffisante et l'emploi de certaines sub-
stances médicamenteuses, comme le nénuphar, le cam-
phre, le nitrate de poiasse ou sel de nilre. Quelle que
S'iit la cause de l'impuisiance, elle a souvent été invo-
quée comme une cause djî nullité de mariage, mais la
loi ne l'admet point, celle qui dépend d'un vice de con-
formation pouvant, dans la plupart des cas, être dé-
truite par l'art, et celle que noi's avons appelée ner-
veuse pouvant n'être (luc temporaire.
Lorsque celle dernière ré.suile d'un épuisement gé-
i: éral ou local, (onséculifa l'abus ou à Tanticipation des
plaisirs, elle réclame Rcccssiirement, comme on le
204 iMP
prévoit bien, leloignement momentané de tout ce qui
rsl capable de provoquer les désirs que le sujet ne peut
satislaire. L'irapuissancc qui dépend d'un régime débi-
jilant icclame le même moyen : nourriture t'orliûante,
et tout ce qui peut relever les forces. Ce n'esi qu'auaut
que réconomie sera relevée de l'état de détérioration
géuéiaie qu'on peut recourir, bien eutei)du,encore avec
toute la prudence nécessaire, aux stimulants diiecis des
organes génitaux. On regarde comme propres à jirocu-
rer celle stimulation les substances spiritueuses et fc r-
lement aromatiques, comme les diverses espèces de
menthe, la vanille, le safran, l'ambre gris, le musc, l'o-
pium, mais pris à des doses élevées, ce qui n 'est pas
sans danger; eufin les feuilles d'un espèce de chanvre
( canabisindica ), qui constitue la principale substance
dont les Indiens et les Turcs se servent eu pareil cas.
Mais de toutes les substances décorées eu méde-
cine du nom d'aphrodjsiaques, celles dont l'action
est la plus énergique, et que par cela même il ne faut
employer qu'avec la plus grande réserve, sont la can-
thaiiJeel le phosphore. La première entre dauslaplu-
part des préparations connues des débauchés sous lc8
noms de diablotins d'Italie, de pastilles de Venise. On
emploie aussi avec succès, et c'est par là qu'il est tou-
jours prudent de comme i)<;er, les demi-bains froids,
les vapeurs aromatiques d'olibân,de genièvre, les fric-
ti-^ns laites sur les cniises avec des liniments dans la
composition desquels entrent l'ambre, le musc ; les
vésicatoires volants sur le bas de la colonne vertébrale.
L'électricité a aussi été quelquefois employée avec
succès; mais, nous le répé4ons, c'est bien plutôt dans
l'abslinewce que clans tenues ces substances qu'on peut
trouver les moyens de recouvrer une faculté que l'abus
a détruite, et dont il serait à désirer qu'oii sût faire le
•acriûce à l'âge où elle ne peut plus être productJTe.
INC 266
TNCONTI^E>XE D'URINE. — Or. désigne eous ce
Rona l'écoulement iiivoloiitaire et ordinaireinenl non dou-
. aireux de l'urine par I<.'S \oies naiiirelle?. Cet écoule-
ment peut être cooip'el ou incomplet; dans le premier
c !S il est pirmaneut ou continu ; dans le second il
iî'est que temporaire et peut avoir lieu soit de jour
ojit de nuit, ce qui est plus ordinaire.
Deux ordres de causes donnent lieu à l'incontinence
d'urine : l'une consiste dans une lésion ou une allcra-
tion des organes urinaires , à la tête desquolbs il faut
placer les plaies de la vt-ssie ou de son col, l'épaissis-
scment des parois de !a |)remière et la paralysie , [)ar
dilatation foicée, du second, ainsi que cela peut avoir
lieu pour l'introduction des instruments de la lithotrilie.
L'autre cause réside dans ce que les modeciqs appellent
urie lésion de viialiié, comme, soit une inflaniuiatiou
aigùe de la vessie , certaines maladies égalenjcnt aigùes
du cerveau ou de la moelle cpinicre , les fièvres de
mauvais caractère , l'ivresse forcée , la syncope , le»
convulsions , l'épilepsie , le calbarre de la ve-sie chei
les vieillards , la compression de la vessie par des tu-
meurs quelconques, les excès de toute» sortes ; ou bi( n
soit une paralysie directe de la tessie ouunsurcroii
de coutractililé des parois de celle poche musculeu'ic
ainsi que cela arrive assez souvent, le premier cas clu/
ks vieillards, le second chez les enfants.
Néanflaoins tous les enfants qui pissent au lit la nuir
sui\ani Texpression vulgaire, ne sont pas dans ce dc^
nier cas : plusieurs n'ont cette incoiimodiié que parct
que, dotés d'un tempérament mou et lymphatique , ils
ont le sommeil si lourd que le col de la vessie , qni
forme la barrière naturelle que rencontre l'urine , est
fendant la nuit soustrait à l'influence de leur cerveau ;
mais celte incommodité disparait assez ordinairement
après la seconde dentition , ou che« le*/euD0 filles à
l'époque oij elles ie forment.
266 iND
Lorsque l'iucouliuence d'urine dépend du premier
des deux ordres de causes que nous avons établis , elle
esi souvent, pour ne pas dire toujours, incurable. De
niêaie, quand ellene se présente que comme symptôme
d\me autre maladie , c'est cette dernière qu'il faut
iriiiler. Reste donc celle qui dépend, soit d'une lésion
ivec diminution de la sensibilité de la vessie, etcoHtre
aqucUe on peut employer les ventouses sècbes dans
;i région lombaire ("au bas du dos), les frictions ou les
louches aromatiques ferrugineuses au périnée , les vé-
icaloires aux cuisses, les bains composés ou de va-
tours, rélectricilé et les diverses substances que nous
_vons indiquées comme étant usitées dans le cas de pa-
ralysies [Voyez ce mot). On a aussi , comme dans le cas
d'impuissance, mis les canlharides à contribution, même
le seigle ergoté et, comme moyen plus direct , les in-
jections vineuses, astringentes ou balsamiques faites
directement d.'.ns la vessie.
Il est bien facile de prévoir que si, contre l'habi-
tude, l'incontinence résultait , ainsi que nous en avons
sgualé la possibilité , d'un excès d irritabilité directe
(!o la vessie, on la combattrait avec des bains de siège
éinoliens, des sangsues au périnée, des boissons émul-
M'.)iinces et nitrées , la dicte, le laitage pour princi-
iiâle nourriture. Enfin dans tous les cas d'incontinence
ilurine, les personnes qui en sont affligées ue^oivent
p.iS négliger de porter des urinoires faits de mîmière à
ne pas être aperçus. Ce moyen est préférable aux lin-
ges dont quelques personnes pe contentent de se garnir
et qui laissent toujours échapper une odeur ammonia-
cale fort incommode qu'on neparvientjamaisà pasquer
complètement.
INDIGESTION. — lly a indigfttion fouteslesfoisqne
IVsiomac, sans être mauifesiemenl malade, se refuse à
digérer des aliments pris en trop grande quantité ou
IN» 267
d'une manière inopportune. Elle diffère donc de l'em-
barras gastrique en ce que, dans ce dernier, l'eslomac
est malade mcmv: en dehors de la présence des ali-
ments, et de l'empoisonneraent, qui résulte de l'inges-
tion dans l'éitomac de matières non seulement réfrac-
lîures aux voies digestives, mais capables d'exercer une
action plus ou moins promptement mortelle.
Oa doit pressentir qu'une indigestion doit avoir
lieu toutes 1rs fois qu'à une époque plus ou moins
rapprochée du moment où Ion a mangé, en éprouve
un sentiment de pesanteur sur l'eslomac, un dégoût
pour les aliments et surtout pour ceux qui ont été
mangés en dernier lieu; une lourdeur et même une dou-
leur dans la tête, surtout sur le front; des nausée» ou
lie simples rapports analogues à l'odeur des œufs cou-
dés. Cet état dure plus ou moins longtemps, et se ter-
riiine très souvent par le vomissement des matières
(jui chargeaient reslomac. Si ces divt-rs symptômes
soat peu prononcés, il suffit de prendre une eu deux
tasses d'une infusion de quelque plante aromaiiiiue,
comme le thé, la camomille, pour ranimer les forces
.le l'estumac et en même temps pour entraîner les ma-
tières non digérées dans l'intestin; mais dans les* cas
[)l!LS marqués, il ne faut pas hésitera provoquer leur
rejet par cinq ou six centigrammes (1 grain) d'émétique
donnés dans un verre d'eau tiède. Une fois rcstoiiiac
vidé, tous les symptômes cessent, e' il suffit d'un jour
de diète, aidée de quelques lavements, pour en dissiper
les traces. Les choses sont cependant quelquefois ph'.s
graves, car une indigestion peut êire le prélude d'une
iiillainmation de l'estomac ou de lintesiin. C'est alors
ce; te maladie qui doit fixer toute l'altenliou.
INFLAMMATION. — îl n'est pas de mol en mé-
decine dont on fasse un plus fréquent u^age q'ie celui
d'iûflaminaUoa , parce qu'il exprime un état maladie
268 INF
que l'on letiouve , les uns disent toujours, d*autres te
plus ordinairement , dans les autres maladies , soii
comme essence nicme de v«a maladies, soit comme ef-
fet jSoit enfin comme complication.
La valeur grammaticale de ce mot , auquel les mé-
ilecias ont donné ceux de phlogose et de pltlegmasie
pour synonymes, fait déjà pi essentir l'analogie qu'on
i cru rencontrer entre lés phénomènes qu'il exprime
't ceux qui se passent pendant la combustion. Voyer
en effet ce qui a lieu dans la peau lorsque, sous l'action
lie causes diverses, elle devient rouge, brûlante , tu-
viéfiée et douloureuse: on dit alors qu'elle s'cnllamnie.
Kussi douue-t-on , en médecine, les quatre faits sui-
laulsconune oaracteiishaljiuiels de l'inflainmalion : la
rougeur, la douleur, la chaleur et le gonflement. La
rougeur provient évidemment d'un aboid plus consi-
dérable de sang dans la partie, où se passe le pliéuc»-
mene dont nous nous Occupun?, lu douleur, delà com-
pression ou pour mieux dire d'une excitation des ntrfs
par les vaisseaux sanguins plus remj)lis qu'ils ne le
sont ordinairement, la chaieui-, de l'accélération du
mouvement vital, et le gontlement, de l'abord de tous
les ÛU'des en plus grande quantité que dans l'état ordi-
naire. Quelques uns de ces faits, pour être habituels,
ne sont cependant pas constant? : c'est ainsi que la rou-
geur n'est pas toujours très prononcée , que la douleur
peut tenir à toute aulie cause qu'à l'inflaminaiion, que
la chaleur n'est, le plus ordinairement, bien apprécia-
ble que du malade , et que le gonflement fait i^ouveut
défaut.
Le rôle important, pour ne pas dire absolu , que les
médecins modernes ont fait jouer à rinflanitnatiou
dans la plupart des maladies les a poiiés à en désigner
un très tjrand nombre par uiit; terminaison ou une ilé-
sinenc-e qui i-ndiquit cet état; cette terminaison est
lUR
269
iie , ajouléo nu Dom grec ou lalin de TorgaHe affecté :
ainsi hépaliie innannnalioa du foie, gastrite celle de
l'esiomac, eniér'Ue de riuleslin, cjstiie de la vessie,
etc. , ttc. De même que la part essentielle , et dans la
plupart des cas bien uianilesl^ , q-je prend l'aflhix du
sang dans le phénomène propre de l'inflanimalion a
dû nécessairement faire penser que la soustraction
d'une partie de cesang, soit au iooy<n d'une ouverture
{pratiquée à une grosse veine (saignée gériêr.dej, soit par
dfgsangsues appliquées ou sur la partie malade {saignée
locale), ou dans un lieu éloigné Csaigi.ée révulsive),
devait être la base du traitement de l'inflammation.
Après la soustraction du sang, le moyen le plus rai-
sonnablement ôjiposé à l'inflainniition, estde toute né-
cessité la diète, qui a pour effet de priver momentané-
ment réconomie de» matériaux de lépaiati^in (pie la
nourriture fournirait bientôt au système sanguin dont
on a jugé la dépîclion utile ; viennent ensuite les bois-
sons aqueuses dites émollienles,ou mieux délayantes qui
étendent les molécules du sang et angraenlonl la pro-
portion de sa sérosité aux dépens de sa fibrine qui
est évidemment son élément slimulant; puis les bains
qui. en relâchent les tissus, favorisent une plus libr^^
circulation de fluides accumulés dans la partie enflam-i%
mée. C'est à l'occasion de chaque maladie portant le j
cachet inflammatoire que flous indiquerons la mesure I
dans laquelle chacun des moyens qui, sons le nom d'an- {
ti-plilogistiqiies, sont devenus la base du traitement de |
l'inflammation, doivent être employés, et les combi- |
naisons simultanées ou successives qu'il est très souvent \
nécessaire de lenr faire subir.
IRRITATION. ■ — On désigne sous ce nom le pre- '
mier degré de l'exaltation des propriétés viiales d'une j
partie quelconque du corns; 1 irritation n'est en quel- ^
que sorte que la première période de l'inflammation
270 ivR
avec afflux de sang; son caractère le plus tranché est
de ne donner lieu immédiatement à aucune modifica-
tion appréciable des tissus qu'elle affecte; leurs fonc-
tions seules paraissent éprouver quelque trouble.
L'irritation peut se développer sous l'influence de
presque tous les agents de la nature ; ainsi un grain de
sable enire dans l'œil , il l'irrite , l'oeil pleure, rougit :
ce qui prouve que l'action vitale est augmentée dans
celte partie; de même un vomitif irrite l'estomac, un
purgaiif irrite les inlestins, des vapeurs acres irritent
les poumons et produisent la tcux , etc. . etc.
D'après ce que nous venc ns do dire tout le monde
comprendra que la première chose à faire dans Tirri-
tation c'est de combattre la cause qui l'a produite, et
la cause cessant , presque toujouis le mal cessera. Si
cependant ou s'y était pris trop lard el que l'irritation
eût persiste et même fait des progrès, il y aurait alors
injlamma/iov, et la médicati m la plus convenable se-
i.aii celle dite anii-^hlogistique, {S'oyez pour plus dt
dciails le mot Ikflammatio:».)
IVRESSE. — L'ivresse n'est généralement pas re-
,ar dée comme une maladie; on ne peut cependant se
'is simuler qu'elle constitue un étal assez anormal pour
'1^1 'on puisse craindre qu'elle n'ait, dans bien deo cap,
Kfes siiiles défavorables, et pour autoriser l'emploi de
ce tains moyens que l'expérience a montrés pouvoir on
i faire cesser ou lendre purement passagère la ['Osi-
on dans la-pielle elle place.
Or, quand l'ivresse n'est que légère, la nature in.
dique elle-même, conjme première chose à faire, l'ex
pulsion de l'estomac des matières alimentaires et dj
vin ou de toutes les autres boissons alcoolique» don!
il peut élre surcbar^jé. Ou se sert pour cela d'eau lièd^
prise en abondance, à laquelle on peut même ajoute,
trois ou quatre centigrammes d'émétiquc par ^err».
Quand l'eslomac est (lébarras«(5, on donne pour bois-
son un tbé léger ou une légère infusion soit de feuilîts
d'oranger, de camcraille ou de tilleul. Ou par"vicn;
encore assez souvent à dissiper l'ivresse dépendant uni-
quement de boissons aloooliques ou vineuses en pre
nant quelques petites la<ses de café léger : le sel dont
quelques personnes croient devoir saturer le café est
l'our le moins inutile, à moins qu'il ne soit donne
dans Pintenlion de provoquer les vomissemcnis ; mais
alors dans ce cas, les moyens 'jue nous avons précé-
demment indiqués sont plus sûrs et moins dangereux
pour l'estomac.
On a beaucoup vanté depuis quelques années contre
l'ivresse l'ammoniaque liquide, ou alcali volatil fluor,
donné à la dose de quinze à vingt gouttes dans un verre
d'eau légèrement sucré ; mais ce moyen est loin de dis
siper l'ivresse .nussi aisément, et surtout dans un temps
aus?i court qu'on semblait le donnera croire à la suite
des premiers essais tentes pour constater son efîicacité.
Il n'agit d'une manière bien maïquée que quand l'es-
tomac est en totalité ou du moins en grande partie dé
barrasse des matières solides ou liquides qui le sur-
chargeaient; mais on sait qu'une fois ce dernier cff» t
ol)lenu par un moyen quelconque, les suites de l'ivress»
se dissipent généralement assez vite. En un mot, nou.n
[)ensons qu'on [)eut tenter soit l'ammoniaque liquide,
îoit l'acétate d'ammoniaque, le premier à la dose,
avons-nous dit , de quinze à vingt gouttes et le seconti
de quatre à cinq grammes dans un ver'.e d'eau , mais
Eans compter que l'ivresse disparaîtra de suite. Les
demi-lavements dans lesquels on ajoute trente à (jua-
ranie gouttes de cette substance ont à peu près le
même efl'oi. On a aussi essayé, sans un succès plus com-
plet , l'élhcr sulfurique depuis quinze jusqu'à vingt*
cinq gouttes, toujours dans un verre d'eau.
2T2 ikV
Mais si ces divers moyens parvieunenl à dissiper le
délire de l'ivresse, il serait imprudent de compter sur
eux pour remédier à ccrlaias synjplômes cérébraux
qui, dans quelques cas, peuvent cire considérés
comme les signes précurseurs de l'apoplexie. C'est à
la saignée du bras ou à uno large aj)plica>ion de sang-
sucs soii derrière les oreilles, soit au fondement, sui-
vant la c.irconsiance, qu'il faut avoir recours. On en
seconde l'action par des lavements rendus purgatifs
par quelques, goulles de teiulure d'aloès, du sel de
cuisine , des irrigations froides sur la lète, l'exposition
de la personne à l'air frais. Si rivresse,au lieu d'ôlre
occasionnée par l'abus du vin ou des liqueurs alcoo-
liques , élaii déterminée par des piéparalions dans
lesqnelies entrerait l'opium.^ comme cela est si fréquent
parmi les Orieniaux , c'est aux excitants, particulière-
menl au café qu'il faudrait avoir recours. Enfin l'ivresse
est elle convulsive, c'csl à l'eau tiède seule qu'il est
prudent d'avoir recours pour faire vomir ; si par la
continuité de l'ivreise il se déclare un tremblement ,
il faut se conduire d'après les règles que nous établi-
lons à ce mol.
m j
JAUISISSF. Il y a deux espèces de jaunisse : l'une
simple, qu'on ne peut rattacher à aucune inllarama-
lion , même à aucun état maladif, et qui survient
aussitôt eu pou de temps après une colère, un violent
chagrin ou toute antre secousse morale très vive et
soudaine ; que l'on observe encore , dans certaines
saisons de l'année, surtout au commencement de l'hi-
ver ; l'aulre qui est un symptôme d'une maladie fa-
cile à constater, comme une inllamraation du foie, la
lièvre jaune , certaines maladies de l'inlcstiD, une
fièvre iutermilk-iite.
LÀi 273
La première cède presque constamment au re.
pos, à un régime modéré et h l'usage de quelques
boissons purgatives. Si elle persiste , il faut mettre
le malade à l'usage des bains tièdes , des boissons
alcalines gazeuses, d'un régime entièrement végétal,
et l'engager à habiter la campagne.
Dans la jaunisse qui est liée à une autre maladie
dont elle n'est que le symptôme, c'est vers celle
dernière maladie qu'il faut tout d'abord diriger le
traitement. Ainsi n'est-elle que la conséquence d'unt;
inflammation du foie , on applicjuc, sur la région
qu'occupe cet organe , des sangsues , un vésicatoirc
volant, à moins que la violence de la (icvre ne force
h débutor par une saignée au bras, ^''esl-cl]c au
contraire que la complication d'un embarras de l'es-
tomac, d'une fièvre bilieuse, on a recours aux vo-
mitifs et aux purgatifs. Es-elle lice à une lièsre
intermittente, elle disparait anssitôt qu'on s'est rendu
maître de cette dernière par le quinquina ou ses
composés.
L
LAIT RÉPANDU. — Les personnes étrangères à la
science aitachent beaucoup plus d'importance que
les médecins aux dangers d'un lait répandu , et lui
attribuent un grand nombre de maladies que les
gens de l'art regardent comme le résultat de toute
autre cause. Ainsi , les douleurs de têle et les mi-
graines qu'éprouvent beaucoup de femmes, devenues
mères, sont à leurs yeux l'effet d'un lait répandu
dans la tête, tandis que les médecins n'y voientcn
général qu'une affection nerveuse ou rhumatismale.
Mais les maladies les plus communément allribuécs
au lait sont diverses affections de Ja peau qui , se
çrésentant sous forme écaillcuse, offrent en effet
48
ÛIA LAI
jusqu'à un certain point l'aspect d'une croiUc pro-
venant de la dessiccation d'une couche de lait. Les
médecins ont beau assimiler ces affections à des ma-
ladies ordinaires de la peau, et chercher à persua-
der qu'elles auraient pu survenir dans toute autre
circonstance , leurs raisonnements trouvent la plu-
part des femmes incrédules.
S'il y a exagération dans l'opinion vulgaire, il faut
convenir aussi que les médecins n'ont pcut-élre pas
attaché à celte question toute l'importance qu'elle
méritait. Les exemples bien authentiques d'abcès
qui se sont formés en divers points du corps après
une suppression brusque du lait chez des femmes qui
allaitaient et dans lesquels du lait a été trouvé en
toute irature, prouvent que uou seulement celte sup-
pression brusque peut occasionner les mêmes acci-
dents que ceux que les médecins n'hésitent pas à
attribxier à la cessation d'une hémorrhagie habituelle
ou d'une perte de toute autre nature, mais qu'elle
peut encore entraîner des inconvénients provenant
du transport du lait lui-même.
Concluons donc que les femmes qui se décident à
ne pas allaiter leur enfant, ou celles qui cessent de
le nourrir pour le sevrer, font bien de ne rien négli-
ger des moyens que nous avons indiqués au mol al-
InileincJil; quant aux remèdes vraiment anii-laitcux,
il n'en existe pas de véritaldos; quelque croyance
qu'on puisse avoir qu'une affection de la nature de
celles que nous avoi;s designers plus haut, et sur-
venant dans les mémos conditions , soit le résultat
d'un lait répandu, il faut la traiter comme si elle
tenait à toute autre cause et remplacer la sécrétion
qu'on ne peut rappeler par un vésicatoire, un c-au-
lèrc et des purgntifs employés fréquemment , raaia
avec prudence.
LÈP â75
LÈPRE. — On confond sous ce nom , même dans
le langage médical, deux maladies qui, bien que
gi-aves toutes deux et ditEcilcs à guérir, n'en ont pas
moins des caractères bien différents. L'une est la lèpre
vulgxiire, espèce de dartre caractérisée par des écailles
arrondiesélevéessurles bords, déprimées au^ccntrc et
pouvant se confondre au point de former sur la peau
une plaque continue; l'aulre, est la lèpre lubercu'
leuse, que les médecins nomment éléphaviiasU des
Arab.es, et caractérisée par un gonflement dur et tu-
berculeux de la peau et du tissu cellulaire qu'elle
re(*uvre avec une déformation souvent fort extraor-
dinaire des parties qui en sont le siège.
La première, assez difficile à guérir , est fort
sujette à revenir après avoir disparu, elle se traite
par un ensemble de moyens internes , externes et
hygiéniques; h la tête des moyens internes on peut
mettre tous ceux que nous avons déjà indiqués au
mot Dartres, et auxquels on attribue la propriété de
dépurer le sang, comme les amers, les tisanes de
scabicuse, de patience, do houblon, de gentiane,
de chicorée, que l'on peut faire suivre de l'emploi
des préparations mcrcurielles, iodurées, antimonia-
les. Les moyens externes sont les bains, les lotions
et les pommades prépavées d'abord avec des subs-
tances peu actives con-.me les gélatines sulfureuses,
alcalines, iodées et mercurielles ; peu h peu on en
vient au soufre sublimé, à la suie, au précipité blanc,
et même aux vésicants.
Quant à la lèpre tuberculeuse, affection fort
heureusement très rare dans nos climats, elle ré-
siste le plus ordinairement au traitement le mieux
combiné. Les malades qu'elle affecte trouvent ce-
pendant quelques chances de guérison en abandon-
uanl les pays dar.j lesquels ils l'ont contractée.
f^76 tÊT
LÉTHAt\GiÉ. — Ce mot exprime Télat dans lequel
se trouve une personne qui offre tous les signes ap-
parents de la mort,et qui cependant est encore vi-
vante.
Le seul moyen de constater cet état est donc
Ao s'assurer ici des signes de la mort. Or, ces signes
,^.'>nt : l'absence de sentiment , de mouvement , la
cessation des battements du cœur et des mouvements
de la poitrine , le refroidissement , l'aspect adyna-
mique ^^ 1^ face , la mollesse et la flaccidité des
yeux ave'C formation d'une toile glaireuse ou mu-
queuse sur" -îes yeux, la formation de taches, de li-
vidité et de vergétures sur la peau, le relâchement
des sphvnclc-rs de l'anus, la roideur cadavérique,
enfin la putrt'^f^ction. On doit d'autant plus craindre
qu'une persom/c ne soit qu'en léthargie, qu'elle a
été frappée plus' proraptement, que la maladie à la-
quelle cet état a succédé est une affection nerveuse,
que ses habitudes morales décelaient une grande
sensibilité , que ses îi"aits ne se décomposent pas et
surtout que la putrél '^•^^i^° "^ survient pas au mo-
ment où, suivant la sa ^^^'^ » ^^^^ se déclare ordinai-
rement.
Pour peu qu'on ail que -Iqucs doutes, il est impor-
tant de les dissiper aussil ^^'^ POur cela on présente
devant la bouche et les nar. '"«^ ^^ la personne un mi-
roir que la plus faible expi «l'on ternirait. On ap-
plique l'oreille sur la région c ^" <^"r afin de s'assurer
si les mouvements de cet or'^a ^^ <^"^ ^'^n complète-
ment cessé. Ces moyens a^ant ^^ infructueux, oa
peut tenter les lavements excita ^^^» ouvrir la veine
du bras, appliquer sur la poitrine *^«s ventouses sca-
rifiées , faire des piqûres, même . *^ incisions à la
paume de la main, à la plante des ' P'^*^^ î ^" P^"'
«ncorc ri^^-n^re sur qtieh^iies partie « ^^^ sensibles
de la cire d'Espagne tu fusion, do l'eau bouillante»
appliquer un moxa ou le cautère actuel.
Si par ces moyens on acquiert le pressentiment fondé
que la mort n'est qu'apparente , on s'empressera de
placer la personne dans un lieu éclairé , de la re-
muer souvent en l'appelant par son nom , de lui faire
des frictions sèches sur les membres et sur la région
du cœur, de lui répandre de l'eau froide sur la tête,
de lui administrer de légers excitants à l'intérieur
et des lavcmcnis irritants, de lui faire respirer des
odeurs fortes comme celle du cuir ou de la plume
brûlés, et même l'ammoniaque, de lui titiller les
narines avec une plume , ou de lui chatouiller la
plante des pieds, de lui insuffler de l'air dans la poi^
Irine , enfin de la soumettre à de légères socousscs
électriques ou à un courant galvanique. Si la mort
apparente était le résultat de l'ivresse , il faudrait
se conduire comme nous l'avons indiqué à ce mot ;
quant à celle qui est la suite d'une asphvxie par sub-
mersion , par strangulation , par inspiration de gaz
délétères, on se conformera à la nature spéciale de
la cause, comme il l'a été dit au mot asphyxie.
LOUCHE (Vue). — Loitcherie , yeux de travers ^
vue oblique^ slrabisme des médecins. Cette difformité,
assez souvent congéniale , est fort commune. Elle
résulte ou d'une force inégale des muscles charges
de mouvoir l'oeil, ou d'une inégale répartition entre
les deux yeux de la puissance visuelle elle-même.
Dans le premier cas l'œil cède à l'action des mus-
cles qui l'entraînent de leur c6té ; dans le second,
les yeux se dirigent chacun du côté par lequel les
rayons lumineux peuvent frapper plus convenable-
naenl la membrane sur laquelle l'image des objets
•xtérieurs vient se peindre. Ce dernier cas est le
plus rare : auBsi la plupart des moyens de traitement
27B LOS
l?mis aujourd'hui on usagQ ont-ils pour but l'indica*
lion qui résulte de la première cause. Celte indi-
cation se remplit de deux manières : en augmentant
l'énergie des muscles les plus faibles , ou en annu*
lant par la section les plus forts. On atteint le pre-
mier but soit en obligeant la personne il ne voit
les objets que par un trou percé au milieu mcraa
d'une plaque placée devant l'œil dévié , l'autre œil
étant couvert d'un bandeau ; soit en lui faisant por-
ter des lunettes dont les terres sont remplacés par
des tubes noirs percés à leur sommet d'un trou par
lequel arrive la lumière; soit en l'obligeant à regarder
pendant un certain temps plusieurs fois par jour sa pu-
pille dans une glace ; soit enfin, si l'œil se dirige en
dehors , en appliquant sur lo sommet du nez une
mouche de taffetas vers laquelle l'œil aura nécessai-
rement une tendance à se diriger: Quant à la section
des muscles, elle constitue une opération qui, toute
rationnelle qu'elle est, est loin d'avoir répondu aux
espérances qu'on avait pu en concevoir.
LOUPE. — ' Les loupes sont des humeurs circons-
criie-s, indolentes, fermes , qui ne se développent guère
que dans le tissu cellullaire placé au-dessous de la peau
qu'elles soulèvent par leur saillie. A l'exception des
lèvres où la peau est forlement collée aux parties sous-
jaccnfes , de la pomrae de main , de la plante de pied»
et des doigts, il n'y a presque point de parties de la
stuface du corps où on ne les rencontre quelquefois. Oa
on voit irès souvent plusieurs sur la même personne ,
ei dans ce cas , elles acquièrent rarement un grand
volume; le contraire arrive souvent quand elles sont
seules.
Très communes à la t^te, les loupes offrent de»
formes très variées ; le plus ordinairemeni cependaitt
elle« soul arrondies, avec ou sans éoflal , c'ftst-à-dire à
tou 279
tase étroite, pour ainsi dire monlées sur une pédoncule,
ou à base large et diffuse. Quand on les ouvre, il eu sort
ordinairement une malière grumeleuse, d'une odeur
alî^ie, qui ressemble assez à du miel quelquefois même
à du suif: de là divers noms; et qui se trouve renfer-
mée dans une espèce de poche particulière qu'on
nomme kyste. Lorsqu'elles ont acquis un ceruin vo-
lume , la peau qui les couvre peut s'enflammer uatu.
rellement ou par une cause accidentelle , et une ulcc-
ratioa s'établir pour laisser échapper la malière con-
leuue.
Quant à la cause sous l'influence de laquelle les loupes
se développent, elle est bien loin d'être parfaitement
connue. Les uns disent qu'elles dépendent d^me pres-
sion long temps soutenue, mais une foule de parties
de notre corps sont soumises à des pressions continuel-
les et n'offrent jamais de loupes, tandis que d'autres en
sont couveites sans avoir été comprimées. Les autres
croient qu'elles doivent leur naissance à la contusioa
ou à un état maladif accidentel du tis^u cellulaire sous-
cutané qui , sous l'excitation déterminée par celte
cause , secrète le produit contenu dans ces timieurs.
Tout cela se réduit à dire que la cause en question est
généralement inconnue dans son essence trrème. Mais
ce qu'il importe de savoir, c'est que les loupes ne sont
pas par ellfs-mcmes des affections dangereuses ; elles
ne sont désagréables que par la d4fformité qu'elles oc-
casionnent, et si elles enlrakient quelques résultats fâ-
cheux , ce n'est le plus souvent que par leur pression
mécanique sur les parties qu'elles recouvrent ou qu'el-
les avoisinnent.
Une foule de moyens ont été employés pour guérir
les loupes. Ces moyens ont pour but, 1* de les faire
fondre; 2® de les vider par la ponction faite soit par
le bistouri^ soit par la pierre infernale ; S** de les ex-
280 LUX
tirper complètemeûl. Le première méîhode complf
bien peu de succès, quels que soient les cataplasmes,
les pommades, les on[juents qu'on emploie comme fon-
dants, on ne parvient souvent qu'à déterminer par
leur action rinllamination, la suppuration et par suite
l'ouverture de la tumeur. La ponction ne procure gé-
néralement que des guérisons temporaires, parce que
l'enveloppe propre de la tumeur , le kiste m un mot,
persistant, fournil bientôt une nouvelle matière qui
remplace celle qui a été évacuée , à moins qu'elle ne
s'eriUamme et ne s'oblilere par le fait même de cette
inflammation ; ce qui n'arrive que dans quelques cas,
et sous l'inlluence de quelques moyens propres à dé-
terminer ou à exciter celte inllammation. Le procédé
le plus sûre est donc de faire enlever la tumeur; mais
celte opéraation demande des soins, parce qu'il faut
enlever avec elle son kyste, dont la pceristance occa-
sionnerait une récidive,
LUXATION, — On donne ce nom à un déplacement
permanent, complet ou incomplet , dans les surfaces
par lesquelles deux os, en se louchant, forment une
ailici'.latiou; déplacement opéré par une violence ex-
térieure, comme un coup , une chute, soit par une
action musculaire; c'esl-à-dire un mouvement brusque
et violent, ou piir ces deux causes à la fois. La luxa-
tion est ce qu'on nomme vulgairement un membre
démis»
Les luxations les plus fréquentes sont celles de Té-
paule, du poignet, de la cuisse, de la jambe et de la
idavicule. Toutes les extrémités articulaires sont néan-
moins susceplibies de se luxer. Certaines dispositions
oiganiques peuvent singulièrement prédisposer à la
production de cet accident. Les principales sont la
l'aibiesîe musculaire naturelle ou accidenielle, la pa-
ralysie d'un membre et le relâchement des ligaments
LUX 281
des articulations. Aussi H est reconnu que les vieil-
laids sont plus ex{K)sés que d'autres aux luxal.ons,
parce que chez eux les os raréfiés el devenus fria-
bles ont une tendance plus prononcée à se rompre
qu'à se déplacer. Les enfants n'y sont aussi que ra-
rement exposés, également h cause de la friabilité de
leurs os. Les adultes sont ceux cliez lesquels la luxa-
lion se présf'nie le plus souvent. L'on sait aussi que
cncz les personnes ivres les luxations s'opèrent et
se réduisent avec une crande facilité, à cause de l'étal
de relâchement dans lequel se trouvent les muscles, et
que les personnes qui ont un membre luxé ont une
grande dispositon à le voir luxer de nouveau. Enfin les
os mal conformés, soit de naissance soit accidentelle-
ment, sont fort exposés aux luxations; c'e>t ce qui se
voit chez les goutteux, les vieux rhumatisants, les per-
sonnes affectées de rachitisme, de carie, el chez les-
quelles la maladie a déjà altéré les rapports naturels des
os entre eux. Les luxations sont aussi plus communes
dans riiiver que dans aucune autre saison ; est-ce parce
que les chutes y sont plus fréquentes, ou parce que les
os sont alors phis fiiables ? La première raison est assu-
rément plus plausible que la seconde.
Les causes prédisposantes que nous venons de pas-
ser eu revue rendent sans doute les luxations plus
faciles, mais elles ne sont pas indispensables pour l'ac-
complissement du déplacement ; souvent en effet elles
n'existent pas et des luxations n'en ont pas moins lieu.
Quand des violences extérieures agissent seules, c'est
tantôt en ioaprimant brusquement des mouvements de
totalité à un des deux os d'une articulation pendant
ipie l'autre est maint€nu en place et immobile, tantôt
en écartant violemment ces os l'un de l'autre dans un
sons différent de l'articulation. De quelle que manière
qu'elles aient lieu , les violence* extérieure» ne pro-
282 LUX
duisent facilement les luxations qu*autî)Bt qu'elle» sur-
prennent inopinément le membre. Autrement les mus-l
clés sont préparés à y résister, et, s'ils sont asse»
volumineux, ils s'y opposent d'une manière efficace, à
moins toutefois que la position du membre, au moment
de l'action extérieure, ne soit telle que les muscles le*
plus puissants, au lieu de l'empêcher, ne tendent à In
produire. [
Une luxation peut cire compliquée de lésions di-j
verses plus ou moins graves; aucune luxation de cause
externe ne peut même généralement avoir lieu (à moins
qu'il n'existe quelque vice de conformation des os ou
un relâchement naturel ou accidentel des ligaments des
articulations), sans que les ligaments, les muscles, les
nerfs et les petits vaisseaux voisins ne soient plus ou
moius distendus, meurtris, rompus. Lorsque ces di-
vcrrcs lésions sont peu graves , qu'elles sont insépa-
rables en quelque sorte de la luxation, elles n'en sont
plus considérées comme des complications; mais il
n'en est pas de même quand elles sont portées à un
très haut degré, elles présentent alors des indications
spéciales et urgentes à remplir ( Ployez Contusion ,
Plaie, Hémorrhagies , IkflammAtioks, Feactubbs,
Gangrène etc.)
En général les luxations sont assez faciles à recon-
naître, et, à moins d'un gonflement très prononcé, il
existe toujours dans le membre luxé des changements
assez notables pour être appréciés à la vue et au tou-
cher ; la forme naturelle du mc-mbre est changé*, il
est allongé ou raccourci, il s'y forme des saillies et
des enfoncements qui n'existaient pas ou à peine, et
qui en changent singulièrement l'aspect extérieur.
Ces changementis dépendent de trois causes : de la
présence de l'extrémité de l'os luxé ailleurs que
dans sa cavité naturelle, du vide de cette cavité,
lux: 283
ÔM tiraillement, du déplacement o4 (Jq la ruptur«
ides muscles. Enfin le membre luxé fc maintient gé-
néralement dans un état de raideur plus ou moins
^raade, et ses moindres mouvements, si toutefois il
>peuten exécuter, occasionnent de très vives douleurs.
Il faut également avoir soin de ne pas confondre
les luxations avec les fractures ; les premières se
xeconnaissent P à la persistance, à la stabilité de
■la difformité, de la direction anormale et des em-
pêchements aux mouvements des membres ; 2» à
l'absence de toute crépitation rugueuse, pendant les
mouvements que l'on peut encore imprimer à la par-
lie; 5" à la résistance que le membre oppese au
rétablissement de sa conformation, résistance qui,
une fois vaincue , est suivie de la brusque dispari-
tion de toutes les apparences de difformité et de la
possibilité de mouvoir l'os luxé dans toutes les di-
rections, en un mot de la guérison de la maladie
qui ne se reproduit plus, à moins qu'un effort vio-
lent ou un accident ne la renouvelle.
Le traitement des luxations doit avoir pour but,
4o de rétablir l'os luxé en sa place naturelle ;2o de
l'y maintenir; 5° enfin de prévenir ou combattre les
accidents inllammatoircs ou autres qui peuvent ac-
compagner ou suivre la luxation.
Pour y parvenir, on étend fortement, mais graduel-
lement et sans secousses, le membre luxé, afin de
fatiguer et de vaincre la résistance des muscles qui le
retiennent dans sa position défretueuse, c'est Vexien-
siou ; on retient en même temps le corps assez solide-
ment fixé pour qu'il résiste ; l'extension qui tend à
l'entraîner, c'est la couve-exlension. Enfin cos deux
efforts seraient eux-mém^s inutiles sans la manœuvre
que l'on doit imprimer à l'os luxé pour le diriger et
le replacer dans )a situation Daturôlle, quand l'exten-
284 LUX
sion l'a ramené au niveau de sa cavité, c'est la coapm
tation. Ces trois moyens suivis de succès constituent
ce qu'on nomme la réduction.
Le retour de l'os à sa situation normale s'annonce
presque toujours par une secousse brusque, une sorte
de craquement sourd , facile à apprécier, et après
lequel la douleur, la gêne, la difformité et tous les ac-
cidents cessent aussitôt en grande partie, et se trouve
remplacé par une liberté et une solidité presque
complète du membre.
Une fois la réduction obtenue, le membre doit être
placé dans un état complet d'immobilité et de relâ-
chement. Des applications résolutives, une compres-
sion médiocre, une saignée rigoureuse, si cette opéra-
tion n'a pas été pratiquée d'abord, le repos, un régime
doux et quelques boissons délayantes , tels sont les
moyens qu'il convient généralement d'employer. Plus
tard, et lorsque les parties déchirées commencent à se
raffermir, il convient de faire gi-aduellemcnt et avec
circonspection exécuter au membre luxé quelques
mouvements , afin de prévenir ïankilose {Voyez ce
mot).
En général plus tôt on essaye de réduire une luxa-
tion, plus les résultats doivent être prompts et heu-
reux. Cependant dans les eas ou il y aurait un gonfle-
ment inllammaloire très violent, il faudrait retarder,
et traiter ce dernier état avant tout Quelquefois la
la résistance des muscles est telle quelle s'oppose à la
réduction, il faut alors avoir recours aux saignées, à la
diète, aux bains longtemps prolongés, sux ambroca-
lions émoUicntes, etc. Quant aux fractures et aux
plaies qui peuvent compliquer les luxations, elles font
rarement une contre-indication à la réduction, et doi-
vent se traiter suivant les règles établies ailleurs {Voye»
FrucTUHE, Plaie).
m
M
MAL D'AVENTURE. — Voyez Piqûre et Pa5«aris.
MAL DE CCEUR. — Expression erronée employée
par la plupart des personnes pour désigner l'envie de
vomir; ce dégoût , ce malaise n'est point un mal de
cœur, mais bien de l'estomac , qui se soulève pour
rejeter ce qui lui est nuisible. Le soi-disant mal de
cœur peut être provoqué par des causes très nom-
breuses : la grossesse, une indigestion , une gastrite,
la présence de certains médicaments, etc. Aussi, faul-
il nécessairement s'attaquer aux causes jiour guérir
celte affection. Dans la plupart des ca?, cependant,
une nourriture légère et en petite quantité, souvent
même la diète, quelques boissons glacées , seront les
meilleurs moyens que l'on puisse employer. [Voir, au
surplus, les mois Dégoût, Bile, Pituite, Mal de
MER, Indigestio:< ^ Gastrite, Vomissement, eîc.)
MAL DE GORGE.— {Foycz Esquinancie.)
MAL DE MER. — Le mal de mer se guérit, ou
plutôt est quelquefois empêché par le mouvement et
la distraction , par la précaution d'avoir l'estomac
toujours garni d'aliments solides et liquides. Au sur-
plus tout ce qui a été dit à ce sujet sur l'cfTicacité
des calmants, des antispasmodiques, des toniques,
des aromates, des sachets placés sur l'estomac, ne
mérite pas d'être répété.
MAL DU PAYS. — Ce mot, synonyme de nostalgie,
est employé pour exprimer un état de souffrance
morale , d'ennui , de tristesse , de désespoir même
qu'occasionnent l'éloignement du pays natal et le vif
désir d'y retourner. Si ce n'est point, à proprement
dire, une maladie, ce n'en est pas moins dans cer-
tains cas une cause de troubles itfsscz graves pour
compromettre l'existence, et par cela mémo digne
^6 itAE
d'être étuJiéc pour être arrêtée dans sa marche ou
combaltuG dans ses effets.
Ce genre particulier de mélancolie est de tous les
âges; cependant c'est dans la jeunesse qu'on l'ob-
serve le plus ordinairement, et c'est parmi les jeunes
gens appelés au service militaire, ou placés loin de
chez eux comme domestiques , qu'il est plus fré-
quent. On n'en est point étonné quand on considère
que la plupart d'entre eux, habitués à une vie plus
ou moins indépendante , ne peuvent passer tout à
coup à cet assujétissement de tous les instants qu'en-
traînent la discipline militaire et la domesticité, sans
en éprouver une inlluence plus ou moins nuisible.
On a aussi remarqué que les jeunes gens de la cam-
pagne montrent en général un attachement plus grand
pour les lieux de leur naissance que ceux des villes.
Quelle que soit la cause qui éveille et exalte le
désir de revoir la terre natale, son premier efl'«t est
une tristesse profonde, et l'économie ne tarde pas à
se ressentir de cette inlluence. C'est le cerveau et
l'estomac qui souffrent plus particulièrement : le
premier concentre toutes ses forces sur un seul or-
dre d'idées , sur une seule pensée ; le second de-
vient le siège d'impressions iiKommodes, de resser-
rements spasmodiques qui nuisent nécessairement à,
la digestion et jettent toute la machine dans un état-
d'abord de susceptibilité ensuitr; de faiblesse extrê-
mes ; le seul bon sens fait de suite prévoir que le
traitement le plus approprié h cette affection est le
retour du malade à son pays. La seule espérance da
ce retour a quelquefois produit le plus grand bien ,
et la certitude de sa possibilité a guéri plus souvent
que toutes les drogues dont on a cru, dans quelque»
cas, devoir faire^sage.
MAL DE TETE. — (A^cye? Migraise, C«ipdb lAlfC|
Apoplexjb, Fiva\«Oi"-.C^»iu«; etc.)
MAT 1>S1
MANIE ou MONOMANIÈ (.Voyez Fome )»
MARASME — (l'oyez Amaigrisseme>-t, Prostration.
MATRICE ( Utérus). — Organe destiné , dans l'ap-
pareil générateur de la femme, à conlcnir le produit
de la conception et à lui fournir les fluides nécessaires
à sa nutrition jusqu'au terme de raccouchement. Il
n'existe que chez la femme et 5e trouve dans le bas-
sin , derrière la vessie et au devant de Tanus. Sa
forme a beaucoup de rapport avec celle d'une poire
lapée , dans l'élat de vacuité , son volume est à
peu près celui de ce fruit ; mais , peudant la gros-
tesse , il augmente coni.\3érablement.
La matrice, plus que tout autre organe chez la
femme, se trouve, à cause de l'importance de ses
fondions, exposée à un assez grand nombre de mala-
dies assez graves , et dont il sera question dans le
cours de cet ouvrage. ( Ployez Règles, Fleurs blah-
cnns , Descentes, Cancer , Polypes , FAussE-coucnE .
AcooucnoiENT , etc.j
MEN'TAGRE. — De cette série innombrable d'af-
fections désignées sousilc nom de dartres , il en est
peu de plus tenaces, et il n'en est point de plusdé-
sa.ji'éablesque lamenlagre. Très rare chez la femme,
elle occupe chez l'homme le mcnlon et la lèvre su-
périeure, paraît n'être qir une mah^die des bulbes de
la barbe, ci débute par une éruption de pustules qui
crevant bient-ùt, laissent échapper le pus qu'elles con-
lenaicnt et dont la dessiccation donne une croûte jau-
nâtre formant en peu de temps une plaque irrégu-
lière plus ou moins étendue.
Le traitement de cette affligeante maladie renue
bien évidemment dans le traitement gérerai des
dartres (Voyez ce mot). Cependant il est bien de no-
ter que l'application des sangsues svjr les parties
malades ou dang leq? voisina j*^ est général emenl plus
288 MiG
efficace que dans aucun autre cas. Dans les circon-
stances ordinaires on se borne aux lotions rafraî-
chissantes faites avec l'eau de son vinaigrée, l'eau
de laitue, de cerfeuil ; les cataplasmes sont aussi
très utiles tant pour calmer i'inllammalion que pour
faire tomber les croûtes. Si celte inflammation est
peu intense, dès le début, on peut saupoudrer de
fleur de soufre ces cataplasmes qui sont généralement
faits avec la fécule de riz et de pomme do terre.
On passe de là aux lotions iodurosulfurcuscs , aux
eaux de Barèges, et si l'on n'obtient" pas une réso-
lution complète, on peut en venir soit à couvrir tou-
tes les parties malades d'une pommade vésicante ,
pour changer leur mode de vitalité, soit à cautériser
les pustules et les tubercules avec le nitrate d'ar-
gent disposé en crayon ou en lotions. Dans ce der-
nier cas la cautérisation doit être faite avec la plus
grande circonspection, parce qu'il pourrait en résu-
lter des cicatrices fort désagréables.
MIGRAINE. — Quoique la migraine et le simple
mal de tête soient assez communément confondus et
paraissent, pour bien des personnes, n'clre que deux
formes ou deux degrés de la même maladie , on ne
peut cependant se refuser à reconnaître qu'ils diffè-
rent essentiellement : la première oITrant tous les
caractères d'une affection nerveuse dont la cause
échappe presque toujours, le mal de tête n'étant la
plupart du temps qu'un état d'excitation sanguine ou
de congestion cérébrale dont le point de départ est
souvent l'estomac. Plus commune chez la femme
que chez l'homme, la migraine est fort sujette à ré-
cidive et revient souvent à des époques régulières.
Son début est brusque ; la douleur commence d'a-
bord à se faire sentir au front, vers l'angle interne
des yeux, el^dc là envahit la tête tout entière qui
se trouve Dïenlôt , comme serrée tiens an éfrau , ou
comme frappée dp violents coups de marteau. Il sur-
vient assez souvent des nausées et même des vomis-
sements, mais qui n'ont pas comme dans le simple
mal de tète l'avantage de faire cesser la douleur, ce
qui prouverait que dans la migraine l'estomac n'es»
qu'influencé, tandis que dans le mal de tète ce se-
rait ordinairement le contraire.
Le traitement de la migraine est assez difficile a
formuler d'une manièrebien précise. Se trouve-t-elle
affecter une personne jeune et sanguine ? on fait trcp
bien de lui conseiller la saignée ou les sangsues au
siège suivant le cas; la personne est-elle au contraire
plus nerveuse que sanguine , ce qui arrive le plus
communément? on emploie pendant les accès les
tains de pieds très chauds et même les cataplasmes
irritants appliqués sur le creux de l'estomac; on place
la personne dans un lieu obscur, loin de tout brui»
et on lui applique des compresses d'eau vinaigrée sur
le front , ou des linges trempés dans un mélange
d'ammoniaque liquide et d'eau dans le rapport d'un
à dix et auquel on ajoute une certaine quantité de
sel marin , de camphre et d'ecru de roses. Enfin on
administre des potions antispasmodiques, comme l'eau
de laitue, de tilleul, auxquels on ajoute du sirop de
pavots blancs. On a aussi relire quelques bons effets
des courants électriques et du galvanisme ; c'est co
qui a fait naître l'idée de ces bagues dites aimantées,
lient l'effet est. bien entendu, purement imaginaire.
Ouand la inigraine devient chronique, les personne»
qui en sont aiïectées font bien de tenter un vésica^
toire au cou ou derrière les oreilles, de chercher à
découvrir si elle ne serait pas liée à une habitude
supprimée. S'il y avait périodicité bien manifeste
dans les accès, le sulfate de quinine, doané comme
19
290 MOR
DOU« Tavons Indiqué au mol Jîèvre, Irouverail par-
faitement son application. Il est encore des migraine»
qui ne cèdent qu'aux progrès de l'âge ou à un chan-
gement complet de position.
MILIAIRE. — Caractérisée par l'éruption de vé-
: sicules très petites , répandues en nombre varia-
ble sur la peau comme des grains de millet, cette
affection est plutôt un symptôme de maladie qu'une
maladie par elle-même, aussi demande-l-elle plu-
tôt un traitement général, c'csl-à-dire un traitemcnl
appliqué aux maladies ou compiicaiions qui l'accom-
pagnent ou dont elle dépend, qu'un traitement spé-
cial. En effet, le plus ordinairement, la milinirc sim-
ple et légère demande à peine l'usage des boissons
délayantes et tempérantes, le repos, un air pur et
un peu chaud, un régime sobre mèmedcladicle. Si
elle s'observe chez une femme en couche, ce qui est
assez commun. reaudeveau,lcpclit-laitcî une grande
attention donnée aux couc/ieî, en irioraphcnt aisément.
Quand la miliaire règne épidémiquement et se
trouve accompagnée de sueurs abondantes, elle
prend le nom de Suctie miliaire. {Voyez SuETTr.).
MORVE. — Longtemps on a cru la -morve propre
au cheval ou , pour mieux dire, aux solipèdes ( ani-
maux dont le pied est enfermé dans une seule corne) ;
mais une expérience, bien tristement acquise dans ces
dernière? anne'es , tant eu Allemagne, en Anglelerre
et en Hollande qu'en France , n'a laissé rmcnn doute
sur sa transmi-sibililc, des animaux sur lesquels on l'a
remarqué habituellement, à Ihonime. Toutefois, aucun
fait n'a encore niérne fait soupçonner qu'elle, pût se
déclarer spontanément chez lui.
Spécialement caractérisé'" pir un rhume de cer-
veau accompagné d'un c; onlenient ou mieux d'un
flu.\ nasal sanguinolent et puruloat, une éruption de
MOR 291
pustules à la peau et un développement de tumeurs
purulentes et gangreneuses dans le tissu de cette
membrane , la morve se communique de deux ma-
nières. Dans le plus grand nombre de faits observés
il y a eu véritable inoculation, c'est-à-dire trans-
mission de la maladie par l'introduction par un point
quelconque du corps, au moyen d'une piqûre, d'une
érosion, d'une coupure, de la matière contagieuse;
mais dans d'autres cas, aucune de ces circonstances
n'ayant pu être constatée , la maladie n'a pu être
communiquée que par une pure infection détermi-
née par des rapports fréquents et prolongés avec des
chevaux morveux.
Quel que soit le moyen par lequel la morve se
gagne, son début est en général marqué par de la
iicvre, un frisson , des douleurs dans les membres.
Ces douleurs augmentent assez vite , et en touchant
les parties qui en sont le siège on reconnaît des en-
gorgements durs et circonscrits comme des furoncles.
Plus lard la peau qui recouvre ces engorgements prend
une teinte rouge ou violclle, quelquefois gangreneuse,
surtout près des jointures; le cinquième, le septième,
le huiiiorac, le douzième, même le quatorzième jour,
le llux nasal se déclare : la matière de cet écoule-
ment , comme nous l'avons dit, est jaunâtre , tanlô".
liquid<^ tantôt épaisse, visqueuse, adhérente aux na-
rines ; mais toujours mèîéc à du sang et d'une hoiTible
fétidité ; il peut même s'établir par la bouche.
Ensuite un des caractères principaux de la morve
( aiguë ) chez l'homme et sans contredit un des plus
frappants , est une éruption pustuleuse particulièio
de bulles gangreneuses sur la face, les membres et
le tronc. Ces pustules sont arrondies, entourées d'un
cercle rosé et tendent à la suppuration. EnCn si le
pouls Gst accéléré et assez développé au début «t
pendant la période des douleurs, il devient faible,
facile à déprimer et quelquefois intermittent à un6
époque a\ancée de la maladie. Les malades ont une
grande faiblesse , des vertiges, des rêvasseries dans
la nuit, souvent un pressentiment sinistre suivi d'uu
délire calme ou d'un assoupissement fatal.
Si nous avons fait le tableau exact des pi'incipau^î
symptômes de la morve , c'est bien moins pour en
déduire des conséquences applicables à son traite-
ment, que pour montrer combien il importe de s'en
garantir, puisque tout ce qu'on a pu faire ici contre
cette cruelle maladie a généralement été infi-u«-
tueux. Les personnes appelées par position à appro-
cher les chevaux morveux, doivent donc prendre les
précautions convenables pour éviter la contagion :
ainsi elles ne devront pas coucher dans les écuries
renfermant des chevaux morveux; elles feront en
sorte d'éviter le contact de la matière qui s'écoule
de leur nez, et si cette matière venait à toucher une
partie écorchée, piquée ou coupée, elles devront à
l'instant même la laver à grande eau et même la
cautériser. On prévoit aussi combien il importe, au-
jourd'hui que cette triste vérité du fait de la conta-
gion est acquise, que chacun veille sans scrupule à
la stricte observance des règlements de police qui
enjoignent la séquestration, et dans bien des ca# l'a-
battage des chevaux atteints de la cruelle maladie
qui fait le sujet de cet article.
MUGUET. — On donne communément ce nom à
une maladie inflammatoire de la bouche et des intes-
tins, propre à l'enfance, et caractérisée par une
éruption de petits boutons blanchâtres effectivement
assez ressemblants aux Heurs du muguet. On le
nomme aussi assez souvent vxille\ blanchet; les mé-
decins lui donnent le nom û'^Phte'. coetineux pour le
MCG 293
(listinguer de l'aphte ordinaire, dont il diffère en
sffet beaucoup. {Voyez Aphtes.)
Le muguet attaque presque exclusivement les
pnfants à la mamelle et semble sévir de préférence
sur ceux qui sont d'une constitution faible , mal
nourris çt élevés en communauté. Dans la plupart
des cas , il est précédé d'une rougeur érysipéla
teuse des fesses et du derrière des cuisses , en se
montrant cinq ou six jours avant l'éruption de la
bouche, et accompagnée d'une élévation avec accé-
lération bien manifeste du pouls, sans toutefois que
la ligure s'anime plus que ^ans l'état ordinaire.
Bientôt les papilles de la langue se gonflent, et toute
sa surface se couvre d'une couleur rougc-vif qui ne
tarde pas à se propager au reste de la bouche.
Les boutons , caractérisant la maladie , se mon-
trent sous l'apparence de petite points demi-trans-
parents , mais qui deviennent bientôt d'un blanc
mat ou luisant. Ces points se multiplient, se réunis-
sent et forment des plaques irrégulières, resscn>-
blant pour l'aspect à une matière légèrement ca-
séeuse ou crémeuse , qui s'étend ordinairement sur
la partie interne des gencives , sur les côtés de la
langue, au palais, au fond de la gorge, ne s'arrê-
tent en dehors que sur le bord extérieur des lèvres.
C'est alors que la «cnsibililé de la bouche se mani-
feste par le refus de la part de l'enfant de prendre
le sein, par ses cris, ses mouvements d'impatience,
lorsqu'on veut y introduire le doigt.
Très souvent alors le -N'entre se tend, se ballonne,
devient douloureux à la pression. Dans quelques cas, ii
survient des vomissements bilieux ou muqueux, et
tout annonce que l'enfant est en proie à de violentes
coliques, par conséquent que la maladie s'est pro-
pagées d*H5 l'intestim Tous ces accidents durent (k
294 uuG
dix à quinze jours, plus ou moins, suivant que la
maladie a offert plus ou moins â'inlensilé. Quand
la maladie doit avoir une issue favorable, il y a di-
minution rapide de tous les phénomènes que nous
venons de signaler sans grand abattement des forces,
sans refroidissemient des jambes et des bras.
Le muguet constitue toujours une maladie grave ;
cependant il ne paraît pas être de nature à pou-
voir se communiquer d'un enfant à un autre. Aussi-
iùt qu'on voit apparaître le déifoîemcnt et la rou-
geur des fesses, on doit donner le sein à l'enfant si
on le nourrit à la bouillie. Si ou ne pouvait trouver
à l'instant même une nourrice convenable , on lui
ferait prendre une boisson muciiagineuse de gui-
mauve, de fleurs de violettes, de gomme coupée
avec le lait. Puis on donnera des dcmi-lavcments
d'amidon dans lesquels on mettra quelques gouttes
de laudanum. Si les douleurs du ventre étaient
fortes, et la fièvre très développée, on pourrait ap-
pliquer deux sangsues au fondement. Quand l'érup-
tion est déclarée , on peut ajouter aux boissons
mucilagineuscs un peu de sirop de mûres, de coing
ou de miel rosai, qu'on lAche de faire pénétrer aussi
loin que possible, afin d'humecter toutes les parties
malades.
L'espèce de fausse membrane qui se forme sur
les boutons gênant beaucoup les petits malades, on
a cherché à les débarrasser : pour cela quelques
personnes l'arrachent, à mesure qu'elle se forme,
à l'aide d'un linge mouillé, qu'elles promènent dans
la bouche. Cette pratique est mauvaise, parce qu'elle
dessèche et irrite les parties qui se recouvrent d'au-
tant plus vite, qu'on les a plus souvent dépouillées.
Cependant comme , dans certains cas , le muguet
étant très abondant occasionne une gène insupor-
mro 295
table au malade, il faut, non arracher la fausse
membrane qui recouvre l'éruption, mais l'humecter
souvent , cl avec beaucoup de douceur , jusqu'à ce
que l'adhérence soit devenue très faible , ce qui ne
larde guère h arriver : alors cette concrétion se
laisse enlever avec facilite et sans inconvénients.
On a même proposé , pour hâter sa chute , plu-
sieurs gargarismes composés, les uns de chlorure de
soude, ou liqueur de Labarraque, étendue dans une
décoction mucilagineuse; les autres de jus de citron,
d'oranges, de groseilles, de gi'enadcs fraîches, ou
bien soit une poudre composée de sucre et de calo-
mcl , ou mercure doux , soit même de l'alun pulvé-
risé. Mais toutes ces préparations doivent être poit-
técs avec attention et ménagement sur les parties
malades, au moyen de petits pinceaux de charpie.
Quant à la question de savoir s'il faut nourrir l'en-
fant dans le cours de la maladie , c'est la nature
qu'il faut prendre pour guide à cet égard : tant
qu'il ne repousse pas le sein, on peut le lui pré-
senter.
MYOPIE. — Si myopig et vue courte sont synony-
mes , il ne faudrait pas en conclure que les myopes
ont la vue faible, parce que c'est le contraire.
Pour se rendre une idée exacte de cette vérité,
il faut savoir que l'oeil est un véritable instrument
d'oplitjue destiné à faire subir à la lumière tou-
tes les modifications nécessaires pour qu'elle ailic
peindre sur le fond de cet organe l'image des objets
qui sont placés devant lui. Si la puissance réfrin-
goante de cet instrument est trop forte, les rayons
lumineux s'entrecroiseront avant d'aï river à leur
destination, c'est le cas des myopes; si au contraire
cette puissance est trop faible, ces mêmes rayons ne
seront pas réunis eo temps opportun ei U vision sera
296 MYô
impossible, c'est le cas des preshytes ; aussi les pre-^
miers rcgardenl-ils de très près, ou aiment mieux
fixer des objets très petits, et les seconds regardent-
ils de très loin et préfèrent fixer des objets de grande
dimension. Les myopes ont cet avantage que leur in-
firmité , loin d'augmenter par l'effet de l'âge , peut
plutôt diminuer, tandis que ce doit être tout à fait
le contraire pour les presbytes.
C'est sur la connaissance exacte et parfaitement
déterminée de ces faits qu'est basé tout le trai-
tement de la myopie. Ce traitement est ou simple-
ment palliatif, c'est-à-dire qu'il peut se borner à
rendre l'infirmité moins prononcée et moins in-
commode; ou curatif , c'est-à-dire disposé pour la
guérison définitive. L'emploi des lunettes à verres
concaves forme le premiet, un exercice particulier
de la vue constitue le second. Les verres à surface
concave ont pour résultat, comme on le pressent de
suite quand on a quelques notions de physique, de
diminuer la tendance qu'ont les rayons lumineux à
converger et de compenser ainsi la tendance con-
traire qu'ils reçoivent de la part des yeux des myopes
trop bombés ou trop longs d'avant en arrière.
Pour le traitement curatif, on fait asseoir la per-
sonne sur une chaise, l'occiput fixé contre un mur;'
on place un pupitre devant elle, à une disunce con-
venable pour qu'elle puisse lire sans effort dans un
livre à caractères ordinaires. On la fait exercer pen-
dant une heure ou deux plusieurs fois par jour h
celte lecture. On éloigne chaque semaine le pupitre
de quelques lignes et on oblige ainsi les yeux à s'hai
biluer par degrés à la lecture éloiguéc jusqu'à ce
qu'on arrive enfin à la distance de la vision ordi-
naire. On û aussi proposé tout récemment de couper
quelques-uns des muscles de l'ceil souj le prétexte-
NER 297
quo la myopie pourrait bien n'éirc que le résultat
de la compression exercée sur cet organe par ces
muscles. Mais les expériences tentées à ce sujet, sans
avoir eu des suites défavorables , n'ont cependant
pas eu assez de succès pour faire partager l'opinion
de ceux qui ont proposé ce moyen.
N
NAUSÉE. — Envie de vomir. (/^Oî/ez Vomissement.
KERFS , Maux de nerfs. — On dit souvent d'uni
personne qu'elle a mal aux nerfs, qu'elle a les verfj
agacés, parce qu'elle e?t irritable, qu'elle ne peut souf-
frir aucune .contrariété, aucune opposition. Cet clat,
qui est, comme on le pense bien, le propre des lempc-
ramenls nerveux et même bilieux, se calme par une
bonne direction donnée aux facultés intellectuelles,
par l'abstinence de toute alimentation excitante et par
l'emploi fréquent des bains ; mais il faut surtout se
mettre en garde contre l'abus des préparations dans
lesquelles entre l'opium , parce que, si elles calment
pour l'insiaut, leur emploi ne tarde pas à être suivi
d'une excitalion plus pénible encore que celle pour
laquelle on les avait mises à contiibution.
! On désigne aussi communément sous le nom dema-
ladies des nerfs ou maladies nerveuses , diverses af-
fections souvent rr.ême assez graves, surtout par l'in-
suffisance des moyens que la médecine peut leur op-
poser. (Voyez Co>vvLSiONs, Hystérie, Hypocsoniirte,
Folie.)
NOYÉS. — [Voir Asphtxie.)
OBÉSITÉ. — On désigne ainsi un développement
considérable du volume du corps , un embonpoint ex-
cessif occasionné par un amas extraordinaire de graisse
ans le tissu cellulaire.
298 OBÊ
Les causes de l'obésité sont une nourrittire succu-
leiMe, copieuse et humectante. Ainsi, le laitage, les
farineux , la bouillie , et surlont un régime exclusive-
ment animal engraissent facilement. Parmi les bois-
sons, la bière, Ses raucilagineux, le quass ai^re des
Russes , riiydromel non fermenté des Lithuaniens, fa-
vorisent le développement de ces grasses chairs, de
ces épaisses corpulences qu'on remarque chez plu-
sieurs peuples du Nord. Toute espèce de repos du
corps et de l'esprit, l'immobililé , le sommeil pro-
longé, le calme, la quiétude de l'âme, sont également
des causes prédisposantes à robésité ; mais, indépen-
damment de toutes ces diverses circonstances que
nous venons d'énumérer, ccr laines personnes appor-
tent en naissant une plus ou moins grande disposition
à robésité, laquelle n'attend, pour se développer,
qu'un concours de circonstances favorables.
L'obésité est une affection de IVige mûr. Elle n'es^.
pas une maladie par elle même ; raais, outre les em-
barras et la gêne qu'elle apporte dans la marche et
les mouvements, elle prédispose à une multitude de
maladies , entre autres i'hydropisie , l'apoplexie, la
paralysie , l'impuissance, la stérilité, etc.
Le irailement de l'obésité est assez difficile. Quel-
ques remèdes ont bien produit quchjuefois, à la vé-
rité , un amaigrissenjcnt prompt et rapide, entre au-
tres l'usage du vinaigre, pris comme boisson, les vio-
lents vomitifs ou purgatifs; mais ce n'est jamais sans
de graves dangers qu'on a recours à de pareils moyens.
La santé en est toujours plus ou moins altérée, et des
gastrites chroniques , des névralgies intestinales atroces
en sont souvent la suite. Ce n'est donc que dans le ré-
gime qu'il faut chercher uu remède à l'excès de l'em-
bonpoint. Ainsi , l'abstinence , -le jeûne même , le tra-
vail de corps et d'esprit , la marche 61 TexpusitioD à
ONA 299
la chaleur de l'été , sont au premier rang. Il ne faudra
pas oublier l'usage des boissons légèrement acides,
telles que la limonade , les boissons délayanlcs et
quelques légers laxaiifs de temps en temps , mais ja-
mais au point d'irriler vivement la membrane interne
des intestins. L'usage des aliments secs el épicés, salés
ou fumés , des aromates, du café, du tabac, employés
comme stimulants pour agacer la fibre nerveuse et
teudre l'excitabilité musculaire, peuvent encore avoir
un effet puissant; mais leur usage, poussé à l'excès,
ne serait pas sans danger. Nous en dirons autant des
sudorifiques , tels que le gayac, la squine et autres
médicaraenls semblables, qui sont toujours acres et
irritants.
ONAÎSISME , Êlaxiurbaiion. — Les suites funestes
de cette déplorable habitude , malhcusement bien
commune dans tous les lieux où les enfants, surtout
ceux des deux sexes, sont réunis en grijnd nombre,
sont trop connus pour qu'il soit utile d en faire ici
le triste tableau.
L'existence de l'onanisme reconnue, on doit pro-
céder hardiment à la réforme de cette désastreuse
affection ; pour la combattre, les parents doivent avoir
rrcours à l'hygiène et à la morale. Une nourriture
hicléc, végétale , sera préférable à une nouiTiturc
animale et excitante ; on empêchera la réunion, les
jeux entre sexes opposés. Un exercice actif, une
gymnastique bien dirigée, des occupations sérieuses,
Veinées et toujours en rapport avec l'intelligence de
l'enfant seront d'un précieux avantage ; nous en di-
rons autant des punitions et des récompenses. Si le
raisonnement peut déjà être entendu , il sera bon
d'en faire usage pour faire le tableau des maux phy-
siques et moraux que doivent inévitablement en-
«ourir les enfants qui s'abandonnent ix l'onanisme ,
300 ONG
mais sans trop exagérer, pour ne pas donner h ceux
qui auraient jusque là échappé à ces maux, la cer-
titude de cette exagération.
Les enfants adonnés à l'onanisme dc^Tont coucher
seuls sur des lils de crin ou des matclatspcu moel-
leux , et devront, au besoin , porter des camisoles,
des caleçons, des ceintures, pour être protégés con-
tre eux-mêmes; un violent exercice pris immédia-
tement avant le coucher est souvent un excellent
moyen , parce qu'il détermine souvent un prompt
sommeil. Les boissons délayantes, leslavcments relâ-
chants devront de temps h autre s'opposer à la consti-
pation, qui quelquefois, par l'irritation qu'elle apporte
dans le gros intestin, stimule les parties génitales et
réveille la funeste habitude ; il en est de même de
la plénitude de la vessie, qui peut entretenir dans
les organes voisins une stase sanguine toujours pré-
judiciable dans l'espèce. Enfin quelques applications
d'eau froide sur la nuque, le long de la colonne ver-
tébrale peuvent être utilement employées.
0>'GLE INCARNÉ. — On nomme ainsi l'ongle qui,
r)ar sa conformation vicieuse ou parla pression exer-
cée par des chaussures trop étroites, pénètre dans
les chairs. C'est par conséquent le plus habituellement,
pour ne pas dire toujours, au pied et au gros orteil
qKe survient celle affection , en général peu dange-
icuse , mais tourmentant par les douletirs qu'elle peut
occasionner et le repos auquel elle condamne.
Les effets de l'ongle incarné diffèrent selon ses de-
grés. Dans le principe , la peau est seulement irritée,
le malade éprouve de la douleur en marchant ; mais
comme cette douleur est supportable , il ne s'impose
.aucun repos. Cependant, le ma! augmente, la peau
.ft'enllamme, s'entame dan'; Pentlroit sur lequel le bord
|de l'oDgle appuie I le< douleurs s accroissent^ la Biarclra'
ONG 301
est plus difficile. îl s'élève quelquefois de Tulcéralion
de la peau une espèce d'excroissance charnue semblable
à celle quisurvient souvent aux doigts affectés de tour-
niole ou de panaris. Dans un degré plus avancé, l'inflam-
mation sétendant à toute la peau qui environne l'on-
gle, les adhérences de celui-ci s'en trouvent détruites.
Alors il s'y fait une suppuration abondante, sanieuse
et fétide ; les douleurs sont irèsvives , et le malade ne
peut marcher qu'en s'appuyant sur le talon.
De tout temps, on a senti la nécessité de remédier
le plus promptement possible à celte maladie, et on a
imaginé contre elle une inGnité de moyens. Ces
moyens sont de deux sortes, suivant qu'ils s'adressent
à l'ongle ou aux chairs qui le recouvrent. Dans le pre-
mier cas, on a d'abord cherché à remédier à la trop
grande largeur de l'ongle, cause préfun:ée de tout le
mal. Pour cela, on a d'abord imaginé de l'user à sa
partie moyenne, de manière à le partager en deux, et à
rapprocher ainsi ces deux moitiés , soit par des tam-
pons placés entre leurs bords extérieurs et les chairs,
soit par un Gl introduit dans un trou pratiqué sur cha-
cune d'elles ; maison y a renoncé, parce que l'ongle
ne pouvant jamais, quoi qu'on fil, être divisé dans
toute sa longueur, les deux parties résultant de sa di-
ifiâiou étaient tenues écartées. On lui a substitué la ré-
section au moyen du bistouri de toute la partie incar-
née , depuis sa racine jusqu'au bord libre, en brûlant
même avec la pierre infernale la partie de la racine
qui pourrait se reproduire.
D'autres auteurs, ayant cru que la maladie dépen-
dait de la courbure vicieuse de l'ongle , ont cherché à
le redresser en parrenant à introduire une lame de
fer blanc ou de plomb entre sa face intérieure et les
chairs, puis en recourbant celle feuille mélallique
»ur l,e côté ou les côtés de l'orteil , suivant qu'il est
302 OP1I
incarné d'un ou de deux côtés, pour déprimer lec
chairs excédantes ; ce moyen réussit dans bien des
cas. Les chirurgiens modernes , peut-êlre trop souvent
empressée d'opérer, lui préfèrent l'aîrachemeni de la
partie incarnée de l'ongle ou même de sa totalité.
Restent maintenant les moyens dirigés contre les
chaiis qui recouvrent l'ongle. Tout, à leur égard, se
réduit, comme on le prévoit de suite, à les enlever.
Cet enlèvement se fait, soit avec le bistoHri , soit avec
la pierre infernale ou la potasse caustique. Ces deux
moyens peuvent avoir le mériie de la promptitude
dans les résultats et de porter le cachet chirurgical;
mais ils sont par trop effrayants et trop douloureux
pour qu'on s'y soumeite bénévolement en dehors des
cas extrêmes; aussi , préfére-l-on , dans les cas ordi-
naires, avoir recours aux preaiieis moyens, surtout à
la plaque introduite sous l'ongle et recouiLée sur les
côtés de l'orteil, qu'elle embrasse en partie.
OVIUIIALVAE, naugeurdes yeux Jla!d'i/eux.— On
nomme ainsi, en langue médicale, î'inllammation de
la membrane qui tapisse la partie extérieure du globe
oculaire, pour se réfléchir sur la partie interne des
paupières ; c'est à dire à tout étal de l'œil ou des
paupières qui se produit au dehors par quelque rou-
geur ou quelques-uns des signes ordinaires de l'in-
llammatien.
Les causes de l'ophlbalmie sont externes ou internes,
«uivanl que ces causes résident dans l'application de
substances irritantes sur les yeux, comme des liquides
froids ou acides, l'action d'un vent froid ou chargé
de poussière et de sable, l'exposition à une lumière
très vive, à la fumée ou à des vapeurs irritantes, à
la présence ou au simple contact de corps étrangers;
ou bien suivant que ces causes sont la suppression
de la transpiration, d'un saignement de nez ou d«
OPH 303
toute antre perte habilucUc. L'ophthalmiepeut aussi
tenir à un état scrophuleux ou vénérien.
Lorsque cette maladie est simple et légère ,
elle cède assez promptemcnt à la diète et à quel-
ques doux purgatifs, comme l'eau de veau, l'in-
fusion de séné , secondés par quelques moyens lo-
caux, à la tête desquels se placent naturellement les
lotions émollienies, les cataplasmes faits avec des
herbes mucilagincuscs bouillies dans du lait. Les
lotions froides réussissent aussi quelquefois , mais
chez les personnes sanguines elles occasionnent plus
de mal que de bien.
Est-elle plus intense, on doit s'attacher à empê-
cher qu'elle ne tourne à suppuration, parce que
quand elle arrive à cet état, ii se forme assez souvent
des. taies qui, si elles surviennent en face de la pu-
pille, gênent ou même empêchent coraplétcmenl la
vision, A cet effet on a recours à la saignée du bras,
aux sangsues derrière les oreilles , aux bains do
pieds synapisés, aux purgatifs salins, comme l'eau do
Sedlilz, enfin auxvésicaloires et même au scton pla-
cé derrière le cou. Une atonie caractérisée par le
changement de couleur de l'œil qui, de pouge vif,
devient brun ou violet, et par la cessation ou la di-
minution de la douleur, succède-l-clle à la vive
intlammation? on remplace les «nédicaments.éraol-
lients par des topiques astringents, comme l'eau
blanche très étendue d'eau, la solution de sulfate
de zinc, et même de nitrate d'argent , dans les rap-
ports de 10 cenligr, environ, ou 2 grains par
32 giamm. en une once d'eau. On fait aussi avec
avantage des frictions sur le front et même sur les
paupières avec une pommade mcrcuriel le simple, ou
mieux associée avec l'extrait r^e belladone.
304 OHE
OREILLE {Mal d'). — Il est peu oa pluiùi H nVâf
point de maladie qui , à gravité égale , occasionne
des douleurs plus aiguës que rinflaramation de l'in-
térieur de l'oreille. Résultat ordinaire d'une tempé-
rature froide et humide , de l'exposition de la tête
nue à un courant d'air rapide, surtout lorsqu'on est
en sueur, de la présence d'un corps étranger, de
la disparition d'une oplilhalmie , de la suppression
subite d'une perte habituelle , contre-coup d'un mal
de gorge, d'une carie dentaire, etc., elle affecte
ordinairement les sujets jeunes et se montre plus
souvent chez les personnes d'une constitution lym-
pathique que chez celles de toute autre constitution.
Lorsqu'elle se déclare on éprouve d'abord une dou-
leur peu intense, quelquefois même une simple
démangeaison incommode. Cette douleur augmente
au seul toucher de l'oreille, au plus léger mouve-
ment des mâchoires , occasionne bientôt un violent
mal de tète, des bourdonnements et des sifflement»
dans l'oreille , que le plus léger bruit , les efforts
de la déglutition aggravent. Si l'inllammation est
p'us prononcée, aux symptômes précédents se joi-
gnent bicnt'ôl de la fièvre , une rougeur des yeux ,
une tuméfaction des glandes du cou, une sécheresse
douloureuse de la gorge, une salivation abondante.
Quand cette inllammaiion est légère et se trouve
liée à un mal de gorge, elle se dissipe aisément et
comme d'elle-même en trois ou quatre jours ; mais
s^i elle a gagné l'intérieur même Je l'oreille , chez
un sujet jeune et sanguin, on est souvent obligé d'a-
voir recours à la saignée du bras , aux sangsues
appliquées derrière l'oreille malade ou à l'anus,
aux injections émollicntes rendues plus calmantes
par la décoction de pavot ou l'addition de quelques
gouttes do laudanum , aux vcsicatoircs eur le cou ,
ORB 30 5
«un lavements purgatifs; et encore on n*est pas tou-
jours certain de prévenir la suppuration. Quand
celle-ci est corapléiement formée , elle se fait
souvent jour au dehors par une sorte d'explosion qui
soulage la personne ; mais quelquefois le pus ne
peut s'écouler, faute d'issue, ot occasionne de gra-
ves désordres par son accumulation. Chez les sujets
lymphatiques, c'est-à-dire de tempérament mou et
indolent, la maladie prend assez souvent une marche
chronique et peut , en occasionuant la carie des
osselets contenus dans l'inléricur de l'oreille, dé-
terminer une surdité qu'il est toujours plus facile de
prévenir que de cerahattrc efljcaccment. C'est dans
ces casque l'application d'un vésicaloire au cou, ou
d'un cautère au bras, et l'emploi des boissons amères
sont indispensables : les premiers pour diminuer le
travail de désorganisation de l'intérieur de l'oreille,
lessccoiidcspour changer l'ensemble de lacoustilution,
OREILLONS. — On donne généraicment ce nom ou
simplement celui de glandes, à certains gontlements
inllammaloires des petites glandes situées derrière
l'angle de la mâchoire, au-dessous de l'oreille, aux
environs de la glande salivaire diie parotide, et par-
fois à l'inllammation de cette glande elle-même.
•Les oreillons se manifestent tantôt d'un seul côté,
j tantôt des deux à la fdis, ou bien d'abord à l'un, puis
jà Tauire; la tumeur qui en résulte parvient souvent
;à la grosseur du poing, ordinairement elle est assez
jdouloureuse et gène presque toujours la mastication,
quelquefois même elle l'empêche entièrement ; mais
en général cette maladie est assez bénigne, quoique
toujours accompagnée d'une ùë\Te plus ou moins
forte, et rarement elle se montre rebelle au traite-
ment dirigé contre elle.
Les oreillons sont beaucoup plus communs che»
|ei eofanla que chez les xç-andes personnes, Lq tra®
%9
zoe ORG
vail de la dentition, la répercussion ou le dess<icho-
ment du suintement des oreilles, le froid, l'humidil»
en sont les causes les plus ordinaires; quclquefc»?
aussi cette affection sévit d'une manière épidcmique
Le traitement des oreillons est ordinairement sim-
ple. On se contente en général de les frotter avec
de l'huile de lin un peu chaude, ou bien on les rc-
couM'e d'un tampon de laine grasse, c'est-à-dire ré
cemment coupée et chauffée. On peut très bien sub.
stituer à ces moyens des cataplasmes émollienls, de!
boissons tempérantes et portant aux urines, comme le
sel de nilre. Si la suppuration se déclare, on la favo-
rise par des cataplasmes rendus maluratif? au moyen
d'un mélange d'un peu de saindoux ou d'oguon:>
cuits sous la cendre; puis on ouvre la tumeurdans le
point le plus bas, pour faciliter l'écoulement du pus.
ORGEOLET. — Nommée aussi, en tcrmesfamiliers,
pour ne pas dire triviaux, Compère-Loriot, celte af-
fection consiste en une petite tumeur inllammatoire,
qui se développe dans le bord libre des paupières,
le plus oi'dinaircmcnt vsrs l'angle interne de l'œil.
Cette petite tumeur est, comme les clous, d'un rougo
foncé, très enllammée et beaucoup plus douloureuse
que ne peut le fuire croire sa petitesse ; elle excite
même souvent la fièvre et l'insomnie chez les per-
sonnes délicates et sensibles.
Celle espèce de véritable furoncle se développe
sans cause apparente ; on a cependant remarqué qu'il
était assez fréquent chez les personnes qui se nour-
rissent d'aliments acres et irritants, ou qui abusoul
des liqueurs alcooliques. Quand il ne fait que com-
mencer, et qu'il n'est encore que borné à la jicau,
on peut essayer d'en obtenir la résolution en appli-
quant stir lui l'eau froide cl même la glace ; mais
ORG 3t>T
quand il est déjh avancé et que le tissa cellulaire est
déjà envahi, on ne doit plus s'occuper que de favo-
riser la suppuration qui seule peut amener la guéri-
son. Si l'inflammation est considérable et excite beau-
coup de douleur , on bassinera les paupières plu-
sieurs fois par jour avec l'eau de guimauve, ou mieu:?
on les cou\Tira d'un cataplasme fait avec la mie de
pain, le lait, la pulpe de pomme cuite, etc. Quant
l'inllammation est médiocre , une petite mouche d<
diachylon gommé accélère la suppuration et favorise
l'ouverture de la tumeur, qu'il convient presque tou-
jours d'abandonner à la nature.
Lorsque l'on voit blanchir le sommet de l'orgeo-
let, il ne faut pas se hâter de l'ouvrir , pour donner
issue à la petite quantité de sérosité purulente qui
se trouve entre le bourbillon et la peau, comme cela
arrive dans tous les clous, il faut attendre que la
peau s'amincisse autour du point blanchâtre, qu'elle
se rompe et s'ouvre assez d'elle même pour laisser
sortir avec le pus toute la portion morte du tissu cel-
lulaire. Quand le bourbillon tarde à s'échapper, on
le fait sortir en pressant doucement la paupière vers
la base de la petite tumeur. Tous les symptômes ne
tardent pas ensuite à disparaître ; le vide qui succède
à la sortie du bourbillon se remplit et se ferme en
vingt-quatre heures.
On voit aussi assez souvent la tumeur qui nous oc-
cupe sur certaines personnes scrofuleuses, et sur-
tout chez celles qui sont très sujettes à l'ophthalmie
et aux croûtes laiteuses de la tête et de la Gguro.
Un traitement composé de médicaments purgatifs, d'un
régime doux, du repos absolu des yeux, surtout l'ab-
stinence du travail à des objets délicats et à une lu-
mière artificielle, guérissent ordinairement une pa-
reille tendance à la formation de l'orgeolct. Quand
308 pAî.
il s'omTC chez ces personnes, il arrive quelqucfoif
qu'un petit tlocon de tissu cellulaire reste dans le
fond du foyer qui le logeait, et que sa présence em-
pêchant le rapprochement des parois du foyer, re-
tarde la guérison complète. ïl faut alors toucher avec
la pointe d'un crayon de pierre infernale, ou avec un
pinceau très fin trempé dans l'acide sulfurique, pour
(iélcrminer promplcmcnt sa chute.
ORTHOPEDIE. — C'est ainsi qu'on appelle la partie
de la chirurgie qui s'occupe du traitement des dif-
formités. Cette partie importante de l'art est devenue
de nos jours l'objet des plus sérieuses recherches,
et malgré les promesses toujours fort exagérées
des praticiens qui en font le sujet d'une spécialité,
on ne peut se dissimuler qu'elle n'ait fait des pro-
grès fort remarquables, et n'ait en définitive donné
d'excellents résultats ( Voyez les mots Bégaiement,
Louches, Torticolis, Pied-cot,Pied plat, Taille, etc.).
PALES COULEURS. — Cette maladie, désignée en
médecine sous le nom de chlorose, est propre aux
jeunes filles, aux vierges et aux veuves ; elle se ma-
nifeste par les symptômes suivants: pâleur excessive,
couleur verdàtre, jaunâtre et boufiissure de la face,
paupières livides cl ordinairement tuméfiées après
le sommeil ; yeux mornes , lèvres blanchâtres, peau
sèche, terne et comme plombée , chairs molles cl
îlasqucs, pieds gonfiés, pouls petit et fréquent, respi-
ration diiïicile, sentiment de tristesse, diminution cl
quelquefois perte complète de l'appéiit, goût dépravé
pour diverses substances non alimentaires, telles que
le plâtre, le salpêtre, la craie, le charbon, etc. Quel-
quefois les malades éprouvent des nausées et des vo-
missements , des palpitation» , un CDgomdisacweht
PAL 309
des membres, des pandieulations, des pesanteurs et
maux de tête, etc. Les règles sont presque toujours
supprimées ou diminuées, et c'est surtout à leur épo-
que que les symptômes s'exaspèrent.
Les causes des pâles couleurs sont souvent l'éia»
de virginité, surtout lorsqu'à l'époque do la puberté
la menstruation ne s'établit pas, ou qu'elle se fai'
d'uuQ manière irrégulicre. Après les vierges , les
J veuves y sont le plus sujettes : c'est ce qui a fait
penser que cette maladie dépendait de l'inertie dos
organes génitaux , mais les médecins ne sont pas
d'accord à ce sujet. Quoi qu'il ca soit, cette affection
se développe généralement sous rinlluencc de causes
débilitantes, telles que la vie sédentaire et renfer-
mée, le séjour dans des lieux humides et malsains,
la fatigue jointe à une mauvaise nourriture, les veilles,
un chagrin profond et concentré, l'ennui, la jalou-
sie, un amour contrarié, etc.
En général celte maladie est rarement dangereuse,
quoique souvent elle soit de longue durée ; cepen-
dant, comme toutes les autres maladies chroniques, elle
peut avec l« lemjjs, mais dans des circonstances rares,
produire l'ineriie ou une grande irritation des organes
digestifs, et donner lieu d'abord au marasme, et par
suite à la mort.
Le traitement des pâles couleurs doit être en raison
des causes qui les ont produites et qui les entretien-
nent ; ainsi il faut débuter par rappeler les règles, si
elles sont supprimées, ou en provoquer l'éruption chez
les jeunes Glles qui ne les ont point encore vues. Les
emménagogues et le« préparations ferrugineuses sufll-
sent souvent alors pour amener la guérison. On trou-
vera au mot RÈGLES tous les détails de ce traitement.
Lorsque la chlorose parait être due à des chagrins on
k une inclination contrariée, il faut se borner aux
310 PAL
moyens hygiéniques, aux distractions, s'abstenir de tout
médicament jusqu'à ce que le temps ait émoussé ces
affections tristes, et alors, pour l'ordinaire, il n'est plus
besoin de médicaments.
Les pâles couleurs ne sont point un obstacle au
mariage, qui peut même au contraire agir comme un
remède, quand la maladie dépend d'un amour contra-
rié, du veuvage et d'un excès de chasteté. Mais toute- '
fois il est de la plus grande importance que la malade
ait atteint l'âge où le corps est bien développé, et que
sa constitution ne soit point trop débile; car sans cela,
au lieu d'être utile, le mariage viendrait aggraver la
maladie.
Quelles que soient les causes des pâles couleurs,
outre les médicaments, il est nécessaire d'avoir re-
cours à un traitement hygiénique: ainsi les habitations
seront saines, aérées, et exposées aux rayons solaires,
les vêtements chauds, l'exercice modéré , les prome-
nades à âne, en voiture, et même à cheval, les aliments
sains, faciles à digérer, pris en petite quantité et ren-
dus un peu excitanis et toniques^ le bon vin coupé
avec deux tiers d'eau ferrugineuse naturelle ou factice,
la dause, la musique, les amusements divers, les jeux
un peu actifs, en un mot tout ce qui peut concourir à
diitraiie agréablement les malades. On retire égale-
ment des effets avantageux des bains d'eaux minérales
pris à la source, tant par l'exercice et les distractions
qu'ils procurent que par l'action tonique des eaux
elles-mêmes. Celles qui sont le plus sj^écialement re-
commandées sont les eaux do Vichy, de Plombières,
d'Enghien, de l'assy, de Pyrmont, etc.
Les sigHe« qui font présager la guérison prochaint
des pâles coulurs sont les suivants : la peau se colore,
surtout la face, les yeux reprennent leur éclat , las
forces le rélablissenl, etc. Il importe de ne pu c«Mer
PAL 311
tout à coup le trailemeal, lorsque la gucrisoH esl ré-
cente, raais'on ae doit l'abandonner qu'avec lenteur
et (l'une manière insensible, else préoccuper de la né-
cessité des conditions hygiéniques, jusqu'à ce qu'on
soit à l'abri de toute rechute.
PALPITATIONS. — Les palpitations ou batte-
ments de cœur se lient ordinairement à une affection
organique de ce visjcèrc, c'est-à-dire à une alléra-
•;on matérielle et conséqucmmcrit appréciidjle de sa
conformation; mais très souvent aussi elles sont l'cf-
let d'une disposition nerveuse ou d'une constitution
détériorée, comme celles qui affectent les personnes
dont la vie a été agitée, et qui sont restées ion^^temps
exposées à des affections morales vives, mais surtout
à de violents chagrins, et celles qu'on observe chez
les individus convalescents de quelques maladies
ayant exigé un traitement énergique, ou chez les jeu-
nes filles non encore réglées et chlorotiques.
La première chose à faire dans le cas de palpitations
purement nerveuses, très communes dans les classes
élevées de la société, est assurément de faire cesser
les causes morales qui les ont occasionnées. Mais ces
causes une fois détruites, il arrive assez souvent que
l'effet persiste : on est alors obligé d'avoir recours à
divers moyens , comme les boissons froides long-
temps continuées, les applications sur la région du
cœur de compresses trempées dans des liquides froids
ou arrosées d'élher , les antispasmodiques, tels que
l'opium, la digitale et la belladone. On a aussi retiré
de grands avantages du sirop de pointes d'asperges,
des tisanes fortement nitrées, des bains tièdes.
Leséjour à lacampagne, lesvoyages, les distractions
morales, une nourriture légè.-e, mais non débilitante,
secondent puissamment l'efiet de ces divers moyens.
On conçoit très Uien que si les palpitations se liaieal
312 PAïf
à un état san^in, qu'elles- en fussent ou non la con-
séquence, une saignée au bras devrait précéder tout
le traitement ; elle pourrait même, dans certains cas,
dispenser de tout autre soin, tandis que si elles s'é-
taient déclarées sous l'inlluence de la suppression
d'un flux périodique, c'est au rétablissement de ce
dernier qu'il faudrait d'abord songer. Quant aux pal-
pitations qui affectent les personnes très affaiblies ou
les jeunes lillcsnon encore réglées, et qu'on reconnaît
aisément h la pâleur de la face et à tous les signes
d'une détérioration générale, elles ne cèdent qu'à
l'emploi sagement combiné des fortifiants, et surtout
des préparations ferrugineuses {Voyez les mots Pales
COCLEL'RS).
PANARIS. — On donn^ ce nom à l'inflammation
algue des parties molles qui entrent dans la composi-
tion des doigts, inflammation qui, bornée primitive-
ment h. l'un des doigts, peut s'étendre et ne s'étend
que trop souvent à la main, et même au bras. Celle
maladie a reçu divers noms, suiv»nt ses degrés ; ainsi
quand elle est légère el bornée aux couches supeifi-
oielies de la peau, on !a nomme tourniole; quand el'e
est plus intense et parait avoir son siège plus profiui-
dément, elle constitue ce qu'on nomme mal d'avtn-
ture; dans le langage ordinaire, le molpariaris exprime
le degré le plus élevé de la maladie ; celui dans lequel
le tissu cellulaire, situé en dessous de la peau, esf
envahi.
Le panaris s'annonce, comme on sait, par une
légère déraangeaisoM dans la partie du doigt qui a été
le siège d'une irritaiion (pielconque, mais le plus ordi-
nairement d'une piqûre. Bienlôl cette partie devient
rouge et se goulle, la démangeaison se change en une
douleur brûlante et pulsative, c'est-à-dire accompagnée
debatiementf. Au bout de quelques jours^ il l'amaise
PAN 313
■OUI l'épiderme et autour de l'ongle un Guide puru-
lent, blanchâtre, le petit abcès se perce de lui-mem»
et son évacuation est ordinairement suivie d'une
prompte guérison. Très souvent néanmoins, même
avec cette marche simple, l'ongle finit par tomber. Le
panaris est loin d'élre toujours une maladie aussi lé-
gère. Si l'inflammaiion a gai^iié ie tissu cellulaire, ce
que nous avons dit constituer le véritable panaris, les
douleurs deviennent aiguës, le gonilemcni et la ten-
sion augmentent, le doigt affecté prend une couleur
foncée, les artères de la main luiiieiit avec force; la
totalité de la main peut même être envahie et lirrita-
lion se propager à l'avant-bras, au bras et surtout à
Taisselle où elle aboutit très souvent. Cet état est tou-
jours accompagné de fièvre, d'insomnie et quelquefois
même de délire.
Les médicamenîs les plus bizarres ont été conseillés
contre le panaris, ou plutôt pour prévenir son déve-
loppement dans les cas où l'on craint qu'il wc se
forme. De ces médicaments il ne reste plus aujourd'hui
que l'immersion du doigt malade dans l'eau froide,
même dans la glace ou la neige pilé-e, ou dans un bain
saturé de quelques topiques calmaRls, l'emploi des ca-
taplasmes laudaniàés, les frictions mercurielles , les
cataplasmes de ciguÔ. Mais il est bien rare que ces
moyens, même employés dès le début de l'itiQ.unma-
tion, puissent l'arrêter dans sa marche et surtout luc-
venir la formation d'un abcès ; aussi est-on assez
généralement d'accord aujourd'hui sur la nécessité
d'inciser de bonne l)«U!e la partie malade. Celle inci-
sion a l'avantage de débrider les parties, pour ainsi
dire étranglées, et de ménager une issue au pus, si on
n'a pu empêcher sa foimation. Après que l'incision
est laite, on plonge le doigt dans une décoction émol-
lieatt qu'on a rendue calmante en la coupant avec de
314 PAR
l'eau de pavot ;_ on laisse saigner quelque temps la
plaie, et on la pause avec des bourdonnets de charpie
qu'on recouvre deux fois par jour de cataplasmes ar-
rosés de quelques gouttes de laudanum.
PARALYSIE. — On dit qu'une partie est paralysée
quand elle se trouve privée de la faculté de mouvoir ou
de sentir, ou même de ces deux facultés à la fois. On
la nomme générale lorsqu'elle occupe la totalité ou la
presque totalité des organes ; hémiplégie si elle est
bornée à un seul côté du corps, et paraplégie quand
elle frappe sur toutes les parties inférieures. On la di-
vise encore en paralysie du mouvement et paralysie du
sentiment, suivant que c'est Tune ou l'autre de ces
deux facultés qui est éteinte. Pour se faire une idée
exacte de la paralysie, il faut savoir que nos organes
ne sentent et ne se meuvent que par le cerveau et la
moelle cpiuière, et qu'ils cessent, par conséquent, de
sentir et de se mouvoir aussiiôt que leurs rapports
avec ces ceulres nerveux sont détruits ou inlerrom-
j>us, OH que ces derniers sont plus oi! moins profondé-
ment affectés. Ainsi Tincisiou d'un nerf se rendant à
ui\ membre entraîne la paralysie de ce membre par
mpossibiliié où ce dernier se trouve alors de recevoir
" iiiluence du cerveau, de même qu'un épanchement
'■; sang^ ou de tout autre chose dans un point quelcon-
;ue du cerveau, détermine la paralysie du membre
iquel ce point correspond par rimpossibilité où se
.louve alors le cerveau d'envoyer .son influence.
c'est «le l'aj'préciation de ces deux ordres de cau-
ses de la [iar.ilysie que découle son traitement. Une
peisomie se tiouve-t-elle par.alysée par une aliaque
d apoplexie (voyez ce moi), c'est bien moins sur Icâ
parties privées de sentiment que vers le cerveau que
doit être dirigé le traite^neni ; aussi la première chofo
à faire dans ce om^ c'^st^ de clierolier à dégager le
PES 315
cerveau par des saignées générales, des sangsues der*
rière les oreilles, des vésicatoires volants appliqués à la
nuque, des purgatifs ou même l'émélique si la personne
avail l'cslomac embarrassé d'aliments, comme cela ar-
rive très souvent. Une fois que le sentiment commence
à reparaître dans les parties qui ont été atteintes, on
peut diriger sur elles quelques moyens propres à rele-
ver leur vitalité , comme des frictions sèches ou faites
avec des préparations soit aicolioliques , soit ammonia-
cales; des douches sulfureuses , des exercices d'abord
modérés et de plus en plus actifs. L'électricité et le
{;alvani5me ont aussi souvent été mis à contribution
avec succès. On a également essayé de ranimer l'aclioa
du cerveau et de la moelle épinière par l'emploi de
certaines substances très actives , que l'expérience a
démontrées agir spécialement sur eux , comme la noix
vomique , la strychnine , le rhus radicans. Mais ce
mode de traitement ne peut être tenté que dans les cas
extrêmes, et demande la plus grande circonspection.
PEAU [Maladie de la). — {^oyez Dartres, Gale,
IVlE>TAGnE, Prurigo, Sc.vrlati»e,Vàriole,Zo>'A^ etc.)
PENDU. — [Voyez Asphyxie.)
-PERTE. (Voyez Hémorruagie , Règles, etc.)
PESTE. — On confond très souvent sous ce nom la
plupart des maladies qui régnent épidémiqucmenl et
exercent de grands ravages ; mais il appartient spécia-
lement à une maladie propre aux pays chauds , endé-
mique en Egypte , généralement réputée contagieuse ,
caractérisée par des taches livides à la peau, des bu-
bons, des gangrène-, etc., contre laquelle les traite-
nieiils les plus opposés ont été tentés sans grand
résultat, et dont ou n'est siîr de se garantir qu'en s'éloi-
gnant des lieux où elle règne. La peste étant une ma-
ladie à peu près inconnue en France et même en Eu-»
rope, il esl iuuiiie de nous en occuper davantage.
316 PUT
PHTHISIE. — On a longtemps appelé d u nom de phlhi-
sie tout état d'amaigrissementporléjusqu'à la consomp-
tion, qu'elle qu'en fût la cause ; mais celte dénominatioa
n'appartient aujourd'hui qu'au marasme déterminé p»r
les aliéralions de l'appareil respiratoire, comme le pou-
mon, le larynx: de là, la phlLisie pulmonaire et la
phlhisie laryngée. Voyons d'abord la première.
Cette redoutable maladie, plus fréquente par-
rai les femuies que parmi les hommes et plus com-
mune de dix-huit à trente ans qu'à aucune vautre
ppoque de la vie , débute presque tx)ujours par" une
(uux sèche, souvent si peu pénible^, que la personne y
fait à peine attention, quoiqu'elle soit généralement
opiniâtre et qu'elle redouble tous les soirs. Il n'est
pas rare de la voir accompaguée ou suivie de crache-
monts de sang; mais à mesure qu'elle se prononce
davantage, quelques douleurs d'abord vagues, mais
bientôt plus prononcées se déclarent dans divers points
de la poitrine ou dans le dos, en même temps que la
respiration se gêne de plus en plus, que les eraehals
deviennent plus abondants et plus chargés, que la Gèvre
devient plus forte, que de, sueuis visqueuses se décla-
rent au front et dans la paume des mains, que la voix
s'éteint^ que les yeux se cavent, que les pommettes
deviennent plus saillantes.
Que de moyens n'a-t-on pas proposés contre la
phlhisie pulmonaire, et malheureusement que de dé-
ceptions n'a-t-on pas eues? plusieurs médecins sont
même d'avis qu'elle est complètement iucurable. Mais
cette assertion est très contestable, à moins qu'elle ne
s'applique qu'à la seconde et à la troisième période de
la maladie. Mais les exemples de guéris m dans la pre-
mière période sont assez communs pour encourager
l'espérance des malades. Dans le début de la maladie,
les persoDoes qui le peuvent feront bien ^'habiter
PHT 317
on climat chaud et sec, de porter constamment de la
l'aine sur la peau, d'arrêter le travail de désorgani-
sation , dont le poumon tend de plus eu plus à
devenir le siège , par des vésicatoires placés sort au
bras, soit mieux eiicore sur les parties de la poitrine
répondant aux poinls malades, de faire un usarra ha-
hiiuel de lisaues pectorales, d'éviter tous les aUnit;nt$
«aies qui provoquent la Iol x, de prendre une nourri-
ture substantielle, le lait d'âuesse. L'observation sem-
ble aussi avoir prouvé que les eaux sulfureuses, l'iode,
riiuile de foie de morue, les décoctions de plauies
amères comme les lichens, le cresson, pouvaient q.:<'l-
quefois arrêter la dcgéaérescence de la matière qui fait
la base même de la phlhisie pulmonaire.
Quant à la phlhisie laryngée , conséquence assez
commune de la première, elle est cependant plus
fréquente chez les hommes que chez les femmes, et se
développe plus eouvent que celle du poumon îous
l'influence de causes physiquement appréciables.
Aussi , la rencontre-ton assez ordinairement sur des
personnes qui ont fait des exercices forcés de la voix ,
qui vivent dans une atmosphère chargée de poussière,
qui boivent beaucoup de liqueurs alcodliques. Dans
son début , elle est souvent arrêtée par les saiiinées ,
si elle s'est énoucée avec les apparences d'une vive iu-
tlaramalion. Des vésicatoires sur le devant du cou et
le silence le plus absolu ont quelquefois arrêté la for-
Bialion des ulcères, par lesquels se termine le plus
habituellement cette espèce de phlhisie. La cautérisa- \
tion de ces ulcères par des fumigations balsamiques,
comme les diverses résines , l'allénualion des dou-
leurs par les piéparalions opiacées, etc., sont des in-
dications que l'on doit avoir eu vue de remplir ; maii
la maladie ne triomphe que trop souvent de ces moyens
ist d'une iufuiilé d'autres qu'on a cherché i iui eppnsçt-.
518 pjç.
PIED -BOT. — Vi) grand nombre d'enfants naissent
a\aiit les pieds lelleraeni disposés , qu'ils ne peuvent
tuucher le sol que par un de leurs bords ou par la
po'nte, ou bien encore, si les orteils sont dirigés en
dedans, sans que leur face plantaire cesse d'être hori-
zcutale. Il en résulte diverses difformités auxquelles
ou donne généralement le nom de pied-bot, et qu'on
dislingue en équir, lorsque le pied ne touche le sol que
par sa pointe, en varti$ quand le pied est tourné en de-
dans, et uaîgus quand c'est le contraire. Quoi qu'il en
sjii de ces diverses dénominations; auxquelles les hon>-
mes spéciaux ont voulu en substituer d'autres plus
scientifiques , il faut reconnaître, puisque c'est la vé-
rité, que, dans auc»ne antre maladie, la science de
nos jours n'a eu des résultats plus certains. Ces ré-
sultats datent seulement du moment où l'on reconnut
que, dans la plupart de ces difformités, les os du pied
avaient conservé leur forme naturelle, etse troavaicnt
seulement maintenus dans des rapports vicieux par les
muscles ou les cordes tendineuses quis'insèrent sur eux.
Une fois ce fait démontré et bien acquis, il en
découlait naturellement cette conséquence : qu'il de-
vait suffire de détruire, par la section du muscle ou
des muscles raccourcis, l'obstacle qu'ils opposaient aux
rapports réguliers des os du pied entre eux. C'est eflec-
livement ce qui a lieu, et des faits nombreux viennent
tous les jours confirmer rexaciilude de celte applica-
tion théorique. Uue fois le muscle coupé, le pied et le
bas de la jambe sont fixés dans un appareil qui main-
tient ses deux bouts écartes et favorise la formation
d'une substance intermédiaire, par l'extrémité de la-
quelle ce muscle reprendra ses .fonctions. .Comme le
défaut de monvement du pied et la compression que
les us détournés de leur p!ac« ont exercée sur tes vais-
seaux nourriciers du membre, l'ont ordinairerocot jeté
PIE 319
dans Qn grand élat de maigreur , on voit 1res souvent
tous ces accidents conçccutifs disparaître avec la des-
tiuclion de la cause qui les entretenait.
PIED PLAT. — Tout le monde sait que l'aplatisse-
ment du pied rend la marche difficile et même péni-
ble. La raison s'en trouve dans le peu de force qu'ont
sur les os du pied les muscles qu!,s'iosèranl à eux pour
entraîner le pied dans la marche, y arrivent dans une
direction qui leur est parallèle, et non obliquement,
comme cela existe quand le coude- pied est très pro-
noncé. Cette difformité qui, dans bien des cas, est une
cause d'exemption du service militaire, se corrige en
quelque sorte par des chaussures à talons élevés.
PIERRE. — La pierre est unemaladieforl commune,
sans qu'on puisse connaître les causes qui président à
sa formation. Les deux sexes y sont à peu près aussi
sujets l'un que l'autre, aucun âge n'eu est exempt, on
en trouve un nombre presque égal dans les pays chauds
et les pays froids, aucun régime n'en garantit ; quant
à la disposition à l'acquérir, elle se transmet assez fa-
cilement par voie d'hérédité. Les signes qui dénotent
l'existence de la pierre sont quelquefois Vrès obscurs,
puisqu'on a vu des individus vivre très longtemps,
mourir même sans s'être jamais doutes qu'ils eussent
dans leur vessie des pierres même assez volumineuses.
Mais ce sont des cas exceptionnels ; dans les cas ordi •
naires, le cours des urines est troublé, on éprouve un
sentiment de tension et de pesanteur dans le fond du
bassin, le bout de la verge est douloureux, les urines
sont glaireuses ou sanguinolentes , leur émission est
accompagnée d'une ardeur qui ai;gmenîe surtout vers
la fin, au moment où les parois de la vessie, se vidant,
viennent s'appliquer sur la pierre ; celte émission se
trouve souvent tout à coup interrompue, pour ne re-
prendre son cours qu'après quelques mouvements, oti
320 PIB
daiis ccTlainei posiiions extraordinaires; enfin une
soude lu'rûdiiile dans la vessie fait éprouver, sur la
pierre qu'elle contient , un choc qui ne laisse plus au-
cun doute sur son exisleuce.
Le traitement de la pierre est médical ou chirurgical,
c'est-à-dire qu'il est coinposé ou de moyens fournis
par la pharmacie^ ou d'opérations chirurgicales. Les
premiers de ces deux ordres de moyens doivent, sur-
tout dans les cas simples, et quand on est averti dès
le début de la maladie, précéder l'emploi des seconds.
A leur têie on place aujourd'hui les boissons capables,
par leurs propriétés ciiimiques, de dissoudre la pierre,
comme les eaux chargées de carbonate ou de bicar-
bonate de soude, telles que celles deTichy, de Con-
Irexeville, de Saint-Myon, administrées commeboissons,
en bains, et même en injections, surtout si on a eu le
soin d'acquérir la certitude que la pierre est d'acide
urique. A ces moyens on peut joindre l'électricité, la
pile voltaïqi;e, comme dissolvant physique ; et dans
tous les cas, les malades devront suivre un régime sé-
vère, jboire abondamment des boissons délayantes, pren-
dre ircoiuemmcnt des bain?^ se tenir le ventre libre
par des lavements émollicnts. Il n'arrive que trop sou-
vent [lar malheur que toutes ces ressources échouent ;
on 651 alors forcé d'eu venir aux moyens ihirurgic-iiux,
! ui sont ou l'enlèvement de la piene par une incision
aite à la vessie, ou son broiement an moyen d'iu4ru-
ments introduits par le canal de l'urètre ; c'est ce qui
constitue la iaille et la lilhotriiie. La première ne
convient qu'aux cas, fort heureusement les moins nom-
breux, où la pieri-e, trop volumineuse, ne pourrait être
que difficilement attaquée par les instruments lilhotri-
teurs, tandis q*ie la sonde, qui es-l sans contredit une
des innovations les plus heureuses de la tcience, trouvt
Ion application dans la pluralité des car.
PIQURE. — On donne ce nom aux plaies fatise
par des instruments piquants , tels que les épées ,
les aiguilles , les clous, les épines, etc. Des quatre
genres de plaies aujourd'hui reconnues savoir : plaie
par coiUuùon^ plaie par cou\)ure, plaie par arrac/ze-
ment^ plaie par piqûre, ce dernier est généralement
regardé comme le plus grave , toutes choses étant
égaies d'ailleurs sous le rapport de l'étendue de la
plaie et de la nature des parties blessées.
Los piqûresdiffcrcnt non seulement par leur éten-
due, mais encore par la forme des corps qui les pro-
duisent, et dont les uns agissent seulement en écar-
tant les fibres des tissus dans lesquels ils pénètrent
sans les rompre ou en les déchirant légèrement ,
comme les instruments très fins, tels qu'une aiguille,
un canif très pointu; dont les autres agissent en dé-
chirant les tissus dans leur passage , comme un coin
qu'on pousse dans un bois , un clou , un canif dé-
pointé, la corne des animaux. Enfin les piqûres sont
simples, suivant qu'elles ne communiquent avec au-
cune cavité , qu'elles n'intéressent ni vaisseaux ni
ï.cvh importants, qu'elles ne renferment aucune par^
tic de l'instrument qui les a produites ou de tout ait
îrc corps , ou bien elles sont compliquées dans les
cas contraires.
Considéré d'une manière générale, le traitement
des piqûres se réduit à l'emploi des moyens qui
ont.'. pour but de prévenir l'inllammation et de la
combattre quand il a été impossible de la prévenir :
ainsi , suivant le cas, saignées générales ou locales,
ventouses quelquefois sèches, m.ais souvent scarifiées,
aux environs delà plaie, irrigations permanentes avec
l'eau froide, ou, si la plaie' intéresse un membre,
immersion de ce membre dans l'eau glacée. On
réussit aussi quelquefois très bien à prévenir la
322 piT
Ti'.cicùon iiillamnKitoirc , en friclionnani ïbrtement.
1 1 partie piquée avec la pommade raercuricUe darw
liquclle on a incorporé du camphre ou de l'exlrait
•/c bdiadonc. Si une portion quelconque de l'ins-
'irument qui a fait la piqùiC est restée dans la plaie,
c'est par son extraction que l'on doit avant tout pro-
céder , de même que si on supposait que quelque
substance vénéneuse y fût introduite , on cautérise-
rait , suivant le cas , ou on se contenterait de laver
la piaie avec une eau ammoniacale. Malgré tous ces
moyens il arrive souvent que l'inflammaiion se dé-
veloppe, et qu'il survient dans la partie blessée un
véritable élraug'emcnl : il ne faut pas hésiter dès-
lors à faire un débridcmcni et à en profiter pour
laisser couler le sang. C'est un j)récepte sur la va-
leur duquel on est généralement d'accord et qui
conduit tous les jours à d'excellents résultats, en
prévenant les accidents nerveux qu'entraîne si sou-
vent une lacération irrégulicre des nerfs... [Voyez
pour les piqûres compliquées les mots Abeilles, Vi-
rÈuE, Poisoxs, Rage, etc.)
PITUITE. — Beaucoup de personnes, douées d'ail-
leurs de toutes les apparences de la santé, sont in-
commodées tous les matins par une salivation abon-
dante, de saveur salée, qui provient évidemment do
reslomac puisque la sécrétion est accompagnée de
j^csanieur d'estomac, de dégoût, de nausées et même
de vomissement. C'est ce que les anciens appelaient
les Glaires. Celte incommodité se lie très souvent à
un tempérament lymphatique, mais elle est très sou-
vent aussi le résultat d'une sub-inflammation de la
membrane muqueuse de l'estomac occasionnée par
l'abus des mets stimulants et des boisi;ons alcooliques.
Dans le premier cas elle disparaît avec la constitution
oiollc cl Ivrpliatiquc qui rcaUclenaU, et que corn-
p(M 323
bal avaiïlagcuscment l'emploi suffisamment continué
des toniques , des ferrugineux ; dans le second cas
elle ecde avec la cessation de la cause qui l'occa-
sionnait , aidée toutefois de quelques expectorants,
comme les tablettes de soufre, de kermès, d'ipéca-
cuanha, etc. {Voijez Maladies de l'Estomac.)
PLAIE. — {Voyez Gontlsio:«. Coupure, Piqûre.)
PLEURÉSIE. — {Foyez Fluxion de Poitrine.)
PLÉTHORE, Répléliov, — se dif de la surabùudanre
du sang dans le système sanguin ou dans une partie
de ce système; e'ie se reconnaît assez facilement à la
rougeur de la peau, au gonflement des vaisseaux san-
guins les plus superliciels, à la dureic du pouls, etc.;
ordinairement elle est accompagnée de somnolence, de
rertiges, de pesanteur, de malaise général, et précède
fréquemment l'invasion des maladies inûamniaioires,
dont elle est la c^use prédisposante la plus active.
On la combat par la dicte, les émissions sanguines,
l'exercice et lesévacuans. ( Voyez pour plus de détails
les mots Berlue, Coup de sang, Apoplexie, Inflamma-
tion , Irritation, etc.)
POINT DE COTÉ. — On désigne sous ce nom une
affeciion rhumatismale des muscles qui entourent la
poitrine.
Celle affection se manifeste ordinairement par une
douleur plus oumoins vive, babilucllemeni exemple
de lièvre et de toux; elle survient brusquement dans
les saisons variables et particulièrement dans les
temps froids et humides , quelquefois à l'occasion
d'un eÛort, d'autres fois sans cause connue. Elle se
fixe sur l'un des points des parois de la poitrine ,
tantôt sous l'épaule , tantôt sous laissellc , sous le
sein, plus haut, plus bas, plus en avant ou plus en
arrière. A peu prés nulle dajis un état d'immobilité
paiT::-;;, !: m > : * mouvement du corDs, le moindre
324 POL
effort respiraioire, l'excitent au point d'arracher des
cris au malade. La santé générale reste intacte.
En peu de jours celte douleur se dissipe souvent
d'elle-même par le repos, la chaleur et le régime ,
mais elle peut s'accroître et devenir le prélude d'une
maladie plus sérieuse si on la néglige et si on la brave.
Le traitement du point de côté ne diffère pas en
général de celui de tout autre rhumatisme ; des fric-
tions avec un liniment camphré ou laudanisé , des
topiques émoUients suffisent presque toujours, quel-
quefois cependant l'application d'un sinapisme ou
d'un vésicatoire volant devient nécessaire. Si même
la douleur est vive cl opiniâtre et que le malade soit
jeune et vigoureux , on se trouve bien d'appliquer
des sangsues en plus ou m.oins grand nombre ou des
ventouses scarifiées sur le point douloureux, parfois
même on pratique une saignée générale , surtout si
l'on craint l'apparition d'une pleurésie.
Quel que soit le mode de traitement local adopté,
il faut en seconder l'effet par la chaleur du lit et
une température douce, par une abstinence plus ou
moins rigoureuse , selon que la douleur est plus ou
moins vive et que la fièvre qui l'accompagne quel-
quefois est plus ou moins intense , et par des bois-
sons dé'ayai)ies. Icgèrr-ment acidulés, douces ou aro-
matiques, propres à calmer la soif cl toujours chaudes
pour favoriser la transpiration cutanée, et augmenter
l'action de la peau.
rOlHEAU. — ( Voyez Verrue.)
POLLUTIO^S. — On appelle ainsi les pertes sé-
minales involontaires aux([uelles sont s\ijets soit les
bommes'forts et vigoureux qui vivent dans le célibat,
soit ceux qui, exerçant ftéquemmenl les orgaues géni-
taux, se trouvent tout à caip privés. Les moyens pro-
jposcs contre ces pertes qui, en se renouvelai , peu-
POL 325
vent jeter récouomie en assez peu do lemps dans un
grand éiat de faiblesse, sont les réfrii;érants comme
les compresses trempées dans l'eau glacée ou imbibées
d'élher appliquées sur les bourses, les douches froides
sur le périnée , les lavements et les bains frais , les
bains sulfureux. On a aussi conseillé quelques moyens
chirurgicaux comme la pose à demeure d'une bougie
dans l'uièlre, et même la cautérisation de ce canal;
mais peu de personnes, dans les cas ordinaires , con-
sentent à en venir à de pareils moyens. On s'en lient
ordinairement aux premiers dont on seconde l'effet
par une nourriture adoucissante comme le laitage, It^s
légumes frais, les boissons acidulées, les distractions,
le calme dans les plaisirs sensuels, euûu le mariage, si
la cause semble en être dans la vigueur même de la
constitution ; ou bien par une nourriture fortifiante ,
les boisson* ferrugineuses, les préparations camphrées
et même l'opium, si le sujet est d'une faible constitu-
liou ou qu'il ait étécondiiit par l'état qui nous occupe
à un degré extrême de susceptibilité nerveuse.
POLYPES. — On désigneipar ce nom des tumeurs
saillantes dans l'intérieur de certaines cavités comme
les fosses nazales, la matrice, etc., soit qu'elles ré-
sultent d'un développement anormal, espèce de végé-
tation de la membrane muqueuse qui tapisse ces ca-
vités, soit que, nées en dehors de celte membrane,
elles la refoulent et la déplacent en quelque sorte en
se l'appropriant. Considérés sous le rapport de Uur
structure/les polypes sont mous ou durs. Les pre-
mier» sont ïnuqueux, vésiculaires, lardacés, fongueux
ou granulés; les seconds sont fibreux, cartilagineux
ou ùiême osseux. Examinés sous le rapport de leur
coniDrmalion , ils.sont pédicules ou non, c'est-à-dire
qu'ils se détachent de la surface à laquelle ils sont
adhérents par un collet étroit ou par une large base.
326 POL
Les polypes muqueux, qu'on rencontre très souvent
dans les {osseà nazales, sans qu'on puisse rapporter
leur développement à aucuno cause bien précise, sont
formés par un tissu cellulaire à mailles fines . fria-
bles, transparentes, à vaisseaux sanguins très fins, et
sont susceptibles de se gontler par les temps humidcï;
ils s.mt d'ailleurs insensibles au touclier , ne gênent
que lorsqu'ils ont acquis un grand volume, et nietieiil
ordinairement un temps assez long pour y arriver, L'.s
polypes fibreux , les plus communs de ceux de la
deuxième espèce, et qui forment une grande partie
de ceux qu'on rencontre dans la matrice, peuvent ac-
quérir un voluoie considérable , et affectent des for-
mes très variées. Si , de la structure et de la conlor-
malion des polypes, ou passe à la marche qu'ils suivent
dans leur développement , on trouve que rien n'est
plus obscur que le moment de leur naissance , parce
qu'en général ils n'appellent l'attention que lorsquiU
sont dôjà assez volumineux pour causer une gène et
même uoe véritable incommodité. Une fois qu'ils ont
acquis un certain déveloi)pement ils déterminent des
écoulements muqueux ou purulents, mais fréquem-
ment aussi des bémorrbagies par les cavités qu'ils oc-
cupent et qu'ils tendent de plus en plus à remplir,
l'.nlin quand, irrités par les attouchements continuels,
des personnes qui les portent on par des tentatives de
Jriiiieiniîiii mal combinées , ils dégénèrent en cancers,
ils orra^ionnent des tourments insupportables qui ne
laissent, ni sommeil, ni repos, et que leur enlève-
mi'Ul seul peut faire cesser Cet enlèvement se fait par
l'excision, l anachement, le déchirement, la ligature.
On a aussi proposé de chercher à obtenir leur des-
siccation par des poudres astringentes comme l'alun, et
de les flétrir, soit on les traversant d'un selon, soit
en les comprimant; mais quand ces moyens échouent,
POU 327
ce qui arrive souvent, il« les font dégénérer et rendent
leur enlèvement plus difficile et d'un succès moins cer-
tain. Quelle que soit d'ailleurs la méthode de traite-
ment employée, ce succès n'est pas toujours définitif
parce qu'ils sont très sujets à se reproduire. Dans ce
cas, ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de les opérer
uue seconde et même une troisième fois.
l'OU. — Rares chez les adultes cl généralement as-
sez communs chez les enfants, les poux semblent avoir
uue préférence marquée pour les individus à chair*
molles et à cheveux blonds , c'est-à-dire pour les in-
dividus essentiellrment lymphatiques , chez lesquels,
en effet , ils établissent domicile ei se propagent avec
une inconcevable rapidité ; la misère e« la mnlproprelé
sont sftissi pour l-eaucoup dans le développement de
cette affection; cependant il faut reconnaître qu'elle
survient très souvent sur la tète d'enianls bleu soignés
et appartenant à des parents très propres, mais pres-
que toujours alors elle dépend d'une maladie quel-
conque du cuir chevelu.
Le traitement le plus rationnel à employer contre
les poux consiste à observer rigoureusement la plus
grande propreté possible, et surtout à se netio\er
chaque jour la tête au peigne fin ; si cependant les
poux é: aient compliqués d'ulcères et de croûtes, il fau-
drait non seulement peigner les cheveux tous les jours
d'une main légèie, mais scumelirc de temps en temps
le cuir chevelu à des lotions éraollicntes pour déttr-
miner, sans douleur et sans darjger, la chute de ces
croûtc'5 et entraîner le pus qui séjouiuerait à leur abri.
Néanmoins si malgré les soias de propreté les poux,
persistaient, on pourrait alors frotter les parties qu'ils
occupent avec une pommade dans laquelle entrerait !e
camphre ou mieux encore le mercure. Quand on veut
fairefusage de cette deruièje substance, il est prudeul
328 POU
de jléclarer au pharmacien chargé de la préparer ,
l'emploi auquel on la destine afin qu'elle aoit disposée
en conséquence. II est également prudent de n'avoir
recours à ces moyens extrêmes qu'après avoir épui-é
tous les soins possibles de propreté , car la présence
de poux à la télé enireticnt un degic d'irrilaliun quel-
quefois assez vif et dont la cessation trop brusque
pourrait avoir des suites fâcheuses, surtout chez les
enfanis qu'un développement extrême du cerveau pté-
dispose aux convulsions, ou chez ceux dont la denti'
lion paraît devoir êire orageuse.
Quant au pou du corps, le traitement est presque le
même que celui de la gale : les bains sulfureux et les
pommades soufrées, l'exacte propreté du corps et des
vêtements, une alimentation substantielle, un appar-
tement sec et peu chauffé , tels sont les moyens les plus
efHcaces que l'on puisse conseiller dans cette affection.
Une autre espèce de pou survient aussi quelquefois
aux parties sexuelles, aux aisselles et aux sourcils,
après avoir couché dans un li' malpropre ou cohabité
avec des personnes qui en étaient infectées. Le moyeu
le plus simple et le plus expcdilif de se dcbaïassir
de ces dégoûtants insectes est d'avoir recours à l'on-
guent mercuriel vulgairement connu sous le nom d'où
guetii gris et de s'en frictionner une ou di ux fois h s
parties infectées. Il est bon de pratiquer ces fricticus
le soir, et de prendre un bain le lendemain malin poiu-
en effacer les traces qui pourraient se montrer un \r
linge. La plus complète propreté du corps et dis vê-
lements , ainsi qu'un régime convenable, sont êg.ilt-
mcnt de rigueur pour détruire entièrement celle
affection.
POUMON (maladie du). — [Voyez Atotlkwz ,
Asthme . Catarrhe tui-monairis, Fluxioit be Toi'
TRIWE PuTHlSîE PULMONAIRE.)
PRO 329
PRESBYTIE. — La presbytie ou vue longue est nu
état complètement opposé à la myopie ou vue C(>uMo
[Voyez ce moi) ; c'est-à-dire que les personnes qui en
sont affectées voient obscurément quand elles regar-
deut les choses de près, et ne distinguent bien que
lorsque leur vue se porte sur des objets éloignés. Cet
état est donc, à vrai dire, plus "défavorable que la
myopie, puisque, résidant dans un défaut de force des
puissances réfringentes de l'œil, il ne peut qu'aug-
menter par les progrès mêmes de l'âge. Les presbytes
ont généralement les yeux aplatis, peu saillants et les
pupilles étroites. Les personnes qui les entourent ne
s'aperçoivent pas que leurs yeux sont atteints d'au
ciia vice; seulement la nécessité dans laquelle ils font
d'écarter leurs yeux de l'objet qu'ils examinent leur
fait contracter l'habilude de renverser la tète en ar-
rière , tandis qu'en général les myopes la tiennent
penchée en avant. L'art ne possède d'autres ^loyens
pour corriger la presbytie que l'emploi des lunetles à
verres convexes, c'est-à-dire légèrement bombés.
PROSTRATION. — On désigne sous ce nom l'abat-
tement profond , l'affaiblissement considérable , la
stupeur, qui s'observent dans le cours de certaines
maladies, et qui, généralement, en constituent l'un des
symptômes les plus fâcheux. La prostration diffère donc
de la faiblesse en ce que si, dans celle dernière, les
forces sont perdues, dans la siconde elles sont seulc-
menl opprimées, enrayées.
Quoi qu'il en soit et malgré sa gravité, la prostration
n'étant pas une maladie par elle-même, il n'y a pres-
que jamais de traitement spécial à lui opposer , les
moyens propres à guérir la maladie principale quelle
vieul compliquer devant naturellement suffire, en cas
de succès, à guérir toutes les complications. Si cepen-
dant dans le cours d'une maladie grave une proliode
330 ^RU
prostration mettait le malade en péril imminent, il se-
rait bon alors d'avoir recours à l'emploi de l'amino-
niaque administré soit à Tiulérieur à la dose de quel-
ques gouttes étendues dans 50 ou 60 j)arlies d'eau
sucrée, ou de tisane de tilleul^ de sureau, etc., soil à
l'extérieur en dégageant de temps à autre, mais tou-
jours en très petite quantités, quelques vapeurs ammo-
niacales sous le nez du malade. On pourrait aussi,
dans le cas où les voies intestinales et digestives ne
seraient point affectées, remplacer avec succès l'ani-
nioniaque à l'intérieur par une cuilltrée de bon vin
sucré ou d'une liqueur quelconque. Autrefois, même
dans nos hôpitaux , il éiait d'usage d'administrer à
tous les mourants un breuvage spiritueux qu'on dési-
gnait sous le nom d'illico, et qui ressemblait un peu
ànotie punch. Aujourd'hui, par mesure d'écononiu-,
on l'a remplace par de simples tisanes adoucissantes ;
cela est fâcheux, car bien certainement l'ancienne mé-
thode valait mieux, et plus d'un moribond lui a dû la vie.
PRURIGO. — Ce mol, dérivé de p^rurii , déman-
geaison, sert en médecine à désigner une affection de
la peau caractérisée par une éruption de boulons pa-
puleux,«'ordinairement de la coideur de la peau , occu-
pant spécialement les membres dans le sens de l'ex-
tension, accompagnés d'une démangeaison quelquefois
insupportable et terminés la plupart du temps par une
petite tache noiràire qui résulte de leur écorchure par
les ongles. Pour faciliter l'élude et la constalaliou de
cette maladie, les médec'js font divisée en plusiems
espèces suivant ses divers degrés et surtout suivant hs
parties qu'elle affectait. Ainsi on en reconnaît un faible
(r/ji//s) et un aigu [forviicaus) , et chacun d'eux prend
le nom du lieu qu'il a principalement envahi. Quand
le prurigo présente une certaine acuité, que la peau
est fine et fortement irritée, que le sujet d'ailleurs est
RAG 331
d'une bonne conslitulion, on doit commencer le trai-
tement par une saignée au bras et m(5me par une forte
application de sangsues aux environs du siège de l'é-
ruption si elles'esl concentrée ; puis viendront la diôle,
les boissons délayantes, les bains tièdes, même les lo-
tions froides si le sujet n'a aucune disposition à tousser.
La maladie résiste-t-el!e à ces divers moyens, sur-
tout si le sujet est peu irrilri!)le ou épuisé soit par
l'âge, soit par une cau?e quelconque, on a recours aux
purgatifs comme le soui're uni à la magnésie, aux bois-
sons rendues alcalines par l'addition du sous-carbonate
de soude, aux tisanes amères, telles que celles de hou-
blon, de patience, de fumelerre, aux ferrugineux, et
à l'extérieur aux bains sulfureux ou alcalins ; mais
adoucis par la gélatine ; aux lotions savonneuses; aux
pommades composées de quelques corps gras dans les-
quels on incorpore du soufre ou un peu de chaux et
du camphre ou du laudanum. Quand le prurigo oc-
cupe des parties recouvertes de poils et qu'il s'y joint
des insectes parasites, les soins de propreté et les fric-
tions mercurielles secondent efflcacement l'emploi des
moyens précédemment indiqués. [Voyez Boutok, Dé-
MANGEAI.SOrf, POC, CtC.)
pustule:. — - {Voyez Bouton, Clou, elc)
R
RACHITISME. — Maladie presque particulière aux
enfants, le rachitisme a pour principal caractère le
ramollissement et par suite la déformation des os. Les
sujets d'un tempérament lymphatique et nerreux ,
d'une constitution faible, ceux qui sont nés de parents
scrofuleux , sont plus disposés au rachitisme. On a
aussi observé qu'une maladie antérieure, surtout de
longue durée, les flè^Tes intermittentes, l'habitation
des lieux bas, humides, mal éclairés, une mauvaise
332 RAC
nourriture, la suppression soudaine de ce qu'on nomme
Communément chez les enfants croûtes de lait, une
dentition pénible , surtout accompagnée de convul-
sions, l'habitude de l'onanisme , favorisaient plus ou
moins le développement du rachitisme, ou du rnoin^
coïncidaient fréquemment avec son apparition. L'ex-
pression d'une faiblesse générale, une bouffissure de U.
face, un appétit extraordinaire, le foie et la rate d'ui.
volume disproportionné, un état de dessèchemeni
àt tout le corps, avec un effroyable amaigrisse-
ment des membres, le balonnement habituel du ven-
tre , le larmoiement continuel des yeux , le dévelop-
pement insolite de l'intelligence, en sont les tristes
avant -coureurs. Le traitement de celte maladie si fré-
quente et si meurtrière, se compose de deux ordres de
moyens , les uns qui agissent sur la vitalité des organes,
c'est-à-diro sur l'ensemble de l'économie , les autres
qui s'adressent à ses effets et s'appliquent en consé-
quence sur les membres déviés pour prévenir leur dif-
formité, mais surtout pour la corriger.
De ces deux ordres de moyens, les premiers consistent,
pour les enfants très jeunes, dans le lait d'une bonne
nourrice, l'exposition à un air chaud et sec, le cou-
^cher sur des plantes aromatiques. Pour les enfants plus
âgés, on les expose à l'action du soleil, on les couche
également sur des plantes aromatiques, on les habille
de flanelle sur la peau même, on les nourrit de viandes
rôties ou grillées, on leur fait boire du vin généreux,
des tisanes de houblon, de gentiane, de cassia-amara,
on leur fait prendre un exercice modéré , des baius
d'eaa de mer ou salée artificiellement , on leur fric-
tionne de temps à autre le corps, mais surtout les
membres et l'épine dorsale, avec une flanelle impré-
gnée d'eau de Cologne; enfin on les met & l'usage du
rirop de quinquina, de gentiane, de scabiease, etc. Ce
|l rag 333
B^est guère que lorsque h maladie semble avoir épuisé
son action, que les moyens du second ordre trouvent
leur application. Ce sont ou des exercices gymnasti-
ques^ ou des appareils mécaniques, dont on a dans ces
derniers temps vanté outre-mesure les avantages, mais
dont on a malheureusement détourné bien des per-
soanes par l'exagération même de leur efficacité, et
surtout par la forme que chacun des défenseurs réci-
proques de ces deux ordres de moyens a cru devoir
donner au développement de ses opinions. {Ployez
Orthopédie , Tulle. ) Quand la ffaladie a porié ^on
action sur les jambes et les a courbées, l'espoir de le
redresser au moyen de bottines à tuteurs est rarement
fondé, parce que la constriclion qu'ils exercent sur les
parties n'est propres qu'à diminuer l'action des mns-
clcs et à laisser les os sans soutien.
RAGE. — Cette épouvantable maladie , commune
à certains animaux chez lesquels elle se développe
sponlanémeni, comme le chien, le loup, le renard, le
chat, et qui la transmettent à l'homme, est caractéri-
sée chez ce dernier par un sentiment d'ardeur et de
con>triciion à la gorge, une horreur des liquides, une
vive exaltation des organes des sens, des convulsions,
des accès de fureur, et sa prompte terminaison par la
mort.
De quelle nature est le principe de la rage et
même en quoi consiste-t-elle ? c'est ce qu'on ignore
complèlement ; l'observation a seulement constaté que
le virus qui la représente n'exisliiit que dans la bave
lies animaux enragés ; car on a injecté de leur sang
dans les veines d'autres animaux sans qu'on parvînt à
la leur communiquer. Dans l'itnmense majorité des
cas, la rage est corauiun'quée à l'homme par la mor-
sure du cluen; les herbivores, qui ne deviennent ja-
mais enragés spontanément, sont i.mpropres à la trans-
334 RAG
meltre, d'abord à ca\isc de la conformation de leurs
mâchoires et de leurs dents, ensuite parce que chaque
animal cm âgé ne cherche, dans les accès de la ma-
ladie, qu'à exercer ses moyens habituels d'attaque el
de défense: ainsi, tandis que le chien, le loup, le re-
nard mordent, le cheval frappe du pied, la vache et
la chè\rc ee ruent de la tête, etc.
La première chose à faire pour constater l'exis-
tciice de la ra^ge dans notre espèce, c'est de bien s'as-
surer si le chien qui a mordu est lui-même enragé,
(Jr, un chien affecté de cette maladie est ordinaire-
me:U liisle, abattu et hargneux ; il cesse de manger
et de boire, et resle couché; sa voix s'altère; devient
rar.que, il grogne souvent et éprouve de temps à autre
des soubresauts. Jusque là il reconnaît encore son
m;iitre; il est scideuieut indocile, irascible, mais il
5'approche déjà des étrangers et cherche à les mor-
dre. Dieutôt il abandonne sou h.bitation et fuit en
aflertant une allure particulière, tantôt languissante,
tantôt préci[)ilée ; il portt la télé basse, a l'ail fixe et
brillant, la gueule béante et remplie d'une bave écu-
ineuse qui s'écoule en dehors; son poil est hérissé, sa
(jupue serrée entre ses jambes. Bientôt arrive un accè^
(le fureur pendant lequel il se précipite sur tout ce
qu'il rencontre , mord les hommes et les animaux.
(;esi abus qu'il méconnaît son maître , que la vue de
Icau, des corps pulis et brillanls, l'action de la lumière
deviennent des causrs qui occasionnent sa fureur cou-
vul-ive. Quand nue fois l'accès est termioé , il sur-
vient un temps tk- caluie qui pourrait en imposer,
puisque l'animal peut manger et ménie boire; niaii
un no'ivtl accès reparaîi bientôt, et la mort survient
oriiin.iieu'.ent le troisième ou au plus tard le qua-
trième jour.
Le moment où la rage communiquée i l'homme M
RAG 335
déclare est furl incertain; il est rare cependant qu'elle
survienne avant qiiinze jours, m^nie trois semaines et
un mois, tandis qu'on l'a vue ne se déclarer qu'.uî
bout de six mois et même au delà d'une année ; mais
ce qui seml)lebicn avéré, c'est que la peur en avau(n
le développement. Quand elle est confirmée, c'esl-a
dire quand les convulsions, l'envie de frapper bien
plus que celle de mordre, qui est assez rare, l'horifiM
des liquides sont déclarées, le malade est voué à une
mort presque certaine, quoiqu'on puisse faire pou i lî
sauver. Aussi fàut-il prévenir le mal. Or, aè's qu'une
personne a été mordue par un chieii qu'elle suppo5«
t-niagé, voilà ce qu'il faut faire : on s'empresse d'en-
Ifver la partie des vêlements par lesquels la bave de
l'animal a pu pénétrer dans les chairs, on fait saifjner
"les plaies en les comprimant Icgeremenl dans tous les
tens el en les couvrant de ventouses; on les lave eu-
sniie, d'abord avec de l'eau simple, puis avec de
l'eau de savon ou de l'eau salée, puis on y plonge
hardiment, et à plusieurs reprises, un fer rou;,'i à
blanc qui doit parcourir toutes les sinuosités de la
blesfure, préalablement agrandie et débridée, fi toiite
sa profondeur ns pouvait être atteinte sans celle opé-
ration préalable. Quand la plaie est trop sinueu^e ,
qu'elle est dans le voisinage d'un gros vaisseau ou d'un
gros nerf, enfin que la personne est assez pusillanime
po'jr craindre le fer rouge, on emploie le caulèie li-
(piide qui est sonvent de l'ammoniaque, mais mieux
du chlorure d'antimoine; el, dans tous les cas, il vaut
mieux cautériser trop que pas assez^ et ne pas oublier
que si le plus tôt possible est le meilleur, il vautansgi
mieux tard que pas du tout.
Comme il n'est pas de département dans lequel ne
se trouvent quelques personnes prétendant posséder
un secret contre la rage, nous devons déclarer queco
336 uÈG
sont autant d'impostures d'autant plus blâmables,
qu'elles délournent de l'emploi de la cauiferisaLiou, le
seul moyen assuré; qu'on l'exécute franchement ou en-
touré d'un appareil mystérieux, le résultat est le même.
RÈGLES. — L'éruption mensuelle à laqueHe les
femmes sont sujettes de quatorze ou seize ans jusqu'à
quarante ou quarante -cinq, offre trois choses à coiisi-
dérer : sa première apparition, les soins auxquels elle
assujétit les femmes dans le moment où elle a lieu ; les
moyens par lesquels on peut la rappeler quand elle
s'est arrêtée, l'augmenter quand elle est trop faible^
el !a modérer dans le cas contraire
Nous venons dédire que cette éMijition mensuelle,
habituellement appelée aussi règles ou menstrues ,
apparaissait ordinairement de quatorze à seize ans;
mais elle peut être retardée pour deux causes : parce
que l'économie manque du degré de vitalité, d'éner-
gie, nécessaire à l'accomplissement de cette fonction,
qui est généralement le thermomètre de la santé des
femmes; ou bien parc£ qu'il y a excès de cette vita-
lité, et que, trop disséminée, elle ne se concentre pas
suffisamment sur les organes voulus. Le premier état
constitue la chlorose, ou les pâtes couleurs que l'on
combat, comme il a été dit à ce dernier mot, par les
toniques, les préparations ferrugineuses auxquels on
a-sorie les bains frais, les lavements laudanisés , s'il y
n prédominance nerveuse, et que l'on seconde par
l'armoise, la rue, la sabine, et même quelques sang-
sues au haut des cuiises dès que l'économie se ré-
veille. Le second éiat , qui se reconnaît à la colora-
tion hahituelledela face,à unseuiinient d'éiouflement
ou de gêne dan» la respiration, à des coliques in-
ternes, à de fréquenis maux de tête, à des saignements
de nez, ne cède qu'aux saignées générales, aux baias
tièdes, à une nourriture lactée ou végétale, et, quand
RÈG 337
tout aùnoQce que Téruption veut avoir lieu , aux
sangsues appliquées aux cuisses, aux bains de pieds
sinapisés, aux lavements d'abord émollienls, puis
reudus légèremeut irritants par un peu de savou ou
une infusion de séné.
Une fois bien établies, les règles sont sujettes a
ie supprimer, ou à couler trop abondamment. Leui
nuppression lieul-elle à la grossesse, ce qu'où recon-
naîtra aux signes indiqués à ce mot, on se gardera
bien de rien faire; mais tient-elle à une cause acci-
dentelle, on combattra celle cause ou par des toni-
ques, des antispasmodiques, siTéconomie porte l'em-
pieinle d'une grande faiblesse, ou par des sangsues ,
mais mieux une saignée générale , des bains tièdes ,
comme nûus l'avons déjà dit, s'il y a des signes de
pléthore, que la plus légère cause transformerait eu
iullammation. Quant à l'écoulement immodéré des
règles, il peut tenir aussi ou à une détérioration de
loule l'économie, ou à un excès de vitalité générale.
Dans le premier cas, qui rentre dans ce que nous
avons appelé pertes passives au mol hcmorrhagie ,
on ranime toute l'économie par des loniciues, aux-
quels on joint les astringents à l'inlérieur, comme la
décoction de rathania, de grande consoude, sucrée
avec le sirop de cachou ou de coing, et les injections
de décoction soit d'écorce de chêne, soit de quin-
quiua ou de grenadier. Dans le second cas , les sai-
gnées faites au bras, mais par une petite ouverture ,
l'immersion des bras dans l'eau chaude, des ventouses
applicjuées sur les reins, des injections d'eau froiJe,
des boissons acides, sont les moyens que la prudence
conseille d'employer; mais ce genre d'écaulemciîf
immodéré des règles lient très souvent à une malii-
die des j)arties qui en sont le siégo, el de l'exislence
de laquelle il est toiMour' Ion Av s* wsurc?. 22
338 BEI
REINS [Mal de). — Bienqoc, cîans i« langige mé-
dical, ou ue donne le nom de Reins qu'aux oigar.es
chargée de préparer l'urine qui vient se dcpo.^iT dans
la ve-sie, pour être rciidne par le canji! de l'iiiL-tie ,
on appelle cepen.ianl comm-jucmcnt de ce nom la par-
tie du torse (jui cjcupe les deux cot' s de la porîinii
inférieure de la colonne verléhrale, lieu qui Cî..r et-
pond en effet exléneurement aux n-ins. CJclle" partie
peut être le siège ilafireuscs douL'urs, dont la uJiuse
est la plupart du temps rhnmalisnir:le , et que, dans
rcsjn'ce, i«s niédicius n minjont lombai^o. Ces duii-
leura, d'après la sen^atioll des malades, sont perçantes,
déchiranîes et saccadées, au|;mcnt:iut par la llexion et
l'extension du tronc; eiles pi-uvenl occupir ies deux
côiés à la fois, ou être l>o:nccs à un seul. Ta marche,
encore p ssiLle, «pioicpic péudde, quand le mal est mo-
déré, est coniplèlenient inijîOssihle quand d a acijiiis
une ceriaine iiiti-ii^itc. Lis donieuis lomba r« s qui se
déclai eut dans ceitaiiies lieues, .surtout celiez «jui doi
veîil être suivies d truplion à la peau ( Vot/fz Cota
iiATur.E ), cl cclk'S qui atcornp::gneiil les mai.idicsdes
«)rjf;anes iniéiieurs, ])iiutraienl hien ciro coniondhis
avec le lombago ou le mal de reins lliumaîistn.d ; mais
ia ddlicullé qu'on éproiivcia de con'rac ter ies rniucles
li):nl);i!res sans réveiller tout à coup Celles (j'i nous
tccupenl, snt(i:o!it pour les f.iire rccounaî:e.
Quoi qu'd en soit, io mal dont il el ici (pit-siion est-
léger , on se 1)0! ni* au repos, à l'euipini des Î>ain3
ricdes, dus cataplasmes émoUienîS, ou l»irn on a re-
cours au\ ^Vit■lion^, soit sè{ lies, soit laites a\ec nu lingî
Md)il)é d'une liuilc (»pi:i(('c, au repa<-age île la pa lie
louffraiite a\(!C un ft-r chaud, afi|li(Hié sur nue llant-llii
JT^pré^née d hu le (•;inij>hrée ou de tout entre lupii le
ralm.iiil. Dt-s ventouses séclics ap[diqnées tr.ns ou (ju?.-
?re fuis dans la journée ont aussi souvct;! d ourjc de
'!■
p. ET 339
très l>ûD« €l de liés [irorapls résuliats. Le mal au con-
traire esl-il intense et la douleur par laquelle il se
iraliil 1res pronoDcée, oa fait très bien d'en venir à
une saignée générale, si le sujet est très sanguin el que
le pouls soit fort et fréquent; dans le cas contraire,
le* sangsues peuvent suffire.
On eulè\e aussi quelquefois très vite le raal de
reins par l'application sur le lieu douloureux d'un vé-
sicatoire simple ou saupoudré de quelques grains d'a-
cétate de morpliine. Si le raal est sujet à récidive, les
baiiis de vapeur ou les douches de même nature sont
1res convenables. C'est dans ce cas que les babilants
des fam[!ai:nes se trouvent très bien de s'exposer les
parties douloureuses à la fumée résultant de la com-
bustion du sarment de vigne.
REIENTION D'URINE. La suspension du libre
cours des urines se présente sous trois degrés, suivant:
que l'urine est seulement notablement diminuée dans le
jet qu'elle forme dans l'état habituel, ou qu'elle ne
coule que goutte à goutte, avec ardenr et douleur, ou
bien euûu qu'elle ne coule pas du tout. Eu examinant
avec attention les circonstances au milieu desquelles
se dctlare une rétention d'urine , on reconnaît bien
vite que cette incommodité, quelquefois si grave, est
plutôt un symptôme de maladie qu'une maladie pro-
prement dite, ^
La rétention d'urine peut en effet tenir à trois or-
dres de causes bieu dilfcrentes, selon la diversité des
organes ((ni sont son point de départ. Ainsi elle peut
dé pendre d'une maladie des reins, dans laquelle la
sccrt-tion de l'urine est troublée , comme la gravelle
( Voyez G.'^avklle), d'une maladie de la vessie, comme
la paralysie , ou la présence d'une pierre dans sa ca-
vitt; ( Voyez Pierre), ou bien d'une affection du canal
de l'urètre ( Voyez Rétrécissemest.)
340 RÉT
RÉTRÉCISSEMENT DE L'URÈTRE.— Déroutes les
causes qui s'opposent au libre cours de l'urine, et con-
stituent ce qu'on appelle sa rétention, aucune n'est plus
communequele rélrécissement du canal parlcquel ce li^
quide est rejeté en dehors de l'économie. Ce rétrécisse-
ment peut être ou Ni/Zaojmafoire, c'est-à-dire représenté
par un gonflement accidentel ; ou nerveux^ c'est-à-dire
déterminé par un véritable spasme ; ou organique,
c'esi-à-dire consistant en un obstacle résultant d'un
changement de conformation ou de struolure qu'au-
rait éprouvé le canal, et qui serait devenu perma-
nent. Chacun de ces trois cas exige aécessairemenl un
traitement différent.
Le rétrécissement inQammatoire peut être déter-
miné par une foule de causes ; les principales sont des
chutes sur le périnée ou des violences exercées sur le
trajet du canal , la présence sur un de ses points quel-
conques d'un corps étranger, l'injection de liquides ir-
ritants, riniroduclion d'un virus, etc. Cet état inflam-
matoire, quand il est aigu , s'accompagne toujours
dune augmentation de sensibilité et d'un resserre-
ment convulsif contre la pénétration des corps étran-
gers. Le plus léger contact de l'urine sur le canal ainsi
enflammé le brûle, en quelque sorte, et provoque la
contraction de toutes les puissances musculaires envi-
ronnantes: de là un jet mince, filiforme^ lent, sou-
vent interrompn. Si on cherche alors à vaincre l'ob-
stacle par une sonde ou une bougie, la douleur
devient excessive, et du sang vermeil s'échappe abon-
damment par l'urètre ou par Touvenure de la sonde.
Le pouls est ordinairement fréquent et serré ; la peau
est chaude, le bas-vcnire douloureux et tendu, la verge
et le dessous des bourses chauds et douloureux. Cet état,
on le prévoit de suite, exige un traitement prompt et
énergique, dont les saignées géncuales, les sangsues.
RÉT 341
les bains lictles, la diète, les boissons tmulsioDnées,
dans lesquelles entre le sel deniire,font la base.
Les rétrécissements de la seconde espèce, et que
nous avons nommés nerveux ou spasmodique», affec-
tent ordinairement les hommes nerveux , irritables,
susceptibles d'excès vénériens. Cbez ces personnes, le
moindre changement d'habitude , une marche forcée,
quelques instants d'équitation, une affection morale
vive, un seul verre de liqueur alcoolique, sufîisent
pour boucher le canal et opj oser à l'instant même
au cours de l'urine un obstacle contre lequel vient
échouer la sonde la plus fine et la plus adroitement
présentée, mais qui disparaît quelquefois comme par
enchautement. Ce genre de rétrécissement, beaucoup
plus fréquent qu'on ne le croit communément, se
combat par les bains tièdes, les lavements émollienls,
les frictions faites au périnée avec une pommade dans
laquelle entrerail l'opium, mais mieux la belladone.
L'application sur le périnée d'an linge trempé dans
l'eau froide le fait souvent cesser à l'instant même ;
mais ce qu'il importe de savoir, c'est que, quand la
cause en est dans des excès vénériens , ce n'est qu'en
y renonçant qu'on peut en faire cesser l'effet.
Enfin les rétrécissements organiques de l'urètre,
les phw communs de tous, sont le triste apanage des
personnes qui ont eu de fréquents écoulemeats, et se
reconnaissent à l'absence des signes qui caractérisent
les deux autres espèces, et surtout à lintroductiou
d'une sonde ou bougie, qui vient heurter contre l'ob-
stacle, sans faire éprouver de grandes douleurs. Ils
consistent, soit en un simple épaississement de la mem-
brane qui tapisse l'urètre, soit en callosités ou véjjé-
tations, soil en brides ou cicatrices vicieuses. Ils S€
traitent parla dilatation,, la cautérisation, l'iDcision
ou scorificalion. î>a dilalation est le moyen le plus gé-
342 RDU
ncralcmeut usité; il consiste dans Temploi de bougies
de cire ou de gomme élastique, successivement in-
troduites dans le canal jusqu'au delà du réirrcisse-
ment , en commençant par les plus fines qui puissent
entrer et en allant ainsi jusqu'à celles qui égalent le
canon d'une forte plume d'oie , représentant à peu
près les dimensions ordinaires de l'urètre. La cauté-
risation , qui a eu beaucoup de vogue dans ces der-
nières années, est moins employée aujourd'hui parce
que l'expérience a démontré que n elle agiandit as-
sez vite le canal , ce n'est pas toujours précisément
■ur l'obstacle qu'elle porte, et qu'elle est souvent sui-
vie de cicatrices fort irrégutières. Enfin la scarification,
qui compte encore peu de partisans , peut cependant
être d'un secours fort utile lorsque le rétrécissement
Consiste en callosités ou en une induration circulaire
de la membrane muqueuse , sur lesquelles la dilata-
tion ne fait que peu de chose et que la cautérisation
attaque trop irrégulièrement.
RHUMATISME. — On désigne sous ce nom deux
genres de maladies ou plutôt deux variétés de la
même maladie , aujourd'hui plus commune que ja-
mais, et qui consistent dans une inllammation d'une
nature particulière soit des tissus articulaires , soit
des muscles proprement dits. De là le rhumatisme
articulaire et le rhumatisme musculaire. Ces deux
états maladifs ont cela de commun qu'ils affectent
plutôt les jeunes gens et les adultes que les enfant
et les vieillards et plus souvent les hommes que le«
femmes, qu'ils sont infiniment plus communs dans le>
pays froids et humides que dans les climats chaud*
et secs, qu'ils se transmettent assez évidemment pai
voie d'hérédité , qu'ils abandonnent aisément une
place pour se porter sur une autre. Mais ils ont dei
caractères particuliers utiles â connaître.
RIID 34^
Le rhumatisme ailiciilairc offre , dans la plupart
des cas, tous les caractères de l'intlammation, c'est*
à-dire la douleur , la lumcfaclion , la chaleur et la
rougeur. La douleur oQ'rc une inlinitc de degrés; si
parfois elle est légôre, la plupart du temps olle est
atroce, mais elle a cela de dilL'rent avec celle qui
îccompagne les autres inllammations quelle disparait
souvent avant les autres signes de la maladie Le
gon'ilemcnl résulte bien cerlainemenl d'un lluidc
épanche dans les arliculaiicins; la c'ialour est la plu-
part du temps aussi aj'jiréc.iaMe des assistants que du
malade; et la rougeur, (pjand elle existe, annonce
le summum de la maladie, car pour qua\ant son
point de déj'arl dans linléi leur de l'articulation, ells
vieni-e se trahir h rexléritur, il faut quelle soit poi-
lée à un Lien haut degré. C'est dans le cours de ce
genre de rhumatisme qu'on observe assez souvent dee
palpitations, tics élouiremei.ls qui ne laissent aucun
doute sur un envahissement du cn-ur par la maladie.
Quelque c<M;ain qu'un puisse être que cette ma-
ladie ne soit pas une inllammation frariche , l'expé-
rience n'en jirouve pas moins que pour peu qu elle
soit intense et surtout que le sujet soit jeune et san-
guin , elle doit ciie attaquée par de larges saignées
du bras, de nombreuses ajiplicatious de sangsues, des
cataplasmes émoilients, la diète, le repos, les boissous
légèrement sudoriiiques. Si ces moyens échouent m»
peut avoir recours auxvésicaloires, aux friclionsmer-
curiclles, à l'opium à l'intérieur, aux bains de vapeurs.
Le rhumatisme musculaire est bien loin d oCfrir
les caractières inllammatoircs que présente quelque-
fois à un si haut degré le rhumatisme articulaire. li
st rarement annoncé par des signes précurseurs; la
chaleur ne s'y développe pas toujours ; le gonlle-
ment et la rougeur if observent rarement ; la doule^ir
544 RHO •
esl souvent le spuI siirne par lequel il révèle son exii-
tence ; mais un phénomène inhérent à sa nature, c'est
la facilité avec laquelle il passe d'un lieu à l'autre et
rirrcgularilé do sa marche. Il prend diflcreuts nom»
suivant les parties qu'il occupe : on le nomme torti-*
colis quand il se montre au cou, loynbago quand il
siège dans les vtins,pleurodt/me quand il esl fixé sur
les muscles qui recouvrent la poitrine.
Considéré, avec beaucoup déraison, par plusieurs
praticiens, bien plutôt comme une affection nerveuse
que comme une inflammation, le i huma tisme musculaire
demande rarement le trailenieni énergique que réclame
souvent si impéiieusement l'articulaire; aussi l'enraie-
t-on dans sa marche souvent par des >ébicatoires vo-
lants, des frictions soit mercurielles, soit opiacées, des
liuimeuts volatils camphrés. Quand il passe à l'état
chronique, les bains ou les douches d'eaux minérales
sulfureuses chaudes; les violents purgatifs, comme le
sirop de colchique, la poudre de scille composée ; les
onctions avec le savon acétique camphré, la pommade
phosphorée , cantharidée , sont toujours employés
avec avantage. Une fois terminé, le rhumatisme, quel
qu'il soit, est, de toutes les maladies, la plus sujette à
récidive; aussi les personnes qui en ont été atteintes
doivent s'attendre à la voir reparaître pour la moindre
cause et, d'autant plus sûrement qu'elles mèneront
une vie moins sobre, qu'elles croiront pouvoir se dis-
penser de se couvrir de laine et qu'elles éviteront
moins toutes les causes d'excitation, surtout celles
qui porteront sur les parties qui ont déjà souffert.
RUUME. Rhume de poitrine. — On désigne ainsi
l'inflammation légère des conduits respiratoins; c'est
\e degré le plus faible du catarrhe pulmonaire dont
/lous avons déjà parlé (voyez ce mot); aussi n'aurons*
nous que peu de choses à dire ici.
Rfiu 345
Tout le monde sali que le rhume se développe sous
l'iuQuence du froid, el que c'est la maladie la plus
tommune peadani l'hiver et le printemps; ou l'ob-
serve aussi l'été chez les personnes qui, étant en
tueur, ne craignent pas de se mettre dans un lieu frais
ou dans un courant d'air.
Considéré en lui-même , et indépendamment de
toute autre affection, un rhume est un accident très
léger et qui n'a d'autre inconvénient que sa durée ;
mais lorsque l'inflammation bronchique est très éten-
due, elle peut aoquérir, chez certains sujets, une très
grande gravité et donner lieu à l'inllammation du
poumon el à la phthisie pulmonaire. C'est en ce sens
qu'il faut entendre ce qui se dit dans le monde sur les
rhumes négligés.
Le traitement du rhume est le même, à l'énergie
près, que celui que nous avons décrit pour le catarrhe
pulmonaire [voyez ce mot). Il suffit le plus souvent de
boire quelques tisanes adoucissantes, de sucer des pâtes
de guimauve, do jujubes, etc., dediminuerla quanliié
d'aliments el auitout d'éloigner les substances exci-
tantes, le vin pur, le café, les liqueurs, etc. Souvent
cependant lorsque le rhume commence, qu'il est léger,
qu'il n'y a que peu ou poml de fièvre, on pouira
avoir recours avec avantage à un verre de punch ou
de vin chaud bien sucré. Il n'est pas rare , en effet ,
de voir un rhume enlevé très rapidement par ce moyen;
mais il faut que le malade soil bien conslilué, peu
irritable, ait un bon estomac et soit peu disposé aux
inflammations; car avec un pareil remède on joue plus
que quitte ou double.
RHUME DE CERVEAU. — Celle affection . qu'en
terme médical on no.mme coryza, est, en général , si
peu grave el tient si souvent à une inflammation de la
gorge ou des voies respiratoires, que bien des personnes
â46 ani)
l'aliandoniienl h elle-mcine. ERe peut cependant, ou
t5(rea?sez intense, ou survenir a<sez posiiivenienl imlé-
pendante de touîe autre maladie pour morilcr ipiel-
que attention. Ce riiumc dchute , romme la [)Iupail
des autres inQanunalions des memijrane» niuciueuses,
|.ar un «cntim-ni général de malaise et de lassitude
souvent acc'jnipai^Mié de frissons et de courbature
dans les mendires ; il s') joint, surtout au-dessus de la
lacine du nez, un mal de léte qui est plutôt une pe-
ianicur qu'une douleur aiguë. Les narines sont le
s'v>ge d'utie démangeaison fort incommode qui occa-
sionne de frcqueuts clemunicnls , un larmoiement
continuel des veux, avec tintement dans les oreilles^
batienieni des tempes et abolition complète de l'odo-
rat. A mesure que la membrane , siège du mal , se
gonfle, l'air pénètre avec plus de peint dans 1« s fosses
nasales, et foice le malade à respirer par la bouche; le
pourtour du nez et la lèvie supérieure se gonfli-nt sous
le contact d'im mucus aqueux, incolore, qui coule sans
cesse des narines cl force le malade à se moucher
continuellement. Au bout rie deux ou trois jours, L^s
phénomènes généraux s'amendent, mais le mucus
nazal devient plus épais, prend une teinte jaune-ver-
dAire. Enfin la duice tot;df; de Cette maladie est géné-
ralement de quatie h huit jouis.
Si des signes bien connus de cette léfjère mnladie,
nous p.issous à ses causes, nous trouvons ([u'affeLtanl
plus particulièrement les jeunes sujets, bs fenuue.-^ et
jeshommesà tempérament lymphatique, elle se déve-
loppe prcscjuc toujotus sous riniluenre d'un refroidis-
ïeuie:it, si.rioul à la tête et aux pieds. I/acii m du
s .leil donnant sur la télé est enrore une de !»es causes
actives ; il en est de même de l'inspiration de vapeuis
NTilantes, de l'usage du tabac pour ceu\ qui n'\ smtt
pas liabiiués. Quchpiapeu intense (fuc joi< un rliuiue
ROU 3i7
de cerveau, il serait toujours prudent d'en abréger la
durée en gardant la chambre, dans une température
douce et tempérée ; mais Comme peu de personnes se
trouvent assez gravement indisposée? pour interrompre
leurs affaires, elles doivent se vêtir chaudement, pren-
dre de fréquents bains de pieds sinapisj^s et, dans la
période de sécheresse, diriger des fumigations émol-
lienles dans les narines. La maladie est elle plus in-
tense , on est obligé de garder le repos et même de so
tenir au lit, de se mettre à l'usage des boissons chau-
des, de se rouvrir fortement la tête. Plusieurs per-
sonnes croient amender la marche de la maladie, en 5e
fioUani le dessous du nez avec un peu de suif, c'est
une erreur : ce Corps gras n'a d'autre effet que d'em-
pêcher que le mucus nazal n'irrite la lèvre supé-
rieure sur laquelle il coule sans cesse. Aussi le cérat
frais, le beurre de cacao, la pommade de concombres
seraient-ils préférables au suif, qui est toujours mal
propre. Mais de tous ces moyens , le meilleur, dans
les cas ordinaires, pour calmer un rhume de cerveau
el abréger sa durée, c'est de s'envelopper de suite les
pieds de chaussettes de laine et de les recouvrir d'une
enveloppe de toile cirée.
ROUGEOLE. — La rougeole est une affection in-
flammatoire de la peau, caractérisée par l'éruption de
petites lâches rouges, distinctes d"abord el légèrement
saillantes, mais se réunissant bienlôl pour former çà
et là des plaques demi-arrondies qui se terminent ea
quatre, cinq ou six jours au plus, et sont ordinaire-
ment suivies d'un dépouillement écailleux de la peau.
Susceptible de se transmettre par la plus légère com-
munication, la rougeole n'affecte généralement qu'une
seule fois le même individu, attaque de préférence le»
enfants, surtout après la première dentition, règn«
souvent d'une manière épidémique, et se nnontre plu-
348 ROd
tôt pendant les saisons où existent de brusques chan-
gcnicnis de température, comme le printemps et l'au-
tomne, que pendant les grandes chaleurs de l'été ou
les rigueurs de l'hiver. De même que la variole , la
scarlatine et lamiliaire, la rougeole n trois périodes :
l'une d'invasion, une d'éruption et une de terminai-
son ou de dcsquammalion. Les phénomènes qui Ciin-
stituont la première période sont, un état de tristesse
et d'abattement, une courbature dans les bras, les
épaules et les cuisses , une coloration inaccoutumée
des joues , un larmoiement des yeux et surtout un
rhume de cerveau, et presque toujours de la toux.
Vers le troisième ou le quatrième jour apparaisseut les
taches caractéristiques de la maladie, qui sont rouges,
distinctes , circulaires , légèrement élevées, paraissant
d'abord à la figure , mais se répandant bientôt au
cou, à la poitrine, au tronc et aux membres. Elles ne
tardent pas à se réunir pour former des plaques plus
larges et irrégulières^ séparées par des intervalles dans
lesquels la peau conserve sa couleur. Dès le quatrième,
et même assez souvent le troisième jour de leur appa-
rition, ces taches commencent à perdre de leur colora-
lion et prennent une teinte jaunâtre pour se terminer en
petites écailles. En même temps, tous les phénomènes,
ainsi que la fièvre tombent; mais si le rhume de cer-
veau disparait, la toux persiste toujours quelque temps.
Ce qui distingue la rougeole de la petite vérole,
c'est que, dans cette dernière, l'éruption n'est pas une
simple tache à peine saillante au-dessus de la surface
de la peau, mais un véritable bouton, et que le mo-
m^^nt où les taches de la première disparaissent est
préci>éracut celui où les boutons de la seconde se
remplissent de pus. Elle est aussi facile à reconnaître
de la scariaime, en ce que celle-ci, au lieu de se ré-
pandre de la figure au tronc et de ceux-ci aux metn-
ROU 349
hres, envahit de suile tout le corps, et qu'au lieu de
former des taches comme la rougeole, die colore uni-
formément toute la peau. La rougeole n'est pas, en
géaéral, une maladie grave ; quaud elle est bénigne et
sans complication , son traitement est d'une extrême
simplicité : on se borne à tenir le malade au lit chau-
dement, mais sans le charger de couvertures^ comme
on le fait souvent à tort; à lui faire prendre des tisa-
nes émollienles chaudes et à le mettre à la diète. Si
la toux est très intense, on ferait bien de mettre dans
chaque verre de tisane une cuillerée à bouche de
sirop de pavots blancs, et, si l'éruption se supprimait,
il serait urgent de la rappeler par des boissons sudo-
rifiques , mais mieux encore par un bain de vapeurs
ou des cataplasmes légèrement sinapisés.
ROUSSFXR ( Taches de ). — Connues en méde-
cine sous le nom d'éphélides , ces altérations par-
tielles de la couleur de la peau sont de trois espèces,
désignées par les noms de taches lenticulaires^ taches
solaires et taches hépatiques. Lespremières, qui sont les
plus communes, se rencontrent surtout chez les jeunes
sujets, plus fréquemment chtz les femmes que chez
les hommes, et de préférence chez les individus blonds
ou roux, dont la peau est fine et blanche. Souvent
congéniales, ne survenant d'autres fois qu'à douze ou
quinze ans , généraleoient plus prononcées dans lété
que dans l'hiver, elles se présentent sous la forme de
petites taches arrondies , jaunâtres on brunes, assez
semblables à des pellicules de son et répandues sans
ordre, mais assez souvent réunies sur le nez e! sur les
pommettes. Les taches solaires sont ordinairement
plus larges que les précédentes, d'un brun plus foncé,
et surviennent surtout après un certain temps d'expo-
sition à mie vive chaleur solaire ou d'habitation dain
un pavs chaud, pour tUsparaiirc avec la cause suus l'iu-
350 Rou
fluence de laquelle elles ont paru. Les taches hépati-
ques sont encore plus larges, assez découpées, d'un
brun safranc, se recouvrent q uelquefois d'une sorte de
desquamaiaiion, se rencontrent sur toutes les parties
du corps, scrloul chez les femmes au tronc, au cou, h
la poitrine, ei forment .sur la fii^ure de celles qui sont
enceintes ce qu'on nomme vulgairement le masque.
Elles sont en général plus vives aux époques des rè-
gles, occasionnent quelquefois une démangeaison qui
aiiguienle pur la clialiuir, et paraissent tenir dans cer-
ta nés circon'îiaiices à une af tection des organes digestifs,
siuiout du fuie : c'est de là qu'elles ont reçu leur nom.
Si les taches de rousseur ne constituent pas une ma-
ladie, il est juste aussi de convenir cju'elles donnent
à la p'aysionumie quelque chose d"a?sez disgracieux
pour qu'on ait chercLié à les faire disparaîire. Aussi
n'est-il pas de parfumeurs qui ne prétendent possé-
der une eau ou luie pommade qui ait cette pro-
priété , mais l'expérience a bientôt démontré leur
complète inef(icac:lc quand elle n'a rien révélé de
plus fâcheux. Tout ce qu'il est prudent de faire con
tre le> premières, c'est de sahriler du soleil, d'éviter le
grand air, ptd enduire souvent, le soir en se couchan',
les places envahies dune légère couche de pommade
traîche de concombre, de beurre de cacao. Pour cellel
qui sont plus prononcées , comme les tache» hépati-
ques, on a conseillé l'emploi tant intérieur qu'exté-
rieur des eaux sulfiueuses, comme celle d'Engh»;in,
les [lonimades alcalines, de fre'quenls purgatifs; Tn;ii
v li elles résistent à ces moyens, il serait dangereux d'à
I toir recouis à des agents plus actifs , parce qu'ot
M pourrait occasioiiner v.i\c véritable vésication de la
peau qui serait suivie de peliies cicatrisations lilan-
châiie infiniment p'us désagréable» que ce qu'on
Voulait effacer.
sc\ 351
SA>'C. Miiladic du saiirj. — ( P^oya Scorbut ,
DAnxr.ES, Schoflles, Lnfi-amm\tion . fiêyhe inflamma-
TOiRi:, Apon.Kxit, Coup d;: sang, ÉcuAUFFKiiEîiT, Ma-
LADIr.S VLNEP.IKXXES, CtC.)
SCARLATINE. — La scarialine e4, comme la
rougeole, une maladie inllammaioirc de la peau, qui
se inanik'sie par une éiiiplion de pcliis points rouges
o'.i de taches ccarlalcs s'clc:idanl de la face au cou, et
du cou à IdUlcs les autres jiaiiies du corps, toujours
accc.mpagnce de rougeur il de doultur au gosier, ne
marchant j.iniais saus fièvre cl se leruiiiiaat en peu
de jours par uiie des:piaiiiaiion de la peau.
Plus commune dans la seconde enfatico et l'adoles-
cence que chez les eulaiils à 'a îiiamellc et les adul-
tes, elle iralfecle aussi, gcnéralenienl , qu'une fois le
même individu, et survient surlou! en automne, après
des pluies ahondanles si>'vics <îe chaleuis. On lui re-
roniaîl, comme à la rongenle, trois périodes: celie de
linxasiou, celie de l'érupiion et celle de la desqua-
mation.
la première période se déclare brnsquemenl par un
arcèi de fièvre accompagné d'aballeinenl; la respira-
tioii csl ficqnente et irrcgulière, la peau du tronc
clia\ide, Icî, pieds froids, la gorge rouge et doulou-
reuse. Toul cela dire clenx ou trois jours, au b jut
de, quels rértq-.tion j)arait au cou el à la face, enva-
hit bieulôt toîjt le corps et se tiotive siuiout plus pro-
noncée vers les paili«'s ipii repi.s n! sur le lit. Toute
l'arriéie L;orge est alors rcflamniée. l.a mugeur es!
loi.jours plus \ive le s-\r, el suiluul ijti iioi-.iéme au
quatrième jour . elle counnenre à diminner vers le cin-
qiiicuie et di>j>;.'r.iîî ordinairement vers le scplicmc,
époque à la<juelli s'éiabli». la desfiuammaliou.
352 scA
La scarlatine est malheureusemenl bicu iuiu d«
suivre la marche régulière que nous venons de tra-
cer; très îouvent, le mal de gorge devient un carac-
tère dominant, qui fait à lui seul toute la gravité de
la maladie ei éclipse même, dans quelques cas, l'érup-
tion de la peau. Ce qui est aussi assez commun, c'est
de voir la scarlatine se terminer par une hydropisie
de la peau, accident qui arrive surtout aux malades
qui sont restés exposés au froid humide.
Dans les cas ordinaires, le traitement de la scarla-
tine, comme celui de la rougeole, est des plus simples:
le repos au lit, la diète, les boissons délayantes, les
gargarismes émolients,la précaution de ne pas dé-
couvrir les malades, et, par contre, de ne pas les
étouffer sous le poids des couvertures ; les lavements
pour combattre la constipation sont les seuls moyens
auxquels il faille a^oir recours. Dans le cas où le mal
de gorge est viulent, on peut, dès son début, se con-
tenter de couvrir le cou de cataplasmes émollients,
faire gargariser le malade avec une décoction d'orge
perlé miellée ; mais on ne doit pas hésiter à couvrir le
cou de sangsues et de ventouses sèches, et encore
mieux scarifiées, si la gorge est prise au point de
rendre la respiration tellement gênée, qu'il y ait im-
ininence de suffocation. Si, au contraire, la gorge, au
lieu d'être d'un rouge vif, se couvre d'un enduit blanc
nuiqueux , les gargarismes aiguisés avec quelques
irputtes d'acide sulfuriquc ou avec un peu de poudre
il'alun, conviennent parfaitement, ainsi que les vésica-
loires au cou et, dans quelques cas, les doux laxatifs,
Blême les purgatifs. Si la peau semble devoir se rem-
plir de sérosité, les boissons portant aux urines, se-
condées par de légères ambrocaiions fortifiantes sur
la peau ont généralement les plus heureux résultats.
On a aussi conseillé, dans les cas extrêmes, de couvrir
SCI 353
les membres gonflés de vésicaiolres volants, et même
de faire à la peau, soit de simples et légères mouche-
tures, soit de véritables incisions ; mais ce sont des
moyens extrêmes auxquels il serait à désirer qu'on ne
fût jamais forcé d'avoir recours, parce que, très sou-
vent, les parties sur lesquelles on agit se gangrènent.
SCIATIOUE. — Cette maladie, qu'on croit à tort
être inséparable de la goutte ou du rhumatisme, est
une affection nerveuse (violente douleur) de la cuisse
et de la jambe dont le siège est un des principaux
nerfs de cette partie , et qui se faitparliculicrcment
sentir en arrière et dans le sens de la longueur. Elle
affecte le plus ordinairement les individus âgés de
trente à soixante ans, semble être plus particulière
aux hommes , et se développe le plus habilueliemcnt
sous l'inQuence d'une habitation dans un lieu som-
bre , humide et mal aéré , d'une exposition aux in-
tempéries de l'air et surtout du repos du corps sur
une terre humide. Pouvant exister des deux cùtés à
la fois,. cette maladie affecte le plus souvent le côté
gauche ; elle est caractérisée par la douleur qui en
fait pour ainsi dire l'unique caractère ; mais celle,
douleur peut occuper des points différents et une
éleiulue variable du trajet du nerf et de ses divi-
sions. Ainsi ses points de départ habituels sont la
lianche et la fesse, quelquefois cependant le bas des
reins, de là elle se rend au genou en parcourant le
derrière de la cuisse et se concentre dans le jarret
ou s'étend sur les côtes de l'articulation ; enfin elle
longe la jambe, surtout en dehors, et va aboutir à
la cheville ou malléole externe et au coude-pied.
Ces points ne sont certainement pas tous douloureux
à la fois; mais ils sont comme autant de foyers, de
centres où se manifeste au plus haut degré la dou-
leur, ou bien d'où elle irradi«o
m
354 SCI
Les douleurs qui constituent la sciatique sont ou
provoquées ou spoclanèes. Au nombre des premières
il faut surtout placer la pression sur le trajet du
nerf, c'est-à-dire aux divers lieux que nous avons
indiqués, les mouvements et surtout la marche, les
grandes inspirations, la toux, le coucher sur le côté
malade. Les douleurs spontanées consistent en une
sensation pénible, sourde, contusive et continue,
en élancements qui parlent d'un des points indiqués
pour aller retentir ailleurs; en sensations diverses
dont les principales sont un sentiment de froid ou
une chaleur brûlante , la sensation d'un liquide
glacé ou brûlant coulant le long du membre; eniîa
en crampes et secousses plus ou moins violentes.
La sciatique a cela de commun avec toutesles ma-
ladies nerveuses qu'elle n'est pas régulière dans sa
marche; aussi tantôt elle débute brusquement, mais
bien souvent elle n'acquiert que progressivement e
au bout d'un certain temps sa plus grande intensité.
Quant à sa durée, elle est très variable, on a vu des
malades ne pouvoir s'en débarasser, c'est 'heureu-
sement le cas le plus rare; mais ce qui est assez
commun , c'est de la voir disparaître ou diminuer
considérablement j^our revenir tout à coup avec une
nouvelle gravilé qu'elle n'avait pas dans son début
Longtemps prolongée , elle peut produire l'amai-
grissement du membre, un tremblement continuel,
enlin une faiblesse qu'on a vu aller jusqu'à une pa-
ralysie complète.
Si eu commençant cet article nous avons établi
que la sciatique n'était pas inévitablement un s\mp«
lôme de la goutte, puisqu'elle peut exister parfaili<-
ment seule et survenir sur des personnes qui u\n,i
jamais été, ne sont pas et ne seront pas goultcascï-,,
«ous n'avons pas voulu éi.ablir que son Iraileuiciit
SCO 355
fût cssenliclleraent différent. Ce qui agit d'une ma-
nière plus généralement certaine dans la goutte
est aussi ce qui a le plus d'efficacité dans la sciati-
que. Ce sont parmi les remèdes externes, les sang-
SUC5, les vésicatoires volants, les ventouses scariliées,
mais souvent répétées sur le trajet de la douleur,
les frictions faites soit avec des pommades opiacées
ou des huiles laudanisées, soit avec l'huile essen-
tielle de térébenthine; l'électricité, enlin les narco-
tiques comme la morphine, l'extrait de datura-stra-
mojiium appliqués sur la peau dépouillée de son
épiderme. On obtient de très bons résultats en pro-
voquant d'abondantes et de longues sueurs en enver
loppant le malade de couvertures de laine ou en le
maintenant aussi longtemps que possible dans une
étuvc sèche. Enfin les remèdes intérieurs sont gé-
néralement pris parmi les narcotiques et les sudo-
rifiques. Comme la sciatique est très sujette à réci-
dive, les personnes qui en ont été affectées feront
bien d'ériter les causes au milieu desquelles elle se
développe habituellement. Des vêtements de laine
sur la peau forment une précaution à laquelle ils
auraient toujours tort de se soustraire.
SCORBU'T. — Le scoibut esi une affection générale,
régnant ti es souvent sous forme épidcmique, et rési-
dant dans une sorte d'aUéralion, tu mieux d'appau-
vrissement du sang, qui lésulte lui-même de cause»
très varices, mais ayant toutes un caractère éminem-
ment débilitant. Infiniment plus commune chez le*
gens de mer que nulle autre part, elle exerce surtout
ses ravages sur les individus rassemblés en masse et
soutnis aux mêmes conditions de régime. On a cru
longtemps que la nourriture composée de viandes sa-
lées était la principale cause du .scorbut; mais l'expé-
rience prouve que celle uourrilure n'a rien de parti-
366 --^-^-^ SCO
culier à cet égard, si ce n'est d'être peu fortifiante.
L'air humide et froid, les affections morales tristes,
comme le découragement et le chagrin, paraissent
avoir sur son développement l'action la plus marquée.
Ces causes ont toujours agi depuis uu assez long-
enips, lorsque la maladie se manifeste. Son début est
annoncé par un sentiment de lassitude, d'abattement,
de tristesse. La coloration naturelle du visage est rem-
placée par une teinte plombée; les gencives ne tardent
pns à devenir gonllées, rougeâtres, douloureuses, fa-
cilement saignantes, parfois même laissant échapper
une matière «anieuse, fétide, et c'est là, pour bien des
personnes, le principal, même l'unique caractère de la
maladie. Une fois que les choses en sont arrivées à ce
point, quelques taches sanguines, dites péléchies, com-
mencent à se montrer sur diverses parties du corps;
les malades perdent, de plus en plus leurs forces, tant
au moial qu'au physique; leurs gencives s'ulcèrent,
ei même se gangrènent et deviennent souvent le siège
d'Iiémorrhagies inquiétantes. Toute la surface de leur
peau est sèche et rugueuse; leurs membres s'infdlrent
de sérosité et de sang; leurs mouvements sont alors
très pénibles. Si les causes continuent, les hémorrha-
gies se multiplient de plus en plus, les gencives se dé-
sorganisent, les dents chancellent, puis tombent. Dans
cet étal, la plus faible pression sur la peau suffit pour
l'entamer et déterminer un ulcère à bords durs, épais
et à surface saignante, envahissant successivement les
parties molles jusqu'aux gros vaisseaux; la respiration
tfs'mbarrasse; il survient de fortes palpitations et de
reéquentcs .syncopes, et les malades succombent dans
un état affreux de détérioration, sans avoir, toutefois,
rien perdu de leurs facultés intellectuelles.
La première chose qui se présente à faire quand le
scorbut se déclare, c'est la suppression des causes (jui
SCO 367
onl ameoé rappauvrisscnicnt du sang ei qui tiennent^
comme nous l'avons dit, à linlJucnce fâcheuse sur l'é-
conomie, d'une almosphère continuellement froide et
humide, d'un air impur et altéré^ de l'usage longtcmpi
prolongé d'aliments" «aies et insuffijanis, d'affections
morales tristes. Celte supprcssioa n'est malheureuse-
ment pas toujours très facile; par exemple, dans un
voyage de long cours, comment changer la nature du
climat el des lieux? comment donner d'autres aliments
que ceux qui sont sur le vaisseau? commeut céder aux
désirs de ceux qui désireraient cesser de naviguer ? Il
faut donc, dans ce cas, attendre et se résigner, et dé-
barquer aussitôt qu'on le peut. Les heureux résullats
d'un changement dans les choses ordinaires de la vie
ne tardent pas à se faire sentir. Chaque j(»ur, on voit
le malade revenir à la santé; ses forces renaissent ; son
appétit devient meilleur ; son chagrin se dissipe.
Les causes détruites, les effets ne cessent cependant
pas toujours d'eux-mêmes; l'économie a souvent besoin
d'être directement ramenée à soh état normal par di-
vers médicaments, à la tète desquels se trouvent les
plantes stimulantes amères, appelées antiscorbuliques,
comme le cresson, le cochléaria, le raifort, le trèfle
d'eau , que l'on donne , soit infusées dans l'alcool ,
le vin, ou que l'on fait manger crues ; puis les fruits
acides, comme le citron, l'orange, avec lesquels on
compose les boissons ordinaires, le vin tonique, la
bière. Ces médicaments seront puissamment secondés
par un exercice modéré pris en plein air ; dans le cas
d'impossibilité, par des frictions sèches ou aromatiques
faites avec précaution sur ton t le corps, par des bains, des
distractions. Il convient aussi de diriger un traitement
loc«l sur les ulcérations des gencives. Pour cela , on
les lave souvent avec d«s liquides astringents et toni-
ques, comme la teinture de quinquina, de rajrrhe, de
358 SCB
pyrèthre, le* sucs de végétaux acides, et même avec
de légères solutions de chlorure de cliaux ou d'alun.
On fait très souvent aussi, avec avantage, dégorger
les gencives, en les frottant soir et malin avec une
brosse un pen duie.
SCROFULE. Écrouelles, stnimes. — L'état de dé-
térioration générrle de l'écouomie, qui constitue la
maladie scrofuleuse, eu les scrofules, est infiniment
plus connu par ses résultats que dans son essence. Les
anciens n'y voyaient qu'une altération des humeurs,
due à la présence d'un vice, d'un levain morbifique
ou d'un virus ; les médecins actuels y voient le résul-
tat d'une atonie, d'une faiblesse des vaisseaux et des
ganglions lymphanque*.
Quoi qu'il en soit, plus commune de deux à huit
ou neuf ans qu'à toute autre époque de la vie, celte
maladie p.fiecle dn préiérence les individus d'un
tempérament mov et lymphatique , c'est-à-dire qui
ont la peau fine et b' nche. les cheveux blond<, la
léte volumineuse, de grosses lèvres, un cou allongé,
une poitrine étroite, le ventre saillant, les articula-
tions 1res prononcées, les chairs n";olles et flasques, les
formes arrondie?, !es yeux souvent rouges el lar-
tnoyanis, le visage biafard el uonfii. Très souvent c'est
au milieu des apparences extérieures de la sanlé qu't-lle
débute. Il se forme d'abord sur le trajet des vais«anx
lymphaliqups, parliculièrement au cou , des tumeurs
plus ou moins arrondies, mobiles sous la peau, aug-
mentant graduellement de volume et restant d'abord
indolentes pendant des mois, uiêine des années, puis
s'accompagoant de chaleur, de rougeur, de fièvre, et
dégénérant en abcès. Alors la peau qui les recouvre
s'amincit, s'ulcère et donne issue, nnn à du pus sem-
blable à celui que fournit un furoncle , mais soit à une
lUKtière ayant la consistance du fromage, soit à un li-
èŒ 359
quide scro-ptirulent chargé de flocons albumineux.
Le fond de rulcératicn se reniplil de bourgeons apla-
tis ou peu développés; ses bords sont violacés, dé-
coupés. Aussi, quand ils se cicalrisenf, laissent-ils des
traces très irrcgulières. Ces ulcères occupent souvent
plusieurs points de là peau à la fois, et, à mesure
qu'ils se multiplient, la santé générale se détériore, et
la maladie devient générale.
Regardée longtemps , mais bien positivement â
tort , comme pouvant se communiquer d'une per-
sonne à une autre, cette maladie semble être un
peu plus commune dans le sexe féminin que dans
le sexe opposé, se transmet a?sez facilement par
voie d'iicrédilé, et envahit quelquefois des familles;
entières. Elle se développe au milieu d'un ensemble
de causes qui frappent 5ur toute l'économie en la
débilitant, sans qu'il soit toutefois possible de sa-
voir la part que chacune d'elles prend à ce lésuliat
général. Au nombie de ces causes se trouvent né-
cessairement une mauvaise nourriture , l'usage des
eaux bourbeuses, privées d'air, la malpropreté
habituelle, l'habitation des lieux humides et mal
éclairés , marécageux , l'entassement de la popula-
tion ; aussi est-elle très commune en lîuUande, eu
Pologne, dans les gorges des Alpes tt des Pvré-
nées, dans les rues ctroiies des grandes villes, et
parmi les enfants des classes pauvres. L'expérience
prouve aussi que les excès de tout genre , les tra-
vaux prolongés, l'abus du mercure, les affections
syphilitiques négligées ont une patt active dans son
développement.
Ce que nous venons de dire des causes des scro-
fules doit faire pressentir de suite que la mauièio
de vivre, le régime, doivent jouer un grand rôle
dans leur traitement. Le temps n'e^t plus où
360 SEV
les rois , certains princes et quelques évéque*
jouissaient de la faculté miraculeuse de les gué-
rir par la seule application de la main ; il faut au-
jourd'hui des moyens d'une appréciation plus claire.
Ainsi , de même que dans le scorbut , la première
chose à faire dans les scrofules, c'est de détruire les
funestes effets d'une nutrition de mauvaise nature.
Pour cela on éloignera le malade de toutes les cau-
ses qui ont agi sur lui d'iu^iC manière défavorable.
On le fera donc sortir des lieux bas, humides,
obscurs et souvent infectes dans lesquels il a passe
sa première enfance. On l'e-xposera à l'action bien-
faisante du soleil ; on le couvrira de vêtements de
laine; on le nourrira de viandes rôties et grillées ,
de végétaux frais et cuits ; on lui donnera du vin
généreux coupé avec l'eau ou une infusion de hou-
blon , de gentiane , de chicorée , de fumeterre ou
de pclilc centaurée. On lui fera des frictions sèches
ou aromatiques sur toute la surface du corps; on le
fera coucher sur des matelas de foin ou mieux de
fou"cre. Les bains de mer sont aussi très avanta-
tageux , ainsi que les eaux de Barèges , de Plom-
bières. Quant aux médicaments proprement dits ,
ils sont généralement pris parmi ceux qui passent
pour avoir la propriété de stimuler les tissus blancs,
comme l'iode et ses nombreux composés , aidés du
sirop antiscorbutique et du vin de quinquina. Mais
dans l'administration de ces médicaments , il faut
avoir égard à l'état de l'estomac , et s'en abstenir ou
en suspendre l'usage s'il y avait des signes évidents
d'intlammation qui ne pourraient qu'augmenter sous
leur influence.
SEYRA.GE. — Le sevrage n'est autre chose que
la cessation de l'allailemenl naturel. Cette cessation
doit ôlre envisagée sous deux points de vue : latantd
SET 36i
de l'enfant et celle de la mère. Relativement à l'en-
fant, la première question qui se présente est celle-
ci : à quel ôge doit-on sevrer? la seconde : quelle
nourriture doit remplacer le lait de la mère ou de la
nourrice, et comment doit se faire cette substitution?
Relativement à la femme qui nourrit, loul se réduit à
savoir quelles précautions elle doit prendre pour que
le sevrage ne lui porte aucune espèce de préjudice.
lo Pour t enfant. L'époque à laquelle il convient
de sevrer un enfant est variable, elle dépend de la
force de j'enfanr, de la plus ou moins grande difO-
culté qu'a éprouvée sa dentition, de l'étal de la mère
ou de la nourrice après Talailement , de la nature du
lait fourni par les seins. Un enfant fort bien consti-
tue, ayant déjà percé les quatre dents du milieu, haut
et bas, de huit à dix mois, doit être sevré à ce mo-
ment, surtout si la mère ou la nourrice sont affaiblies
et si leur lait semble, par l'insatiabilité de l'enfant,
ne plus avoir les qualités vivifiantes voulues. Mais on
reculera cette époque jusqnà un an, et même plus
tard, si l'enfant est faible et semble être d'une mau-
vaise constitution, et si , pour des raisons dépendant
de la femme, le sein ne peut continuer à lui être
donné, on le remplacera par un biberon.
Une fois que le sevrage est décidé, la nourrice pré-
sente le sein un fois de moins par jour la première
semaine, et ainsi de suite jusqu'à ce que l'enfant ne
telte plus qu'une fois dans les vingt-quatre heures. Elle
mettra ensuite un jour d'intervalle, puis deux, puis
trois. On lui donnera pendant ce temps du lait de
▼ache ou de chèvre , coupé avec de l'eau d'orge ou
de gruau. Peu à peu ce lait est pris pur; enfin on
arrive aux panades, aux soupes, aux potages maigres,
puis gras, mais les maigres étant un peu sucrés. La
quantité de ces aliments ne peut être déterminée d'à-
362 SOI
vance, elle varie surtoul suivant sa force et son appétit.
Del'atlentioa qu'on apporte à cet égard dépend souvent
non seulement la santé de l'enfaDt, mais le développe-
ment complet de ses organes, la régularité de ses formes
et, partant, l'harmonie et le libre jeu de ses fonctions.
Tous les enfants , disons-le, puisque cela est vrai, ne
supportent pas le sevrage sans quelque incommodité ;
la plus fréquente est le dévoiement. On modère alors
la nourriture, on donne des quarts de lavement avec
l'eau de guimauve et l'amidon, auxquels on ajoute quel-
quefois deux ou trois gouttes de laudanum.
2° Pour la femme. Une femme qui cesse de nour-
rir son enfant, ne devant plus faire les frais de la sé-
crétion à laquelle elle s'était soumise, doit nécessaire-
ment dnninuer à mesure la quantité de ses aliments,
et ne faire usage que de ceux qui nourrissent le moins.
Elle fera aussi usage, comme celle qui, après être ac-
couchée, juge couvenable de ne pas nourrir ( Voyez
FiEvr.E DE lait), de boissons nilrécs ; elle garnira
ses seins pour les préserver de l'action du froid, sans
toutefois y eiîtrelenir trop de chaleur; enfui si les
seins se gonflaient trop , elle ferait bien de prendre
de deux jours l'un , pendant une semaine, un léger
purgatif, comuie un, même deux veries d'eau de
S(îdlilz, et dans hs jours d'intervalle , de provoquer
des sueurs par l'usage de (pielques plantes sudorili-
qiics, comme la fleur Je sureau. Ces dilfénnts moyens
suffisent ordinain-ment pour empêcher le lait soit de
se reproduire, suit de faire irruption sur quelque autre
oig«ne, el pour prévenir ce qu'on nomme communé-
ment dépôts de lait.
SOIF EXCESSIVE. — La soif excessive, le désir
irrésistible de boiie, est presque toujours un état qui
tient à une maladie, particulièrement à une maladie
inllaiiimaloire ; n)ais dans qucl'jues cas cependant,
soM 3G3
die paraît seule, ou comme symptôroe dominant, et
semble n'èlre que l'expression d'une excitation anor-
male et accidentelle des papilles de la langue, du pa-
lais et de l'arrière -gorge. «
L'usage des boissons acidulés, et surtout froidei,
semble au premier abord le moyen le plus sur de
calmer La soif, mais on ne tarde pas à reconnaître que
plus on en boit plus on en veut boire, parce que leur
introduction dans la bouche est suivie d'une réaction
qui suffit elle-même pour faire aaîlre le besoin qu'on
a eu l'intention de satisfaire. Le lait froid, les bois-
sons mucilagineuses mais non pas sucrées, sont ua
moyen plus sûr, les grands bains réussissent aussi.
Dans tous les cas, il faut bien savoir que si on ne sait
pas résister à la soif quand elle est incessante , on ne
parvient que difficilement à l'appaiscr ; aussi fait-on
bien de chercher à lui faire diversion par quelques
occupations propres à fixer fortement l'imaginalion.
On a vu des personnes tourmentées par une soif de
toutes les minutes, ne pas même y songer pendant les
les quatre et mèrBesix heures que durera un spectacle
attravant pour elles.
SOMNAMBULISME. — On appelle de ce nom l'é-
tat dans lequel se trouvent certaines personnes qui,
quoiqu'endormics, peuvent encore se livrer à quel-
ques actes intellectuels ou physiques propres à la
veille; ou pour mieux dire le somnambulisme es*,
un état intermédiaire entre la veille et le sommeil,
dans lequel la mémoire, l'imagination et les sens
sont dans une sorte d'exercice imparfait ou d'act>-
vité partielle sous l'influence de laquelle on peut
faire certaines choses que l'on fait habituellement
dans le cours de ses occupations. Jîais do cet état
bien caractérisé et journellement constaté en con-
clure que les somnambules peuvent prédire l'avenir,
364 S9IL
se livrer h des actes intellectuels qui leur sont ha-
bituellement complètement étrangers , il y a un es-
pace ipimcnse que la raison conseille de ne pas
franchir. Quant au somnambulisme communiqué, de
deux choses l'une : ou il existe et ne peut donner
plus de faculté que n'en aurait une personne som-
nambule naturelle , ou il n'est que simulé , ce qui
est le plus ordinaire , et il devient le prétexte de»
plus audacieuses jongleries. Au reste, naturel ou non
le somnambulisme n'étant pas à propremert parler
une maladie, nous n'avons pas besoin de nous en oc-
cuper plus au long. Le seul conseil que nous puis-
sions donner, et qu'indique le simple bon sens, c'est
de surveiller les somnambules naturels afin qu'ils
ne puissent pas être exposés à mettre leurs jours
en péril sous l'influence de cet état.
SPASMES. — On appelait autrefois du nom de
spasme toute espèce de convulsions; mais ajourd'hui
ce mot exprime simplement une contraction ou ten-
sion musculaire indépendante de la volonté et qui
dans quelques cas dispose à la convulsion , et qui
presque toujours la précèdent , quand celle-ci doit
arriver. On connaît deux genres de spasme suivant
que les facultés intellectuelles sont ou ne sont pas
lésées. Celui dans lequel les muscles seuls sont af-
fectés, se divise lui-même on deux selon que les
muscles lésés sont ceux qui sont soumis à l'empire
de la volonté ou ceux qui ne le sont pas. Dans le pre-
mier de CCS deux derniers cas, ce sont presque toujours
des mouvements brusques , inégaux et soudains de»
bras, des jambes, de la tête , de la mâchoire infé-'
rieure, des lèvres , des yeux, auxquels les malades
se livrent malgré eux , et par conséquent dont ils ne
peuvent mesurer la force et l'éleiidue , ni maîtriser
le tiéveloppemcnt. Dans le second cas ce sont ordi-
STÊ 365
nairement l'œsophage, le pharynx, le diapliragme ,
ou le cœur qui sont affectés. Quand c'est le dia-
phragme , l'affection se trahit par le hoquet; quand
c'est le cœur il y a palpitation:; ( Voyez ce mots ).
Quant au spasme avec lésion des facultés intellec-
tuelles, il constitue, à vrai dire, une variété de l'a.
liénation mentale qui sera étudiée ailleurs.
Les spasmes généraux ou locaux, qui n'ont qu'une
existence passagère et résultent de l'action d'une
cause accidentelle, sont presque toujours combaiius
avec succès par les antispasmodiques administrés à
l'intérieur , mais surtout par le camphre. Les vési-
catoircs comme moyen révulsif trouvent fréquem-
ment leur application lorsqu'ils dépendent de la
faiblesse de la constitution , d'habitudes vicieuses
contractés dans l'enfance . d'une éducation défec-
tueuse , ce n'est pas seulement à des moyens pas-
sagers et aux ressources de la pharmacie qu'il faut
avoir recours, mais il faut faire appel à tous les soins
hygiéniques, à ceux surtout qui auront pour but-de
rétablir l'équilibre rompu entre le système nerveux
et le système musculaire.
SPLEEN. — maladie noire, 3Iélancolie. — {Voyez
Hypocondrie.)
SQUIRRHE. —- {Voyez Cancer.)
STÉRILITÉ. — On entend par ce mol un état des
parties ou des individus qui rend l'union des sexes
improductive, bien qu'elle puisse s'effectuer; diffé-
rant en cela de l'impuissance dans laquelle un vice
de conformation apparent ou caché rend cette union
impossible.
S'il est assez souvent possible de constater les causes
de l'impuissance {Voyez ce mot ), il n'en est pas de
même de la stérilité, tant il existe de causes souvent
inappréciables qui peuvent l'occasionner. On en est
... m
366 SUE
la plupart du temps réduit à de pures conjectures ;
comment reconnaître , par exemple, si l'infécondité
provient du fait de la femme plutôt que de celui du
mari. Combien de femmes , qui avaient été stériles
pendant un grand nombre d'années , sont devenues
mères après dix, quinze, vingt et même vingt-cinq
ans de mariage , sans avoir jamais trahi la foi conju-
gale. Combien de femmes n'ont pas d'enfants avec
un premier époux et en ont facilement et un grand"
nombre avec un second. On voit aussi des individus
ne pas avoir d'enfants pendant toute la durée d'une
longue union , se séparer et en avoir l'un et l'autre
en contractant de nouveaux rapports.
L'antipathie, le dégoût même, sont loin d'clrc des
causes de stérilité, puisqu'on a vu des femmes vio-
lées concevoir; bien plus les femmes qui se livrent
avec beaucoup d'ardeur aux plaisirs vénériens sont
souvent infécondes. L'irritation continuelle des par-
ties génitales, les pertes en blanc, les déplacemeuls
de la matrice, un extrême embonpoint produisent
souvent le môme résultat. On ne peut donc établir
de règles applicables à la stérilité : un changement
complet dans les habitudes des époux , les voyages
ont souvent réussi à la faire cesser. Les propriétés
qu'on a cru reconnaître à cet égard à cert incs cauy
minérales pourraient bien ne s'expliquer que comme
cela ; les recettes secrètes vendues par quelques in-
dividus sont des pièges tendus à la crédulité et n'ont
la plupart du temps aucun ré.sultat, ou si elles réus-
sjs.-îent, c'est qu'il devait en être ainsi.
STRAI51SME. — {Voi/ez Loucde.)
SUETTE. — On appelle ainsi une maladie épidé-
mique caractérisée par des sueurs abondantes , un
état fébrile plus ou moins grave , et souvent une
éruption de petites vésicules, c« qui constitue alors
tsTJE 367
la fieTre miliaire dont nous avons déjà parlé {Voyez
MlLIAIRE ).
La suelte altaque de préférence les adultes , et
plus souvent les femmes que les hommes , et sévit
avec plus d'intensité sur les populations indigentes
et dans les localités les plus malsaines, surtout dans
les plus basses et les plus humides. Elle règne même
d'une manière habituelle dans quelques lieux. Elle
se présente sous deux formes : bénigne et maligne.
La suette bénigne est parfois annoncée par de la las-
situde et de la céphalalgie sus-orbiiaire, du dégoût
pour les aliments. Dans d'autres cas , et quelques
heures seulement avant l'apparition des sueurs , le
malade éprouve la sensation d'une chaleur ou plutôt
d'une vapeur qui parcourt tous les membres, accom-
pagnée de resserrement à l'estomac; d'autres fois
enlin les sueurs débutent d'emblée; seulement la
langue est jaunâtre et la respiration un peu embar-
rassée. Cet état persiste avec de légères variations
les deuxième , troisième ou quatrième jours. C'est
l'un de ces jours, ordinairement le troisième, que se
fait souvent sur la peau une éruption miliaire dont
la marche est celle que nous avons déjà décrite.
Bien plusconstanivsque l'éruption, les sueurs, tou-
jours abondantes, sontd'unc odeur fétide particulière
et continuent à s'exhaler sans interruption sous la
forme d'une vapeur épaisse pendant toute leur diuée,
sans être toutefois accompagnées d'une grande cha-
leur à lapeau. La desquammaiion ou soulèvement de
l'épiderme commence au bout de dix à douze jours :
les vésicules, quand il y en a, s'affaissent, l'épiderme
se fronce, serideetse détache tantôtpar de fines écaiU
les farineuses, d'autres fuis par de grandes plaques.
Le ssueurs cessent alors ou ne se montrent plus qu'à
de rares intervalles ; la ceuvalcsccnce commence.
368 ^ SUE
La suette cesse d'avoir ce caractère bénin sous l'in-
fluence de divers accidents: tantôt c'est l'inflammation
de l'estomac et de l'inlestin qui acquiert beaucoup
d'intensité; tantôt c'est celle du poumon ou de la vts-
sie ; ou bien encore un état nerveux caractérisé par
de l'assoupi^sement, du délire ou même des convul-
sion»^ mais qui est souvent assez promptemenl mortel.
Le iraiteraenl réclamé par cette affection est le même
que celui de la rougeole et de la scarlatine. Le traite-
ment des divers symplômes doit être simplement hy-
giéni(iue : ne pas provoquer les sueurs, [lar exemple,
ne pas .'es su{)primer^ est ce qu^il y a de mieux à faire,
On profitera des intervalles où elles parais5ent se
modérer pour fajre le lit du malade, le changer do
linge avec précaution , l'essuyer soigneusement avec
des serviettes bien chaudes. Si la douleur au creux
de l'esiomnc est très prononcée, on y appliqucri avec
avantage des sangsues. Enfin, suivant les cas, vésica-
toires révulsifs, narcotiques. C'est surtout ddns les cas
où des phénomènes nerveux se déclarent que ces der-
niers moyens ont de Tefûcacité. Dans tous ks cas, les
lavements éinoUienls sont utiles, car il y a toujours
plutôt constipation que relâchement.
SUEURS. — Les sueurs sont un symptôme dans un
grand nombre de maladies , coïnme dans la suette ,
dont elles font le principal caractère, et dans la plu-
part des maladies inflammatoires profondes, affectant
ce qu'on nomme des organes parenchyinaieux, comme
le poumon, le cerveau, l'inlestin. Dans ces divers cas,
elles ne méritent pas de fixer l'altenliou parce qu'elles
cèdent aisément à l'amendement et mieux à la destruc-
tion de la cause. Mais ea considérant les sueurs comme
un effet purement physiologique simplement un peu
exalté, on peut, on doit même prévoir combien leur
Buppresâion brusque peut être nuisible. Ce sont les
SUR 369
sueurs des pieds qu'il est surtout iraportaul Je ne pas
laisser arrêter, parce que cette cause, légère en appa-
rence, peut avoir les plus grands dangers. Ces sueurs
doiveul donc être respectées si elles SGUt aHcieiines :
on se borne^ contre leur iucomnfioditG, à des soins de
propreté et, si elles sont plus abondantes ((.ue d'habi-
Vude, à quelques révulsifs sur la peau eu sur i'intes- ,
lin, coinrae un vésicaloire pour la peau et quelques
purgatifs pour l'intestin. Se sont elles supprimées, soit
par le refroidissement subit, soit par toute autre cause
connue ou inconnue? On s'euiprease d'envelopper les
pieds d'un morceau de lianelie recouvert d'un taffetas
ciré, ou de cataplasmes tiès cbauds, etc.
SURDITÉ. — On donne ce nom à l'abolition ou à
l'affaibliiscment du sens de t'ouïe.
I.a faculté d'entendre repose sur ces deux con-
ditions, que les vibrations sonores qui constituent
le son puissent arriver jusqu'au parties intérieu-
res de l'oreille, auxquelles elles doivent aboutir
en dernier lieu, et que ces dernièies soient dans les
Cuiulilions nécessaires pour les recevoir et transmet"
l e au cerveau l'inq.ression qu'elles en ont éprouvée.
De la deux causes princ}[ales de surdité, qui, toutes
deux, sont ou congéniales ou accidentelles. La pre-
inièie peut consister ea une imperforation el oblité-
ration du conduit auditif, en son rétrécissement, en
l'acruniulcilion du cérumen dans quelques points de
sa longueur, en la présence dans son intérieur de
corps étrangers, à Tépaississement de la membrane du
tympan sur laquelle les sons viennent frapper, enfin à
l'obsiruciion de la trompe d'Eustacbe, ouverture dé-
boucbant dans l'arrièie-gorge et destinée à laisser
pénétrer dans l'intérieur de l'oreille l'air nécessaire à
l'audition. La seconde cause de surdité est, soit uni
atrophie ou une compression, soit un affaiblissement.
24 '
370 SUR
ou enfin une véritable paralysie du nerf auditif. C'est
donc par la deslruction de ces différentes causes que
doit commencer le traitement de la surdité, car d'elle
seule dépend le retour de la faculté d'entendre,
Ainsi, pour ce qui a rapport aux causes du premier
ordre, et qui sont de véritables causes physiques, y
a-t-il oblitération du conduit auditif par une inflam-
mation de la membrane qui le tapisse? on traite cette
inflammation comme nous l'avons dit au mot Oreillk
y a-t-il accumulation de cérumen ; ce qui est assez
commun? on ramollit le bouchon qu'il forme par des
injections d'eau tiède ou d'huile ; puis, au moyen d'une
curette ou d'un cure-oreille ordinaire, on le relire
par portions ; quand la totalité ne vient pas à la fois.
Enfin y a-t-il des corps étrangers ? on pratique leur
extraction à l'aide de pinces ou de curettes appro-
priées, de crochets , de tiges de baleine flexibles gar-
nies d'un léger tampon de coton enduit de miel ou de
glu. Si ce corps étranger est un polype, des divers
moyens chirurgicaux conseillés contre ces produc-
tions accidentelles, l'excision et l'arrachement sont
les seuls applicables dans l'espèce. Quanta l'épaissis-
semec-t de la membrane du tympan, il est assez diffi-
cile à établir; le seul moyen de remédier à ses consé-
quences serait de perforer celte membrane. Resie
enfin l'obstruction de la trompe d'Eusiache à laquelle
on obvie par le cathélérisme ou introduction d'une
«onde^ suivie d'une injection soit de liquide, soit d'air.
Le traitement de la surdité qui dépend de la
deuxième cause , et qui est une cause nerveuse , est
loin de reposer sur des bases aussi rationnelles que
celui que nous venons d'exooser, parce que sa nature
échappe. Il est généralement réduit à deux méthodes :
dans la première figurent les poudres sternutatoires,
les purgatifs drastiques répétés, l'état de l'eitoiBac et
TÀi 374
de riote«tin le permettant. Dans la seconde sont tu;:?.
les dérivatifs comme le cautère, le moxa, les veBtou.sr»
sèches ou scarifiées souvent répétées, et appliqiK'>
derrière l'oreille, ou un selon à la nuque. Quant à
l'électricité tl au galvanisme, malgré les essais muii-
pliés qu'on a fait à leur égard, peu de succès en oiii
été obtenus. On a conseillé de seconder l'action des
moyens que nous venons d'énumérer parles infusiotis
d'arnica, de valériane, les prAptrations martiales ou
ferrugineuses. Mais depuis qu'on est parvenu à placer
l'inlruduction d'une sonde dans la trompe d'Euslache
au nombre des opérations habituelles de la chirur-
gie, on a substitué, d'une manière un peu banale,
mais assez souvent fructueuse cependant , les injec-
tions d'air ou de vapeurs soit aqueuses soit éthérées,
îi la plupart des moyens dont nous venons de faire
dénuméralion.
SYNCOPE. — [Voyez Evanouissemeht ).
TAIE. — On donne ce nom à une tache blanchâtre
qui s'est formée sur la cornée ou miroir de l'o-il, ei
([ui, lorsqu'elle se trouve en face la pupille, gêne on
fiiipêche même complètement la visiou, par lobstacle
qu'elle met au passage des rayons lumineux.
Celle affection, qui esl un cas malheureusement
très fréquent de cécité, est presque toujours le résul-
tat d'une vive inflammation des enveloppes de l'œil,
et consiste uniquement en une sorte d'infiltration
entre les feuilles de la cornée d'une matière sémi-pu-
rulente ou lymphatique, qui en trouble la transpa-
rence. Les taies sont infiniment plus communes chez
les enfants que diez les adultes, parce qu'ils sont plu*
sujets aux inflammations des yeux; mais par une heu-
reuse compensation, elles sont aussi plus disposée* à
372 TÀî
disparaître, parce que chez eux les forces abiorbanles
sont plus capables de pomper la matière épanchée.
Le traitement le plus méthodique des taies est ce-
lui de l'inflammalion qui les occaçionne ordinaire-
ment ( Voyez Ophthalmie ). Quand on n'a pas réussi
à prévenir leur formation, on doit longtemps les res-
pecter, surtout quand elles sont peu étendues, parce
qu'elles finissent souvent par disparaître par les seules
forces de la nature. Plus de la moitié d'entre elles
sont dans ce cas. Celte vérité reconnue par tous les
oculistes de bonne foi, doit rassurer 1rs parents et les
empêcher de céder aveuglement aux conseib que
chacun ne manque pas de donner sur ce sujet.
Cependant quand les taies ne disparaissent pas au
bout d'un certain temps, on peut tenter quelques
moyens, parmi lesquels ou doit surtout placer, 1o les
immersions souvent répétées de l'œil dans un bain
d'eau, dans un demi-kilogramme de laquelle on a fait
fondre quatre grammes, ( 1 gros) de sel de cuisine;
2° l'insufflation sur l'œil d'une poudre composée
d'une partie d'alun et neuf de sucre, ou bien de
parties égales de sucre candi , calomel tt tulhie ;
3° d'une légère solution de nitrate d'argent, conin.e
i\ a été dit au mol ophthalmie , à laquelle on ajoute
fleux ou trois gouttes de laudanum. La taie disparaît
souvent au milieu de la petite rougeur que détermine
daiis bien des cas l'emploi de ces différents moyens;
t'est peut-être en cela que consiste toute leur vertu.
On a proposé dans ces derniers temps d'enlever avec
le bistouri la membrane ou mieux le disque de la
coinée qui porte le nuage, et de remplacer la partie
par une partie îemblable prise sur un aniiial. Mais
cette idée ne s'appuie encore que sur quelques expé-
riences et trompera peut-être l'altenle de ceux qui
ics ont tentées.
TAi 373
TAILLE , bêviattom d« la taille. — Tout le monde
iait qu'on appelle ccmmiinénicnl ffli//e la partie pos-
térieure du torse. Comme c'est la colonne vertébrale ou
épine dorsolequi en forme la panie essentielle, puis-
qu'elle en est la base, le point ceniral auquel vien-
nent aboutir tous ses mouvements, la plus légère alté-
ration dans sa rectitude naturelle entraîne nécessaire»
nient une difformité du tronc. Or, les déviations de la
inillf; ne sont autre chose que les courbures de la co-
lonne \ertcbrale. Elles soat latérales, antérieures ou
pustéiieures, suivant que le centre de la courbure s'est
pré à gauche ou à droite, en avant ou en arrière
de la ligne veiiiciile.
Ces courbures s'effectuent sous l'inQuence de deux
ordres de causes bien distinctes dans leur nature,
mais venant très souvent se compliquer réciproque-
ment. Les unes consistent é\idemment en une action
des muscles qui s'insèrent à la colonne vertébrale ou
qui la liecnent, d'une manière quelconque, dans la
dépendance de leur action ; les autres résident en un
changemeni direct Ue forme des parties qui compo
sent celte colonne, résul'anl d'une altération de leur
tis«u.
Pour se rendre un compte exact des courbures du
pi emier ordre, que nous appellerons mu5cu/(Tj>e« on
dynamiques, il faut savoir que les os qui composer î
le squelette ne sont que des leviers, et les muscles qii:
s'insèrent à eux des cordes animées qui les font mou-
voir. Si l'un de ces muscles agit trop souvent, la pt r-
tion de la colonne à laquelle il s'attache sera néccs
sairenient attirée de sou côté et se maintiendra d'au-
tant pins inclinée de ce côté que le muscle opposé
agira moins. On peut donc rapporter à cet ordre l'Iia-
bitude qu'ont tous le» enfants et, par suite,' presque
tout le monde, de se servir d'un membre plutôt qw*
374 TAi
de l'autre, les iausies attitudes et même les dôvjalions
qui accompagnent les diverses espèces de claudica-
tion. On a ajouté réceurnient à ce genre de cause la
contracture permanente qu'éprouvent certains mus-
cles a la suite d'affections convulsives.
Les altérations maladives desquelles dépendent les
courbures du second ordre , peuvent avoir leur siège
dans les substances ligamenteuses ou dans les fibro-
caitilages qui entrent dans la structure de la colonne
vertébrale ; mais elles affectent le plus ordinairemen*
les vertèbres elles-mêmes et sont l'efi^t de la pariici-
pation qu'elles prennent au ramollissement des os,
couuu sous le nom de rachitisme ( voyez ce molj. Les
déviations qui en résulteot s'effectuent le plus souvent
en arrière, c'est-à-dire que la colonne vertébrale
forme une courbure dont la convexité regarde en ar-
rière et la concavité en avant, ce qui s'explique par la
préférence que donne la maladie à la partie anic-
rieure du corps des vertèbres, où la substance spon-
t'ieuse est plus abondante.
Mais comme une cause musculaire peut agir sur la
colonne en même temps qu'une cause maladive, ces
Jeux causes peuvent se combiner et donner nn résul-
tat mojen. Ainsi, une ou deux vertèbres se ramollis-
sent antérieurement, la colonne se courbe directement
en arrière ; mais l'individu ne se servant pas moins
d'une main plutôt que de l'autre, la gibbosité, ou la
bosse, comme on voudra, <e portera du côté de cette
main. Comme c'e^st ordiBairemeni la main droite, ce
sera aussi à droite que la -.eurbure aura lieu; c'est
précisément ce qui arrive dans la plupart des cas.
Bien plus, toute courbure jeiant la partie supérieure
du caips en dehors de la base de suslenthlion, la
personne fàft nécc«ft,rtrement un effort pour se rete-
nir, et de la rÂpétitida fréquente de cet effort résulte
TAJ 375
une seconde, souTMit même une trohième courbure ,
l'une et l'autre opposées, bien entendu, à la première.
De quelque nature que soient les déviations de la
taille, infiniment plus communes chez les jeunes filles
que chez les garçons, elles placent toujours l'économie
dans une fâcheuse position, car elles ne se bornent pas
à s'opposer au libre exercice des mouvements et à
produire les plus affreuses difformités ; mais, modi-
fiant l'étendue de la poitrine, de la cavité abdominale
et du bassin, elles altèrent encore profondément toute
l'économie par le trouble qu'elles apportent dans le
jeu de* organes respiratoires, circulatoires, digestifs
et reproducteurs. Sous ce rapport, aucune difformité
ne mérite plus qu'elle d être étudiée, pour pouvoir
être prévenue quand la chose est possible, ou corrigée
quand il a été impossible de la prévenir.
Il est peu de maladies qui, depuis vingt à vingt-
cinq ans, aient été le sujet de plus de contestations
que les déviations de la taille, et contre lesquelles ou
ait proposé plus de moyens. Ceux qui n'ont vu en
elles que le résultat de fausses altitudes ou d'exerci'
ces irréguliers ont cru pouvoir les guérir par des exer-
cices gymnastiques ; mais le plus grand nombre des
médecins^qui s'en sont occupés ont cru que la pre-
mière indication à remplir était de redresser mécani-
quement l'arc formé par la colonne, et de le mainte-
nir le plus longtemps possible dans cet état de redres-
sement. De là une foule d'appareils qui agissent sur
la colonne, soit en l'allongeant verticalement, comme
les corsets à tuteurs et les casques connus sous le nom
de Minerves, ou horizontalement, comme les lits à
extension , soit en renversant la colonne en sens in-
verse de sa courbure accidentelle, soit, enfin, en pres-
sant d'une part sur la hanche saillaule, et d'autre part
sur l'épaule proéminente, comme certaines ceintures.
376 TAi
Si les médecins qui out conseiHé les exercices gym-
nasliques, noo comme moyen accessoire de Iraitement,
mais co-riime moyen spécial, se sont fait illusion par
l'impossitHlilé où ils ont été de trouver des exercices
qui missent précisément enjeu les muscles propres à
'attirer vers la ligne médiane du corps les vertèbres
qui s'en sont écartées, les partisans des machines ne
sont pasmoins embarrassés de prouver : lo comment, en
allongeant, par exemple, la colonne par un effort (\- \
tend nécessairement à séparer l'une de l'autre Les vei-
lèbres, ils redonneront à celle qui a perdu de s(in
épaisseur ce qui lui manque; 2° commeat les liga-
ments, distendus par leur tiraillement, pourront main-
tenir la colQT:\nî dioite, en s\îpjvaiant qu'on parvînt à
la redresser ; aussi, les uns et les autres sont fort
embarrassés de fournir des exemples bien authenti-
ques de guérison. Les mères djiveut en être averties,
si elles ne veulent pas éire victimes des plus cruelles
déceptions.
Il est donc juste de dire que, malgré les promesses
des orthopédistes, dont Paris surtout fourmille au-
jourd'hui, i4 est plus aisé de prévenir les dé\iations
de la taille que de les faire disparaître. Pour cela, il
faut surveiller le maintien des jeunes fdles, empêcher
qu'elles n'exercent un côté du corps plus que l'autre,
ne leur permettre de porter des corsets que lorsque
leur faill'e est déjà formée, ci si quelque indice fait
soupçonner une tendance au rachitisme, les soumettre
de benne heure à tous les moyens propres à relever
l'économie de l'état de déiérioraiion dans lequel Itl
plongerait bientôt cette maladie. Si, malgré tout, leur
taille se déforme et que ce soit par de vicieuses atti-
tudes, on peut chercher à y remédier par dos exerci-
ces qui auront toujours l'avantage de fortifier l'enscai-
ble de ré'coaomic. Si c'est par ramollissement dci os
TEi 377
il ne faut rien entreprendre tant que le mal n'aura
pas c«îsé ses ravages; mais une fois son principe dé-
truit, on peut soustraire par des corsets à tuteurs les
vertèbres affaissées ou déprimées au poids des parties
superposées.
Quant à la sertion des muscles du dos, sur la con-
tracture desquels ea cherche aujourd'hui à reporter
certains cas, mém-e assez nombreux, de déviations de
la taille, elle repose sur des rdécs de pure théorie,
contre lesquelles ^'élèvent des hommes eompéteuts en
pareille matière; et d'ailleurs fiH-elle, en principe, le
résultat d'une indication parfaitement rationnelle ,
qu'elle aurait encore bien de la peine à prendre rang
parmi les opérations régulières, à cause des difficultés
qu'elle offrira, dans son exécution, aux esprits éclairés
et consciencieux.
TEIGNE. — Les anciens donnaient le nom de tei-
gne à toutes les maladies de la léte, ou pour parler
plus correctement du cuir chevelu propres à l'en-
fance, so présentant sous la forme de croûtes plus
ou moins nombreuses et étendues , et pouvant sur-
tout, dans la plupart des cas, se trr.nsmettre par voie
de contagion. Les modernes réservent ce nom pour
une maladie de cette classe, mais paraissant ?pécia-
lemcnT siéger dans le bulbe des cheveux, et particu-
lièrement caractérisée par des croûtes sèches for-
tement enchâssées dans le tissu de la peau, d'une
couleur jaune pale et sale, offrant à leur centre une
dépression plus ou moins régulière qui donne aux
croûtes quelque ressemblance avec les alvéoles d'une
ruche à miel.
C-ette maladie, une des plus terribles de Ten-
fance, celle du nâoins qui exige dans la plupart des
cas le traitement le plus douloureux, s'observe plus
Xài chez les enfants de six, sept, huit et neuf ans
378^ TEi
que chez ceux qui sont h la mamelle ; les adultes en
sont cependant quelquefois attaqués. On la rencon-
tre souvent dans les maisons de correction où sont
oniassés les enfants des classes peu aisées, sur les
enfants des indigents qui habitent des rues étroite-
ri boueuses ; chez ceux des porteurs d'eau, des rb..
vendeurs, des bergers qui couchent dans les gran^
ges ou dans les étables, des marchands de poissons
et des pêcheurs qui ont constamment les jambes
dans l'eau et leurs habits mouillés.
L'éruption qui constitue la teigne commence ordi-
nairement par de très petits points jaunâtres à peine
élevés au dessus du niveau de la peau qui, dans leur
début, présentent une petite croûte déprimée en
godet formée par l'humeur qui s'est desséchée.
Cette croûte, ordinairement traversée par un che-
veu, s'accroît peu à peu et acquiert un volume va-
riable suivant qu'elle reste isolée ou qu'elle se con-
fond avec les croûtes voisines pour former avec elles
une espèce de calotte qui enveloppe toute la tête.
Si on l'enlève avec un peu de force, on excite une
vive douleur, on fait saigner la peau qu'on trouve
au dessous rouge , écorchée souvent assez profon-
dément. Les cheveux deviennent sales , laineux ou
tombent pour ne plus jamais revenir. Chez les en-
fants, des poux pullulent ordinairement sous les
croûtes , et ajoutent aux horribles démangeaisons
qu'éprouve le malade qui ne cesse de chercher à
se gratter, et qui répand autour de lui une Qdcrui
nauséabonde.
Quand la maladie dure depuis un certain tempg,
qu'efle est assez étendue et qu'eHe a été négligée,
on voit trop souvent les glandes du cou s'eiv
gorgcr, les yeux s'cnllammcr, la peau du frent, du
cou, des oreilles se gonfler; le malade tombe alors
Tw 379
dafts uoô extrême apathie morala et physique , sa
constitution se détériore et souvent il s'arrête dans
sou développemeat.
Lersque la tei'ne doit guérir, les croûtes se dé-
tachent, tombent et cessent d'être remplacées, la
peau reprend peu à peu ses cai-actères habituels, le
suintement d'humeur diminue et s-e tarit. Souvent,
après s'être longtcHsps montrée rebelle à tous re-
mèdes, cette affection guérit spentanéraent d'elle-
même à l'époque de la puberté, cédant alors comme
plusieurs autres maladies de l'eufance à la secousse
qu'éprouve toute l'économie ; mais sa disparition
trop brusque a souvent eeeasionné des accidents.
Guérie dans l'enfance, elle peut encore reparaître
dans l'âge adulte et même dans la vieillesse, si les
causes qui ont présidé à son développement, la mal-
propreté, une constitution détériorée , mais surtout
l'halDitation avec d'autres perso.jncs qui en sont
affectées, viennent à replacer le sujet dans des con-
ditions favorables à sa reproduction.
Le traitement de la teigne repose sur deux ordres
de moyens qui sont des soins hygiéniques, surtout
de propreté et des soins véritablement médicaux.
Les premiers sont nécessairement ceux par lesquels
on doit commencer. Ainsi, ©n coupera les cheveux
très courts, ou mieux on les rasera ; on fera tomber les
croules par des cataplasmes émollicnts , et on aura
le soin de laver la surface dénudée avec une eau de
guimauve, qu'on remplacera de temps en temps par
de l'eau de savon. Ces soins de propreté sont telle-
ment importants qu'on peut souvent leur attribuer
toute la guérison. Quand , malgré les soins, cette
gaérison se fait trop attendre on en vient au traite-
ment médical.
Ce Irailement consiste d'aborj k dépouiller la tétc
380 TÉT
Jç« cheveux. Pour cela on a depuis longtemps susbli'
tué au moyen barbare de rarracheraenl par la ca-
lûlte , soil leur enlèvement un à un par des pinces,
ce qui est long et fort douloureux, soit des pommades
Gi-i poudres épilaloircs composées d'un mélange de
parties égales environ d'amidon et de chaux yive,.
auquel on ajoute un douzième tout au plus de sulfure
rouge d'arsenic. Attaqués jiar cette substance , qui
fait la base de la plupart des moyens dont quelques
personnes font un secret^ les cheveux tombent ordi-
nairement dans le peigne. Une fois la létc bien dé-
garnie, on la frottera deux fois par jour avec une
pommade sulfureuse, ioduro-sulfureuse ou mercu-
rielle. Celle qui résulte de la combinaison d'un
gramme ou deux d'iodure de soufre avec 50 gram-
mes de saindoux est une de celles qui réussissent le
mieux, ainsi que celle-ci : prenez soude d'alicantc
et sulfure de potasse finement pulvérisés, de chaque
12 grammes, saindoux 90 grammes, mêlez exacte-
ment. Le cuir chevelu , qui était d'un rouge intense,
ne tarde pas généralement à blanchir sous l'action de
ces diverses pommades , les démangeaisons cessent
et la maladie guérit insensiblement. S'il n'en était
pas ainsi , il faudrait insister surtout sur les soins ds
propreté, changer autant que possible les conditions
hygiéniques du sujet, isoler le malade, et allfndre
que le temps ou, peur mieux dire, la nature si puis-
sante quelquefois, même dans les cas extrêmes, et
secondée par l'usage des tisanes dépurativcs dont
BOUS avons indiqué et recommandé l'emploi sni mol
dartres , modilie ou même arrête complètement la
marche de la maladie.
TÉTA!^OS. — Contraction, convulsions permanentes
de tous les muscles, survenant quelquefois sans cause
bien appréciable, m^is le plus souvent à U suite de
TIC 381
flaies ou blessures graves, dont il vîenlencore compli-
quer le traiteaieni ; presque toujours même il occasionne
la mort en quelques jours ( Voyez Plaie, Convul-
sions, etc. ).
TIC. — Le plus habituellement on désigne sous ce
nom des babitudes contre nature dans les mouvements,
des attitudes bizarres, des gestes singuliers, une ma-
nière vicieuse de parler, etc., elc.^ dont la rectifica-
tion exige souvent beaucoup de soins, et demande une
perîévcrance qui ne suffil pas même toujours pour eu
obtenir la guérison. Mais en médecine on appelle tic
douloureux de la face ou névralgie faciale une douleur
qui se fait ressentir dans la figure, particulièrement à la
mâchoire inférieure, et qu'accompagne dans presque
tous les cas une contraction spasaiodique des muscles
de celte partie.
La douleur commence ordinairement à quelque
distance et sur les côtés du menton , et de là s'ctcud
par irradiation aux lèvres, aux alvéoles, aux tempes,
sous le menton et souvent sur toute la joue et sur la
partie anlérieure et externe de l'oreille. Elle est quel-
quefois cunlinue, mais le plus souvent elle revient
par accès. Dans ces accès^ l'expression générale de la
physionomie est plus ou moins altérée^ les muscles
qui forment les sourcils et ceux qui environnent l'or-
bite de loeil sont fortement contractés, et les commis,
sures des lèvres retirées en arrière et en haut, donne!)!
à U pliysionomie l'expression du rire sardonique
Tantôt la m'icboire inférieure est le siège d'une sorte
de roidtîur tétanique où dans un état d'immobilité
complèle, tantôt la boucbe est entièrement défor-
niée cl la niAchoire elle-même est entraînée par les
contractions irrogu!ières des muscles. Te'le personne
eu proie à cette CA^pèce particulière de douleur, peut
encore couituander à ses orijanes et remisier à sei souf-
382 TIC
frances; telle autre y cède, puusso des cris et éprouve
de Térilables convulsions ; mais toujours la figure ex-
prime la douleur et prend un caractère qui ne lui est
pas habituel.
Le lie douloureux, de la face, qu'on prend souvent
pour un mal de dents, et qui a etfectivemenl avec ce
qu'on nomme rage de dénis, la plus grande analogie,
surtout quand celle-ci dure quelque tem[^, peut eflec-
livement trouver son point de départ dans une dent
malade. Il est généralement très rare chez les en-
fants, et affecte de préférence les adultes, surtout les
hommes d'un tempérammçnt nerveux, adonnés aux
travaux de l'esprit, sujets anx affections rhumatisma-
les; son traitement rationnel doit avoir pour base les
règles suivantes :
Est-il périodique? ce qui arrive assez souvent, on
administre le quinquina, ou mieux le sulfate de qui-
nine, comme nous l'avons dit au mot Fièvre ( Vei/cz
ce mot); le sujet est-il fort vigoureux et sanguin? on lui
fait pratiqueruoe saignée. Si on a des indices marqués
que la maladie tieul à une dent malade, le sacrifice de
celte dent sera nécessaire; enfin quand ces moyens,
joints à l'opium pris à l'intérieur auront échoué, on
pouiTa poursuivre la douleur par de j)etits vé>ic;iloi-
res, sur lesquels on déposera un, deu.\, et même trois
centigrammes d'opium, ou une ou deux goiiltcs de
teinture de dalura stramonium ; ou peut même don-
ner, pendant un certain temps, et plusieurs fois par
jour, la teinHire alcoolique de celte substance à la
dose de huit à quinze gouttes; on couvre aussi avec
avantage la joue malade d'un cataplasme <!e pulpe de
racine de belladone. Enfin ou a été jusqu'à constil
1er et pratiquer l'incision du nerf dout liirilaliou
cause tant de souffrances ; mais celte opéraiiou n'a
pas toujours le succès qu'on attendait; elle a même,
ïOK 363
dans quelques cas, élé suivie d'accidents oapables de
détourner les chirurgiens prudents de son emploi.
Aussi ne doit-on s'y soumettre que dans les cas ex-
trêmes, et n'en conQer, bien entendu, l'exécution qu'à
«n homme expé»imenté#
TORTICOLIS. — Dans le langage ordinaire, on ap-
pelle de ce nom, soit l'immobilité du cou, soit l'in-
clinaison de la tête vers l'une ou l'autre épaule, que
la cause ea soit dans une tuméfaction des glandes du
cou, un rhumatisme de cette partie, ou dans une al-
tération organique ou autre, tant des vertèbres qui
cn'rent dans Ig composition du cou que des muscles
qui leur communiquent le mouvement. Mais, en mé-
decine, on applique presque exclusivement le mol de
torticolis à la désignalien de la difformité assez com-
mune qui résulte de la dernière des causes que nous
venons d'indiquer, c'est-à-dire de l'altération des mus-
cles qui meuvent la tête latéralement. Or, ces mus-
cles peuvent être affectés de trois manières: par un
rhumalisrae, par une paralysie, par une contracture
spasmodique.
Quand c'est par un rhumatisme , la personne
éprouve une douleur plu* ou moins vive, qui, ou est
conlinueHp, et alors le mouvement l'augmente , ou
cesse quelquefois, et alors le repos l'éveille ; mais,
dans tous les cas, le cou est maintenu immobile par
la crainte des douleurs qui accompagnent toute espèce
de mouvement. Ce genre de torticolis est ordinaire-
ment de courte durée, coïncide souvent avec de sem-
blables douleurs dans les épanles ou dans les reins,
et se guérit par les raeyens applicables aux affections
rhumatismales aigues,"par exemple, par l'application
d'un large cataplasaae laudanisé *ut9ur du cou.
Dans le torticolis par paralysie des muscles qui
meuvent latéralement la tête, cette dernière est incli-
384 TRA
née du côté sain, bien entendu, et il est facile de la ra-
mener à sa situation naturelle, sans causer de douleurs
au malade ; mais dès qu'on cesse de la maintenir, elle
reprend aussitôt sa direction vicieuse. Ce qui le ca-
ractérise surtout, c'est que les muscles paralysés sont
mous, ne sentent rien et ne font aucune saîRie. On le
combat par les moyens appropriés au traitement de la
paralysie en général. [Voyez ce mot.) On a bien pensé
à rétablir l'équilibre entre les muscles, en coupant ce-
lui qui, faute d'antagonisme, attire la tête à lui ; mais
on a été arrêté par la crainte que le muscle paralysé
guérissant, l'autre ne se trouve, par le fait même de
sa résection, dans l'impossibilité de lutter avec lui.
Enfin, le torticolis qui résulte d'une contracture, ou
d'un défaut de développement des muscles, est généra-
lement connu sous le nom de torticolis ancien ou cliioni-
que. Il se reconnaît à la saillie ou à la dureté du mus-
cle affecté, qui est nécessairement celui du côté où la
tète incline. On a longtemps essayé de le guérir par
des macbines qui tendaient à ramener la tête dans sa
bonne direction, en allongeant forcément le muscle
trop court ou rétracté ; mais le résultat de ces essais
a r;. rement été satisfaisant, et aujourd'hui on coupe
ce muscle. C'est une véritable conquête de la chirur-
gie mo.lerne. La crainte qu'on pouvait avoir que ce
muscle étant coupé, celui du cô'.é opposé n'attirât la
tête à lui, est démontrée ne pas être fondée , les deux
bouts du muscle divisé se réunissant par une sub-
stance intermédiaire qui supplée au défaut de longueur
du muscle, sans nuire à sa contractilité.
TOUX. — {Voyez RnuME, Catarrhe , Flcxio» de
POITRINE, Asthme, etc.).
TRANSPORT. —- {Vo'jez DiiURE , Folie, Dé-
mence , etc. ),
TRE 385
TREMBLEMENT. — Indépendamment du trem-
blement qu'occasionnent si souvent la frayeur et la
colère , et qui se dissipe ordinairement dès que l'es-
prit est rassuré; de celui des veillards qui est incu-
rable; de celui qui annonce l'invasion de certains
accès de fièvre, et qui cesse dès que la période de
chaud arrive ; de celui enfin que peuvent détermi-
ner une congestion, une compression, une dégéné-
rescence soit du cerceau soit de la moelle épinière ,
et qui ne dispryaît qu'avec la maladie dont il n'est
que la conséquence , le corps est encore exposé à
plusieurs sortes de tremblement, parmi lesquels on
remarque surtout celui qui affecte les personnes
adonnées aux liqueurs alcooliques et celui qui alla
que les individus travaillant le mercure ou usant de
cette substance comme médicament.
Le tremblement des ivrognes , nommé en langage
médical dcUrium iremens , est assez facile à re
connaîirc par les circonstances au milieu desquelles
il se déclare. On a proposé pour le combattre une
infinité de moyens parmi lesquels l'ammoniaquo
donné à la dose de dix à vingt gouttes dans un vc:re
d'eau , et l'extrait aqueux d'opium à la dose de m\
à dix en même quinze centigrammes , ont longtemps
été considérés comme les plus eflicaces ; mais ot
préière aujourd'hui le traitement suivant : on met
de suiK; la personne à l'us^age des boissons aqueuses
et acidulées comme les limonades tarlarcuses ; on
lui fait prendre le matin un bain de deux heures.
Les luiiis sont-elles agitées , le sang se porte-t-il
au cerveau ? on lui aj-plique des ?angsucs à l'anus
ou on lui fait une saigiiée au bras. La langue est-
elle blanche et saburralo, le vcntii resserré , ce qui
est très commun? on doi;nc un éinétique, puis un
lavement avec le miel mcrcuriel,
25
386 TUM
Si , maigre ces soins, un accès de folie éclate, on
doit y'cmpresscr de maintenir le malade par un gilet
ou camisole de force , on lui donne en abondance
des boissons aqueuses sucrées, et on le tient plu-
sieurs heures par jour plongé dans un bain tiède.
L'accès ne larde pas , généralement , à cesser ou à
s'amender. Dans le cas où il se déclarerait un as-
soupissement tendant h se prolonger , on ferait bien,
indépendamment de l'emploi des sangsues qui se-
rait fort indiqué , de placer des synapismes , des
vésicatoires ou des ventouses aux jambes. L'appli-
cation de la glace sur la tête pourrait aussi être
d'un grand secours ; mais pour agir favorablement
et être exempt de danger , ce moyen doit être con-
tinu, car, dès qu'il cesse avant d'avoir agi, il déter-
mine dans le cerveau une réaction qui peut non
seulement en détruire les bons effets , mais le ren-
dre plus nuisible dans ses conséquences qu'il n'a-
vait été utile dans son principe.
Quant au tremldement mcrcuriel , dont les ou-
vriers doreurs se garantiraient toujours aisément ,
s'ils avaient la précaution de ne travailler que dans
des ateliers à cheminées garnies de tuyaux ventila-
teurs, on le guérit d'abord en se mettant en dehors
Je la circonstance qui l'a provoqué , puis on en
combat les effets par des bains longtemps prolongés,
dos boissons douces et mucilagineuses comme le
sirop d'orgeat, le lait bu en abondance. On leur
associe avec avantage l'opium et les lavements laxa-
tifs et même les purgatifs, tels que l'huile de ricin,
les bains de vapeur cl les bois?ons sudorifiques,
TUMKUR. — ( f^oyez AdcLs, Cancer, elc. )
TUMIX'R !;T>A>T.1I!:. — On appelle ainsi l'engor-
gement chronique des p.T.liesqui forment certaine»
ailicu'.ations , j.arliculicromeul celles du genou, do
TUM 387
eoude, de la cuisse. Celle nKi.adic, généralement
très grave , est beaucoup plus fréquente dans l'en-
fance et la jeunesse que dans l'âge adulte et la
veillesse; elle paraît très souvent tirer son originfi
d'un tempérammenl lymphatique , et semble n'èlre
alors qu'un symptôme d'une affection scrofuleuse
générale. On la voit aussi survenir sur des individus
affectés de rhumatismes , de mémo qu'elle peut se
déclarer à la suite d'un coup, d'une chute, d'une
forte distention d'une articulation ; mais dans ce
cas l'accident n'a sans doute élé que la cause déter-
minante et n'a fait que hâter le développement de la
maladie qui se serait déclaré plus tard.
Les tumeurs blanches s'annoncent quelquefois
par une douleur plus ou moins vive dans l'articulation
et qui s'étend ordinairement le long des tendons des
muscles voisins. Celle douleur est tantôt superfi-
cielle , sourde h son siège dans les parties molles
et occupe toute l'articulation ; tantôt profonde , ai-
guë et occupant le centre même de cette articulation.
Dans d'autres circonstances la maladie se développe
fans que la personne ait éprouvé la moindre douleur
dans le lieu-même, ou bien_elle survient tout à coup à
la disparition d'une douleur existantdans un lieu éloi-
gné, ou sur la fin d'une des maladies communes à l'en-
fance , comme la variole , la rougeole , la scarlatine.
Dans le début l'articulation e^t rarement goulléc
en totalité : au genou, ]e gonûement se montre d'a-
bord au-dessus ou au-dessous de l'os de la rotule, quel-
quefois cependant sur un des côtés ; mais au coude
il occupe principalement les parties latérales de l'ar-
liculatiou , surtout en dedans. Ce gonflement est
circonscrit , sans mobilité , plus ou moins dur , élas-
tique , ne conservant pasrimpres.sion du doigt , mais
donnant ordinaircniwil quand on Iq louche, une scu
388 TDH
salion de mollesse qui fait prébuœer qu'il y a fluc
tualion , quoiqu'il n'y en ait pas; la chaleur y est
rarement augmentée et la peau conserve longtemps
>a couleur naturelle, les mouvements de l'articula-
tion sont gênés. On voit de ces maladies dans les-
quelles le membre reste étendu , mais le plus com-
munément il se tléchit , et lorsqu'on veut l'étendre,
on occasionne les plus vives doulews.
La tumeur peut rester longtemps stationnaire ,
mais le plus ordinairement elle suit sa marche , ou
si elle s'est un peu arrêtée , les symptômes se ré-
veillent souvent à l'occasion de la plus légère
cause ; l'articulation se tuméfie de plus en plus ,
et si c'est au genou le creux du jarret s'engorge, se
remplit , la douleur augmente , surtout le soir et
à chaque variation de température et au moindre
mouvement. Plus tard la peau devient pAle, lui-
sante et s'amincit , les veines se dilatent et devien-
nent variqueuses , les muscles de la jambe s'amin-
cissent et dépérissent ou s'infiltrent; les glandes de
l'aine s'engorgent et se tuméfient; les os finissent par
se ramollir et se carrier; les cartilages articulaires
se détruisent et il survient dos abcès d'où s'écoule un
pus ordinairement sanieux , jaunâtre dans lequel
nagent des ilocons albumineux. Ces abcès $e ferment
rarement et dégénèrent presque toujours en fistules
intarissables.
Les médecins conseillent bien des moyens centra
le3 tumeurs blanches ; ce qui prouve déjà qu'elles
constituent une maladie difficile à puérir, Résumotii
les tous. Tant que la période aiguë ou doulou-
reuse existe on peut appliquer des sangsues sur
l'articulation malade , la couvrir de cataplasmes
émoUients laudanisés ; mais, aussitôt qu'elle passe à
l'étal chronique , on doit lâcher daltirer sur la peau
wp 389
rinflammation dont l'iniérieur de l'articulation est le
siège ; c'est ce qu'on obtient par les vésicatoires vo-
lants, les cautères, les frictions mercurielles; mêine
par les moxas et les sétons , et l'application du feu :
nioyens extrêmes il est yrai , mais qui ont compté
trop de succès pour que nous n'empêchions pas qu'on
soit étonné de les entendre proposer. On a aussi con-
seillé la compression qui agit nécessairement en gê-
nant la circulation du sang dans la tumeur. Mais on
a cru trouver dans les propriétés prétendues fon-
dnuirs de l'iode un remède plus direct : on l'emploie
on frictions à l'état d'hydriodate de potasse. Dans
tous les cas le repos du membre est nécessaire ;
quelques médecins vont même jusqu'à fixer le mem-
bre dans un bandage inamovible qu'on n'enlève que
le nombre de fois nécessaire pour donner un peu
de jeu à l'articulation ou qu'on laisse si on prévoit
que la soudure de l'articulation est inévitable. Si
tous CCS moyens échouent, il ne reste qu'une res-
source , c'est la séparation de la parlie malade,
et mieux vaut , pensons-nous , en venir plus tôt que
plus tard à cette triste extrémité ; et, malhfureu-
sement, la maladie se reproduit quelquefois encore
ailleurs, et y produit de nouveaux accidents aux-
quels les malades ont rarement la force de résister.
TYPHUS. — On désignait autrefois sous le nom
de typhus , toute maladie dont l'un des symptômes
les plus remarquables était la stupeur empreinte sur
la physionomie des malades. Mais on réserve au-
jourd'hui ce mot pour exprimer une maladie qui se
développe épidémiquement sous l'influence de mau-
vai>es conditions hygiéniques, comme l'entassement
d nommes sains ou malades dans des lieux humides
ou resserrés, la putréfaction des matières animales,
une nourriture iosuiEsante, les «xbalaisons putrides
390 ULC
qui se dégagent des eaux stagnantes , le décourag^i*
ment moral, etc.
Comme toutes les causes que nous venons d'énu-
mércr se trouvent presque toujours réunies dans les
prisons, les hôpitaux, les vaisseaux, les villes assié-
gées , c'est aussi dans ces lieux que le typhus exerce
particulièrement ses ravages. Tous les auteurs étant
à peu près d'accord aujourd'hui pour ne voir dans
le typhus et la fièvre typhoïde qu'une seule et même
maladie, sans pouvoir expliquer pourquoi la dernière
se développe très souvent en dehors des causes qu'ils
assignent à la première, nous renvoyons au mot Fiè-
vre {fièvre typhoïde)^ Ce que nous pourrions dire
des signes et du traitement du typhus.
u
ULCÈRE. — On appelle ainsi toute solution de
continuité ou entamure par érosion , ancienne, pu-
rulente, entretenue par une cause intérieure ou lo-
cale, occupant le plus habituellement la peau ou les
membranes muqueuses, mais pouvant survenir su»
les glandes, les viscères et même sur les os où il
prend le nom de carie. Il y a donc entre la piaie el
l'ulcère cette différence que dans la plaie, mémo
î^uppurantc, il y a tendance continuelle à la cicatri-
sation , tandis que dans l'ulcère cette tendance est
empêchée par une cause quelconque le plus ordinai-
rement intérieure.
On divise généralement les ulcères d'après leurs
causes connues ou présumées: ainsi, on les appelle
ulcères scrofuleux, scorbutiques, cancéreux, syplii-
liliques, etc. Ce sont alors ceux que l'on allribur à
une cause intérieure. Parmi les causes locales ou
extérieures auxquelles elles tiennent, les autours
mentionnent le décollement de la peau , un corps
ULC 391
étranger , une induration des tissus qui en sont le
siège, une maladie organique comme une carie des
os sous-jacents, les varices, les trajets ftstuleux, etc.
La forme des ulcères est sujette à de grandes va-
riétés ; quelquefois ils ^ont fort irréguliers et comme
découpés par leurs bords; d'autres fois ils sont plus
ou moins oblongs, ou bien ils affectent la forme cir-
culaire. Leurs bords sont tantôt minces, tantôt éle-
vés et plus ou moins durs , quelquefois mêmes ren-
versés. Ou a observé que la forme ronde était de
toutes la plus défavorable au travail de leur cicatri-
sation ; ce qui tient h ce que les ulcères de celle
forme dépendent le plus ordinairement d'une cause
interne, et de ce que, le plus souvent aussi, ils sont
avec perte de substance. Le pus qu'ils fournissent
offre aussi de grandes variétés dans sa consistance;
sa couleur cl son odeur; ces variétés dépendent né-
cessairement de leur nature particulière, de la struc-
ture des parties sur lesquelles ils siègent. Dans tous
les cas les chairs qui forment leur surface n'ont ja-
mais l'aspect frais et vermeil des plaies.
Les ulcères variqueux sont faciles à reconnaître
aux varices qui couvrent le membre, à son engorge-
ment lymphatique, à la lividité du fond de l'ulcéra-
tion , au caractère séreux et sanguinolent de la ma-
tière qu'ils fournissent et à la couleur brune des
parties environnantes. Cependant ils varient encore
selon qu'ils sont simples ou compliqués d'inilarama-
tion ou de callosités. Les callosités elles-mêmes,
qu'on regarde comme une complication, ne sont que
le résaltat d'une inflammation lente de leurs bords.
Les chairs fongueuses ou les fongosités ne se rencon-
trent que dans les ulcères anciens, négligés, mal
traités, ou dans les ulcères soit de mauvaise nature,
soit surtout compliqués de carie des os. Il s'élève
302 VLC
alors de la surface ulcérée des végétations charnu*»,
des bourgeons saignants qui se réunissent par massf;»
plus ou moins abondantes cl fonuenl de véritables
champignons qui franchissent les bords de l'ulcèro.
Les ulcères vénériens sont généralement taillés à
pic, les scrofulcux sont blafards et fournissent plu-
tôt une matière séreuse que du véritable pus, les
darlreux ont une tendance à se couvrir de croûtes,
cnlin ceux qui tiennent à un vice scorbutique sonl
facilement saignants.
L'idée qu'on a que les ulcères sont un moyen de
dépuration habituelle a souvent fait penser que leur
guérison était toujours une chose dani;crcuse. C'est
une erreur en ]>riucipe; sans doute il est iinjirudent
de supprimer un ulcère ancien; niiiis quand il ne
lient point à une cause interne , ce danger n'exi-le
qu'autant qu'on néglige d'occuper, ?i on peut parler
ainsi , la nature ailleurs soit par un vésicaloirc, un
cautère , un emploi convenablement répété de pur'
galifs. S'il dépend d'un vice intérieur, c'est ce vice
qu'il faut avant tout combaitrc; faire le contraire
serait vouloir effacer l'ombre avant d'avoir détruit
ou enlevé le corps qui la produit.
Les ulcèics de la peau, s'ils sont simples, gué-
rissent ordinairement sous l'inlîuciice du re[)os et de
qnclqueii applications }iroprcs à empcclior l'ahord du
sang. La curaprcsïion méthodique , l'excision des
bords, leur cautérisation même quand ils sonl ou
«\iîleux ou frangés, peuvent devenir nécessaires. Le
tr.iilement de ces ulcères siinj)!cs consiste à entre-
tenir leur surface dans le plus grand éiat de pro-
preté possible cl à éloigner tout ce qui pourrait in-
terrompre le travail de la nature : on y parvient en
couvrant l'ulcère do charpie sèche qui absorbe la
matière couvrant les bourgeons charnus base de la
LLc 393
Cicalrisalron ; cl en lavant à chaque pansement l'ul-
cère avec de l'eau licdc, s'il y a un peu d'inllamma-
tion 5 ou dans le cas contraire, foi avec un liquida
légèrement stimulant , comme du gros vin aiguisé
avec un peu d'eau-de-vie , soit avec un crayon de
piciTe infernale passé avec la plus grande légèreté.
Quand les ulcères occupent les jambes, ce (jui est
très commun, la compression est un moyen qui con-
tribilc souvent assez facilement h les guérir. Tour
cela on coupe des baniîelclîcs de diacliylum larges
conmie deux tr.ners de doigt et longues pour fîitiie
une fois et demie ou deux fois le tour de la jambe.
On les applique depuis un pouce (trois centimètres)
au-dessous de Tuicère jusqu'à un ])0uce , un pouce
et demi (de trois à cinq ccniimctrcs) au-dessus : cha-
cune recouvrant le tiers ou la moitié de la bande-
lette inférieure : le pa!isem<^nl peut ne se renouveler
qu'au bout de quarante-huit heures; on fait bien de
mettre par dessus un bas lacé que les malades gar-
dent le jour Cl la nuit. On peut aussi couvrir la par-
tie malade d'une feuille de plomb qui agit principale-
ment en régularisant la compression et en proté-
geant les parties contre l'alleinte descorps étrangers.
La suppression brusque d'un ulcère entraîne des
inconvénients graves, si comme nous l'avons dit plus
haut, elle n'est pas accomjagnée des moyens conve-
nables On a vu des malades être pris tout à coup
d'étouffcmcnts, de coliques, de pa'pitations^ contre
lesquels tous les traitements échouent et qui cessent
comme par enchantement oussitùt qu'on applique un
/ésicatoire sur un ulcère qui s'était subitement
fermé soit de lui-même soit par l'emploi de quelque
moyen de cautérisation.
ÛRINAIRES (maladies des voies) — /^o?/e* Piepe ,
Grayelle, Catarrhe, Retrécissemesit, IHco:^Tl^F^CF.,
394 VAC
VACCINE. — A l'ouest de l'Angleterre, dans ^*a
paroisse de Berkeley, au comté de Glocesler, un mé»
Jccindont le nom sera à jamais mémorable^ Jenner,
remarfl^a que, dans les grandes épidémies de va-
riole, certains individus employés dans les laiteries ne
coutractaiint pas cette maladie. Ayant fait des re-
cheiches à ce sujet, il apprit que les individus en
cpiestio» étaient ceux qu'on employait à traire les va-
ches affectées d'une éruption pustuleuse au pis, dési-
gnée sous le nom de cûwpox, vérole des vaches, el
qui, avant quelquefois des ccorchures aux doigts, y
éprouvaient une érupition en tout sembable au cow-
pox. Il en conclut qu'en inoculant la matière de cette
éruption à toutes autres personnes, elles seraient éga-
lement préservée» de la variole. L'expérience justifia
ce presseiiiimcnt, et celte grande découverte fut pro-
clamée en 1798. Voyons maintenant quelles sont les
coniiiions favorables à l'inoculation de la vaccine, les
moyens les plus propres à opérer celte inoculaiion, la
marche que suit l'éruption qui en résulte, et, par-
tant les caraclères qui doivent donner la certitude de
sa vertu préservatrice.
Le vaccin peut être inoculé à des individus de tout
fige, mais il est d'un effet plus sûr chez jles enfants
que chez le» adultes; il réussit aussi mieux dans les
saisons douces el tempérées que dans les froids rigou-
reux. La grossC'^se ne le contre indique pas ; mais
l'existence d'une maladie aiguë et certaines maladies
régnantes peuvent s'opposer au succès de l'opéwtion.
Bien qu'ordinairement il ne se transmette qu'nne fois
sur la même personne, on en a cependant vu chez
lesquelles il avait réussi deux et même trois fois; il
peut aussi prendre chez d'ancieni varioles. Pour 1«
vAc 393
faire réussir cbez les vieillards, il convient quelque-
fois de conibaiire la rigidité de la peau par des bains,
des lolions et des cataplasmes, tandis que chez les en-
fants faibles, d'une constiiution molle, il faut, au con-
traire, frotter la peau avec une serviette un peu rude.
Le moment le plus favorable à sa transmission est le
septième ou le huitième jour de l'inoculation, parce
que c'est le momeut où le liquide de l'éruption est
tout à la fois assez limpide pour être facilement re-
cueilli et inoculé, et assez mûr pour se transmettre sû-
rement.
On peut vacciner indistinctement sur toutes les par-
ties du corps ; cependant, on préfère le bras, comme
la partie la plus commode. On choisit la partie supé-
rieure et la face externe. On opère ordinairement
avec une lancette, qu'on pourrait très aisément rempla-
cer par une aiguille ou tout autre corps assez aigu pour
pénétrer dans les tissus. Avant d'opérer, on charge
cette lancette, ce qui se pratique dilféremraent, sui-
vant que l'on vaccine de bras à bras ou avec du vac-
cin conservé, soit sur des plaques de verre, soit dans
des tubes. Quand on vaccine de bras à bras, on atta-
que la pustule par sa face ou par ses bords, et on re-
lire la lancette chargée d'une goutte de viiiis. Saisis-
sant alors avec la main gauche le bras de la personne,
de niauièie à tendre en sens inverse la p^au avec le
pouce et rindicateur^ on glisse la pointe de la lan-
cette à plat sous l'épiderme, obliquement, de haut en
bas, à la profondeur d'une demi-ligne à une ligne. On
la retourne une fois ou deux, ou bien on la laisse sé-
journer une demi-minute. On fait ainsi assez généra-
lement trois et même quatre piqûres à chaque bras.
Une seule suf&rait , cependant , si le vaccin prenait
bien.
Que le vaccin prenne ou non, du prenùer au qua-
396 VAC
trièmé jour, on n'obserre absolument rien. Sur la fia
du quatrième, on sent dislinctement au loucher une
légère diireié dans le tissu de la peau. Le cinquième^
la peliie cicalrice provenant de la piqûre paraît se col-
ler à la pe.Tii, l'élévation, sensible la veille, prend une
couleur jouge et occasionne quelques démangeaisons.
Le sixième, la teinte s'écLiircit, l'élévation circulaire
s'élargit. Le sepiième, tout le bouton augmente, prend
un aspect argenté. Le finiiièine, le bourrelet s'élargit ;
la matière, fournie en plus d'abondance, soulève ses
bords, qui deviennent tendus, gonfles et d'un bleu ;;ri-
sâlre. Le cercle rouge qui, juscju'alois, a environné le
bouton, commence à devenir plus rose. Le neuvième^
tout cet appareil paraît prendre un plus grand degré
d'intensité ; le bourrelet est plus large, plus élevé et
plus rempli de matière. Le dixième jour, on n'aper-
çoit pas un cbangement bien sensible dans le boulon;
seulen^ent, le bourrelet circulaire s'étend, ainsi que
l'auréole. Si les boutons sont rapprochés, toutes les
auréoles se confondent, pour ne former qu'une seule et
même croûte Le douzième jour, la dessication com-
mence : le liquide du boulon se trouble et prend une
lemlc opaline ; l'auréole s'efface. Le treizième^ la
des>icalion fait des progrès, marchant du centre à la
cirionférencc. Le quatorzième^ la croûte prend la du-
reté de la corne el une couleur paille trouble du qua-
torzième au vingt-troisième et suivants. Cette croûte,
Solide, dure et douce au toucher, prend une couleur
plus foncée, conservant toujours à son centre la dé-
pression que l'on a remarquée lors de la formation
du bouton. Kufin, elle tombe du \ingi-quatre au
vingt-septième jour, et laisse après i-lle une cicatrice
ronde, profonde, gaufrée, qui s'effuce un peu par le
temps, mais ne disparaît jamais. Ce qui distingue
surtout la bou(je vaccine de la mauvaise, c'est qii«
VAR 307
celte dernière, plus précoce, se montre dès le pre-
mier ou le second jour, et marche si rapidomeni,
qu''elle acquiert tout sou develoj)pemi'nt, aUirs que la
véritable ue fait que païaîlre. Son boulon s'élèvera
pidemenl en pointe, se crève et laisse échapper une
matière jaunâtre qui, eu se séchant, ne ressenibif
pas u»al à de la gomme.
Ou a beaucoup a<,'ité, dans ces derniers lemp?, I3
question de savoir si la vaccine avait une vertu pré-
servatrice illimitée, ou bien si elle s'épuisait à la lon-
gue. Tout ce qu'on sait à cet égard, c'cil qi.e ia -.e-
vaccinaiion réussit d'autant mieux que lindivid;: sur
lequel on ia pratique est plus éloigné du moment où
il a été vacciné ou a eu la variole. Les attaques de pe-
tite vérole après vacci«naiion s'étanl montrées plus
souvent après dix ans, on en a conclu que tout auto-
rise à pratiquer une seconde fois celte opération à
celle époque. L'opération est si sinqde par elle-même,
qu'on aurait tort de ne pas se piocurer la chance
qu'elle offre de vous préserver mue seconde fuis.
VAPEURS. — On dit (|u'une personne est vapo-
reuse, a des vapeurs, quand e^le est triste, pensive,
mélancolique, ou irritable aux moindres impressions.
(Voyez Hystérif., llYPOcnoNDRiE, Nerfs, Folie.)
VARICES. — Ou donne ce nom aux tumeurs for-
mées par la dilatation des veines, et produites par
l'accumulation du sang dont la circulation est méca-
niquement relardée dans ces vaisseaux. Ces .tumeurs
sont inégales, noueuses, molles, indoleutes, compres-
sibles , sans battement et d'une couleur bleuâtre li-
vide. Quelquefois considérables et assez souvent
accompagnées d'un empâtement de la peau, elles dis-
paraissent en partie et changent de couleur par la
compression, par le repos et par la position horizon-
tale, pour reparaître lorsqu'on cesse de les camprtmer
et lorsqu'on se tient debout
303 yAR
Tou'.es les veines superficielles du corps sont su-
jtellcs à devenir variqueuses ; cependant celles des
jambes et des cuisses y sont plus particulièrement
exposées. Rien n'est plus commun que d'observer au
ventre, aux cuisses et aux jambes des femmes qui ont
fait beaucoup d'enfauls, des varices résultant de l'ob-
stacle que le sang a éprouvé de la part de la matrice
remplie du produit de la conceplion. Les personnes
qui , par état , iravaillenl debout, en sont rarement
exemptas, tels sont les imprimeurs , les blanchisseu-
ses, les boulangers, les déchircurs de bateaux; chez
ces derniers, l'humidité dans laquelle ils ont constam-
ment les jambes plongées vient aggraver les effets de
la position. L'habitude de porter des jarretières au-
dessous du genou favorise la tendance qu'ont bien
des personnes à être atïeclees de varices aux jambes.
La jarretière, en effet , comprimaiu les veines sur nu
corps dur comme les os de la jambe, ces veines ne
peuvent pas fuir cette compression comme elles le
feraient au dessus du genou, où les muscles étant plus
épais offrent moins de résistance.
Dans la généraliié des cas, les varices ne sont pas
une maladie grave ; cependant, lorsqu'elles sont gro>ses
et nombreuses, et surtout compliquées de gonfleiuenl
ou mietix d'engorgement, elles constituent une infir-
mité assez incommode ; elles occasionnent même
quelquefois des douleurs insupportables quand on a
beaucoup marché ou qu'on est resté quelque temps
debout, et ces douleurs ne se calment que par le re-
pos et la situation couchée Mais ce qu'il y a de dan-
gereux, c'estqtie lélat d'irritation constante des mem*
bres fait dégénérer la moindre blessure en ulcère, et
l'engorgement de la partie^ la distension des plus petites
veines rendent la cicatrisation longue et difficile.
Une foule de moyens ont été rois eu usn^e de
VAR 399
temps immémorial, pour guérir les varices accessibles
à la vue. Elles guérissenl cependant quelquefois d'elles-
mêmes par la cessalion seule des causes qui les avaient
occasionuées ; c'est ce qui arrive, après l'accouche-
ment, aux varices survenues aux jambes dans le cours
de la grossesse. Dans quelques cas, les paquets vari-
queux, irrités, distendus outre mesure, s'enflamment
et se bouchent complètement, ou bien encore le sang,
dont le cours est incessamment ralenti dans les vais-
seaux dilatés et privés de ressort , s'y coagule et les
varices se transforment en cordons durs, compac-
tes, déûniiivement imperméables.
Mais, de tous les movens jjroposés, le plus habi-
tuellement employé et par lequel on commence tou-
jours, c'est la compression. On s'oppose ainsi à l'ac-
croisseraent des varices des extrémités du corps, et
l'on diminue le volume de la partie gonllée en détrui-
sant la cause morbiiique et en exerçant sur toute
l'étendue du membre une pression méthodique, uni-
forme, permanente, faite avec un bas de peau ou de
coutil lacé, nu avec une longue bande roulée dont on
enveloppe tout le membre qui doit être uniformément
compriuié. En employani habituellement ce moyen
mécanique, on remédie au gonflement de la partie et
l'on .prévient la formation d'ulcères variqueux qui
menacent toujours sans cela.
Lors<iue la totalité du membre affecté de vaiices
est soumis à ce mode de traitement, les veines dila-
tées s'effacent, la circulation se rétablit et l'engorjje-
menl ainsi que la douleur disparaissent. Il n'est pas de
meilleur moyen de guérir les ulcérations des paities
inférieures produites ou entretenues par l'état vari-
queux du membre; mais, quelquefois, aussitôt que la
compression cesse d'avoir lieu , les varices reparais-
»enl. la douleur revient l'ensorgemenl se •'cnroduit
400 VAR
cl i'ulcère qui éiait fermé s'ouvre du nouveau. DaiM
tous les cas , le bai lai é est toujours préférable à la
haï. Je qui se rclAclie trop vile , donne trop de vo-
hune au membre et se serre d'une manière moins
uniforme. On a même mis à profil l'élaslicité du
cftoutcliouc pour la confection de ces bas. Ils doivent
eue faits de manière à embiasser exactement toute
rétendue du membre en s'accoramodant avec tous les
accidents de sa forme, et, si c'est à la jambe, se lacer
en dehors, derrière ce qu'on nomme vulgairement la
cheville el sur le cûté extérieur du dos du pied.
Si les varices s'étendent aussi à la cuisse, on devra
joindre au bis un demi-caleçon fait sur les mêmes
principes ei laissant à découvert la plus grande partie
du genou pour la facilité des mouvements. En Augle-
terce on se sert avec le plus grand avantage, pour
ex«'rcor la compression de bandes de diachylon qu'on
applique dans une grande étendue, et qu'on renou-
velle |ieirJaiil un temps assez long tous les trois ou
quaircjouis.Ona encoie j roposé pour guérir les varices
dixeis moyens diirurgicaux qui sont: 1° lesimplepiu-
ccuiinl des veines variqueuses dans le but d'ariêter la
circulation, de favoriser la lormation d'un caillot san-
guin et par suite l'oblitération du vaisseau; 2* l'inci-
sion même des veines variqueuses; 3' leur ligature;
4° enûn leur excision. Un homme de l'art peut seul
décider de 1 opportunité de chacun de ces moyens.
VARICELLE. — Ce mol, dont varioleilc, petite
i^crole l'oiayitc sont synonymes , sert à designer
une maladie qu'on regarde généralement comoie un
diminutif de la petite vérole. C'est une éruption ac-
compagnée de fièvre et caractérisée par xles vésicules
queUpiefois pustuleuses, qui se dessèchent ordinaire-
ment du cinquième au huitième jour, et ne laissent
aucune cicatrice,
AR - -^ 401
Mais cette éruption est-elle réellement un diminu-
tif de la pelile vérole, «ne vaiiole njanqiiée, comme
on le dit vulgairement? Les mcJet iiis sont loin d'être
d'accord à ce sujet : les uns disent oui, les autres di-
sent non; les premiers se fondant sur ce que, dans
les épidémies de variole, on rencontre un grand nom-
bre de varicelles, et que des individus affectés seule-
ment de cetle dernière avaient néanmoins communi-
qué à d'autrcâ la véritable vaiiole; les seconds, ob-
jectant qu'on a vu des épidémies de varicelles marcher
franchement sans mélange de varioles, que la varicelle
ne se transmet pas par inoculation, et que la vaccina-
tion pratiquée peu de temps après la disparition de
îa varicelle, poursuit sa marche de la manièie la plus
régulière. Il faut conclure cependant que si la vari-
celle n'est pas une variéié de la variole, elle offre avec
elle de grandes analogies.
Quoi qu'il en soit, la varicelle ou petite vérole
volante se montre plus spécialement sur les enfants,
et est plus fréquente au commencement de l'aiinée et
au printemps qu'à toute autre époque. L'érupiion qui
la constitue se présente sous la forme de puslulesj
tomme la petite vérole, ou sous celle de simples vési
tules. Dans le premier cas elle est précédée pendant
tingt-quatre , trente-six ou quarante huit heures ,
d'abaltement, de malaise, quelquefois même de vomis-
sements, toujours de chaleur à la peau, de gouQemenI
è la foce et de fièvre. Les boutons paraissent d'abord
sur le tronc , quelquefois cependant sur la figure, et
sortent pendant plusieurs jours d'une manière succes-
sive. Dans le second cas , les signes précurseurs sont
très légers, et au lieu de boutons on voit paraître de
petits points rouges, e'pars çà et là, qui se changent
bientôt en élevures vésiculeuses, contenant un fluide
iércax, d'abord blanc, puis jaune paille, formant uaa
«6
402 VAR
«roAte qui se délache \a septième jour, sans laisser de
cicatricea.
De même que la petite vérole, la varicelle n'affecte
ordinairement qu'une fois le même individu. Son trai-
tement est des plus simples : une atmosphère tem-
pérée, un régime léger , des boissons tièdcs, le séjour
au lit, quelques faibles dérivatifs sur les extrémités
inférieures , tels que des cataplasmes de graine de lin
imprégnés de vinaigre, un bain tiède à la fin de IV;-
roplion , quelquefois un doux laxatif si , en même
temps , il y a delà constipation, tels sont en général
les seuls soins que réclame celte maladie, même dans
les cas les plus graves.
VARICOCÈLE. — On appelle ainsi, ou sarcocèfc, la
tuméfaction des bourses occasionnée par la dilala'ion
des veines qui rampent dans leur tissu. Cette tumé-
faction se fait remarquer au dessus du testicule ; en
la touchant, on reconnaît qu'elle est formée de cor-
dons moux, noueux, ondulés; elle affecte surtout le
côté gauche, et s'annonce, tout à fait à son début, par
des coliques, des douleurs de reins, de la faii{»ue après
le moindre exercice. De môme que toutes les varices
( Voyez ce mot ), la chaleur humide, les fatigues sou-
tenues, les travaux pénibles, les stations longtemps
prolongées sur les pieds augmcuieut sou volume;
elle disparaît, ou du moin» diminue par l'impression
du froid, le repos au lit cl la pression.
Les causes du varicocclc sont peu connues ; elles
agissent nécessairement soit en facilitant TafOux du
Kiiig vers les parties génilalts, s )it en mettant obs-
tacle au retour de ce liquide vers le cœur. Tels sont,
aYcc une iuQuenco variée, l'abus des plaisirs vénériens,
la masturbation, l'habitude de l'cquilation , de la
ùansc, les marches forcées, la conlusioa violente des^
bourse, leur inflammation, etc. ^
le Yaricocèle est presque toujours une maladie in-
curable, mais aussi presque toujours exempte de
danger. Les personnes qui en sont affectées doivent
continuellement porter des îuspensoirs, éviter la fati-
gue, les exercices violents, les marches prolongées,
inaener une vie sédentaire el garder autant que possible
la position horizontale; elles se tiendront le vcntio
libre, useront de bains froids cl pourro'Ji même faire
sur la tumeur des applications astringentes, comme les
décoctions de tan, de noix de galle. Les cbirnrgieus
modernes ont proposé de lier les veines dont la dila-
tation formait le varicocèle. Celte opération est iii-
finimonl moins grave qu'on ne pourrait le croire au
premier abord ; mais nous n'engageons pas moins de
ne s'y soumcllre que dans les cas où la maladie, très
développée, gêneraii beaucoup la marche et occasion
neraii de vives douleurs.
VARIOLE. — Tout le monde «ait qu'on appelle
variole ou peiile vérole une maladie contagieuse avec
fièvre , caractérisée au début par des phénomènes gé-
néraux graves, et, au bout de quelques jours., par une
éruption revêtant bientôt la forme de pustules qui
suppurent, forment des «routes, se dessèchent el tom-
bent du dix-huitième au vingtième j »ur , lais<^ant
après elles des taches rougeâlrcs auxquelles succèdent
des cicatrices plus ou moins apparentes.
La variole est une maladie propre à l'enfance et à
la jeunesse, quoiqu'elle puiise se manifester à tout âge.
L'époque de l'année où on l'observe le plus souvent,
est celle où on éprouve les vicissitudes atmosphéri-
ques de chaud et de froid, d'humidité et partirulîèrt-
raent en hiver et au printemps. Il est très peu de
personnes qui en soient exemptes dans le cours de
leur vie, si elles n'ont pas été vaccinées. Les causes
productrices de là variole sont inconnues; tout ce
404 VAR
qu'on sait, c'est qu'elle se communique non seulemciit
par rinoculation, mais encore par le contact, le sim-
ple rapprtjchement , l'habitation des mêmes lieux.
Souvent *lle règne épidémiquement sur tous les enfants
et les jeunes gens d'une commune, d'une ville, d'une
contrée; mais ces épidémies, généralement assez
meurtrières, ne s'observent plus que dans les pays où
les préjugés, l'ignorance et peut-être la superstition
s'opposent à la piopagation de la vaccine.
On distingue deux espèces de varioles : la variole
discrèlCf et la variole conjluenie. Dans îa première,
les pustules sont plus ou moins nombreuses , mai»
isolées les unes des autres. Dans la seconde, elles
sont tellement nombreuses qu'elles se confondent eu
beaucoup d'endroits , de telle sorte que de grandes
parties du corps sont recouvertes de croûtes.
L'invasion de la variole discrète est annoncée paf
du malaise, des frissons, un sentiment de fatigue et
de courbature générale, des maux de reins, du mal de
tête, des envies de vomir, souvent même des vomisse-
ments, une fièvre ordinairement très vive s'allume et
s'accompagne d'accidents qui varient suivant l'âge, le
tempérament , le» circonstances individuelles , etc.
Ainsi chez les jeunes enfants, il y a de l'assoupisse-
ment, quelquefois des convulsions ; chez les individus
plus âgés il y a plutôt du délire et de l'insomnie.
Du troisième au quatrième jour de la fièvre, asses
souvent plus tôt, presque jamais plus tard, commencent
à paraître au visage, puis à la poitrine, aux bras et
aux parties inférieures du corps une foule dé petites
taches rouges, qui deviennent de plus en plus saillantes
les jour» suivants, et sont surmontées d'une vésicule sé-
reuse bien développée le troisième jour de l'éruption;
le sixième jour, les vésicules se troublent légèrement, et
9Qiit entourées fj'un cercle rouge très prononcé, leur
VAR 405
centre se déprime légèrement et offre un point cen-
tral enfoncé, qu'on a comparé à l'ombilic ou nombril;
le neuvième jour, les boulons sont devenus de vérita-
bles pustules, c'est-à-dire que la matière qu'ils contien-
nent est devenue jaunûlre et opaque, alors le visage se
gonfle, se boursouflle, se tend ; la îièvre, qui avait
cessé, se rallume avec une nouvelle force; mais, vers
le douzième jour, la délente commence à s'effectuer,
la dessication s'opère et, au quinzième jour, toute*
les pustules sont converties en croules jaunâlres, bru-
nâtres ou verdâtres, qui commencent elles-mêmes à se
détacher vers le dix-huitième jour, laissant à leur
place des œaculatures rougeâtres plus ou moins fon-
cées. Ces taches persistent ordinairement pendant plu-
sieurs mois et, à mesure qu'elles disi)araissent, on voit
à leur place de petites cicatrices gaufrées et déprimées,
quisont la marque indéîébile du passage de la maladie.
Dans la variole eov/luetue, tous les phénomènes qu«
nous venons de décrire se prononcent avec la plus
grande intensité. La fièvre dure pendant tout le courg
de la maladie; les boutons sont si multipliés et si rap-
prochés qu'il est quelquefois difficile d'en apercevoir
les insterstices ; sur la face ils semblent ne former
qu'une seule pustule à surface inégale. Après l'érup-
tion, La violence des symptômes ne diminue point;
presque toujours, au contraire, elle augmente et sou-
vent l'inflammation s'élève au plus haut degré ; la
face entière se tuméfie d'une manière si horrible
qu'il est impossible de reconnaître un seul des traits
du malade tout son corps se couvre de croûtes bru-
nâtres, félidés et répandent une odeur nauséabonde
très prononcée. Quand ces croûtes sont tombées, on
trouve les surfaces qu'elles ont couvertes d'un rouge
vif qui ne disparaît que lentement , et laisse souveoÇ
après loi, surtout au tisage, de hideuses cicatiioas.
406 VAR
La petite vérole peut être, à bon droit, considcrée
comme l'une des maladies les plus graves et |es plu9
dangereuses qui puisse affecter l'espèce humaine^ noQ
seulement elle est souvent raorielle, mais, lors môme
qu'elle guérit, ses suites n'en sont pas moins des pliis
redoutables: le* plus fréquentes sont l'ophlbalmie , la
cécii6 , la difformité des traits, les rachilismes, lea
scrofules, la surdité, etc.
La période la plus dangereuse de la maladie e$(
celle de la suppuration. Quand il survient des acci-
dents, ils marchent alors avec une effrayante j-apidité
et la mort peut survenir en quelques heures , sans
que l'on puisse expliquer en aucune manière cette
terminaison funeste. Une fois que la dcsquammalion
c'est-à-dire le dessèchement des pustules a lieu,
le danger est moins grand. Divers accidents assez
graves peuvent accompagner l'éruption ; on peut
mettre en tête les congestions sanguines sur les di-
vers organes intérieurs ou bien les hémorrhagies qui
peuvent avoir lieu par diverses voies. Il survient
alors des convulsions , des phénomènes apoplecti-
ques, des ophlhalmies intenses, ou bien de vérita-
bles fluxions de poitrine. Ces accidents sont surtout à
craindre dans les saisons très chaudes ou très froides
et chez les personnes nerveuses , que la crainte
d'être défigurées tourmente profondément.
Lorsque la variole, soit discrète soit conllucnte,
poursuit sa marche régulièrement, sans être accom-
pagnée de symptômes graves d'inflammation des
divers organes intérieurs, le traitement en est fort
simple : le séjour au lit, un air tempéré, la diète,
les boissons d'orge cl de chiendent, ou de Heurs do
mauve, sont les seuls moyens qu'on doive mettre co
usage, aidés toutefois de quelques lavements soil
•impies, soit laxatifs. Si le mal de lélc est violçpf,
VAR 407
on admiaistre des bâios de pieds ; si la gorge est
douloureuse , des gargarismes adoucissants , des lo-
tions émollientcs sur les paupières lorsque les pus-
tules y produisent une irritation trop vive. Si l'érup-
tion est retardée ou arrêtée dans sa marche, on doit
donner des boissons sudorifiques, comme la Heur do
bourrache, ou bien faire prendre un bain, mais sur
tout un bain de vapeurs. Les purgatifs doux, comma
la manne, 1 huile de ricin, le sirop de chicorée sont
souvent utiles à l'époque de la suppuration quand il
existe soit vers le cerveau, soit vers la poitrine, uno
congestion s'annonçant par l'assoupissement , dos
convulsions, ou par une gêne très prononcée de la
respiration.
Quelques médecins, dans le but de faire avorter
l'éruption, ont conseillé de cautériser avec la lierre
infernale Içs pustules de la face. Mais l'expérience
a prouvé que celte méthode n'avait d'avantages réels
que pour celles qui se développent sur le globe do
l'oeil ou sur les paupières. Quant aux moyens de pré-
venir les cicatrices difformes, le meilleur consiste à
ouvrir avec soin chaque pustule, pour en faire sortir
doucement le pus et à empêcher ensuite, au moyen
de fomentations émoUieutes, que les croûtes no sé-
journent trop longtemps. Les lotions d'eau froide ,
conseillées par quelques personnes, ne peuvent qu'ê-
tre extrêmement dangereuses ; au contraire, vers la
fin de la maladie, les bains tièdes, donnés avec les
précautions nécessaires, favorisent la chute des croû-
tes et diminuent la tendance qui existe au dévelop-
pement de furoncles, de pustules et d'abcès sous la
peau.
La convalescence de la variole exige les plus gran*
des précautions contre le froid, l'huiiiidité, les écarts
du régime. Quelques bains tiédes, des aliments doux
408 VÊN
et de facile digcslion,des purgatifs peu irritants com-
me la manne, des frictions légères sur la surface du
corps seront encore des moyens précieux à mettre en
Usage pour rétablir et consolider la santé. Enfin lei
amers, les toniques, les analeptiques, les stimulants,
seront prescrits avec prudence toutefois, aux sujets
faibles et languissants, mais chez lesquels le tube
digestif n'aura ressenti aucune-'atteinte de l'altéra-
tion plus ou moins profonde qu'éprouYe quelquefois
toute l'économie.
VÉNÉRIEISNE (maladie). Mal vénérien, vérole,
sifphilis ou maladie syphilitique. — On désigne par
ces différents noms une maladie très variable dans sa
forme et dans ses complications, qui paraît procéder
d'une seule cause, d'un virus qui se transmet d'un
individu à un autre , le plus habituellement dans des
rapports sexuels Examinons-la dans ses divers modes
de transmission, dans les principales formes sous les-
quelles elle se présente, dans le traitement approprié
à chacune de ces formes , et enfin dans son traitement
géo<îr?.î.
Si le moyen le plus commun de propagation de la
maladie en question est incontestablement, comme
nous venons de le dire, celui des parties génitales dans
le rapprochement des deux sexes, c'est parce que c'est
dans ces parties que le virus , à la présence duquel
tient la maladie, siège le plus communément ; que ces
parties sont presque toujours humectées; que l'épi-
derme qui les recouvre est tendre et mince ; que le»
organes restent en contact. Cependant ce moyeu est
loin d'être le seul : le virus peut s'introduire par toutes
les membranes muqueuses et par la plus légère écor-
chure faite à la peau. C'est ainsi qu'il se communique
1res îouvent par un baiser, par i'appliration des lèvre»
d'un enfant sur le sein d'une femmo infectée «i néci^
vÈJi 400
proqûement'; un verre, une cuiller, une pipe, com-
muns à plusieurs individus, peuvent aussi être des
intermédiaires de contagion ; mais ii faut que le con-
tact ait lieu immédiatement de l'un à l'autre , en un
mot que l'objet soit encore imprégné, pour ainsi d ire,
encore chaud.
Les yeux peuvent aussi être infectés direclemeui
par un baiser humide sur les paupières. Le pus qui
jaillit d'un bubon en suppuration, quand on en a fait
l'ouverture , et qui Va frapper l'œil , peut donner la
syphilis et occasionner dans cet organe les plus graves
désordres. Quoi qu'il en soit, la maladie vénérien:ie
se montre le plus souvent sous l'une ou sous plusieurs
à la fois des cinq formes suivantes : écouleme/ils, ul~
cères, tumeurs ou abcès, excroissances, boutons et
taches à la peau.
\^ ÉcocLEMKNTS. C'est sous le nom vulgaire de
chaude-pisse ou sous l'expression scientifique de bien-
norrhagie ou de gonorrhée, qu'on désigne les écou-
lements muqueux ou punformes qui ont lieu par
les organes génito-urinaires et qui suivent de pliîi ou
moins près les rapports sexuels. Ces écoulements se
gagnent ordinairement dans la cohabitation avec tine
personne qui en porte un semblable. Ceci n'est cepen-
dant pas absolu, car on voit des femmes qui, en appa-
rence^ n'ont absolument rien el qui néanmoins trans-
mettent des écoulements, tandis que d'autres en ont
de très virulents et ne communiquent rien.
Ces écoulements paraissent après un temps qui
varie du deuxième \o\vr au huitième, d'autres disent
même au quinzième et plus. Ils s'annoncent, chej
l'homme, par une légère démangeaison à l'orifice de
l'urètre et un sentiment d'ardeur dans son trajet. Les
envies de pisser deviennent plus fréquentes, l'urine
semble réellement plus chaude ; eu pressant le gland
440 VÊM
on peut en faird sortir quelques goiiltea de sérosité in»
colore, filante, qui dès le deuxième ou le troisième
jour devient plus abondante, colle les lèvres du canal,
et ne tarde pas à prendre une teinte jaune. Du sixième
au dixième jour ces symptômes atteignent leur plus
haut degré d'inlensilé, si récoulcmeut doit être léger.
Mais s'il doit être suraigu, tout augmente de violence
jusqu'au douzième, quinzième et mémo vingtième
jour : la douleur devient plus vive, l'écoulement passe
à une teinte verdàtre; les envies d'uriner sont plus
fréquentes, les érections horriblement douloureuses
et la tension du dessous de la verge dans ce moment
montre que tout le canal est envahi : c'est ce qu'on
nomme chauJe-pisse cordée.
Malgré toutes les recherches qu'on a pu faire à c«
sujet, on ne connaît aucun moyen de distinguer sûre-
meni un écoulement simple ( échauffemeni ) , d'un
écoulement syphylitique [chaude- pis se). La violence
des symptômes^' est pas un signe spécifique. La cer-
titude d'avoir gagné la maladie en coliabitanl avec
une personne évidemment malade, doit cependant for-
tement faire craindre que l'écoulement ne soit véné-
rien , et l'apparition d'autres symptômes en même
temps que ce dernier no doit laisser aucun doute.
Dans tous les cas , les médecins sont tous d'accord
aujourd'hui sur la nécessité d'arréler les écoulement»
blennorrhagiques le plus tôt possible. Pour cela on
peut, dès le premier, le second ou au plus tard le
troisième jour, faire, malin et soir, une injection avec
nu liquide composé d'une dissolution de deux à cinq
centigram. (d'un demi à un grain) de nitrate d'argent
cristallisé dans trente centigram., ou une once d'eau
distillée; mais en suspendre l'usage dès que la dou-
leur est sensiblement augmentée ou que la matière
rendue devient sanguinolente. Or en seconde leffet
vfia 411
par l'emploi du baumo de copaliu ou du poivre co-
bèbe : le premier à la dose de quatre grammes (un
gros) dissous dans un peu d'alcool, et pris matin el
loir dans une tasse de tisane de graine de lin ; le se-
cond délaye dans une tasse d'eau pure en commençant
par deux grammes (un demi-gros) inatin et soir et en
■iigrneiilanl progressivemeiit.
'" Quand ces moyens ne réussissent pas, et que l'in-
ffammation fait des progrès, qu'il y a par exemple ce
que nous venons d'appeler chaude-pisse cordée, il
faut la traiter par les moyens ordinaires: dessangsues
au périnée, mais quinze ou vingt ; bains éraollients et
rendus calmants par l'eau de pavot , cataplasmes de
même naluie; boissons de graine de lin, légèrement
nitrées; abstinence complète de liqueurs et de vin,
nourriture légère et peu stimulante ; mais bien se
garder de chercher k rompre la prétendue corde qui
retient la verge courbée, comme certaines personne»
croyent le faire.
Dans tous les ca«, il est très prudent de soutenir le»
bourses par un suspensoir pour éviter que le froisse-
ment du lesticuîe par la marcbe, n'y attire l'inflamma-
tion et ne produise ce qu'on appelle chaude pissa
tombée dans les bourses. Si cet accident arrive, le
malade doit rester couché sur le dos et tenir se»
!>ourscs relevées à l'aide d'un petit coussinet placô
^ntre les cuisses; il faut couvrir le testicule de glaça
pilce ou avoir recours à l'application de 20 ou 30 sang-
sues sur la tumeur, que l'on fait suivre de cataplasme»
emollients ou de compresses trempées dans l'eau de
de guimauve et fréquemment renouvelées; on y ijoini
la diète absolue, les boissons délayantes et laxaiives ;
ordinairement les symptômes les plus graves cèdent à
ce traitement. Si cependant il n'en était pas ainsi, ea
admettant que lej accidenls inflammatoire aient été
412 tts
suffisamment combattus, il faudrait alors avoir recours
aux topiques résolutifs et envelopper le testicule de ca>-
taplasmes arrosés d'eau blanche, de laudanum, puis
chercher à rappeler l'écoulement du canal , dont la
réapparition absorbe ou diminue TinOammation du
testicule. Pour peu qu'on ait du doute sur la nature
d'un écoulement, il ost prudent de joindre aux moyens
que nous venons d'indiquer un traitement spécifique
dont nous parlerons après avoir traité des divers états
sous lesquels se manifeste ordinairement la maladie
vénérienne.
2o Ulcères. C'est sous le nom de «hantres qu'on
désigne ordinairement les ulcères par lesquels se tra-
hit la maladie vénérienne, dont ils sont l'expression la
plus irrécusable et la plus habituelle. Ces chancres
peuvent se manifester dans toutes les parties extérieu-
res du corps qui peuvent être mises dans un contact
imisiédiat et un peu durable avec d'autres parties in-
fectées. Chez l'homme, c'est la couronne du gland et
le frein du prépuce , où l'Lumeur virulente peut plus
aisément être retenue et échapper aux soins de pro-
preté, qui en sont le siège le plus habituel ; chez la
femme, c'est la fourchette de la vulve où sont souvent
des déchirures et des écorchures, puis aux grandes et
aux petites lèvres. Dans les deux stx^ , ou les voit
fréquemment aussi à la marge de l'anus, à la bouche,
sur les lèvres, à la langue, au gosier et à la voûlo du
palais qu'ils arrivent quelquefois à percer couiplcte»
ment et à faire communiquer avec les fosses nasales;
enfin sur tous les points de la peau accidentellcmen'i
dépouillée de son épiderme. Leur nombre varie de
un à douze ou quinze, et ils paraissent soit simultané-
ment, soit, ce qui est plus commun, les uns après les
autres*
Y a-t-il UQ moyen certain de distinguer un chancre
TÊN 413
de toute iutre ulcération pouvant surveair aux même»
parties? les médecins croient à cette possibilité, et
ils affirment que le chancre, indépendamment du
soupçon que doit donaer de sa nature un coït dou-
teux, se reconnaît à sa forme ronde, à la découpure
de ses bords taillés à pic, à son fond grisâtre , à ses
bords calleux et indurés, enOn parce qu'il succède or-
dinairement à une petite pustule. Ces caractères sont
cependant douteux^ et il ïàut une graLâ^ habitude
pour les établir. jMais comme il y aurait plus de dan-
ger à prendre pour de simples ulcérations de véri-
labîes chancres , qu'à appliquer à ces derniers le
traitement qui leur est spécialement approprié, il est
presque toujours utile û'en venir à cette aerniére dé-
terminaison. Or Toici le traitement des chancres :
Dès qu'on s'aperçoit de leur apparition, il est tou-
jours prudent de les cautériser avec la pointe d'un
crayon de nitrate d'argent ; mais si les symptômps
inflammatoires se sont déjà développés, le mieux est
de les couvrir d'un bourdonnet de charpie recouvert
d'un cérat opiacé, et de les laver cinq et même six
fois par jour pour empêcher que le pus qu'ils four
nissent, et qui est le véritable virus vénérien, ne sé-
journe et n'augmente l'infection générale. Celle pé-
riode inflammatoire passée, au cérat on substiiue le
vin aromatique, puis la pommade mercurielle, et quand
la cicatrisation se fait avec i:n grand développement
de bourgeons charnus , on les réprime avec la pierre
infernale ou nitrate d'argent ; puis on en vient au
traitement général afin d'éviter, ici comme ailleurs,
les suites consécutives du mal.
3" TcMECRS et Abcès. Les tumeurs et abcès qui se
Montrent comme symptômes ou comme signes de la
jnaladie vcoéricnuc ont été nommés par les méde-
cins bubons à cause de l'aine dans laquelle fis se
411 VÊK
dévcloppcot ie plufl ordinairement, e4 par les gen^
du monde poulains par la gônc qu'ils occasionnen»
dans la marche. Les hommes y sont plus sujets que
les femmes. Us se déclarent d'emblée ou à la suite
d'un chancre , d'un écoulement ; marchent quelque-
fois avec beaucoup de rapidité et se terminent alors
promptement par suppuration ; d'autrefois , au con-
traire , ils marchent lentement , sont peu doulou»
reux et n'ont aucune tendance à suppurer.
Les bubons s'annoncent ordinairement par un Sen-
timent de gène , de tiraillement et de tension dou-
loureuse dans l'aine. La personne n'y voit d'abord
qu'un résultat de la marche, mais dès que la per-
sistance de la gène l'engage h y porter la main, elle
s'aperçoit qu'une ou plusieurs glandes sont gondécs
et douloureuses à la pression ; puis, l'irritation aug-
mentant, il en résulte bientôt une tumeur plus ou
moins volumineuse, dure, adhérente, oblongue dans
le sens du pli de l'aine, gênant beaucoup la marche.
Il s'y développe des douleurs pulsativcs et par suite
il s'y forme un véritable abcès.
Distinguer les bubons vénériens de ceux qui ne lo
sont pas est une chose difiicile, et on ne peut guère
se laisser guider h cet égard que par les circonstances
au milieu desquelles ils se sont développés S'ils sont,
survenus à la suite d'une violence dirigée sur l'aine,
d'un ongle entré dans le« chairs, de l'introduction
d'une bougie dans l'urètre, on doit être rassuré sur
leur nature ; mais quand ils se déclarent après un
mit douteux, et qu'ils sont précédés de chancres ou
d'un écoulement, il y a tout lieu de croire à leur
nature vénérienne.
La première chose h faire dans le Irailcmcnl de»
bubons est de chercher h arrêter la marche do la ma-
ladie, faire avorter l'iaUaamiatioû cl empêcher la »«p
VÉS 415
puralion. On y provient quelquefois soit en couvrant
la tumeur directement à son début de glace pilée et
renouvelée pendant vingl-qualre et même quarante-
huit heures , soit en exerçant sur elle une comprcs
sion méthodique avec une compresse solide assez
large pour envelopper toute la tumeur et maintenue
par une bande un peu large mais excessivement
longue ou même avec un bandage herniaire. Mais la
méthode la plus simple et la plus sage consiste dans
l'emploi des sangsues, des émollients et du repos;
si le bubon est à son début, souvent le repos et lo«
cataplasmes de farine de graine de lin seront suffi-
sants pour faire avorter l'inflammation. S'il y a do
la rougeur à la peau, des douleurs un peu vives,
une ou plusieurs applications d'une vingtaine de
sangsues chaque, placées non dessus mais autour do
la tumeur , produiront du dégorgement et devront
être employées. On mettra aussi en usage les bains
tièdes prolongés, les cataplasmes émollients et même
laudanisés , les frictions mercurielles faites sur la
partie interne de la cuisse du même côté, les bois-
sons adoucissantes et le séjour au lit.
Par ce traitement la tumeur diminue en général, et
la maladie tend h disparaître. Si malgré cela la for-
mation du pus n'a pu être empêchée, il faut lui don-
ner issue dès qu'on s'aperçoit de sa présence, et ne
pas attendre qu'il s'amasse en grande quantité» L'ab-
cès ouvert, on continue quelque temps les cataplas-
mes émollients, puis on panse comme une plaie sim-
ple. Quelques médecins veulent que ce soit par une
simple incision qu'on ouvre la tumeur, d'autres con-
seillent des ponctions multiples. Tout dépend h cet
égard de la crainte qu'on peut avoir que le pus, en
s^ournant , ne décolle la peau et ne produise dei
cUpie» touveat Uès diiliciles U guérir.
(16 YEN
Quant aux bubons indolents on doit tâcher de les
faire fondre soit en les couvrant d'un emplâtre de
savon mercuricl, de ciguë, soit ci. faisant sur eux
des frictions d'hydriodate de potasse , de deuto-
lodure de mercure ou d'un liniment ammoniacal.
4o Excroissances. Les excroissances de nature vé-
nérienne peuvent se présenter sous des apparences
très varites; de là les diverses dénominations sous
lesquelles en les a désignées, comme ^o/reaM.r, ser-
rues, choux-Peurs, crêtes de coq, condylomes , etc.
De toutes, celles qui affectent la forme do choux-
tleurs sont les plus fréquentes; ce sont en ciïct doo
espèces de tubercules pédicules et dont la surface
est comme coupée et pointillée. Après elles viennent
les crêtes de coq dont le nom seul rappelle assez la
forme. Ces excroissances surviennent ordinairement
sur les membranes muqueuses, mais presque toujours
à l'endroit où celte membrane s'unit à la peau comme
au pourtour de l'anus, sur le gland et sur le pré^
puce. Le traitement généralement applicable à la
maladie vénérienne les fait quelquefois se Uétrir et
tomber d'elles-mêmes, mais le plus habituellement,
surtout quand elles ont acquis un certain volume,
1)11 est obligé de les enlever soit avec le bistouri ,
soit avec des ciseaux courbes sur le plat , puis on
cautérise.
5,, BocTo:«s et ÎAcnKS. Les boutons et les taches
qui tiennent à la maladie vénérienne, peuvent aussi
j)rés enter des formes très variées. Pour les premiers,
«c sont tantôt des vésicules remplies do sérosités
comme celles de la gale, tantôt des bulles ; d'autres
fois des pustules, des espèces de dartres avec des-
quamation de la peau, ou bien enfin des tubercules.
Pour les taches on les roconi>aU aux caractères sui-
vaiils : elles $oul géiiérulemout ftnoudies, quelque-^
VÉN 417
fois cependant OTales cl irrégulières, ayant un dia-
mètre qui varie de deux à quatre ccntimèlres. Elles
sont communément peu nombreuses, d'un rouge-cui-
vre, parfois d'une teinte brunâtre, noirâtre, surtou*
chez les vieillards. La pression du doigt ne les fai
disparaître qu'imparfaitement, et elles ne s'accom-
pagnent ni de démangeaisons, ni d'écaillement de la
peau. Ces taches siègent particulièrement an visage,
surtout au front ; mais elles peuvent cependant se
montrer sur le tronc et sur les membres. Elles exis-
tent souvent avec d'autres symptômes vénériens ,
mais elles ne se déclarent généralement qu'à une
période déjà avancée de la maladie.
Comme on regarde généralement les boulons et
les taches syphilitiques comme la preuve la plus
certaine d'une affection vénérienne invétérée , on
prévoit de suite que le traitement général trouve à
leur égard une plus opportune application que dans
tous les autres cas. Il n'arrive que très souvent même
qu'ils ou qu'elles résistent aux traitements les mieux
combinés et que les malados ne peuvent trouv er du
soulagement qu'en faisant usag^î d opium à des doses
successivement croissantes. C'est ce qui arrive sou-
vent aussi pour le gonllemcnt vénérien des os, connu
sous le nom à'exosiose , qui occasionne quelquefois
d'horribles douleurs, surtout pendant la nuit.
Nous n'avons jusqu'ici envisagé le traitement de
la maladie qui fait le sujet de cet article que dans
]cs soins que réclament à l'instant même les symp-
tômes par lesqucli elle manifeste le plus ordinairo-
luent son existence; mais ces symptômes^ marchas-
sent - ils sous l'iulluence de ces soins , vers une
prompte disparition , que les effets de Timpréf^na-
tion générale de l'économie par le virus qui fait
l'esseucc même de la vérole, ne seraient point dé-
418 TÉK
trmw , et que la personne aurait tort de se Croire ^
l'abri de tout accident consécutif. L'art possède ,
tout le monde le sait, un remède efficace contre ce
▼irus, c'est le mercure; or donc, dès qu'un des ac-
cidents précédemment décrits peut être rapporté à
la vérole, il ne faut point hésiter, quoiqu'on ait pu
dire dans ces derniers temps à cet égard, à se sou-
mettre à un traitement mcrcuricl.
Le mercure dans ce cas s'emploie de deux ma-
nières : à l'intérieur ou à l'extérieur. A l'intérieur,
il est donné à l'état liquide ou à l'état solide; à l'é-
tat liquide il constitue ce qu'on nomme communé-
ment soit la liqutur de Wansviéten, qu'on prend
raatin et soir, à la simple dose d'une cuillerée à
bouche dans un verre de lait ou d'eau oroinaire ;
chaque cuillerée contenant un quart de grain envi-
ron de mercure; soit le sirop de cuisinier, qu'on
prend par cuillerée , trois par jour environ.
A l'état solide , le mercure se prend en pilules,
La composition de ces pilules variant beaucoup , il
faut savoir que celles qu'on appelle bleues, de mémo
que celles de Belloste, contenant le mercure à l'é-
tat métallique peuvent se prendre à raison de trois
et même quatre par jour, deux le matin et autant
le soir ; tandis que celles qui contiennent le mercure
à l'état de sublimé corrosif, étant infiniment plus
actives et plus dangereuses, ne se prennent d'abord
que par deux chaque jour et rarement au-dessus de
trois. Celte manière de prendre le mercure convient
surtout aux personnes qui veulent se guérir secrè-
tement ou en voyageant.
Extérieurement le mercure s'emploie en friction»
ou en bains; les frictions se font avec la pommade
connue sous le nom d'onguent napolitain, qu'on em-
ploie à U dose dç i à 4 grammes (1 \i ^os k 1 gios)
TEK 4i9
par jour sur la partie interne des cuUses , des bra»
et sur le» flancs. Les bains, fort commodes pour les
personne» dont l'estomac ne supporterait pas le mer-
cure et qui ne reulent pas se résigner k la malpro-
preté des frictions, se préparent en mettant de 8 à
24 grammes (2 à 6 gros) de sublimé corrosif dans
un bain ordinaire. Quant à la quantité de mercure
nécessaire pour un traitement complet, elle est ex-
cessivement variable.
On regarde assez généralement la saliYation snnre-
nant dans le cours de l'emploi de mercure aux doses
que nous venons d'indiquer, comme une preuve de
l'imprégnation suffisante de l'économie par le mer-
cure. Il est très imprudent d'augmenter ces doses, et
dangereux de croire qu'en le faisant on hâtera la
{»uérison : c'est toujours le contraire qui arrive. Il
est au.^si trc? important, dans le cours d'un traite-
ment de mener une vie régulière, de s'abstenir de
liqueurs Cl de toutes choses stimulantes. Les tisanes
sadoriliques de gayac , de salsepareille aident puis-
samment, l'effet du mercure. Les soins de propreté
sont aussi indispensables ; enfin comme l'odeur du
mercure est assez pénétrante pour être aisément re-
connue, on fait bien de la masquer en portant sur soi
des essences a^^sez pénétrantes pour cela.
• VENTS. Maladies wenteuseS , avoir des vents. —
La formation de quelques gaz dans le conduit intes-
tinal est un résultat naturel du travail que les di-
verses parties de ce conduit font subir aux aliments
pour les digérer. Tant qu'ils ne se forment qu'en
faible quantité et qu'ils se dégagent aisément , on
ne doit point y faire attention; mais il peut arriver
deux choses :q ils se forment en trop grande quantité
ou qu'ils ne soient pas rendus convenablement.
If premier c^s est souyent le résallal d'une nour»
riture mal réglée ou de l'usage de certains aliments,
comme des légumes farineux el même herbacés, tel»
que le haricot, la pomme de terre, le chou. Cette
seule indication de la cause suffit , il nous semble ,
pour mettre en garde contre ses résultats. Le se-
cond cas est le plus ordinairement la suite d'une pa-
resse du !canal intestinal ; on le rencontre surtout
chez les personnes nerveuses ou bilieuses , chez les
hommes de lettres, les femmes qui vivent dans le
grand monde. L'indication qui se présente alors à
remplir consiste à relever les forces ou , pour parler
le langage de la médecine , à augmenter la tonicité
du tube digestif. On y parvient par les infusions chau-
des de camomille, de tilleul , de feuilles d'orangor,
d'anis, de bardane , de menthe jx)ivrce; un régime
fortifiant, des aliments secs, des frictions aromati-
ques , quelques cuillerées d'une potion légèrement
éthérée , la glace même à l'intérieur, sont aussi
souvent de la plus grande utilité , et réussissent or-
dinairement pour donner au tube digestif la force
de se débarrasser des gaz qui peuvent s'accumuler
dans son intérieur.
La formation de gaz dans l'intestin, au lieu d'être
produite par les aliments eux-mêmes , peut résulter
directement de l'intestin malade. Il s'en forme même
dans l'intérieur de la membrane qui , sous le nom
de péritoine et sous la forme d'un sac , tapisse l,i
cavité du ventre et enveloppe tout l'intestin. Dans
l'un et l'autre cas , leur accumulation donne lieu
à un ballonnement du ventre qu'on désigne en méde-
cine sous le nom de tyinpavite, et qu'on divise en intes-
tinale et en péritonéale, suivant que les gaz soiJt dans
l'intestin ou dans le péritoine. On les distingue l'une
de l'autre en ce que, dans cette dernière, le ventre
e»t ballonné uniformément, toxKlis que dans la pre?
VEft 4SI
micrc, la portion de l'intestin qui est distendue par
les gaz forme sur le renlrc des saillies ou bosselures
arrondies plus ou moins saillanies.
Ces deux espèces de tympanites , qui ont pour ca-
ra Clerc commun , indépendamment du ballonnement
du rentre , <a résonnance à la manière d'un tam-
bour quand on le frappe avec l'extrémité du doigt ,
ne sont pas toujours bien distinctes et marchent assez
souvent ensemble. Elles succèdent ordinairement à
une vive inllammation de la surface dos cavités
qu'elles occupent; ou bien elles sont occasionnées
soit par un rétrécissement squirrhcux de l'intestin ,
goit par une hernie , une tumeur quelconque , la
lièvre typhoïde. Dans ces derniers cas , c'est la
cause , on le pense bien , qu'il faut surtout s'attacher
à combattre. Enfin si les gaz sont dans le sac périto-
néal,en dehors des trois derniers cas que nous ve-
nons de citer , comme aucune voie extérieure n'y
communique , on s'en tie^it aux frictions ou ambro-
calions caraj>hrécs, aux applications de glace, aux vé-
sicatoires volants, aux frictions mercuriellcs. Si ces
moyens échouent, on est quelquefois obligéde donner
issue aux gaz|par les moyens usités pour vider leven-
trede l'eau qu'il conticnldansl'hydropisieabdominale.
VER RI' E. — On donne ce nom à des espèces d'ex-
:roissanes ou de végétations mobiles ou adliéreutes,
qui prennent naissance sur diverses parties de la peau,
surtout aux mains, ou sur quelque point des membra-
nes muqueuses , près de leurs ouvertures naturelles.
Les plus communes de ces excroissances Bont sans
pédicule, formées de petits prolongements de la peau,
disiincls les uns des autres, qui donnent a ce petit tu-
bercule un aspect fendillé, et rendent sa surface plu»
ou moins rugueuse. Leur tissu est ordinairemeal sem-
blable par «a dureté ei sesautres proptiéléi , ao tis«i
422 VER
c«rtiiaglndux,mais elles sont sensibles quarfl) on com»
pntne leur base, et si on les coupe près de la peaa,
elles laissent écouler quelques gouttelettes de sang.
Commenl se forment -elles? c'est ce qu'on ignore. Si
elle» se rencontrent très souvent «ur les person-
nes peu soigneuses de leurs mains, ou adonnées i
des travaux pénibles, on les rencontre aussi sur des
personnes très piopies et qui travaillent à des ouvra-
ge» délicats. La disposition en vertu de laquelle elles
«e développent se transmet du père on de la mère aux
enfants, mais elles ne sont pas contagieuses, comme
on est assez disposé à le cioire.
Les verrues disparaissent quelquefois d'elles-mêmes;
mais en général, abandonnées, elles s'accroissent et fi-
nissent par acquérir un volume fort gênant. On les
voit s'irriter, s'ulcérer et dégénérer en affection can-
céreuse. On a vauté, comme propres à les faire dispa-
raître, le suc d'un grand nombre de plantes, ntais ce
sont autant d'erreurs ; le moyen le plus sûr est de les
exciser le plus près possible de leur union à la peau,
et de cautériser la plaie qui provient de cette sépara-
tion soit avec un crayon de pierre infernale, soit avec
)€« acides nitriques ou sulfuriques, qui ont l'avantage
de pénétrer plus profondément ; on introduit ces caus-
tiques avec un morceau de bois taillé en pointe, ou un
eiire-dcnl>, trempés dans la fiole qui les contient.
Citez quelques sujets , l'application de cataplasmes
éniollients a suffi pour occasionner la chute de verrues
assez volumineuses ; dans d'autres cas, surtout quand
elles sont en grand nombre, il est avantageux de pren-
dre des bains tantôt sinples, mais tantôt aussi sulfu-
reux ; et malgré tout, on les voit souvent reparaître : il
fftut alors ténus
quMs ne puissent être saisis, comme du tabac, ils sont
promptement entrataés par des lotions d'enu fraîche.
'Ces lotions doivent même être continuées après la dis-
parition de la cause qui a motivé leur emploi. Elles
•préTicnneut les inUammatious consécutives ( F'oyez
'OrHTHALMIE).
ZONA. — On appelle ainsi une inflammation vc-
■«îculeusc de la peau qui se manifeste le plus ordi-
nairement sur le tronc et forme des groupes de
boutons disposés en bandes représentant, comme
Tindiquc son nom , une sorte de demi-ceinture de
•Ireis à quatre travers de doigt de largeur. On a
aussi donné à cette maladie le nom de feu nacré ,
ien de Si. Antoine. Elle se montre surtout chez les
tuuf 5 gens de douze à vingt-cinq ans ; les hcmajes y
43^ zoN
parsrïssent puis exposés; Tété et l'automne sont le»
saisons où elle se déclare le plus souvent.
Le zona n'affecte ordinairement qu'une moitié du
corps, surtout le côté droit. 11 débute par un sen-
timent de chaleur, de fourmillement cl même de
prurit à la peau , où ne lardent pas à se montrer
plusieurs taches rouges , les unes distinctes et sé-
parées, les autres réunies, de forme irrégulière,
sur lesquelles on aperçoit dès le début, l'appa-
rence vésiculeuse. Ces vésicules se développent et
grossissent comme de petites perles ; entourées
d'une rougeur vive, bientôt elles deviennent trou-
bles et laiteuses, et sont entièrement opaques vers
le quatricmejour de leur apparition, puis s'ouvrent cf
donnent issue à un liquide cércux , trouble qui se
dessèche pour former des croûtes légères , bruni-
1res; d'autres s'écorchent, fournissent une exhalation
abondante et laissent après elles des cicatrices. En
gomme totale , la maladie peut durer un mois.
Celle maladie n'est jamais bien grave; elle a
seulement cela de désagréable, que la douleuf
qu'elle occasionne persiste, alors même que tous les
symptômes extérieurs ont disparu. La diète, le re-
pos , l'usage des boissons délayantes, l'eau de
veau , la limonade tartarcuse sufiiscnt ordinairement
pour l'amener i guérison. Cependant quand l'inllain-
mation est très vive, que les douleurs sont intenses^
le sujet jeune et vigoureux , une saignée devient
Utile , ainsi que les bains tièdes d'eau de son ou do
guimauve. On calme assez, bien les démangeaisons
avec des compresses imbibées d'eau blanche ; et,
s'il existe des ulcérations, on se trouve bien de les
panser avec des compresses trouées enduites do
céfat saturné ou opiacé.
APPENDICE.
PHARMACEUTIQUE
Désirant rendre notre outrage ausssi utile el ausii
complet que possible, nous avons cru devoir y ajouter
quelques notions de pharmacie à l'usage des gens du
monde, el indiquer ici un assez grand nombre de for-
mules de remèdes ou médicamenls , tant internes
qu'externes, dont l'usage est le plus ordinaire, le prix
modique > et la préparation aussi facile que celle des
aliments.
La médecine, devenue de nos jours beaucoup plus
simple et plus rationnelle qu'elle ne l'a été à toute autre
époque, a rejeté du nombre des moyens de guérir une
quantité immense de remèdes et de recettes compo-
sées, et cela au grand avantage des malades. En effet,
l'expérience a démontré qu'il en est des médicami;nts
comme des aliments^ les plus simples sont les meilleurs,
et de même que la nourriture la plus naturell* est la plus
saine, et produit les corps les plus robustes, de même
aussi, la médication la moins compliquée est celle qui
guérit le plus souvent et le plus sûrement.
11 ne faut donc pas s'attendre à trouver ici ce long
fatras de formules compli«juées que 1 on rencontre dans
les^uciens ouvrages de médecine, oi're que Ifurem-
ploi, comme nous venons de le dirr, est presque tou-
jours plus nuisible qu'utile, leur j)réparation exige
aussi nécessairement des connaissances chimiques
toutes spéciale"^ , que nous ne devons pas attendre de
ceux pour qui principalement nous écrivons cet ou-
vrage. La simplicité , l'nlili'.é el le bon marché, voilà
noire unique but.
APPENDICE
Outre les médicaments proprement dits , la plupart
des substances qui subviennent aux besoins les plus
vulgaires de la vie peuvent aussi devenir des remèdes
el rendre d'importants service^ à la médecine j^. lors-
qu'ils sont employés dans dés circonsianccs et'des
proportions favorables.
Nous pouvons citer de préférence.
EAU.
L'eau , boisson naturelle de l'homme et le plus
grand dissolvant de la nature, est en m(^me temps un
.sLpuissant renièJe , à différentes températures , que
quelques médecins ont été tentés de réduire à elle sculfe
tome la matière médicale.
L'eau glacée arrête les bémorrhagies ; elle ranime
les personnes évanouies. L'eau froide donne du ton à
l'estumac , facilite la digestion, calme les vomisse-
ments , el est utile dans presque toutes les fièvres.
L'eau liède est émoliente et adoucissante, appliquée
extérieurement ; prise à l'intérieur, elle excite le vo-
missement. Les bains d'eau tiède sont inlinimenl salu-
bres comme soins de propreté, et dans beaucoup de
maladies.
L'eau chaude est sudoriûqite : prise on grande
quantité , elle devient laxative et même purgative.
En mettant les pieds dans l'eau la plus ( liaude qu'on
puisse supporter, on dilate les vaiyscdiux inférieur*, et
le sang qui y abonde dégage la tête , la poitrine et, en
général, tous les vaisi^eaux supérieurs ; mais il ne faut
pas prolonger son action au-delà de dix «î douze mi-
utiles , ou le sang dilaté se reporte à la tête avec plus
de force qu'auparavant.
VIN.
Le vin, sang divin de la grappe, frère de celui qui
coule dans nos veines^ est, disait un épicurien fameux,
u.q fj^oellent,pa»se-port pour l'autre monde, il condqr^
PHARMACEUTIQUE. 435
droit au ciel. En effet , Je bon vin fait le bon sang ; le
b )n sar.g fait naître la bonne humeur, la bonne hu-
meur donne de lïonnes pensées ; les bonnes pensées
produisent de bonnes a. lions, et les bonnes actions
ouvrent les portes du ciel.
Le vin est aussi , dit-on, le lait des rieillards : ce
liquide, en effet, pris avec sobriélé, vieux et pur, ra-
nime les sens glacés par l'âge, et fortifie les estomacs
délabrés. Il est peu de personnes même à qui il ne
puisse êlrc utile; Texccs seul est nuisible.
Considéré comme médicament, le \\n seul a guéri
des fièvres iniermiitentes ; mêlé avec l'huile ou le rniel,
il devient vulnéraire, et peut étie utile dans les pUies
et ulcères. Bouilli avec des roses de Provins, il est as-
tringent. Il convient comme gargarisme dans quelques
maux de gorge , comme iujectiou dans les maladies
vénériennes et les fleurs blanches,
VINAIGRE.
Le vinaigre est un e.\c«llent désinfectant ; son as-
piration réveille et ravive dans les cas de syncope et
d'évanouissement. Enfin , pris à la dose de quelques
"gouttes dans un verre d'eau , il compose une boisson
rafraîchissante et opérilive,
LAIT.
Comme aliment , chacun sait que le lait est la pre-
mière nourriture de l'homme. Il convient aussi aux
personnes nerYeuses , irritables , et prédisposées aux
maladies inflammatoires, ain^i qji'aux personnes con-
valescentes çt aux estomacs délicats. Il es» , en outre,
1res utile chozles personnes affectées de phihisie puU
monaire et d'inflammation chroiiique des intestins.
On se sert surtout, dans ce cas, du lait d'ânesse , plus
léger et plus facile à digérer. Celui de femme , q»ii
coniient h peu près les mêmes proportions, nourjrail
é^lement le remplacer,
436 Ai*i*E>'DiCE
Le lait est, en outre, un bon excipient pour les ca*
taplasmes émollients, et de plus un excellent conire-
poison, dans beaucoup de cas ( Voir empoisdkkkmeict).
Le petit lait, moins nourrissant, plus rafraîchissant
et plus purgatif que le lait, est également administré
avec succès dans toutes les maladies inQammatoires où
il est utile de tenir le ventre libre.
BEURRE.
Le beurre, matière grasse , fusible , provenant du
lait des animaux , est un aliment fort sain et un peu
relàcbant. Il ne convient pas aux enfants, aux conva-
lescents , aux personnes d'une faible constitution et
sujf<les au dévoiement.
Comme médicament , il peut remplacer le rcrat :
ainsi étendu fur de la poirée ou du linge, il sert à
panser les vésicaioires , les cautères , les ulcères , les
plaies, e:c.
ŒUFS.
Les œufs conviennent aux femmes , aux enfants ,
aux sujets faibles et délicats; ils peuvent , en outre,
dans certains cas, devenir de bons médicamenis.
Un blanc d'œuf , étendu d'eau , est quelquefois em-
ployé comme boisson dans les maladies aiguës inildm-
mafoires.
Un jaune d'œuf bien frais , sucré cl délayé dans de
Veau bouillante , constitue une émulsion calmante
connue sous le nom de lait de poule.
POMME DE TERRE.
La pomme de terre , précieux tubercule importé
d'Amérique , est actuellement l'un des aliments dont
on fait le plus d'usage eu Europe. Ses propriétés sont
nutritives et d'assez facile digestion, en sorte qu'il est
peu de personnes qui ne puissent le supporter.
La pomme de terre parait , en outre , jouir de di-
ses propriétés médicinales. On lui attribue la dioii-
PHARMACEUTIQUE. 437
nution du scorbut , maladie si commune sous les rè-
gnes de Louis XIV el Louis XV. la pulpe de pomme
de tprre est un remède populaire qui n'est pas sans
avantage dans les brûlures.
SEL DE CUISINE.
Le sel est un des condiments les plus recherchés ; il
excite l'appétit, stimule l'estomac el favorise la diges-
tion. Une poignée de sel, mise dans un bain de pieds,
le rend plus actif; l'eau salée guérit aussi les dartres
et les engelures ; prise en lavement , elle combat
Tulonie des intestins.
POIVRE.
Le poivre a été de tous temps employé pour assai-
EOunor les aliments ; il jouit aussi de diverses proprié-
tés naédicinales. Sou action est évidemment excitante;
il favorise la digestion chez les personnes dont l'esto-
mac est paresseux, et agit comme tonique et excitant.
Mis en poudre et appliqué sur la peau , en forme de
cataplasme, il la rubéfie el 1 échauffe , el y détermine
le développem'«ut de phlyciènes ou petites tumeurs
plu» ou moins volumineuses. On peut par là juger de
ses effels sur Pestoroac de ceux qui en abusent.
Le poivre a été aussi employé contre les fièvres
inlermiltentes. On l'administrait ù la dose de trente à
quarante centigrammes , avant l'accès ; on en faisait
prendre en tout environ quatre à cinq grammes ; mais
il faut être très réservé dans son usajje ; car souvent
on a vu des accidents inflammatoires éire la conséquence
de son administration.
MOUTARDE.
La moutarde , prise en petite quantité, ne produit
aucun effet funeste; elle stimule, au contraire, les es-
tomacs paresseux , et relève , au besoin , le goût et
même les forces digestives; mais l'abus de ce condi-
ment irrite l'estomac, et peut déterminer des inflam-
458 APPENDICE
mations intenses et mêmes mortelles : il faut être très
réservé dans son u&ag«.
Réduite en poudre, la graine de moutarde cousiitue
alors ce qu'uu appelle farine de moutarde , médica-
ment excellent , d'un usage joHrnalier et d'une effica-
cité incontestable. On s'en sert pour saupoudrer des
cataplasmes qu'on rend, par celte addition, irritants,
et qu'on appelle cataplasmes sinapisés. On les applique
le plus souvent aux exlréraités inférieures ; ils y atti-
rent le sang, y déterminent de la rubéfaction et même
de la vésication. C'est un puissant moyen dans le»
affections comateuses, cérébrales et gastro-iute<tinales.
Appliqués sur le siège d'une goutte, d'un rhuma-
tisme ou d'une affection darlreuse répercutée , les
sinapismes rétablissent l'affection dans .son siège pri-
mitif , et détournent ainsi le danger qui menaçait un
organe important.
Les bains de pieds auxquels on ajoute de ta fariue
de moutarde et quelquefois aussi du vinaigre, agissent
comme dérivatifs, et sont employés avec succès contre
les maux de t^-te , les congestions, les inflammations,
les maux d'yeux , les esquinancies, etc.
THÉ.
Le thé, ce remède populaire des digestions lentes ,
difficiles ou incomplètes , se prend très chaud , sucré,
souvent additionné d'un peu de lait ou de cicme. On
le sert ordinairement dans les soirées ou après les re-
pas ; quelques per.«*onnes le prennent à déjeuner.
Le ihc agit à la manière des excitants les plus
puissants, du moins chez les sujets nerveux et non ac-
coutumés à ce genre de boisson; et son action est
généralement semblable à celle du café dont il va être
question.
CAFÉ,
Le Q^é se prend pur : c'est ainsi que le préfèrent
PHAMACEUTiQUE. 4^
les vrais amateurs. Cependant là majorité des consom-
oiateurs y ajoutent du sucré ; d'autres un peu d'eau-
de-vie, de rhum ou de kirsch ; enfin il y a des per-
sonnes, cl leur nombre est {;rand, qui le préfèrent au
lait ou à la crème, surtout le matin au déjeuner.
Comme l'usage du thé , l'usage du café a ses tacoii-
vénienls ; l'excitation qu'il porte dans toute l'écono-
mie , principalement dans le cerveau , exige quelques
précautions, surtout chez la plupart des jeunes gens,
des sujets nerveux et irritables. Il faut même s'en abs-
tenir complètement dans tous les cas d'irritation et
d'intbmmation.
En résumé, le café , considéré soit comme boisson,
soit comme médicament , est un excitant auf^uel il est
bon de ne pas s'accoutumer, et qu'on doit , au con-
traire , réserver pour certaines circonstances. Le sa-
vant , l'homme de lettres trouvera en lui un ami qui
lui prêtera secours^ lorsque pressé par le temps , le
jour ne suffit pas à ses travaux ou que son esprit pa-
resseux le laisse sans ressources ; le gastronome, grâce
à lui, pourra se livrer à son goût favori , et avoir les
bénéfices de la sensualité sans en éprouver les mauvais
effets ; la femme sujette aux migraines les verra cesser
sous son influence ; il provoquera et facilitera le retour
des règles ; enfin l'asthmatique y puisera un soulage-
ment momentané seulement, mais qu'il pourra renou-
veler à volonté.
SUCRE.
Le sucre, considéré comme aliment , est beaucoup
moins nourrissant qu'on ne le croyait jadis ; des
expériences nombreuses et décisives ont démontré que
seul il ne pouvait fournir une alimentation suffisante.
Mais pris rarement et en petite quantité, il favorise la
digestion des autres aliments ; pris en excès , au con-
traire , il n'est pas sans dangers ; il agace les dents ,
440 APPENDICE
rend la bouche épaissç , pâteuse , et , de plus , cons-
tipe el échauffe. Il est don»; prudent de faire ub usage
modéré du sucre , et surtout de ne pas donner trop
de bonbons el de sucreries aux jeunes enfants.
Le sucre fondu dans de l'eau froide et pris souvent et
par gorgée est très utile dans les cas d'indigestion.
MIEL.
Le miel est enployé comme aliment el convient
très bien aux enfants ; il enlre dans le pain d'épice et
quelques pâtisseries ou confiseries particulières. Mêlé
avec de l'eau pure dans la proportion de 30 à 60
grammes de miel par 1,000 grammes d'eau, il forme
ce qu'on appelle l'hydromel et constitue une boisson
douce et légèrement purgative.
Le miel est très employé en médecine, et fait prin-
cipalement la base d'une classe de médicaments con-
nus en pharmacie, sous le aum de mellites , on en
fait aussi un très grand asage pour édulcorer les tisa-
nes el on le préfère au sucre sous tous les rapports.
En résumé, le miel est adoucissant rafraichissant, et
laxatif; et il convient surtout dans les maladies fébriles
qui développent de la soif et de la chaleur.
RIZ,
Sous le rapport de son utilité comme aliment, le
riz est l'une des plantes les plus précieuses pour le
genre humain ; on en prépare des potages, des bouil-
lies, des gâteaux, des gelées etcelc, avec l'eau, le
lait, le bouillon, le sucre, divers aromates etc ; on en
fait aussi des crèmes ; on le fait cuire avec de la
viande, de la volaille etc, enfin, ou peut l'employer
eu poudre. Il convient aux estomacs faibles et délicats,
aux convalescents; il est très sain et de facile digestion.
Considéré comme médicament, le riz jouit de pro-
priétés émoUienles et légèrement astringentes, on fait
jivec sa farine d'excellents cataplasmes adoucissants.
PrtARMACEUTIQUE. 441
La tisane de riz que l'on prépare avec une cuillerée
de riz bouillie dans un liltre d'eau esl une boisson
qui convient on ne peut mieux comme noédtcaaient
et comme alimeni dans les irritations d'entrailles ac-
compagnées de dovoieraent, et notamment chez les
jeunes enfants que l'on est ob'igé de tenir à la diète.
À l'époque du choléra les lavements d'eau de ri/, ont
joui d'une certaine vo^ue.
HUILE.
L'huile considérée comme médicament peut être
employée à l'extérieur et à l'iniérieur. Dans le pre-
mier cas on l'emploie comme adoucissant pour oin-
dre les parties douloureuses ou cnllammées. Il faut
qu'elle soit pure et fraîche; car si elle était rance
file deviendrait irritante.
A l'intérieur, l'huile est un laxatif d'une digestion
un peu pénible mais qui peut rendre de grands ser-
vices dans les cas de coliques accompagnées de consti-
pation et dans les cas d'empoisonnements par des
substances acres, irritantes, d'autant mieux qu'elle
provoque souvent alors le vomissement.
CH.VRliON.
Le charbon végétal peut être employé a»'ec succès
pour l'épuration et la désinfection des etiux croupies,
gâtées et corrompues. Réduit en poudre impalpable,
le charbon uni au sucre forme une poudre d'eutifrice
excellente.
On se sert encore du charbon pour saupoudrer des
ulcères gangreneux et certaines plaies infectes.
Quelques médecins administrent à l'intérieur le
charbon pulvérisé comme antiputride.
On fait enfin avec le charbon en poudre le sucre
et du mucilage, des pastilles que l'on aromatise et qui
s'emploient avec beaucoup de succès contre la féti-
dité de l'Inleine.
ils APPENDICE
TISANES.
C'est le nom que l'on donne à des liquides qui con-
lienuent en dissolution une certaine quantité de prin-
cipes médicamenteux, elqui soni desiinés à servir de
boisson habituelle aux malades. On les fait légères et
aussi agréables que possible. Lfur préparation a lieu
par infusion ou par décociion; l'infusion se fait en
versant de l'eau houillaule sur les substances médicu-
menteuses , tandis que dans la décoclioa on les fait
bouillir un instant.
Tiitane commune.
Racine de régli-sc contuse. 10 grammes
Eau bouiUanti'. 1 litre.
Faites infuser pendant deux heures, et passez dans
un linge ou un tamis.
Tisatie ordinaire.
Prenez des quatre fleurs pectorales, une poignée.
Kéglisse. 20 grammes.
Eau bouillante. 1 litre.
Faites infusion.
Tisane émollienle.
racine de guimauve. 20 grammes
Eau bouillante. 1 litre.
Faites infusion, passez tl sucrez.
Tisane rafraichissanie.
Prenez ua citron ordiutire, et coupez-le par tran-
clies minces.
Versez dessus un litre d'eau commune, et ajoutez
assez de ^ucI•e pour corriger en partie l'acidité.
Transvasez le tout trois à quatre fois, ou remuez de
manière à le bien mêler, cl vous aurez une excellente
tisane rafraîchissante.
PIARMACEUTI(/Ot:, 4^43
Tisane pectorale.
Figues.
Jujubes*
Dates dépouillées de leur noyau.
Raisins de Corinthe.
Eau.
Faites décoction.
A l'eau ordinaire on peut substituer le bouillon de
Teau, dans lequel on fait bouillir les mêmes fruits.
Tisane stomachique.
Ecôrces d'oranges.
— de limons.
Racines de gingembre.
Eau.
Faites décoction et sucrez.
Tisane excitante*
Prenez sommités de menthe.
Feuilles de mélisse.
Ëau bouillante.
Faites infusion et édulcorez avec sucre ou sirop de
Heur d'oranger.
Tisane sudorifique
Salsepareille.
Bois de gayac râpé.
Réglisse.
Éau.
Faites «ne décoction.
Tisane diùrciiqHt [pour faire uriner).
Chiendent. 16 grammes.
Pariétaire. iCgiamuies.
Graine de lin. 1,6 grammes.
Racine d'asperges. 1 6 grammes.
Réglisse ou miel. 16 grammes.
Eau bouillante. 1 litre.
Faitei une ibrusion.
30 grammes
30 grammes.
30 grammes.
30 grammes
1 litre.
8 grammes.
4 grammes.
4 grammes.
I litre.
8 grammes,
8 grammes.
1 liire.
1 6 grammes.
16 grammes.
16 grammes.
1 litre.
"436 APPENDICE
Tisane atncre, lanique et fébrifuge.
Quinquina gris ou rouge 20 grammes.
Eau bouillante. \ litre.
Faites une infusion et ajoutez sucre ou sirop.
Tisane purgative»
Pulpe de casse. 8 grammes.
Séné. 16 grammes.
Sulfate de soude. 20 grammes.
Eau. 1 litre.
Faites une décoction, édulcorez, ci prenez un verre
d'heure cq heure.
Tisane apéritive,
Racine de patience. 1 5 grammes.
— de chiendent. 15 grammes.
— de fraisier. 15gran«}«s,
Fumelerre. 8 grammes.
Pariétaire. 8 grammes.
Réglisse. 1 5 grammes.
Eau. i litre.
Faites une décoction.
Tisane astringente (diarrhée et perte de sang).
5 grammes.
1 5 grammes.
1 litre,
sucre ou sirop
Prenez cachou
Racine de grande consoude.
Eau.
Faites décoction et édulcorez avec
d'oranges ou de coings.
Tisane antiscorbutique.
Cresson de fontaine. 50 grammes.
Cochlcaria. 30 grammes.
Semence de moutarde. S grammes.
Racine de hardane. 5 grammes..
Racine de raiforL 5 grammes.
Eau bouillante. 1 litre.
Faites une infusion el ajoutes ftucre on sirop.
PBibftMACEtJTlOUE. 435
Tisane anti-scrofuUm^ .
Kaciné de garance* 10 gammes.
Houblon. 5 grammes.
Eau bouillante. 1 litre.
Faites une infusion, passez et ajoutez :
Sirop de quinquina jaune au vin. 1 00 grammes.
 prendre par petites tasses dans la journée.
Tisane amisyphilitique.
Salsepareille. 60 grammes.
Gayac râpé. 60 granmes.
Eau. 1 litre.
Faites une décoction, passez et sucrez.
BOUILLONS.
Tout le monde sait que l'on désigne ainsi un ali-
ment liquide, préparé par l'ébullition , dans l'eau, de
la chair des animaux ou de certaines piaules.
Bouillon de veau.
Rouelle de veau. 1 S5 grammes.
Eau de rivière. 1 litre.
Faites cuire à une douce chaleur dans un vase cou-
vert, pendant deux heures. Passez le bouillon quand
I sera refroidi.
On prépare de même les bouillons de mou de veau,
poulet, écrevisses, tortues, grenouilles, etc.
Bouillon pectoral.
Prenez un demi poulet maigre, raisins de caisse,
60 grammes; six amandes douces ; salep, 4 grammes;
huit dattes et huit jujubes; cerfeuil une poignée ; faites
bouillir doucement dans un litre et demi d'eau, jusqu'à
réduction d'un tiers; passez, et en prendre une petite
tasse de temps en temps, avec sirop de guimauve.
Bouillon purgaii/.
Prenez bouillon de veau. 1 litre.
Pulpe de tamarin. 60 grammes,
F«(ites bouillir un instant, et prendre p«rven-éeë.
446 APPENDICÛ
POTIONS.
On désigne sous ce nom des préparations médica-
menteuses liquides, qui ne sont pour Tordinaîre que
des mélanges d'eau distillée, d'infusions, de décoc-
tions, auxquels on ajoute, en général, une petite quan-
tité de sucre ou de sirop. Jamais jes potions ne sont
données comme boisson habituelle à un malade;. on
les prend en général à certaines heures, et le plus son*
venl à petite dose à la fois, ordinairement par cujl-
Itrées. '
Potion calmante.
Eau de laitue distillée. 120 grammes.
Sirop d'iacode. 10 grammes,
F.au de fleur d'oranger; une çpil|erée à |)oiicbe.
Mêler.
Potion cordiale,
Êau distillée de menthe. CO grammes.
— — . d'anis. CO grammps.
— — d'angclique. CO grammes.
Eau de Cologne. 5 grammes.
Sirop de fleur d'oranger. 30 gramnje^,
Mèkz.
Potion antispasmodique.
Eau de tilleul. ^20 grammes.
Sirop de capillaire. 45 grammes*
Eau de fleur d'oranger. 5 grammes.
Laudanum liquide. oO gouttes.
Ether sulfurique. oO gouttes.
Mêlez.
Potion émctique.
Dissolvez un «lécigraaimed'cmctiquc dans quatre cuij-
crées (l'eau di; Heur d'oranger. Prenez de quart d'heure
en quart d'heure une cuillerée do cette eau émélisée,
^tendue dans une taue d'iufusioQ lé^èrç 4c jjeur de ti}^
ipul peu sacréo» .;,, ,, ^i^,.^^ y^ ^^^.^ ^ .^
447
PDARMACEUTIOUE.
Quand le vomissemenl est décidé, facililez-le en buvant
abondarameul de l'eau tiède. L'émélique a4minislré de
celle manière faiigue beaucoup moins l'estoimac.
Potion purgative (vulgairement médecine}.
Huile fraîche de ricio. 60 grammes.
Sirop de menihe. 50 grammes.
Gomme arabique en poudre, 2 grammes.
Eau. 120 grammes.
Mêlez el prenek-en deux fois d'heure en heure, puis
buvez du bouillon aux herbes.
LAVEMENTS.
Tout le monde sait ce qu'on entend par ce mot. On
peut prendre des lavements simples , avec de Icau
tiède pure; mais il est préférable d'en)pioycr une eau
mucilagineuso, c'est à dire une décoction de graine
d<; lin ou de guimauve : on les rend ainsi plus
adoucissants. On peut en outre leur donner des proprié-
tés médicales, en les composant, avec une infusion o^
décoction de plantes ou racines médicamenteuses. '
Lavement ndovcissayii.
Décoction de son et lait, de chaque un verre.
Ajoute/, deux jaunes d'oeufs frais. Mêlez.
Lavement purgatif.
Séné. .?''..'.. .> 12 gramm6S,
Faites bouillir dans oan. 500 grainmi-s.
Ajoutez miel mercuriel. 120 grammes.
Lavement laxatif.
Huile de ricin. -' '''^ ^SO grammes.
Miel commun. -SO grnmnH*8.
Décoction de guimauve. 300 grammes.
Lavement fébrifuge.
Quinquina concassé. 30 grammes.
Eau. 500 granjqies,
faites une dcçoctioQ.
448 APPENDICE
Lavement calmarU,
Prenez deux têtes de pavot.
Éau 5O0 grammes.
Faites uoe décociIoD,
Laidement nutritif.
Bouillon de bœuf dégraissé. 250 grammes.
Oq peut égaleraenl préparer ce genre de remède avec
toute autre viand eousubslaoce nutritive. On a recours
à cette médication dans les cas ou les aliments étant
nécessaires , l'irritation de Testomac ou quelque ma-
ladie des organes de la déglutition empêchent de les
administrer à la manière ordinaire.
Lavement de tabac.
Feuilles sèches de tabac. 1 5 grammes.
Eau. 500 grammes.
Faites une décoction et administrez , dans les cas
d'asphixie, de submersion, pour réveiller la sensibilité
chez les personnes qui paraissent entièrement privées
de vie. Ce remède étant dangereux, il ne faut y avoir
recours qu'avec précaution, et avoir soin de l'admi-
nistrer assez chaud pour qu'il ne soit pas girdé trop
longtemps.
CATAPLASMES.
Ce sont des remèdes externes r'.ont la consistance
est celle d'une bouillie épaisse, qu'on étend sur un
linge, et qti'on applique ordinairement sur les tumeurs
pour les résoudre ou dissiper, ou pour les amener à
la suppuration.
Cataplasme émolUent.
Prenez farine de graine de lin, quaniilé proportion-
née au volume du cataplasme que l'on veut faire, dé-
layez la dans eau chaude, ou mieux décoction chaude
de racine de guimauve en quantité suffisante pour faire
une bouillie épaisse, étendez sur un linge et appli-
ques sur la partie malade.
PHAruMACEUTIQUE. 449
Cataplasme anodin.
Prenez cataplasme émoliient ci-dessus, el artûSét la
iégèrei- enl avec laudanum liquide.
Cataplasme maturalif.
Prenez cataplasme éraoilienl ci-dessus, et aj&utea-y
onguent de la mère, SO grammes, ou plus, selon Té*
tendue du cataplasme^
Cataplasme suppuratïf.
Prenez feuilles d'oseille contuses, unêff5ignco
Graisse de porc. oO grammeà
Graine de lin. nre poignée^
Faites cuire dans deux verres de Lierre.
Caiaplastne résolutif.
Ognons rôtis sous la ceucire. lOO.grammes*
Farine de graine de moutarde. 100 grammes.
Savoanoir. SOgrammps^
Eau, quantité suffisante. Mclez el faites cuire. .,„,
SINAPISMES. •
Ce sont des espèces de cataplasmes irritants, desli^
nés à appeler le sang vers les extrémiiés; on le
prépare en délayant de la farine de moutarde dans do
l'eau chaude ou dans du vinaigre, de manière ù leur
donner la consistance d'une bouilhe épaisse.
PEDILUVES.
lespcdiluvesou bains de pieds sont simples quand on
n'emploie que de l'eau ; niaiS on peut les rendre pîi»
actifs en y faisant fondre une ou deux poignées de sel
de cuisine, ou en y r-jou1ant quelques cuillerées de
moutarde. En gcniral , pour que les bains de pied^
réussissent, il faut les prendre aussi chauds que les
pieds peuvent les supporter, el u'y rester nue dix miay»
»ei oii un quart d'heure au plus,
450 APPENDICE
VESICATOIRES.
Les vésicatoires ordinaires se composent d'une em-
plâtre de poix sur laquelle on élend une légère cou-
che de cantharides. L'usage de ce révulsif est trop
commun pour qu'il soit nécessaire de nous y arrêter.
Pour éiablir un vésicafoire on rase la place si cela
est nécessaire; on la lave avec du vinaigre puis on ap-
plique l'emplâtre vésicant, en le chauffant un peu
par le dos on le rend collant et l'on peut en appuyant
dessus quelques moments, le faire exactement adhérer
à la peau, en sorte, qu'il n'y a plus à craindre qu'il
se déplace et forme plusieurs cloches en divers points.
On pose par dessus l'emplâtre une ou deux petites
compresses carrées ployces en plusieurs doubles puis
on fixe le tout à l'aide d'une bande roulée autour du
bras. Quand il a produit son effet, ce qui arrive au
bout de douze à quinze heures, on lève l'appareil avec
précaution, on crève l'ampoule pour faire couler
l'eau et on enlève légèrement la peau; puis on panse
avec une feuille de poirée ou de papier brouill.ird en-
duite de beurre ou de cérat, les jours suivants pour
entretenir le vésicaloire on enduit alors la feuille
avec une pommade au garou ou aux canihariJes; en-
fin, quand on veut le faire sécher, on n'emploie plus
que le beurre ou le cérat.
Le Tésicatoire que l'on nomme volant ne diffère
du précédent qu'en ce qu'on ne le fait pas suppurer
et qu'il ne reste en place que le temps suflisani pour
produire la rubéfaction de la peau.
Il est un autre vésicatoire dont l'effet est beaucoup
plus piompt que celui qui contient des cantharides,
c'est une pommade composée d'axongc cl d'amo'.onia-
que, et appelée pour cela pomnadc aminonicalcO^
PHARMACEUTIQUE. 451
en fait un emplâtre que l'on applique comme le pré-
cédent. Au bout d'une demi-heure et quelquefois
moins, l'ampoule est formée. On panse comme à l'or-
dinaire. Si l'on ne veut déterminer que la rubéfaction,
on ne doit laisser ce vésicatoire en place que dix à
quinze minutes.
CAUTÈRE.
Tout le monde sait qu'on désigne sous ce nom, un
petit ulcère artificiel qu'on développe le plus ordi-
nairement au bras , et dont on entretient la suppu-
ration comme un moyen dérivatif pendant un temps
plus ou moins prolongé.
Quoiqu'il y ait divers modes d'appliquer le caulère
c'est ordinairement et même presque toujours à la
potasse caostiqut^ connue dans le commerce sons le
nom de pierre à caulère que l'on a recours. "Voici
comme l'on procèile :
On prend un grand morceau de diachylon gommé
de la grandeur d'une pièce de cinq francs percé dans
son cenire d'une ouverture de la forme et de la gran-
deur d'une lentille et on l'applique sur l'endroit ou
l'on veut établir uo cautère; puis on place sur l'ou-
verture un morceau de potasse de la grosseur d'un
petit pois, et on le recouvre d'un second morceau de
diacbylon un peu plus grand que le premier et que
l'on a soin de faire adhérer parfaitement au.x partits
sur lesquelles on le place. On assujeilil le tout avec
une compresse et une bande et au bout de six à sept
heures l'escarre et formée. Oij l'incise en croix avec
la pointe d'un instrument tranchant, ensuite on ap-
plique un cataplasme émollienl par dessus la plaie,
puis lorsqu'au bout de quatre à cinq jours l'escarre esl
ombée, on place un pois d'iris ou un pois ordinaire
452 APPENDICE
dans la dépression qui en résulte. On recouvre le fout
avec une feuille de lierre, une compresse et une bande
et on renouvelle le même pansement tous les jours
jusqu'à ce que Ton juge convenable de laisser sécher
le cautère. Pour cela, il suflit de ne plus ineltre de
pois et la cicatrice ne tarde pas à se Caire.
SÉTON.
Le selon est un exutoire beaucoup moins usité en
chirurgie aujourd'hui qu'autrefois, mais qui, placé à la
nuque, est encore assez souvent employé contre les
maux d'yeux graves et opiniâtres ou les maux de têfe
rebelles. Il consiste en une mèche de cotou ou de
linge effilé qu'on passe h l'aide d'une aiguille entre
la chair et la peau et qui enlrelienl une irritation con-
venable et une suiipuraiiou habiluelle dans tout le
trajet du selon. Chaque jour, on fait avancer cetle mè-
che après l'avoir enduiie de céral ou de beurre frais
de manière à ce que la poition cachée sous la peau
et salie par le pus puisse être allirée au dehors et
coupée avec des ciseaun, on lave la plaie avec de l'eau
de guimauve et on pan<e avec une ou plusieurs com-
presses fines par dessus lesquelles on replie la longue
extrémité de la mèche et l'on assujettit le tout avec
une b.iude qui entoure le cou.
Lorsque la mèche louche k sa fin , on eu coud une
nouvelle à ce qui reste de l'ancienne. Eii(in, quand on
veut supprimer le selon il suffit de reliier la mèche et
la plaie ne larde pas à se cicalriser,
MOXA.
Le mot chinois dont lo moxa'.tire 6oo nom, désigno
un tiisu çotonneut que les Chinois et les Japonais
PHARMACEUTIQUE. 455
obtiennent en brisani les feuilles désëchées de l'absin-
the chinoise. lis emploient ce tissu cardé auquel ils
donnent la forme de cône pour le brûler après l'avoir
appliqué sur la peau qu'ils veulent cauiériscr.
En Europe on pratique à l'exemple des Chinois, la
même opération avec du colon auquel on donne une
forme cylindrique; ce mode de cautériîaiion est spé-
cialement employé pour exciter fortement le système
nerveux, changer le siège d'une irritation on produire
une dérivalioQ sur la partie où il est appliqué.
SAIGNÉE.
On désigne sous ce nom, une opération qui con-
siste à ouvrir un vaisseau sanguin afin de donner issue
à une certaine quantité de sang. Cette opération est
si souvent nécessaire et d'une exécution ordinairement
si facile qu'il serait bien à désirer que tout le monde
apprit à la pratiquer au besoin. En effet u'avons-nous
pas vu le roi Louis-Philippe donner lui-même l'exem-
ple et sauver peut être la vie d'un de ses domestique
en le Saignant au moment où il venait de faire une
chute assez grave. A Paris même, ou les médecins four-
millent, il faut souvent plusieurs heures pour en ren-
contrer un quand il arrive im accident ; mais dans les
campagnes, en mer et dans une foule de circonstances
le malade ou le blessé est souvent mort avant l'arrivée
de l'homme de l'art et une simple saignée lui eût peut
être conservé la vie.
Autrefois, Ton pratiquait la saignée sur presque
toutes les veines visibles , mais , de nos jours , on a
beaucoup simplifié ou restreint, et l'on n'ouvre plus
guère que les veines du bras et du pied.
La saignée du bras est une des opéiattons qui ee
pratiquent le plus fréquemment, parce qu«les veines de
544 APPENDICE
cette région sont en général plus grosses, plus super-
ficielles, plus visibles qu'ailleurs.
Oq entoure le bras au-dessus du coude avec tine
bande de toile ou de drap médiocrement serrée; quand
les veines sont gonflées on les trouve au pli du bras au
nombre de quaire. La plus externe, après avoir rampé
à la partie externe de l'avant-bras , se porte directe-
ment en dehors du bras; la plus interne longe égale-
ment la partie interne de l'avant -bras, et s'élève en
dedans du bras. La première de ces veines portt le
nom de radiale, tt la deuxième celui de cubitale.
Les deux veines moyennes du pli du bras naissent
d'un tronc commun placé à la partie moyenne de l'a-
vant-bras, tronc qui se ditise un peu avant d'arriver
au pli du bras, en deux branches, dont l'une se porte
obliquement en haut et en dehors, pour .se réunir à
la partie inférieure du bras avec la veine radiale, tan-
dis que l'autre se dirige en dedans pour se réunir de la
même manière à la cubitale ; la branche externe porte
le nom de médiane céphalique, et l'interne, celui de
médiane basilique. Cette dernière est ordinairement
la plus grosse et la plus superficielle des veines du pli
dubras ; c'est parconséquent celle qu'on serait le plus
disposé de choisir pour pratiquer la saigner, c'est ce-
pendant celle qu'il faut éviter autant que possible.
En effet , dans la partie de son trajet où elle est le
plus apparente, elle est accolée à l'artère princifale
du bras, et l'on serait , par conséquent, fort exposé
à blesser celte artèie au moment où la lanclte ouvri-
rait la veine, ce qui produirait une hémorrhagie tou-
jours fort grave et quelquefois même mortelle.
Pour le; autres veines du pli du bras, il est à peu
près indifférent de choisir l'une ou l'autre d'entre
elles Ordinairement elles ne sont en rapport avec au-
cune artère, mais la veine médiane céphaliqitc est
t PHARMACEUTIQUE. 455
celle qui fournit le plus de sang et qui est le mieux
disposée pour son écoulement. Les veines radiale et
cubitale sont moins grosses, plus profondes et accom-
pagnées de nerfs pins nombreux, et plus volumineux,
qu'on ne peut souvent éviter de blesser, toutes cir-
constances qui motivent cette préférence.
Quand la veine que l'on doit saigner est bien gon-
flée, on fait étendre le bras au malade de manière à
ce que la paume de la main soit appuyée sur la poi-
trine de l'opérateur, puis on fait quelques frictions de
bas en haut sur sa surface extérieure et on recom-
mande au malade de serrer la main, afin que les
vaisseaux soient plus saillants. Ensuite, on fixe le
pouce d'une main sur la vein» qu'on a déterminée «t
des autres doigis on empoigne la partie postérieure de
l'avant-bras dont on tend la peau en la tirant en ar-
rière. De l'autre main on prend la lancette enlre le
pouce , et l'indicateur, la chasse dirigée en haut et
contre ce dernier doigt ; les trois aiUres doigts fixés
sur l'avant-bi^as du malade servent de point d'appui
pour opérer. On enfonce alors obliquement la lancette
dans la veine et on la relire perpendiculairement en
relevant la main , de manière que l'ouverture soit
agrandie avec le tranchant antérieur de la pointe.
On connaît que la lancette a pénétré dans la veine,
par le sentiment d'une résistance vaincue comn» si
l'on avait percé du canepin et par la sortie de quel-
ques gouttes de sang.
Aussitôt après on applique sur l'ouverture le pouce
qui fixait la veine ; on pose la lancette, on prend un
vase et on le présente directement au jet du sang.
Pendant que le sang jailht on soutient le bras, ei si
cela est nécessaire on peut aider à l'écoulement du
saDg en recommandant au malade de tourner dans sa
456 APPENDICE
main quelque chose de rond, tel qu^m étui, un lan-
celier^ elc.
. Quand on juge avoir lire sssez de sang, on ôte la
ligature , on Uécliit un peu l'avanl-bras et on tire la
peau en dehors jour couvrir l'ouveiiure de la veine et
arrêter le sang, puis ou nétoie le bras avec une éponge
mouillée , on essuie doucement ia plaie et on pose
dessus une petite corupresse de lioge fin pliée eo carré
et en plusieurs doubles, puis ensuite on applique une
bande que l'on roule quatre à cinq fois sur l'endroit
et autour de la saignée, et dont on noue les deux bouts
en dehor;!, puis cnfia on recommande au malade de te-
nir le menibre à moitié (léchi et dans le repos, la
paume de la main tonrnée vers la poitrine, pendant
YÎngt quatre ou trenle six lieures.
La saignée du pied se pratique en général, au ni-
veau des chevilles, soit en dedans, soit en dehors du
mem.bre. Cependant comme la veine placée au-devant
de la cheville interne est la plus apparente, c e?t elle
que l'on ouvre ordinairement. Pour la faire saillir
davantage, on applique au bas de ia jambe une liga-
ture circulaire et Ton plonge le pied dans l'eau chaude
pendant quelques minutes. Ensuite on ouvre la veine
que Ton a choisie, comme dans la saignée du bras;
puis aussitôt on replace la jambe dans l'eau et on
laisse couler le san^^ dont on estime la quantité d'a-
près la coukur de l'eau, la vitesse du jet, et le temps
qui passe.
Quand on a tiré assez do sang on déserre la liga-
ture et on laisse encore un peu le pied dans l'eau,
pour donner à la voino le temps de se dégorger, en-
suite on essuie la jambe et le pied, puis on place
une compresse sur la piqûre et on la maintient au
moyen de qnclques tourâ d'une bande comme dans le
faigace du bras.
PIJARMAcÉUtlQUE. 45't
Malgré toules les précautions que nous venons d'in-
diquer, divers accidents peuvent cire la suite d'une
saignée, l'un des plus ordinaires est l'évanouisse-
ment de la personne que l'on saigne, accident, que
l'on évite ordinairement en la saignant couchée Lori-
zootalemcnt et qui, du reste, réclame les mêmes soius
que les défaillances ordinaires ( F. Evanouissement).
Quelquefois il survient de la douleur à l'endroit de
la saignée, de l'enflammation et même de la suppura-
lion, il faut alors appliquer des cataplasmes de graine
de lin et traiter selon les circonstances ( Voyez les
wiort : DouLEVRs, IsFLAsiMATiOKs et Abcès). *
Le plus grave de tous les accidents est la piqûre de
l'artère, ce que Von reconnaît à la couleur très rouge
du sang, et à sa manière de rouler par saccades ou par
jets correspondants au battements du cœur et non en
nappe ou par bavure comme dans la piqûre de la
veine. A rarticleïlÉMORRHAGiE nous avons indiqué les
suites et le traitement propre au blessure» des ar-
tères (Vofjes ce mot).
SANGSUES.
La sangsue employée en médecine est une espèce
de \er aquatique, à sang rouge, de couleur brun fon-
cé, marquée de deux raies longitudinales d'un jaune
verdàtre sur le dos, et de deux autres sur les côtés :
sa tête plus pointue quesoH extrémité postérieure est
garnie d'une espèce de disque charnu, au fond duquel se
trouve la bouche armée de trois petites mâchoires ou
dents dures très aiguës à l'aide desquelles elle fait une
piqûre et y suce le sang avec sa bouche.
Tour affamer les sangsues ou les rendre plus avides,
on les tire de l'eau une ou deux heures avant de les
appliquer j après cet intervalle, ojj rougit la partie en
458 APPENDICE
la frotlant avec un morceau de linge, et on rhumecte
avec du lait ou de l'eau sucrée, ensuite on met toutes
les sangsues dans uu verre â liqueur, qu'on renverse
sur la partie où elles doivent s'attacher.
Quand on applique les sangsues sur les paupières,
les lèvres, les gencives, etc., et qu'on craint qu'elles
n'aillent piquer les organes voisins, on les saisit l'une
après l'autre avec les doigts ou avec un linge, et on
les présente à la peau par leur extrémité buccale. On
peut encore les appliquer à l'aide d'un petit tube en
verre, dans lequel on les introduit successivement.
Pour ôter les sai)gsues, on ne doit jamais les arra-
cher avec violence, de crainte de déchirer les plaies
et de les enflammer ; on les fait tomber en leur jetant
sur la tête un peu de tabac, de poivre ou de sel; mais
elles se détachent pour l'ordinaire d'elles-mêmes ,
quand elles sont gorgées de sang.
Lorsqu'on veut encore faire saigner les plaiet après
la chute des sangsues, on les expose à la vapeur de
l'eau chaude, ou on les lave à l'eau tiède, ou bien en-
core on y applique dt» ventouses comme nous le di-
rons dans l'arlicle ci-après.
VENTOUSES.
On dési-ae sous ce nom, de petites cloches en verre,
destinées a faire le vide à la surface de la peau et à
attirer ainsi le sang vers le jioint où elles sont appli-
quées. Voici quelle est la manière de s'en servir :
Prenez un peu de colon ou d'éioupes imbibé
c'esprit de vin. Allumez celte espèce de mèche; met-
tez la ainsi allumée dans la ventouse, appliquez celle-ci
à l'errJroit où vous voulez opérer une révulsion, de
manière qu'elle presse également dans tous les sens»
afin d'intercepter l'entrée de l'air. On voit aussitôt la
PHARMACEUTIQUE. 45^
peau se gonfler et former une vériiable tumeur dans
l'intérieur du vase, qui adhère alors fortement sans le
secours de la main. Lorsque l'on juge que la rubéfac-
tion est suffisante, il faut ôter la ventouse. Pour la dé-
tacher on appuie le bout du doigt près de son rebord,
ou déprime la peau, et en même temps, on incline
doucement le verre qui cède bientût. La peau revient
k sa position ordinaire, mais elle reste pendant plus
ou moins de temps rouge et gonflée, puis reprend son
état normal. C'est là ce que l'en nomme ventouses
sèches. Il est rare qu'on se borne à l'application d'une
seule ventouse ; ordinairement on en met plusieurr
successivement, les unes près des autres.
Les ventouses dites humides ou scarifiées sont celles
au moyen desquelles on tire une certaine quantité de
sang, pour cela, on applique le verre comme nous ve«
nons de l'indiquer, et lorsque la peau est rouge et
chaude, on fait à sa surface avec la pointe d'ime lan-
cette ou d'un bistouri plusieurs petites incisions que
l'on nomme scarifications, on réapplique comme pré-
cédemment la ventouse sur le point scarifié et le sang
coule alors avec abondance. On peut répéter coup
sur coup plusieurs applications sur le même point, sui-
vant la quantité de sang que l'on veut extraire. Lorsque
l'opération est terminée^ on lave la partie avec de l'eau
tiède, on l'essuie doucement et on la couvre d'uu
morceau ce diachjl»n gou.me.
Les ventouses dites humides ou scarifiées peuvent
comme on le voit, remplacer économiquement presque
toujours l'emploi des sangsues. On peut aussi les ap-
pliquer sur les piqûres faites par ces dernières, afin de
faire davantage couler le sang, ainsi que sur un abcès
pour le faire suppurer. Les règles à suivre en pareil
cas ne diffèrent pas de celles que nous venons d'indi^
quer.
460 PHARMACEtJTIQUE.
Le nombre des ventouses qu'il convient d'appliquer
va/ ie suivant les cas. Dans certaines circonstances il
suffit d'une ou deux, dans d'autres on en met jusqu'à
douze ou quinze et même plus. Les cas ou ce genre de
révulsion doit être mis en pratique^ se trouvent indi-
qués dans les différents ariiclcs de ce Dictionnaire.
^ilIBILS (B^SI!liaâlî>IS<
Préface,
3
Puberlé,
10
Inlroducliou,
7
Age niùr.
12
Vie ulcrine.
7
Vieillesse.
13
Enfance,
8
Mort.
16
DICTIONNAIRE DE SANTE.
Abcès,
17
Avorlement,
48
Abeille,
19
Cec de lièvre,
48
Accouchement,
19
Dégaiement,
51
Age crilique.
2o
Derlue,
54
— de retour,
2 b
r.iie,
53
Agonie,
27
Blessure, * a
55
Aigreurs,
28
Cosse,
55
Allaitement,
29
Bouche,
56
Aliénât ion mentale,
212
BouHissure,
5G
Alopécie,
GO
Courdonuemeiil d
oieil-
Amaigrissement,
32
les.
57
Amaniojp,
2 40
Courses,
58
Amcrlnme,
33
Contons,
60
Ampoule,
33
Brûlure,
60
Anévrisme,
34
Cacochymie,
65
Angine,
37
Calcul,
64
Ankvlose,
37
Callosité,
Cii
Anus,
38
Cal us,
G 4
Aphonie,
38
Calvitie,
65
Aphtes,
39
Cancer,
66
Apoplexie,
39
Canitic,
69
Asphyxie,
42
Carie,
70
Asthme,
45
Carreau,
75
Attaque 46 nerfs.
m
Catalepsie,
TS
462
Cataracte ,
Catarrhe ,
— pulmonaire ,
— de la ressie ,
Cauchemar ,
Céphalalgie ,
Cliarbon ,
Chlorose ,
Choléra-morbus ,
Cholérine ,
Chorée,
Cloche ,
Clou,
Cœur,
Colique ,
— bilieuse ,
— héirorroïdal©
— menstruelle ,
— métallique ,
— nerveuse ,
— des peintres ,
— de plomb ,
— saturnine ,
i— slercorale ,
*— venteuse ,
Commotions ,
Compère-loriot ,
Consomption ,
Constipation ,
Contusion ,
Convalescence ,
Convulsions ,
(ioqucluche ,
Co'juctlC ,
Cor»
TABLE.
76 Coryza ,
78 Coup de sang ,
79 — soleil ,
82 Couperose ,
85 Coupure ,
86 Courbature, 116
86 Crachement de sang, 118
►08 Crampe, 120
308 Crampe,
88 Crevasse ,
91 Croup ,
124 Cynorexie ,
33 Danse de St-Guy ,
91 Dartre,
92 Défaillance ,
92 Délire ,
93 Delirium tremens ,
, 93 Démangeaison ,
94 Démence ,
94 Dent ,
94 Dentition
94 Descente
S45
111
llî
113
115
116
118
121
122
185
124
128
181
130
38j
134
l36
138
l4i
94 Descente , 143
94 Déviation de la taille, 375
94 Dévoiement , 145
93 Diarrhée , iH
93 Difformités dc^a taille, 375
96 Douleurs , 146
96 Douleurs ,
306 Durillon,
97 Dyspnée ,
07 Dyssenterie ,
99 Eblouissemcnl ,
100 Echarde,
(02 Echauffcment ,
1 05 Ecorchure ,
79 Ecoulement ,
107 EcroucUes •
147
179
147
151
151
152
153
153
154
TABLE
4Go
Eczéma ,
Efforts ,
Embarras de l'esto-
mac,
Empoisonnemoîit ,
Enchifrénement ,
Enflure ,
Engelure ,
Enrouement,
Entorse,
Envie,
Epilepsie ,
Eruption ,
Erysipèle ,
Esquinancie ,
Estomac ,
Elernuement ,
Etisic ,
Etouffement ,
Etourdissement ,
Evanouissement,
Eventration ,
Excoriation,
Excroissance,
Extinction de voix ,
Faiblesse ,
Faim canine ,
Fausse couche ,
Fièvre,
— à accès ,
— bilieuse ,
— catarrhale ,
— cérébrale ,
— chaude,
*- inflammatoire,
154
— intcrmiltcnlG ,
200
155
— jaune ,
198
— de lait,
194
155
— maligne ,
195
157
— muqueuse,
79
164
— nerveuse,
195
166
— putride,
195
165
— quarte ,
200
166
— quotidienne ,
200
167
— tierce ,
200
169
— typhoïde ,
195
171
Filet ,
202
173
Fistule ,
203
174
Fleurs blanches ,
204
175
Flux bilieux ,
88
177
— de sang,
207
179
— d*urine ,É|||k
— de venlre^lt
207
179
207
179
Fluxion ,
207
180
— de poitrine.
208
181
Foie,
2i0
183
Folie,
212
153
Follette ,
79
183
Foulure ,
216
38
Fracture,
216
184
Fraîcheur,
218
185
Frisson,
219
187
Fureur utérine,
219
189
Furoncle,
91
200
Gale ,
219
191
Gangrène ,
224
79
Gastrite ,
225
192
Gaz,
227
192
Gencives j
227
190
Gerçure,
SS2
464
TABLE.
Glaires ,
232
Lèpre »
275
Glande ,
232
Léthargie ,
276
Goitre ,
233
Leucorriiée .
204
<îonIlement,
166
Louche,
277
Sourme ,
235
Loupe ,
278
Goulte r
237
Luxation ,
280
Goutte sereine ,
240
Mal d'aventure,
285
Grave lie,
242
— caduc,
171
Grippe ,
243
— de cœur.
283
Grossesse ,
243
— de dents.
.138
Haleine,
246
— d'estomac,
177
Haut mal ,
171
—do gorge,
283
Héraorrhagic ,
247
— de mer.
285
Hémoptysie ,
118
— de nerf:-;
297
Hémorrhoïdcs ,
249
'— d'oreille,
304
Hernie ,
280
— du pays,
185
Hoquet , .^
252
— de reins,
335
HUraeunflKdcs ,
233
— de St.-Jcan,
171
Humeu^^ircs ,
256
— de tétc,
280
Hydrocèle ,
253
— vénérien.
408
Hydropisie,
255
— d'yeuv,
302
Hydrophobie,
333
Maladie de l'anus,
38
Hypochondrie,
250
— des bourses,
58
llysiérie ,
259
— moniales,
2j 2
Idiotisme ,
203
— nerveuses,
297
Impuissance ,
203
— noire,
305
Incontinence d'urine
, 205
— sacrée,
171
Indignation ,
200
— du sang,
351
Inllammation,
207
— vaporeufcs,
250
— du foie ,
210
— vénériennes,
408
Influcnza,
79
— ventouses,
419
Irritation ,
269
— des voies ur
-•
Ivresse ,
270
naires.
393
Jaunisse ,
S72
— des yeux,
«l
Uit réf wdu î
m
Manjp,
«87
TABLE.
4G5
Marasme,
287
Pendu,
315
Masturbation,
299
Perte,
315
Matrice,
287
Petite vérole,
403
Mélancolie,
256
Phthisie,
316
Membres démis,
280
Pied-bot,
318
Menstrues,
336
— plat.
319
Mentagre,
287
pierre.
319
Migraine,
288
Piqûre,
321
Miliaire,
290
pituite.
322
Monomanie,
287
Plaie,
323
Morve,
290
Pleurésie,
323
Muguet,
292
Pléthore,
523
Myopie,
295
Pneumonie,
208
Nausée,
297
Point de côté,
323
Ners,
297
Poirreau,
324
Vévralgie faciale,
581
Pollution,
324
Norsalgie,
.285
Polype,
325
Nojés,
297
Pou,
327
Nymphomanie,
219
Poumon,
528
Obésité,
297
Presbytie,
329
Obstrulion du foie,
210
Prostration.
520
Odontalgie,
138
Prurigo,
35<)
Onanisme,
299
Pustule,
331
Ongle incarné,
300
Pustule maligne.
86
Ophthalmie,
302
Rachitisme,
531
Oreille,
304
Rage,
355
Oreillons,
305
Règles,
35(j
Orgeolet,
306
Reins,
358
Orthopédie,
308
Replélion,
525
Paies couleurs,
308
Rétention d'urine
339
Palpitations,
M\
Relrécissemeni,
340
Pâmoison,
181
Rhumatisme,
542
Panaris,
312
Rhume de poitrine.
344
Paralysie,
314
— do cerveau
345
Peau,
315
Rougeole,
347
■^
^
466
TABLE.
Rougeur des yeux,
302
Tourniole ,
Rousseur,
349
Toux,
Sang,
33)
Transport,
Sarcocèle,
402
Tremblement,
Satyriasis,
212
Tuméfaclion,
Scarlatine,
351
Tumeur,
Sciatique,
353
— blanche,
Scorbut,
3o8
Tympanite,
Scrofule,
558
Typhus,
Sevrage,
360
Ulcères,
Soifexesssive,
362
Utérus,
Somnambulisme,
363
Vaccine,
Spasmes,
364
Vapeur.
Spleen,
365
Varices,
Squirrhe,
û65
Varicelle,
Stérilité,
366
Voies uriuaires,
Strabisme,
366
Vue comte,
Strumes,
358
— longue.
Suette,
368
— oLliqiie,
Sueurs,
368
Varicocèle,
Surdité,
369
Variole,
Syncope,
371
Varioletie,
Syphylis,
408
Vents,
Tache de rousseurs,
349
Vérole,
Taie,
375
Verrue,
Taille,
573
Vers,
Teigne,
377
Ver solitaire,
Testicule,
35&
Vertige,
Tétanos,
c80
Vipère,
Tbyrocèle,
233
Voix,
Tic,
381
Vcmisstmeu»,
Tiraillement d'estomac 1 77
— de sang,
Toenia,
425
Yeux,
Torticolis,
383
Zona,
412
384
384
385
l6ti
386
386
419
389
390
287
394
397
397
400
393
295
329
277
402
403
400
420
408
421
423
425
425
426
427
492
4i9
431
APPENDICE PHARMACEUTIQUE.
Beurre,
456
— anli-spasmodique, 44t;
Bouillons,
445
— calmante,
446
— de veau,
445
— cordiale,
44ti
— pectoral,
445
— émétique.
446
— purgatif,
445
— purgative.
447
Café,
438
Ri/,
440
Cataplasmes,
448
Saignée,
453
— anodin,
449
Sangsues,
457
— émollieiit,
448
Sel de cuisine,
437
— maturatif.
449
Selon,
452
— résolutif,
449
Sinapismes,
449
— suppuratif.
449
Sucre
439
Cautère,
451
Thé,
438
Charbon,
441
Tisanes,
442
Eau,
434
^ amère,tou. féb.
444
Huile,
441
— anti-scrorbutique, 444
Laii,
435
— anti-scrofuleuse.
445
Lavements,
447
— anti-syph)litique
145
— adoucissant,
447
— apéritive.
4U
— calmant.
448
— astringente,
444
— fébrifuge.
447
— commune,
442
— laxatif,
447
— diurétique.
m
— nutritif.
448
— émollienie,
442
— purgatif,"
447
— excitante.
445
— de tabac.
4i8
— ordinaire,
442
Médecine,
447
— pectorale.
445
Miel,
440
— purgative,
444
Moutarde,
437
— rafraîchissante.
442
Moxa
45S
— stomachique,
443
Œufs,*
436
— sudoiifique,
445
Pediluves,
449
Ventouses,
458
Poivre,
437
Vésicaioires,
450
Pomme de terre
436
Vins,
434
Potions,
44G
Vinaigre,
435
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